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Supremacy Games

Chapitre 301

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Chapitre 301

Chapitre 301

Chapitre 301/30399%~12 min de lecture2 294 mots

Avancer le plan.

Quelques heures plus tard...

La navette volante de M. Douze avait atteint le Grand Canyon. Grâce à sa vitesse sous-sonique, il ne fallait pas grand-chose pour parcourir près de trois mille kilomètres en quelques heures.

Vrrroum !

« Miss Pink, j’approche du vaisseau spatial. Pouvez-vous ouvrir la porte 12 ? » demanda M. Douze sur un ton neutre.

Mais qui pourrait bien l’en blâmer ?

Au cours des dernières heures, il s’était fait passer un savon de toute la part de son patron, et pis encore l’attendait dès son arrivée à bord du vaisseau.

Il s’était vu reprocher d’oublier de porter un masque au grand jour ! Cela lui avait valu de voir son identité de non-autochtone exposée par Felix. Enfin, c’était ce que les deux parties supposaient.

Avec une gaffe pareille à un moment aussi critique, M. Gama était bien sûr hors de lui.

Surtout qu’il savait désormais que le Conseil ne desserrerait plus sa vigilance après avoir appris que la dernière tentative d’enlèvement était l’œuvre d’un non-autochtone.

Leur Organisation ne serait probablement pas découverte, mais le mobile de l’enlèvement pourrait aisément être deviné après quelques investigations.

D’autant plus que les autres tentatives d’enlèvement visant des porteurs de lignée finiraient par être reliées à ces agissements venus de l’extérieur, et non plus d’autochtones.

De là, le Conseil en déduirait l’existence de leur Organisation quelque part sur la planète et prendrait toutes les précautions nécessaires contre eux.

Ce qui exigeait un nouveau plan pour l’Organisation Gama, et M. Douze fonçait sur le vaisseau juste pour rejoindre la réunion à ce sujet !

...

Quelques minutes plus tard...

M. Douze jeta un œil vers le bas et remarqua qu’il survolait une petite ville. Aussitôt, il réduisit la vitesse de sa voiture et enfila des lunettes bleues.

Dès qu’il les eut posées, un immense vaisseau spatial se matérialisa aussitôt à plusieurs kilomètres de là, comme s’il y avait toujours été.

Le vaisseau semblait vraiment massif, indépendamment de la longue distance qui les séparait.

Il était d’un noir abyssal et rond comme un disque. Parké de côté, il paraissait encore plus imposant qu’à première vue.

L’alliage noir mat utilisé pour recouvrir le vaisseau ressemblait étrangement à celui du vaisseau explorateur du Royaume d’Alexandre qui avait atterri sur Terre durant l’invitation des JDS.

Dieu seul savait comment le Conseil comptait gérer un vaisseau de cette ampleur !

Peu après...

M. Douze atteignit la porte 12, déjà ouverte et attendant uniquement lui. Dès que sa voiture fut passée à travers, il retira ses lunettes et tout redevint lumineux.

Un seul mot suffisait à décrire l’intérieur du navire : spacieux ! Énormément spacieux !

La voiture volante apparaissait comme un minuscule point volant à l’intérieur d’une mégalopole métallique. Pourtant, M. Douze ne semblait pas perdu puisqu’il continuait de filer vers une destination précise.

Avant même qu’il ne s’en rende compte, il arriva dans ce qui ressemblait à un parking pour des centaines de véhicules différents. Il se gara sur une place libre et sortit.

Dès que ses pieds touchèrent l’alliage noir, celui-ci bougea comme un être vivant et grimpa jusqu’à son dos pour former une chaise noire. M. Douze s’y installa et ordonna : « Mira, emmène-moi dans la salle de réunion. »

Vrrroum !

La chaise noire prit des accélérations fulgurantes tel un lance-rocher dans une direction droite ! Même lorsqu’un mur solide se dressait devant elle, elle ne ralentissait pas !

Juste avant l’impact, le mur s’écarta tout seul, permettant un passage fluide. Le phénomène se répétait automatiquement pour chaque obstacle constitué du même alliage noir.

Pourtant, même avec cette vitesse et un trajet parfaitement rectiligne, il fallut encore quelques minutes à M. Douze pour atteindre sa destination.

En apercevant un gigantesque portail arborant l’inscription >Salle de Réunion< au milieu, M. Douze avala sa salive bruyamment et marcha lentement vers l’entrée.

Une fois devant, le portail s’ouvrit tout seul, laissant découvrir une immense table noire suspendue en l’air par des chaînes d’alliage noir fixées aux murs et au sol.

Tout autour, treize sièges ? Non, exactement quatorze, étaient également suspendus dans le vide.

Tous étaient pris, sauf un seul. M. Douze fit cliquer son doigt, et la chaise descendit pour venir le chercher.

Bientôt, il rejoignit le reste des participants autour de la table silencieuse.

Personne ne parlait, bien qu’il ne semblât manquer personne à la table.

Certains le fusillaient simplement du regard avec une mine désapprovatrice tandis que d’autres fixaient un homme qui suivait une diffusion en direct.

