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Starting from the Planetary Governor

Chapitre 1957

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Chapitre 1957

Chapitre 1957

Chapitre 1957/1962100%~6 min de lecture1 061 mots

Minnick n’avait jamais songé à chercher son indépendance, mais afficher une position ferme et adopter une attitude intransigeante s’imposait comme une mesure nécessaire.

En agissant ainsi, il visait deux objectifs principaux dont l’un était déjà atteint.

Après l’expulsion des agents fiscaux et le blocus du système stellaire, les velléités dissidentes au sein de la famille furent étouffées presque instantanément.

Bien que ces voix discordantes ne fussent pas réduites au silence pour autant, la prise de position aussi brutale de Minnick les contraignait à se taire provisoirement.

Face à un ennemi majeur aux portes de leur bastion, même les plus ignorants comprenaient qu’il n’était pas temps de s’entre-déchirer. Minnick s’employait avec acharnement à transformer sa propre erreur en persécution étrangère.

Il parvint à détourner vers l’extérieur ce conflit interne devenu difficilement maîtrisable.

Il était désormais temps d’unir le ressentiment face à l’ennemi commun.

Le second objectif consistait à effacer l’inadmissible somme de cent trente milliards, ou tout du moins à la ramener à un niveau tolérable.

La situation idéale serait bien sûr d’éviter la guerre et de voir les gouvernements du Secteur Stellaire et du Domaine Stellaire trouver un compromis.

À condition qu’ils jugent plus lourde la difficulté et le coût de l’anéantissement des Fatches que le profit attendu.

Combien de ressources faudrait-il dépenser pour rayer les Fatches de la carte ? S’il semblait y avoir là un gain de cent milliards, une fois le clan anéanti, à qui l’Empire s’adresserait-il pour percevoir cette amende ?

Les recouvrer directement ? Le volume de richesses qu’il serait possible de piller sur le tri-stellaire des Fatches, réduit en cendres, demeurait totalement incertain.

Qui plus est, le « pillage » n’impliquait-il pas lui-même des coûts ? Quelles troupes l’Empire devrait-il stationner pour grappiller plus de cent milliards dans une région qui affichait un PIB total de seulement deux cents milliards sur dix ans, même avant le déclenchement des hostilités ?

Un mirage irréalisable.

Prenant conscience de cet aspect, il devenait évident qu’une résolution sans guerre était envisageable.

C’est pourquoi les hommes du clan Fatches et leurs alliés extérieurs avaient été mobilisés, menant une campagne de pression constante.

Si la guerre venait réellement à devenir inévitable, les Fatches devraient tenir bon durant les batailles à venir, envoyant en permanence des signaux clairs de leur volonté de négocier et de se soumettre, jusqu’à obtenir finalement une grâce royale.

Durant cette négociation, toutes les conditions seraient discutables.

Une augmentation de l’impôt impérial à trois milliards par an ? Discutable.

Concernant les amendes, elles pourraient également être réglées ; cent milliards étaient exclus, mais une fourchette de deux à trois cents milliards passerait.

Les détails précis dépendraient de la puissance militaire que les Fatches parviendraient à montrer au combat et de la valeur que celle-ci aurait aux yeux de l’adversaire.

Toutes ces réflexions tournaient en boucle dans l’esprit de Minnick.

Ses secrétaires venaient déjà de descendre ; ils devaient transmettre à la direction diplomatique la déclaration que Minnick venait de prononcer, dans les plus brefs délais. Elle serait polie, enrichie de preuves et de données pour en attester la véracité, puis diffusée vers chaque destinataire imaginable aussi vite que possible.

Une fois ses secrétaires partis, Minnick allait recevoir la visite d’une personne-clé.

Il s’agissait de Salihoovich, diplomate de l’Alliance. Il était basé depuis un an à l’ambassade alliée sur Fatches No. 1, chargé des communications entre les deux parties.

Ce mécanisme avait pourtant été mis en place plusieurs années auparavant, et Salihoovich avait pris ses fonctions il y a un an, apparemment lors d’une simple rotation de personnel.

Reprenant ses esprits, Minnick s’adressa à Salihoovich sur un ton sévère : « L’Alliance a rompu notre accord ! Vous avez représenté votre gouvernement en promettant que, quel que soit le déroulement des événements, l’Alliance ne deviendrait jamais l’ennemi des Fatches ! »

Salihoovich répondit avec un grand respect : « Vous avez raison, mais nous n’avons nullement rompu notre promesse. »

« Dans ce cas, que signifie votre soutien au gouvernement du Secteur Stellaire dans sa condamnation du soulèvement des Fatches ? Qui a fourni les renseignements sur la rébellion des Industries Lourdes Blackbird et des Systèmes Intelligents ? Les données concernant les pertes subies par Korolya sont-elles si étrangères au gouvernement de l’Alliance ? Comment osez-vous prétendre frontalement devant moi avoir tenu vos engagements ! »

« Je dois vous rectifier », répondit Salihoovich. « Notre engagement de ne pas devenir des ennemis visait précisément à éviter toute déclaration de guerre contre les Fatches. Quant aux éléments que vous citez, soumis aux exigences du gouvernement du Secteur Stellaire, nous n’avions véritablement aucun moyen de refuser. »

« Paroles de renard ! Vos agissements me désolent. Allez dire à Gu Hang qu’il doit nous apporter un soutien plus clair ! Si nous tombons, laissant Martin Nelli et le groupe de Pei Desi prendre le contrôle du système stellaire des Fatches, ce sera l’Alliance qui sera la prochaine cible ! »

« Notre gouverneur comprend parfaitement la situation, c’est d’ailleurs pour cela que nous soutenons votre posture intransigeante face au gouvernement du Secteur Stellaire. Cependant, que signifie exactement pour vous un « soutien plus clair » ? »

Minnick exigea d’une voix ferme : « Des troupes, des armes, du matériel ! Rendez-moi le 3e Corps Dragonhawk ! »

L’attitude de Salihoovich resta des plus sincères : « Je comprends votre demande et, naturellement, l’Alliance peut rapatrier le Troisième Groupe d’Armées de la Légion Dragonhawk sur ses bases dans le tri-stellaire des Fatches, mais… permettez-moi d’être franc : êtes-vous certain de ce qu’ils feront une fois revenus sur les lieux ? Seront-ils un secours ou deviendront-ils un lacet autour de votre cou ? Il s’agit de soldats de l’Armée du Royaume Stellaire. »

Minnick demeura un instant sans voix.

Il ne pouvait en être absolument certain.

Même si la majorité des effectifs du 3e Corps Dragonhawk provenaient des Fatches, ils relevaient tout de même de l’Armée du Royaume Stellaire. Que feraient-ils une fois l’ordre de réprimer le soulèvement reçu ?

Si cette légion avait toujours été stationnée dans le tri-stellaire des Fatches, il se sentirait quelque peu rassuré. En épurant une partie des officiers et en intensifiant la propagande au sein des rangs, en insistant sur le fait qu’aucune trahison ne résidait en eux, mais bien dans le comportement du gouvernement du Secteur Stellaire, il pensait peut-être pouvoir influencer leur loyauté.

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