Le bombardement orbital combiné aux contre-offensives de la Force de Défense Planétaire avaient considérablement soulagé la situation sur Cheval-III.
L'avant-garde de la Marine de l'Alliance laissa un destroyer et plusieurs navires marchands armés en orbite autour de Cheval-III pour poursuivre leur soutien tout en attendant l'arrivée des renforts principaux. Le reste avança, pénétra dans le secteur de Cheval-VI, puis gagna la capitale du Secteur Stellaire : Cheval-II.
Partout où la Marine de l'Alliance passait, la flotte Peau-Verte se dispersait !
La division de tête regroupait quelques dizaines de vaisseaux ; s'il n'y avait pas de croiseurs, plusieurs destroyers y figuraient bien. Avec une telle force numérique et qualitative déployée face à eux, les détachements de la flotte pillarde Peau-Verte ne pouvaient guère résister.
Sur Cheval-II par exemple, une escadre de pillards fut littéralement décimée ; après avoir perdu quatre bâtiments, elle parvint seulement à s'enfuir.
On peut dire qu'à partir du moment où l'Armée de l'Alliance franchit la limite du secteur stellaire de Cheval, l'espace sidéral, jusqu'alors totalement chaotique et livré aux caprices des flottes pillardes Peau-Vertes, retomba soudain dans le calme.
L'humanité reprit ses positions spatiales et sa maîtrise de l'orbite, rendant les combats au sol nettement plus aisés.
À ce moment-là, le corps principal de l'armée terrestre de l'Alliance arriva également sur Cheval-III.
Ils firent halte un bref instant ici, où Gu Hang rencontra le Gouverneur Planétaire de Cheval-III.
Ce dernier avait déjà signé le traité des Sept-Chevaux depuis plus de quinze jours, et l'Alliance était venue en personne pour respecter les accords.
Le gouverneur, tenant à la main le document papier du traité, posa aux côtés de Gu Hang pour une photographie.
Gu Hang repartit satisfait aux côtés des forces principales de l'Alliance.
Avant son départ, il affecta huit divisions à Cheval-III.
Une division Squelette, six divisions d'infanterie et une brigade blindée, totalisant environ 330 000 hommes, tous incorporés sous le drapeau de l'Armée de l'Alliance.
Avec un tel contingent, les problèmes sur Cheval-III allaient être résolus.
Et il en fut ainsi.
La mobilisation des troupes terrestres de l'Alliance fit immédiatement pencher la balance du côté de leurs alliés, transformant une situation au sol déjà améliorée par le bombardement orbital en un avantage décisif.
Cheval-III abritait environ 800 millions d'âmes, planète à la fois agricole et minière, mais les Peau-Vertes y avaient dépêché un million d'hommes au compteur.
Les unités de la Force de Défense Planétaire de Cheval-III étaient médiocres au mieux, et leur effectif ne dépassait pas quelques millions. De plus, la moitié avait été détournée vers Étoile-Aile-Forte par Yuan Chengchuan, les laissant lutter difficilement face à l'invasion massive des Peau-Vertes.
Armer l'intégralité de la population relevait presque du fantasme ; les armes manquaient cruellement.
Impossible d'attendre des civils qu'ils affrontent les Peau-Vertes avec des fourches et des picots miniers, non ? Cela n'aurait été qu'un bain de sang sans appel.
En réalité, les Peau-Vertes nourrissaient déjà une volonté tacite de s'implanter durablement sur ce monde. Après avoir écrasé une unité de la Défense Planétaire sur le continent tropical, ils y avaient instauré un nouvel écosystème et commencé à cultiver des champignons un peu partout.
Si aucune action n'était menée pour les contenir pendant quelques années, plus besoin d'envoyer des renforts venus de la Mer d'Étoiles : leur population augmenterait d'elle-même.
Pourtant, tout cela fut balayé et réduit à néant par l'arrivée de l'Armée de l'Alliance.
La première vague de bombardement orbital visa les concentrations orcines ; la seconde s'en prit directement à leur écosystème.
Ensuite, dès que les troupes terrestres alliées mirent pied à terre, les stipulations du traité des Sept-Chevaux prirent cours : le colonel commandant les huit divisions devint commandant suprême du théâtre planétaire, et les quelque deux millions de soldats de la Force de Défense Planétaire de Cheval-III placèrent aussitôt sous leur autorité centralisée.
Au départ, les éléments de la Défense Planétaire nourrissaient un certain malaise.
Être militaire implique toujours une fierté, et la Force de Défense Planétaire n'y échappait pas. Quoiqu'il en soit, elle venait de mener des combats acharnés contre les Peau-Vertes pendant un mois entier, avec des pertes lourdes. Même si la victoire demeurait hors de portée, des sacrifices immenses avaient été consentis. Que l'Alliance vienne nous porter secours, nous nous en réjouissions, mais qui avait décidé que nous devions céder nos prérogatives en bloc ?
Acceptable envers une Armée du Royaume Stellaire, certes, mais nous sommes tous des unités de Défense. Nous serions supérieurs juste parce que vous avez davantage d'argent ?
Toutefois, le gouverneur de Cheval-III savait exactement ce qu'il faisait, et sous ses ordres fermes, l'armée de Défense fit preuve d'une obéissance sans faille.
D'autant plus qu'avec le déclenchement des hostilités, le dernier résidu de réticence parmi les cadres et officiers de la Défense s'évapora rapidement.
Contre toute réticence, auraient-ils pu tenir face à l'efficacité redoutable de leurs homologues ?
En assumant le commandement intégral, les forces terrestres alliées n'avaient nullement l'intention de sacrifier les troupes locales comme chair à canon, crainte pourtant légitime des locaux. Certes, elles exigeaient la mobilisation d'un million d'hommes pour maintenir le front, mais c'était là leur unique rôle. Pour les assauts déterminants, ce furent les Alliés qui se mirent eux-mêmes au travail, manchettes retroussées.
La division Squelette, parfaitement équipée et utilisant ses propres unités blindées comme point de percée, sélectionna une zone pour forcer le passage vers la forêt tropicale humide de Cheval-III.
Le Char-Roi Lion guida les Lions, broyant la jungle sans faire de quartier.
Les chars d'élite, dotés de moteurs anti-gravité, ignoraient complètement l'état des pistes.
Puissance brute et chenilles ultra-performantes constituaient leur dotation standard ; sur les terrains boueux, et quand le contexte l'exigeait, les systèmes anti-gravité se mettaient en marche, alégeant considérablement le blindé jusqu'à le soulever de quelques centimètres. Capables de traverser n'importe quel relief accidenté, ils fonçaient droit devant.
Les bastions Peau-Vertes tombèrent les uns après les autres, tandis que les soldats alliés les suivant de près éliminaient systématiquement toute menace résiduelle. Derrière eux, les unités de défense indigènes se chargeaient simplement du ravitaillement, brûlaient les champignons au lance-flammes pour dégager la zone et débarrassaient le terrain des arbres au fur et à mesure que l'avance nécessitait de nouvelles brèches.
C'est précisément parce qu'ils accompagnaient les forces alliées dans ce « travail ingrat » qu'ils purent saisir de visu la manière dont l'Alliance menait la guerre.