C’était un homme aux épaules larges, doté d’une épaisse moustache grise, sans sourcils, et aux cheveux courts partagés en deux couleurs depuis la raie : gris et rouge.

Une cicatrice sombre partait de son front pour descendre jusqu’à son œil droit. Les marques se supprimant facilement grâce aux cosmétiques actuels, on aurait dit qu’il gardait celle-là par pur goût personnel.

Tandis que les autres le dévisageaient, cet homme continuait de regarder la diffusion en direct qui montrait un hôpital.

Actuellement, des centaines et des centaines de personnes se massaient derrière des barrières métalliques, le regard plein d’espoir et d’inquiétude fixé sur l’établissement.

C’était là que les invités empoisonnés du banquet avaient été envoyés. Olivia, Noah, Robert, et même les Hilton s’y trouvaient, recevant les examens et les soins nécessaires.

Seul Felix n’avait pas été transféré ici ; il avait été amené dans un lieu sécurisé et caché dont nul ne connaissait l’emplacement. M. Gama avait passé les dernières heures à tenter de le localiser, sans succès.

Bientôt, il effaça l’hologramme de son visage et prononça les premières paroles depuis qu’ils étaient réunis là depuis plusieurs heures : « Cette histoire de règle anti-espionnage, ça nous fout littéralement des baumes. »

« Non, chef, toute l’existence de l’AJDS est une vraie emmerde. »

« Soupir… Si on était au Moyen Âge, on aurait déjà réduit toute la planète en esclavage. Maintenant ? On ne peut même pas utiliser de drones, p’tain. »

« Nos ressources spatiales sont purement gaspillées à cause de ces règles. »

Tout le monde se mit à commenter comme s’ils avaient reçu une amnistie royale pour prendre la parole.

Seul M. Douze resta silencieux, souhaitant seulement rester discret pendant cette réunion et, espérait-il, éviter que M. Gama ne tourne son attention vers lui.

Hélas, M. Gama n’avait aucune intention de perdre son temps à faire une crise sur la règle anti-espionnage, qui rendait impossible tout recours à un dispositif technologique, un gadget ou une machine pour cartographier la planète.

Il venait seulement de l’évoquer distraitement, agacé de ne pas être parvenu à repérer la nouvelle position de Felix.

Pour l’instant, il lançait simplement un regard glacé à M. Douze, obligeant ce dernier à éviter tout contact visuel à tout prix.

En voyant sa détresse et sa peur, M. Gama esquisssa un rictus : « Tu aurais dû ressentir ça bien plus tôt après nous avoir fait perdre deux cents millions de PS et avoir même révélé ton statut de non-autochtone. »

« Chef, je… »

Bang !

« Ferme-la ! » hurla M. Gama en tapant du poing sur la table, « Comment oses-tu, p’tain, ouvrir la bouche après avoir échoué une mission aussi basique qu’on a répétée des milliers de fois maintenant ! Planète après planète ! Année après année ! Et quand même ! Tu commets une erreur de débutant en exhibant ta gueule ! »

Personne n’osa défendre M. Douze ou même réfléchir à la chose, puisqu’ils étaient tous irrités par la perte d’une telle somme d’argent gratuit.

Ils se contentèrent d’observer M. Gama vider complètement sa rage refoulée sur M. Douze.

Quand il arrêta enfin, sa gorge était aussi sèche qu’un désert, et M. Douze frôlait la chute de sa chaise tant il transpirait.

« À cause de son erreur d’arriéré qui a mis à nu sa nature de non-autochtone, nous sommes désormais forcés de changer de plan. » M. Gama toussa deux fois pour apaiser sa gorge assoiffée et reprit : « Nous devons annoncer les choses plus tôt, dans les prochains jours, si nous voulons que le chaos reste aussi marquant et rentable que d’habitude. »

Les membres de l’Organisation hochèrent la tête pour marquer leur compréhension.

Leur précédent plan consistait à patienter quelques mois jusqu’à ce que la planète compte davantage de porteurs de lignée avec des pourcentages d’intégration plus élevés, de sorte qu’en les enlevant, ils n’auraient pas besoin de gaspiller trop de ressources sur eux.

Ils n’auraient eu qu’à les acheter et extraire cinq ou six capacités d’un coup.

Cependant, ils tenaient aussi à ne pas attendre indéfiniment, car la majorité des premiers éveilleurs auraient déjà atteint le premier stade du Royaume du Remplacement. Quiconque parvenait à ce stade disposait d’au moins douze cents FL.

Il suffisait au corps humain d’atteindre une force équivalente à mille FL pour devenir quasi invulnérable aux balles.

Ce qui signifiait qu’il deviendrait extrêmement difficile pour les roturiers de les traquer en ne misant que sur leurs armes à feu.

Ainsi, il existait une période parfaitement calculée pour lancer l’annonce. Durant l’année précédente de Felix, cette fenêtre s’ouvrait juste après le premier Tournoi de Suprématie organisé pour la Terre !!

