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Supremacy Games

Chapitre 300

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Chapitre 300

Chapitre 300

Chapitre 300/30399%~13 min de lecture2 551 mots

En voyant cela, Monsieur Douze ferma les yeux pour masquer son angoisse.

Il prit une profonde inspiration et composa le numéro du Bracelet AP de Monsieur Gama. Dès que la connexion fut établie, il lui fit un compte-rendu synthétique : « Boss, quelqu’un est intervenu en massacrant l’escouade de mercenaires et Monsieur Hire avant qu’il ne m’amène la cible. Je suis actuellement en surplomb de la première zone de largage et je vois la police cerner la maison. » Il marqua une pause avant de demander : « Quels sont vos ordres ? »

Au lieu d’une réponse, un souffle lourd résonna dans ses oreilles, ce qui le fit frissonner sur son siège. Il savait que Monsieur Gama était furieux à en perdre raison et que quelqu’un payerait le prix fort !

Il espérait simplement que cette colère ne se tournerait pas vers lui.

Après quelques secondes d’attente, la voix grave de Monsieur Gama résonna dans l’habitacle : « Tu es certain que quelqu’un d’autre a fait ça et pas la cible elle-même ? »

« Oui, je l’ai vu de mes propres yeux, endormi sur l’herbe à côté des cadavres. » Monsieur Douze ajouta son analyse : « De plus, s’il n’a ni bu ni mangé le poison, il aurait décimé l’escouade de mercenaires pendant le banquet. Il ne faisait surtout pas semblant de dormir pendant l’assaut. »

La pensée de Monsieur Douze était claire. Normalement, Félix ne pouvait rien savoir de cet assaut imminent et du fait qu’il en soit la cible.

Cela signifiait que si Félix n’était pas empoisonné comme les autres, il devrait se lever, défendre sa famille et neutraliser les mercenaires armés de lasers.

Il était impossible de faire semblant de dormir, sauf à être un lâche voulant éviter la baston !

Mais Monsieur Douze avait suivi Félix lors de la compétition mondiale et il savait qu’il n’aurait pas resté immobile face à un tel danger.

Il en déduisit donc que le poison avait bel et bien agi sur lui et qu’il ignorait totalement ce qui se passait.

C’est pourquoi il conclut qu’un tiers était intervenu et avait empêché leur tentative d’enlèvement.

« Boss, les forces SWAT entrent dans la maison et ils vont découvrir la cible sous peu. » Monsieur Douze redemanda : « Que dois-je faire ? Je me dévoile et les provoque pour qu’ils tirent sur moi afin de m’en débarrasser, ou je me replie ? »

« Tu n’as pas le droit de reculer. » La voix de Monsieur Gama resta glaciale. « C’est notre dernière chance de mettre la main sur ce porteur de lignée légendaire. Si nous partons maintenant, il sera transféré au quartier général de l’équipe terrienne, qui va être solidement retranchée. D’ici là, il aura remplacé toute sa lignée par une lignée épique et nous perdrons ces capacités légendaires ! »

BOUM !

Monsieur Douze sursauta en entendant le bruit d’un objet brisé de l’autre côté de la ligne.

« Ça représente au moins deux cents millions de PS de brûlés ! Deux cents ! » ordonna Monsieur Gama d’une voix étouffée. « On ne peut pas laisser filer autant de fric gratuit ! Assure-toi de gagner du temps jusqu’à ce que le deuxième intermédiaire arrive dans le coin et récupère la cible ! »

À peine Monsieur Gama eut-il fini de parler que les agents SWAT pénétraient dans la cour arrière et constataient le carnage.

La cour n’étant pas très vaste, ils repérèrent facilement Félix allongé sur l’herbe, tourné vers eux, le visage et les cheveux maculés de sang.

« IL EST BIEN LÀ !! » cria le capitaine des SWAT tout en ordonnant immédiatement à son équipe de se disperser.

Ils ne restèrent pas non plus statiques : trois foncèrent vers Félix, quatre sécurisèrent les abords tandis que les trois derniers gardaient leurs postes. L’un d’eux transmettait les infos aux autres et à leurs supérieurs.

