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Supremacy Games

Chapitre 299

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Chapitre 299

Chapitre 299

Chapitre 299/30399%~10 min de lecture1 828 mots

« J'ai encore besoin de vingt-cinq secondes. » Felix approcha la potion du nez de M. Douze et attendit que ce laps de temps s'écoule.

Dès qu'il vit ne rester qu'une seule seconde, Felix ouvrit le bouchon du flacon et laissa M. Douze inhaler la brume grise qui y flottait.

Satisfait qu'elle ait été entièrement absorbée, il lui tira vite fait les mâchoires et lui fit ingérer une à une ses potions de régénération, jusqu'à ce que son corps retrouve sa forme normale, comme s'il n'avait subi aucune atteinte.

Puisque l'état mental de M. Douze était rétabli, Felix déposa une aura de somnolence atténuée au-dessus de sa tête, histoire qu'il ne se réveille pas en sursaut.

Il souleva ensuite M. Douze, le cala contre la voiture volante et lui rendit strictement la même posture qu'auparavant.

Une fois bien installé, il fit deux pas en arrière et passa sa cible en revue. « Parfait, tout est identique à avant. »

Felix sauta sur sa propre voiture volante et monta rapidement à plusieurs dizaines de mètres d'altitude. Il retira aussitôt l'induction de somnolence posée sur le crâne de M. Douze.

« Espérons qu'il ne remarquera rien d'anormal. », pensa-t-il en observant les paupières de M. Douze se relever.

M. Douze jeta un coup d'œil à droite et à gauche en se grattant le menton, puis… Rien. Il se contenta de frapper du doigt sur son coude, attendant patiemment l'arrivée de M. Hire.

Honnêtement, Felix ignorait si M. Douze avait réalisé que quelque chose manquait, disons… une minute et trente secondes de sa vie.

C'était exact !

La potion que Felix venait d'utiliser s'appelait *Efface-Mémoire 1.30*.

Elle effaçait les souvenirs de tout ce qui s'était produit dans la dernière minute et trente secondes, sans laisser la moindre trace !

Le processus était doux et inoffensif, n'altérant en rien la psyché !

Il possédait cinq autres flacons de cette gamme, chacun réglé sur une durée et un prix différents. Du seul au bout de la minute, à deux, trois minutes, et il avait même un modèle permettant d'effacer quinze minutes.

Celle qu'il venait d'utiliser lui avait coûté six millions de PS, dépensés chez la boutique de Looby lors de sa précédente frénésie d'achats !

Ainsi, lorsque Felix parlait de « rembobiner le temps », il désignait simplement ce réveil de M. Douze suivi d'un trou noir absolu pour toute la durée concernée !

Felix savait que M. Douze ne ressentirait ni migraine ni douleur au réveil. Au pire, il supposerait s'être endormi une seconde ou deux.

Comme il bâillait déjà lourdement juste avant, lui fermer les yeux pour se reposer quelques instants ne paraîtrait absolument pas louche à ses yeux.

Vu que son corps allait bien, que la zone environnante restait intacte et que le reste semblait normal, il ne soupçonnerait jamais avoir été pris en étau, que ses données volées, puis qu'on avait vidé son cerveau !

Personne ne tirerait cette conclusion immédiatement. Pas même les individus les plus paranoïaques !

Son unique crainte résidait là : M. Douze consulterait l'heure et remarquerait que deux minutes s'étaient écoulées.

S'il était ponctuel et maître de son emploi du temps, il repèrerait sans peine ces deux minutes anormalement ajoutées à son horaire.

Face à ça, il demanderait sûrement à la Reine si l'horloge de son bracelet merdoie. Elle nierait évidemment.

À ce stade, M. Douze n'aurait plus qu'à poser la fameuse question à la Reine : >Quelque chose s'est-il passé ?<

La Reine ne répondrait certes pas, car cela enfreindrait ses règles de non-ingérence, mais son silence serait largement suffisant pour faire comprendre à M. Douze que quelque chose clochait.

