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Starting from the Planetary Governor

Chapitre 1948

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Chapitre 1948

Chapitre 1948

Chapitre 1948/196299%~8 min de lecture1 565 mots

L'ancien Parleur Stellaire de l'Étoile Hibou Enragé n'était tout simplement pas capable de le faire.

Même en l'associant à une vingtaine de psychiques du Corps des Mages de la Tempête et en poussant l'alimentation en énergie spirituelle à son paroxysme, il n'aurait pas réussi à enchaîner plusieurs sauts spatiaux pour atteindre la capitale du domaine cosmique.

En matière de télécommunications interplanétaires longue portée, la puissance de l'énergie spirituelle ne fait pas tout ; une capacité supérieure à localiser les signaux revêt la même importance.

Celui qui occupait présentement ce poste sur l'Étoile Hibou Enragé était un véritable inutil.

L'expédier à l'Académie des Mages de la Tempête de l'Alliance pour parfaits ses talents n'aurait servi à rien : il était totalement éteint, sans aucun potentiel restant.

Il avait été dépêché par la mère de Gu Hang. D'ailleurs, la Tour de Langage Stellaire elle-même était un présent offert par celle-ci, assorti du déploiement initial de son opérateur. Au départ, on y avait vu un prodige technologique, mais on s'était vite rendu compte que l'intéressé passait pour un agent lambda, dépourvu tant de compétences que d'ambition, se contentant de subir ses jours jusqu'au trépas.

Cela ne posait finalement pas de réel souci. Gu Hang faisait preuve d'une grande indulgence : chacun faisait au mieux de ses capacités, remplissait ses fonctions habituelles et c'était tout. Il n'exigeait ni plus ni moins en termes de résultats.

Néanmoins, la télécommunication par Tour de Langage Stellaire répondait à des exigences bien concrètes.

Avec l'expansion continue des opérations de l'Alliance, la nécessité de communiquer avec l'extérieur ne faisait que croître.

Tenter de joindre les étoiles fixes relevait presque du jeu d'enfant comparé aux liaisons avec les flottes en longues croisières.

Joindre l'Étoile Wuji demandait déjà une procédure alambiquée ; comment imaginer alors établir le lien avec une force de guerre naviguant dans un secteur stellaire perdu, en déplacement permanent et contraite parfois au silence radio ? Prenait-on l'exemple de la Flotte Tianma, celle où servait Yelisia, promise de Gu Hang ? L'inaccessibilité y était encore plus criante.

Tel était bien le constat.

La situation réclamait impérativement des renforcements.

Il fallait d'un côté élever la qualification des Parleurs Stellaires et, de l'autre, booster le niveau technique des Tours de Langage Stellaire.

Les deux éléments se soutenaient mutuellement. Un Parleur Stellaire hors norme parvenait à joindre Terra Sacrée avec un matériel pourri ; à l'inverse, un technicien faible mais équipé d'une Tour de Langage Stellaire performante suffisait à contourner les limites du domaine cosmique.

Tandis qu'il pesait les orientations prioritaires pour l'Alliance, l'acuité psychique de Gu Hang s'immisce dans le réseau de la Tour de Langage Stellaire. Le flux parcourt la station relais de l'Étoile Aile Volante, redescend vers Yunluo Star et se lance à la traque de l'Étoile Wuji.

La situation ne permettait pas d'autre option. Face à l'incompétence de ses hommes, il ne lui restait plus qu'à passer lui-même à l'action.

Contrairement à l'opérateur en rotation permanente sur l'Étoile Hibou Enragé, Gu Hang disposait d'un bagage bien supérieur. Psychique de rang S avéré, sa réserve d'énergie spirituelle le plaçait à un tout autre niveau. Certes, il manquait de formation spécialisée, mais il suffisait d'apprendre en pratiquant ; il avait largement les moyens et les ressources nécessaires pour s'assurer le succès.

Cette procédure consomme pourtant une journée pleine.

Si la jonction avec l'Étoile Wuji s'est faite rapidement en deux heures, le message reçu quelques instants plus tard apprenait que Galaraldo n'y était plus.

Cette information contredisait clairement le dernier rapport dont il disposait.

Selon toute logique, Galaraldo avait dû saisir un vaisseau rapide pour rallier la capitale de l'Empire, Terre natale de l'humanité : Terra Sacrée.

Son départ de l'Étoile Wuji datait d'environ un an et demi. Compte tenu de la vitesse du navire emprunté, il aurait dû être sur place depuis longtemps.

Gu Hang tenta donc directement la liaison avec Terra Sacrée.

La distance étant énorme, cette tentative absorbe une seconde journée entière.

S'être confronté à cette épreuve vaut cependant à Gu Hang un bond significatif en matière de maîtrise des protocoles de communication.

La prochaine fois, un appel vers l'Étoile Wuji ne nécessitera qu'une heure de manipulation. Quant à joindre Terra Sacrée, cela ne dépassera pas sept ou huit heures.

Pourtant, même optimisés, ces délais restent inacceptables. Gu Hang possède-t-il tant de temps libre à dilapérer en transmissions ?

À l'avenir, sauf à disposer d'un Parleur Stellaire plus compétent et d'une Tour de Langage Stellaire performante, éliminant ainsi la nécessité pour lui d'endosser ce rôle d'opérateur, il réservera les liaisons interstellaires longue portée aux affaires les plus urgentes.