« Stopez-net ! » hurla aussitôt Monsieur Douze depuis la fenêtre en les voyant s’apprêter à soulever Félix.

Il sauta ensuite sur le capot de sa voiture volante et commanda à celle-ci de redescendre à distance.

Arrivé à dix mètres d’altitude, il désactiva le camouflage du véhicule, se dévoilant aux agents SWAT pétrifiés.

Après tout, ils venaient juste d’entendre une voix sortir de nulle part quand une voiture volante venait d’apparaître au-dessus d’eux.

« NE BOUGEZ PLUS ! »

Les agents SWAT braquèrent leurs armes sur lui réflexivement tout en se glissant lentement vers une couverture proche.

Les trois membres des SWAT près de Félix restèrent juste devant lui, se servant de leur corps pour le protéger.

Imperturbable face à ces viseurs, Monsieur Douze demanda à la Reine de baliser chaque individu avec une lumière rouge, programmée pour s’éteindre dès qu’ils tireraient sur lui.

Une fois sûr que chacun était repéré, il activa manuellement le système de combat intégré à sa voiture volante. Aussitôt le contact mis, l’avant du véhicule s’ouvrit grand.

Fwoosh Fwoosh !

« Mais c’est quoi, putain, que c’est ? ! » s’exclama violemment un policier en découvrant deux longs fusils argentés dépassant de l’habitacle !

« Tu ferais mieux de bouger, Félix. » l’informa sans crainte Asna en posant un pion sur l’échiquier mental, « Ce connard essaie de piéger tout le monde pour qu’ils l’attaquent en premier. »

Dès ces mots entendus, Félix comprit qu’il était temps de cesser de jouer l’endormi.

Il se serrait alors la tête entre les mains en gémissant fort : « Putain, j’ai l’impression que ma tronche va exploser ! »

Tous les regards convergèrent vers lui tandis qu’il tentait péniblement de se remettre debout.

La mine de Monsieur Douze se rembrunit instantanément. Il avait complètement oublié la résistance élevée de Félix au poison, capable de réduire sa durée connue de vingt-quatre heures à seulement vingt minutes.

Et merde, après avoir jeté un coup d’œil à sa montre, il réalisa que vingt-cinq minutes s’étaient déjà écoulées depuis que Félix avait bu la mixture !

Après tout ce qui s’était passé, la durée exacte du poison occupait assurément le dernier étage de ses priorités.

Désormais, il ne pouvait que regarder Félix retrouver ses pieds grâce au soutien de deux agents SWAT.

« Peu importe ! Il suffit que je le provoque pour qu’il tire sur moi et je pourrai l’enlever seul, sans faire appel à ces intermédiaires natifs inutiles. »

Monsieur Douze imagina rapidement des contre-mesures. Maintenant, il s*fichait éperdument de provoquer les autres. Tant que Félix ouvrirait le feu, il resterait entre ses mains.

« Monsieur Félix, pourriez-vous vous tourner vers moi ? » demanda Monsieur Douze en croisant les bras derrière son dos.

Bien que sa voix puisse paraître polie et aimable, sa posture, torse bombé, dégageait une arrogance innée.

À ses yeux, les Terriens n’étaient que des primitiques utiles à un seul titre : vendre leurs capacités de lignée.

En voyant Félix relever la tête, l’air totalement perdu, Monsieur Douze poursuivit : « Je sais que la confusion voile ton esprit face à la situation actuelle. Mais je n’ai aucune intention de discuter longtemps avec toi. »

Il se désigna du doigt d’un air dominateur : « Tout ce que tu as besoin de savoir, c’est que j’étais responsable de ta tentative d’enlèvement ! »

Bien qu’il s’exprimât dans la langue universelle commune, chacun le comprit parfaitement, ce langage obligatoire dans toutes les agences.

Ils se positionnèrent aussitôt devant Félix, crispant leur prise sur leurs armes en réalisant qu’ils faisaient face au véritable instigateur de l’assaut !

Personne ne s’attendait à trouver Félix et l’auteur du chaos en même temps !

