Une fois le barrage d'artillerie terminé, les soldats mécaniques reprirent leur progression.
Pendant un long moment, aucun tir ne provint de la position des soldats humains.
Mais leur mouvement restait prudent.
Pour enlever cette position, l'équipe d'assaut mécha de plus de deux mille hommes avait déjà perdu plus d'un tiers de ses effectifs. À l'origine, il y avait six chars Challenger, mais il n'en restait plus qu'un seul.
Le prix de la victoire était si élevé...
Non, la victoire n'était pas encore acquise.
Lorsque les premiers chiens mécaniques s'élancèrent et atteignirent une centaine de mètres de la position, le bruit familier des explosives lourdes retentit à nouveau.
Issu des troupes désorganisées de la 3e Compagnie du 2e Bataillon, le sergent Dimitriou servit l'arme explosive lourde miraculeusement intacte, non seulement anéantissant les chiens mécaniques à l'assaut, mais faisant aussi exploser le dernier char Challenger.
Dimitriou ne savait pas d'où il avait tiré ce courage.
Plus tôt, lorsque la 3e Compagnie avait été percée, ils s'étaient dispersés dans toutes les directions, ne parvenant qu'à fuir. Après avoir été arrêtés par la 9e Compagnie, ils avaient failli être pris pour des déserteurs.
Son moral, comme celui de la dizaine d'autres soldats battus, était alors au plus bas. La panique de l'échappée de justesse, la confusion de ne pas savoir ce qui les attendait, remplissaient leurs cœurs.
Ils avaient vu de leurs propres yeux l'énorme nombre de la Légion Mécanique frayer un chemin vers l'arrière. Il ne pensait pas que la 9e Compagnie puisse retenir ces ennemis, d'autant que l'ennemi ne les surpassait pas seulement par le nombre, vingt contre un, mais bénéficiait aussi d'un appui d'artillerie à longue portée.
Comment livrer cette bataille ?
Il n'avait pas fui, uniquement parce que fuir signifiait être exécuté comme déserteur.
La suite du combat ne dépassa pas ses prévisions.
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La 9e Compagnie se battit avec ténacité, épuisant presque tous les moyens pour affronter ces monstres mécaniques, mais l'écart de puissance de feu et d'effectifs la mena malgré tout à une défaite inévitable.
Mais Dimitriou vit ce qui se passa à la position du canon explosif.
Lorsque le mitrailleur tomba, le commandant de compagnie prit la relève ; quand le commandant de compagnie s'effondra, l'officier politique reprit la position ; quand l'officier politique mourut, d'autres soldats se précipitèrent en avant...
Ce courage successif toucha profondément Dimitriou.
Il ne put s'empêcher de penser à sa propre compagnie. Si la 3e Compagnie n'avait pas été attaquée et avait persisté dans le combat, la même chose se serait-elle produite ?
Son commandant de compagnie, son officier politique... et même lui-même, feraient-ils les mêmes choix que les frères de la 9e Compagnie ?
Il se posa la question en son for intérieur.
Il n'avait pas encore trouvé la réponse, mais son corps avait devancé sa pensée.
Ses gestes étaient lents, pourtant résolus.
Rampant, il parvint jusqu'à ce trou de tir.
Il n'y restait plus de place pour se tenir debout, la petite excavation étant encombrée d'une douzaine de corps.
Lorsqu'il reprit ses esprits, il se découvrit allongé sur les corps des frères de la 9e Compagnie, la main sur la gâchette du canon explosif.
Le chargeur de munitions avait disparu, mais la chaîne de munitions devant lui s'étendait sur plus d'un demi-mètre.
Son esprit était vide, pourtant il leva instinctivement l'arme vers les chiens mécaniques, vers le Challenger qui approchait, et pressa la gâchette.
Le fidèle canon explosif fonctionnait encore, sa rafale déchirait l'air, le bruit était assourdissant !
Le bruit du canon explosif sembla agir comme un catalyseur, et à cet instant le sang de Dimitriou bouillonna lui aussi au rythme de la canonnade !
Il ne put s'empêcher de rugir, évacuant son émotion.
Peur, douleur, désarroi... tout se transforma en projectiles dirigés vers l'ennemi.
Au milieu de la fusillade, il comprit enfin.
Il allait mourir, mais il en valait la peine.
Pour compenser l'insuffisance d'hier