Il lui suffirait alors de lui demander de rejouer l'enregistrement des dernières minutes ; elle s'exécuterait sans broncher, puisque c'était pure compétence du bracelet et qu'elle n'y touchait pas.

Et à ce moment-là, le stratagème de Felix serait mis à jour.

Par chance, M. Douze sortit un paquet de cigarettes et s'en alluma une tranquillement. En voyant cela, Felix n'hésita pas et accéléra, rebroussant chemin vers le même faubourg.

La situation de M. Douze pouvait déraper à tout instant, et la seule façon de garantir qu'il ne remarquerait rien d'étrange était de créer la diversion. Felix savait exactement quoi faire.

« Reine, transmettez un signalement anonyme au commissariat concernant l'adresse de la maison du faubourg. »

« Comme vous le souhaitez. »

Sur ces mots, Felix appuyea sur la touche d'accélération et la voiture s'élança. Il tenait à alerter la police tout de suite, puisqu'il mettrait tout au plus deux minutes pour rejoindre sa destination.

Quand il arriverait sur place, les policiers seraient déjà en route, et M. Douze en train d'envoyer des messages à M. Hire.

N'obtenant aucune réponse, il comprendrait que quelque chose s'est mal passé lors de l'opération, surtout après avoir contacté le reste de l'équipe pour tomber sur le même résultat muet.

Félix était persuadé que M. Douze prendrait très probablement sa voiture volante pour filer lui aussi vers le faubourg.

Mais Félix n'inquiétait nullement de sa venue en personne. Il pilota sans relâche jusqu'à atterrir dans le même jardin privé.

Cette fois, il consulta l'adresse du domicile et ordonna à la Reine de la transmettre aux forces de l'ordre.

Il gara sa voiture volante à côté de l'autre, puis s'allongea pile entre les cadavres.

Sans se soucier de se maculer de sang, il ferma les yeux et joua parfaitement le rôle de l'homme assommé.

...

Pendant ce temps, sur le toit de l'hôtel, M. Douze tournait en rond face au mutisme total de M. Hire.

Il lui avait déjà envoyé une dizaine de messages, sans recevoir le moindre mot en retour. À ce stade, il aurait fallu être vraiment con pour ne pas comprendre qu'il était soit mort, soit privé de ses mains.

« P*TAIN ! Comment peuvent-ils louper une mission aussi basique avec tous les gadgets fournis et même le poison du Maraudeur ? » maudit-il en montant dans sa voiture volante, « Cette bande de sauvages inutiles ! »

Sans attendre, il fonça vers la zone résidentielle tout en activant le mode furtif de sa voiture volante.

Deux minutes plus tard environ...

M. Douze survola le jardin à une cinquantaine de mètres, scrutant le carnage avec un air profondément mécontent.

Il repéra sans peine M. Hire, malgré sa tête réduite en bouillie. Sa veste noire tranchait nettement au milieu du jardin jonché des cadavres de l'escouade de mercenaires.

Peu après, il distingua également le corps de Felix parmi les victimes. Pourtant, M. Douze ne ressentit la moindre satisfaction.

Il savait qu'il lui était impossible de toucher Felix, étant donné qu'il foulait cette planète sans autorisation et relevait du statut d'étranger !

S'il tentait la moindre approche, la Reine le sommaierait une unique fois de dégager. S'il persistait, l'Alliance le marquerait officiellement comme contrevenant.

Une perspective catastrophique pour lui comme pour l'Organisation, qui se ferait traquer pour agression envers un membre de l'Alliance.

Même un simple sans-abri dans la rue bénéficiait de la protection des lois alliées contre les intrus, tant qu'il restait sur sa planète tandis que les étrangers franchissaient les frontières sans l'aval des dirigeants planétaires.

Cependant, cette clause ne valait que pour les étrangers ou les non-autochtones !

L'Alliance se foutait royalement que d'autres autochtones tuent ce sans-abri, s'en servent comme pantin ou le livrent aux intrus.