« Monsieur Félix, rangez-vous derrière nous. » lança un agent des SWAT. « Nous nous occuperons de lui. »

Félix secoua la tête et passa devant eux. Il tapota légèrement sur sa combinaison avant de dire : « Je porte ma Nanocombinaison, ne vous en faites pas pour moi. »

« Nanocombinaison, hein ! » ricana Monsieur Douze. « Comme si ta vieille guimbarde de Nanocombinaison pourrait arrêter un seul rayon de mes fusils à lasers ! »

La déclaration de Monsieur Douze contracta instantanément les muscles de tous.

Contrairement aux quatre gardes porteurs de lignée du manoir, ces policiers, les agents SWAT, le FBI et tout autre agence avaient été explicitement avertis quant aux performances technologiques de ces armes.

Les armes à laser étant désormais la norme dans la plupart des armées des royaumes humains, ils avaient reçu une formation approfondie à leur sujet.

Ils comprirent du coup qu’aucune protection humaine ne résisterait face à ces deux pièces d’artillerie !

« Écoutez-moi bien. » envoya-t-il discrètement à son équipe via la liaison interne. « Trois secondes après mon signe, ouvrez le feu sans sommation ! »

Pendant ce transfert, il se pencha près de l’oreille de Félix et murmura : « Cours de toutes tes jambes dans trois secondes. »

« Courir ? » éclata de rire Félix en tapotant l’épaule du capitaine, amusé. Il pointa Monsieur Douze du doigt et demanda : « Pourquoi voudrais-je fuir devant un non-natif ? »

« Non-natif ? » bredouilla le capitaine, troublé, en reculant la tête pour observer de nouveau Monsieur Douze.

Cependant, il ne parvenait pas à distinguer son visage puisqu’il flottait à dix mètres au-dessus d’eux. La visibilité n’était guère meilleure, la seule lumière provenait du lampadaire près de la maison et du disque lunaire dans le ciel.

« Es-tu sûr qu’il s’agit d’un non-natif ? » finit par demander le capitaine, conscient des conséquences d’une erreur ou d’une bonne lecture !

Le gouvernement n’était pas assez stupide pour oublier de leur enseigner certaines règles obligatoires du Livre des Règles de l’Alliance.

L’une des plus cruciales interdisait absolument d’engager les premières hostilités contre des non-natifs présents sur la planète pour ne pas retirer leur statut de protégés !

Chacun ici le savait. Pourtant, à cause de la faible luminosité, ils ne distinguaient vraiment pas le visage de Monsieur Douze.

De plus, à leurs yeux, la Terre n’avait pas à espérer des visiteurs venus d’ailleurs dans un avenir proche !

Ils prenaient donc naturellement Monsieur Douze pour un Terrien et se comportaient en conséquence.

« Crois-moi, j’ai une vue de bon roi et sa gueule moche n’a clairement rien d’humain. Preuve en live. » Félix fit un pas en avant, bras grands ouverts, adressant un sourire accueillant à Monsieur Douze. « Si t’as les couilles, tire sur moi, ta race de cons. »

La tension monta d’un cran, retenant leur souffle à tous, alors que les deux fusils s’abaissèrent brusquement, visant droit dans la figure triomphante de Félix.

Sans la moindre altération dans ses traits, Monsieur Douze déclara avec désinvolture : « Je sais que tu tries de gagner du temps en attendant les renforts. Mais je n’ai pas le temps de perdre avec tes conneries. ALORS ! » Il claqua des doigts et les fusils commencèrent à luminescer intérieurement. « Tu as dix secondes pour m’envoyer ton identifiant RVU et signer le contrat que je vais te transmettre. Autrement, aucun d’entre vous ne sortira vivant d’ici ! »

« Dix, neuf… »

Il comptait véritablement à haute voix, faisant peser une pression écrasante sur chacun !

Ils voulaient croire Félix, mais la voix de Monsieur Douze n’avait rien d’une plaisanterie et leurs tripes leur criait de bolider, fixés qu’ils étaient par les bouches incandescentes des canons.