Au fond, il regrettait déjà cette démarche. Il ne voyait guère d'utilité impérieuse à s'entretenir avec Galaraldo.

Seul le temps déjà engagé et le coût irrécupérable le retiennent sur la ligne. Il serra les dents, poursuivit l'effort et considéra cette contrainte comme une occasion personnelle de perfectionnement.

Une fois la liaison établie, cependant, il comprit que les informations recueillies valaient amplement le détour.

« J’attendais justement de savoir quand votre transmission finirait par aboutir », fit entendre de l’autre côté une voix légère, empreinte d’une familiarité que Gu Hang n’avait pas revue depuis longtemps.

« Les invités d’honneur viennent tout juste de poser pied sur l’Étoile Hibou Enragé. Dès leur arrivée, je me suis empressé de vouloir joindre vos instances… mais comprenez-moi, ici nous sommes à la limite des colonies connues, et joindre Terra Sacrée relève presque du miracle. »

« Je conçois, je conçois. Mais vous êtes allé vite… »

« Tiens, capte-t-on mieux maintenant… putain de qualité de liaison ! » grogna-t-il après s’être plaint, avant que son ton ne redevienne plus léger : « J’ai fait venir quelques Parleurs Stellaires supplémentaires pour renforcer le canal, ça devrait passer nickel désormais ! »

« À voir comment vous vous exprimez, il semblerait que vous jouissiez d’un certain prestige auprès des autorités de Terra Sacrée, n’est-ce pas ? »

« Évidemment. Qui sommes-nous ? Je suis Bochoya Galaraldo ! »

« Oubliez désormais le titre d’Apôtre de la Guerre, je ne l’occupe plus. » Prononça-t-il d’une voix lourde un instant, avant qu’un éclat nouveau et vital ne l’illumine : « Désormais, adressez-vous à moi en tant que Ministre Adjoint du Département des Affaires Militaires Impérial ! »

Il précisa aussitôt : « À condition qu’aucun contretemps ne survienne, je monterai au grade de Ministre Adjoint des Affaires Militaires d’ici six mois. »

La surprise de Gu Hang fut parfaitement sincère.

Ce que Galaraldo venait de révéler atteint un seuil de gravité bien supérieur à ce que Gu Hang avait pu anticiper.

La formulation « Département Militaire » prononcée par l’ex-Apôtre de la Guerre portait explicitement la marque de l’Empire central et n’était suivie d’aucune qualification territoriale ou annexe.

Cela ne laissait planer aucun doute : il visait directement le Département Militaire Central.

Or, quel était précisément le statut d’un Ministre Adjoint ?

Au sommet de l’appareil central impérial se trouvait le Premier ministre. Derrière lui, le titulaire du Département des Affaires Militaires détenait l’une des charges exécutives les plus sensibles. À l’époque présente, ce ministre occupait même traditionnellement l’un des treize sièges du Conseil Suprême Humain.

Dans l’organigramme du Département, en deçà du titulaire figuraient les Ministres Adjoints et Secrétaires Généraux adjoints, précédant de peu leurs propres adjoints techniques.

Au sein de cet appareil, haut lieu politique et militaire, le cercle restreint comptait à peine six ou sept individus placés au-dessus de lui. S’il accédait effectivement à sa promotion prévue sous six mois, il rejoindrait naturellement le top cinq des responsabilités départementales. Dans l’absolu, une telle position équivalait carrément à devenir le numéro trois de la hiérarchie civile impériale.

En somme, l’ami fidèle de Gu Hang serait-il devenu un authentique haut dignitaire de l’Empire ?

Non pas un exécutant brutal se gavant exclusivement du prestige du Seigneur Solaire sans mandat officiel, tel un vulgaire « Apôtre de la Guerre », mais un responsable administratif légitime, investi de pouvoirs réels et reconnus.

Comment diable avait-il réussi un tel exploit ?

Gu Hang en restait littéralement sidéré.

Entre fierté et solennité, il livra alors un récapitulatif sommaire de ses récents périples à son interlocuteur.

« Attend, votre position… »

Galaraldo saisit l’intention aussitôt : « Rassurez-vous, je veillerai scrupuleusement à sécuriser la liaison et écarter tout risque d’écoute indue. »

Il reprit sa marche en avant : « Laissez-moi réfléchir… où en étais-je ? »

Immédiatement après avoir été extirpé du Sous-Espace grâce à Gu Hang, il avait pressenti le drame en constatant que l’escorte dépêchée par le Seigneur Solaire effectuait brusquement volte-face en cours de route.

À la moindre faille, il avait profité de la fenêtre ouverte pour fuir le Secteur Stellaire Tianma.

Qu’importe son rôle stratégique, ce secteur constituait une enclave périphérique au cœur de l’Empire. Il lui fallait dégager au plus vite avant que les portes ne se referment.

Quelle que fût la cause du décès du Seigneur Solaire, Galaraldo, fort de sa proximité avec le pouvoir, savait pertinemment que plus aucun successeur ne pourrait maintenir l’impulsion de l’Expédition Solaire. Cette armée colossale, fédérant sous ses ordres l’essentiel des élites impériales, était vouée à se dissoudre inexorablement.

Il lui fallait absolument négocier une parade. Sans levier militaire propre, tout financier ayant engrangé des bénéfices pour le Seigneur Solaire et accumulé les inimitiés auprès de milliers de grands dignitaires impériaux était certain de figurer parmi les premières victimes de l’épuration qui allait suivre.

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