Lorsque l’équipe des Terriens s’était fait tabasser lors de leur première partie, Felix avait supposé que l’Organisation Gama et ses acolytes avaient envahi la planète parce que leur faiblesse venait d’être exposée en RVU !

Mais en réalité, l’Organisation Gama sévissait sur la planète depuis presque un an déjà, et la seule raison pour laquelle elle refusait de se dévoiler était d’attendre que ces éveilleurs atteignent leur état optimal de « culture ».

Cet état correspondait à la pureté d’origine imminente !

Jusqu’ici, le porteur de lignée moyen sur la planète avait plus ou moins atteint une pureté supérieure. Si l’Organisation passait à l’action maintenant, elle ne pourrait récupérer que quatre capacités au lieu de six !

Ce qui impliquait qu’ils devraient obliger ces porteurs de lignée à intégrer neuf-neuf pourcents dans leur vaste vaisseau spatial, gaspillant ainsi leur temps et leurs ressources.

Malheureusement, M. Gama et les autres savaient que gaspiller ces ressources valait cent fois mieux que d’accorder des mois supplémentaires au Conseil pour qu’il prenne les précautions nécessaires à leur encontre.

Après tout, ils s’étaient appuyés sur ce plan du « cache-toi et attends » sur tous les autres systèmes qu’ils avaient ciblés avant Terre.

Ce qui voulait dire que le scénario avait déjà été écrit par des milliers, voire des millions de gens en RVU.

Il suffisait au Conseil de taper dans la barre de recherche « Raison pour laquelle les non-autochtones enlèvent les porteurs de lignée des planètes nouvellement arrivées dans l’Alliance »

Après un processus d’élimination, le plan de récupération de capacités de l’Organisation Gama apparaîtrait en tête, accompagné de résultats glaçants.

Quand le Conseil y jetterait les yeux, il était hors de question qu’il reste passif et laisse leurs porteurs de lignée errer librement sur la planète comme avant.

Ils les forceraient simplement à s’éveiller et à s’intégrer dans les camps publics jusqu’à ce qu’ils atteignent le premier stade du Royaume du Remplacement !

Seulement alors pourraient-ils quitter les camps et circuler librement !

Avec leur corps quasi blindé, il deviendrait presque impossible pour les roturiers de les enlever, puisque la menace des fusils perdrait drastiquement son efficacité.

Pire encore, si le Conseil obtenait ces mois supplémentaires, il pourrait même adopter des mesures extrêmes et interdire aux civils la détention d’armes à feu !

D’ici là ? L’Organisation Gama serait obligée d’acheter des armes et de les revendre aux roturiers.

Sans compter que ces mois permettraient au Conseil de retirer les porteurs de lignée du grand public et de les envoyer dans des camps, des bases militaires ou lieux similaires.

Peu importe la manœuvre du Conseil, le chaos provoqué par l’annonce en subirait fortement les contrecoups.

Au final, le plan devait être avancé, et assez rapidement, rien que faute à la petite bourde de M. Douze !

« Je propose d’accélérer l’annonce pour demain, mais en exclusivité aux forces obscures de la planète. Puis, dans une semaine ou deux, quand tout le monde commencera à remarquer l’augmentation des tentatives d’enlèvement, nous rendrons l’annonce publique pour pousser les roturiers à suivre dans le chaos. » proposa une femme à la peau rosée, chauve et aux dents ressemblant à celles d’un requin, la main levée.

« Entendu ! »…« Ouaiii ! »…« D’accord ! »…

Personne ne contesta la proposition, ce qui était devenu une habitude constante. Transmettre leur annonce en privé aux forces obscures de la planète, exactement comme ils l’avaient fait avec les Hilton.

Car c’étaient bien eux seuls qui étaient prêts à agir sur les porteurs de lignée en échange de ressources autrement inaccessibles, comme la potion de Longévité, des lignées de rang supérieur, des ressources d’intégration, des armes technologiques ou de simples gadgets… etc.

Ils savaient que rendre l’annonce aussi publique que possible ne ferait que semer une psychose collective sans aucun profit.

Après tout, ces citoyens normaux ne prenaient pas une arme et ne risquaient pas de traquer des porteurs de lignée juste parce que quelqu’un le leur ordonnait.

Même s’ils voulaient s’y coller, comment pouvaient-ils croire les promesses de l’Organisation ?

Comment pouvaient-ils garantir qu’après l’enlèvement, ils seraient récompensés par les objets mentionnés plutôt que tués ou livrés aux autorités ?

C’est pourquoi l’Organisation contactait toujours en priorité les forces obscures, bien plus faciles à convaincre.

Une fois ces forces sombres instauré le chaos et exhibé les récompenses reçues en troquant des porteurs de lignée, les roturiers n’auraient d’autre choix que de croire en l’authenticité de l’Organisation.

D’ici là, les avides n’hésiteraient pas à saisir leurs propres fusils et à enflammer encore plus la situation !

C’était exactement ce que l’Organisation désirait ! Le Chaos = Profit !

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