Tandis que Monsieur Douze sonnait confiant et mortel sérieux pour les autres, Félix ne voyait en lui qu’un clown s’évertuant à ne pas se faire coincer sur son bluff.

Félix n’envisageait ni de tirer sur lui, ni de laisser les autres le faire. Il avait déjà récupéré les coordonnées du vaisseau de Gama, ce qui représentait une victoire considérable.

Tout autre mouvement n’aurait fait que compliquer les choses inutilement et créé des imprévus susceptibles de perturber sa stratégie finale.

Ainsi, il posa sa main sur le canon des SWAT et l’orienta vers le bas. Il plongea son regard dans celui du capitaine avant de déclarer : « Dis à ton équipe de poser les armes. Pas la peine de tomber dans son piège, au risque que l’un d’eux tire par mégarde et s’y fasse tuer. »

« Sept ! Six ! Cinq !… »

Tandis que Félix exhortait le capitaine, Monsieur Douze continuait inlassablement son décompte !

Il accéléra même le rythme, faisant trembler les policiers peureux qui le braquaient nerveusement du doigt.

« Fais-moi confiance, il blague et n’osera pas tirer tant qu’il tiendra à éviter la traque des forces de l’Alliance. » Insista-t-il une dernière fois auprès du capitaine en enfournant ses mains dans les poches.

Puis il se contenta de fixer les fusils à laser avec une désinvolture totale.

Il avait fait sa part en les prévenant et, si l’un d’eux attaquait malgré tout, Félix ne viendrait pas à sa rescousse lorsque Monsieur Douze déverserait sur lui sa prochaine vague de frustration.

Le capitaine des SWAT contempla sa large carrure un instant, posa finalement son arme et donna le signal à son équipe de faire de même.

Toutefois, au lieu de rester sur la sellette, il ordonna vivement à ses hommes de trouver une protection.

Il ne restait ainsi que Félix et le capitaine, figés face à Monsieur Douze qui atteignait les trois derniers chiffres.

« Trois… deux… un !! »

À peine Monsieur Douze eut-il lancé le dernier chiffre qu’il pointa un doigt tremblant vers Félix et explosa : « Sale gosse de pute de chance ! Si ces règles de l’Alliance m’embêtaient moins, je t’aurais brisé membre par membre et traîné sur le sol jusqu’à ce que ta peau soit GRATTÉE ! GRATTÉE ! TU M’ENTENDS !! »

« Tu vois ? » répondit imperturbable Félix en se nettoyant l’oreille du petit doigt, pendant que Monsieur Douze le fusillait du regard, les yeux injectés de sang.

Il était réellement furieux, mais aussi apeuré, car il savait qu’à peine revenu vers le vaisseau sans Félix, il n’éviterait pas les foudres de Monsieur Gama.

Hélas, plus rien ne pouvait être fait puisque son jeu était éventé et qu’il risquait terriblement de ne jamais oser attaquer Félix.

Sa vie et la survie de son organisation comptaient plus que cent cinquante millions.

Il contenait donc sa rage et lança une dernière menace : « Où que tu ailles ou où que tu te caches, on te retrouvera ! TOUJOURS ! »

Fwoosh !

Sans attendre de réponse, il bondit dans sa voiture volante et décolla, entraînant les deux autres véhicules avec lui.

Plus il restait, plus grandissait le risque que l’existence de son organisation soit découverte. Il ignorait quelle serait la suite imposée par son boss après un échec pareil.

« Me retrouver ? Hé. » Félix sourit largement en voyant la voiture de Monsieur Douze s’éloigner, « Si ton organisation ne tombait pas sous les coups miens dans les mois qui viennent, je me livrerais sur un plateau d’argent. »

En percevant ses pensées et comprenant le projet délirant qu’il nourrissait, Asna et le Jörmungandr levèrent simultanément la tête de l’échiquier mental et firent pouce en l’air à Félix : « On impatient de voir les feux d’artifice. »

« Ils n’auraient certainement pas la même hâte que toi. » rit méchamment Félix dans son esprit tout en adressant un sourire cordial aux agents des SWAT pour les remercier.

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