Sinon, l'Organisation n'aurait jamais daigné contacter des natifs comme la famille Hilton pour leur acheter des porteurs de lignée.

Ils savaient que tant que les Hiltons forzaient les porteurs de lignée kidnappés à signer un contrat d'esclavage pour sauver leur peau, ils cesseraient d'être considérés comme Terriens pour devenir de simples propriétés familiales !

Une propriété se vendait et s'achetait comme n'importe quelle marchandise !

De cette manière, les locaux exécuteraient bon gré mal gré les volontés de l'Organisation.

Le scénario venu, ils n'auraient qu'à distribuer aux natifs des aiguilles spécificateurs de génome pour que ce soient eux-mêmes qui extraient les capacités.

Pour l'instant, M. Douze devait se contenter de fixer Felix à distance, osant frôler de trop près. Le poison du Maraudeur, leur arme suprême, s'était mué en véritable malédiction pour lui !

Après tout, il bloquait la seule voie possible pour capturer Felix en toute impunité, hors du champ des règles alliées.

Il suffisait de laisser Felix décocher le premier coup !

Dès qu'il déclencherait l'action, Felix perdrait automatiquement la protection de l'Alliance, puisqu'il était impossible d'interdire à un étranger de se défendre !

Mais comme il était soi-disant « inconscient », ce plan ne fonctionnait plus.

« Qui a bien pu faire ça ? Pourquoi ne s'est-il pas contenté d'emporter la cible après l'avoir secourue ? » se demanda M. Douze en posant sa voiture volante. Il en descendit et s'approcha du cadavre le plus proche.

Arrivé à hauteur de la victime et constatant que le bracelet était totalement pulvérisé, il sentit son cœur menacer d'exploser de rage.

Il tenait à récupérer ces appareils, car ils auraient enregistré l'intégralité de la scène. L'escouade de mercenaires, et M. Hire avec elle, avaient reçu l'ordre constant d'enregistrer en permanence.

Or, face à ces bracelets réduits à l'état de ferraille, M. Douze comprenait que les données étaient irrécupérables. Seul le propriétaire initial avait l'habilitation nécessaire auprès de la Reine pour recharger un fichier perdu.

À moins de partager ses propres données privées avec autrui, ce qui n'était l'affaire d'aucun individu sain d'esprit, tant les risques étaient énormes.

Wiiiip ! Wiiiip !...

Des sirènes crièrent soudainement au loin, présageant l'arrivée imminente des forces de l'ordre !

À l'écho, M. Douze estima qu'ils seraient sur place en moins de trente secondes !

« Fils de p*tain !! »

Bang !

Blême et visiblement hargneux, M. Douze ne put s'empêcher de jurer en donnant un coup de pied dans un corps pour l'éjecter loin de lui !

Il s'apprêtait déjà àsupplier l'Organisation de renvoyer un autre intermédiaire local ici pour récupérer Felix et l'emmener dans un lieu désert !

Après tout, ce n'était pas obligatoirement M. Hire qui fallait utiliser. N'importe quel natif aurait suffit !

Cependant, au son des sirènes qui se rapprochaient, cette idée fut balayée net dès qu'elle germait dans son esprit !

Maintenant, il comprenait pourquoi il avait ce trac ! Felix avait littéralement anticipé chacune de ses manœuvres à l'avance et préparé les contre-mesures nécessaires, tout en continuant de jouer à l'homme mort !

Tout ça pour le laisser cerné dans l'ignorance la plus totale !

Tandis que M. Douze ne resta pas sur place pour évacuer sa colère : il connecta rapidement ses deux voitures bleues via son bracelet et les pilota manuellement pour qu'elles suivent la sienne.

Il activa le mode furtif sur toutes ses unités avant de couper le moteur à dix mètres de haut.

Puis, il observa à travers sa fenêtre, vexé, les voitures de police et les véhicules du SWAT encercler la maison sans oser franchir le seuil.

Ils pointaient leurs fusils sur la bâtisse en attendant de nouveaux ordres.

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