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SSS Awakening: I Gain a Skill Every Time I Die

Chapitre 89

SSS Awakening: I Gain a Skill Every Time I DieSSS Awakening: I Gain a Skill Every Time I Die
Chapitre 89

Chapitre 89

Chapitre 89/9594%~13 min de lecture2 491 mots

Je me suis retourné pour voir Balor avant de réaliser qu’il n’y avait rien pour lequel me retourner.

C’est la seule chose dont je me souvienne avoir faite durant les trois premières secondes.

Mon corps a levé les mains, écarté les pieds, baissé le menton, puis il est resté figé dans cet espace gris sans repères, garde haute dressée contre absolument rien.

Pas de fumée.

Pas de sel. Rien qui brûle. Pas d’eau ruisselant en pente sous l’ensemble, pas de cloche, pas de foule, pas de mouettes.

J’entendais ma propre respiration, et c’était la totalité du bruit en ce lieu.

Mes gantelets brûlaient encore. Le cuir de mes avant-bras avait grillé, mes mains ne voulaient plus se fermer, et l’eau de crue s’en échappait vers mes bottes sur un sol qui ne trempait pas là où elle touchait terre.

J’ai posé les mains.

> **[Rôle attribué : Coursier auxiliaire.]**

>

> **[Objectif principal accompli.]**

>

> **[Sacrifice prédéterminé refusé.]**

>

> **[Mécanisme de scénario caché découvert.]**

>

> **[Système d’inondation ancien restauré.]**

>

> **[Commandant de scénario vaincu.]**

>

> **[Perte massive de population évitée.]**

>

> **[Conclusion de scénario modifiée.]**

>

> **[Calcul de l’évaluation du Tutoriel…]**

Huit lignes.

Aucune ne contenait de chiffre. Rien sur le nombre d’assaillants mis hors d’état de nuire, rien sur les Niveaux ou le Mana, ni sur comment j’ai frôlé la mort dans une flaque.

Il ne voulait que les endroits où l’histoire déviait.

Chaque Tutoriel se termine par ce type de message.

F en bas, puis E, D, C, B et A, puis S, SS, et enfin SSS en haut. Le Bureau enregistre leurs comptes rendus depuis soixante ans et ne parvient toujours pas à vous en donner la formule.

Ce qu’il peut vous dire, c’est que cela n’a strictement rien à voir avec la note sur votre sphère.

Il y a des Éveillés Argent et Noir qui ont validé leur Tutoriel avec un C sans jamais comprendre pourquoi.

Il y a des hommes qui se sont réveillés Blanc et sont sortis de leur expérience avec un A parce qu’ils avaient compris ce que leur scénario attendait réellement d’eux.

La Tour semble peu se soucier de ce que vous êtes.

Ce qui l’intéresse, c’est ce qui s’y est passé.

> **[Évaluation finale du Tutoriel : SSS.]**

Je ne fis rien pendant un moment.

J’attendais une note élevée. Je traînais un commandant de scénario mort, un quartier inondé et deux mille personnes qui auraient dû être dans un canal, et j’aurais accepté un S en estimant que c’était juste.

Je lus la ligne quatre fois.

La troisième fois, je pensais à un cylindre de bronze portant l’empreinte digitale de quelqu’un d’autre dans sa cire, et au fait que tout mon rôle consistait à le porter jusqu’au sommet d’une colline et le remettre à un homme.

> **[Récompense de Tutoriel SSS débloquée.]**

L’évaluation détermine ce qui vous est proposé.

C’est le seul aspect qui compte vraiment pour les guildes. Un D vous donne un objet sans que vous puissiez choisir.

Un A vous offre un petit choix de choses correctes. Et un SSS génère trois récompenses au grade SSS et vous laisse en conserver exactement une.

Elles ne sont pas tirées d’un lot commun. Personne n’a jamais eu les mêmes trois qu’un autre.

Elles découlent du scénario dans lequel vous étiez, du rôle qui vous était confié, et des actions spécifiques ayant produit cette note. C’est pourquoi deux Joueurs peuvent rentrer avec un A et n’avoir rigoureusement rien à comparer.

Trois objets apparurent devant moi, espacés d’environ un mètre.

Pas des cartes. Des objets, flottant à hauteur de poitrine, tournant lentement.

Le premier était une lanterne.

Une lanterne à volets en bronze, à charnière frontale et lentille derrière, mais la lentille n’était pas en verre. Elle possédait une profondeur dont la lumière émanait plutôt qu’elle n’y pénétrait.

> **[LA LANTERNE À VOLET — Relique SSS.]**

>

> **[Générée à partir de : Commandant de scénario vaincu.]**

>

> **[Le Mana de la Capacité flamme du porteur peut être canalisé à travers la lentille et projeté sous forme de faisceau dirigé.]**

>

> **[Le volet doit être ouvert à la main et ne peut être manipulé lors de la même action qu’une attaque.]**

>

> **[La consommation de Mana lors de la projection est considérablement augmentée.]**

Je la regardai plus longtemps que je n’aurais dû.

Je n’ai aucune attaque à distance. Je n’en ai jamais eu. Chaque objet que je possède nécessite que je sois à moins de deux mètres du problème, et je suis mort deux fois ce mois-ci simplement parce que je n’ai pas pu atteindre un objectif à temps.

Cette lanterne est une Capacité feu dotée d’un canon.

Le second était une cloche.

Petite. De la taille de mon poing, en bronze terni, suspendue à une courte chaîne destinée à rester contre la poitrine, avec une ânerie intérieure et une tour horlogère estampée sur le sommet.

Le même sceau que celui visible sur l’épaule de cette armure d’emprunt.

> **[TOCSIN — Relique SSS.]**

>

> **[Générée à partir de : Sacrifice prédéterminé refusé.]**

>

> **[Lorsqu’elle est frappée, une barrière se forme le long d’une ligne désignée par le porteur, sur douze mètres maximum, ancrée à son point d’apparition.]**

>

> **[Pendant huit secondes, rien ne la traverse dans aucun sens.]**

>

> **[Le porteur n’est pas exempté.]**

>

> **[Une fois frappée, elle ne retentira plus tant qu’elle sera restée silencieuse pendant une heure.]**

Je lus les deux dernières lignes à deux reprises.

Rien ne passe. Ni les attaques. Ni les corps. Ni moi.

Une fois par heure.

Le troisième était le cylindre.

Le véritable. En bronze, de la longueur de mon avant-bras, avec encore de la cire sur les deux bouchons et une empreinte digitale pressée dedans qui n’était pas la mienne et ne l’avait jamais été.

> **[LE SCELLÉ DU COURSIER — Relique SSS.]**

>

> **[Généré à partir de : Rôle de coursier accompli et dépassé.]**

>

> **[Tandis qu’il est porté, toute force d’arrêt générée par les Capacités de mouvement du porteur est transférée dans le sol plutôt que dans son corps.]**

C’est tout. Voilà toute la description. Deux lignes, et c’est l’objet le plus séducteur qu’on m’ait jamais présenté.

Parce que Talaria m’a blessé chaque fois que je m’en suis servi, et j’insiste : à chaque fois, du mur d’une cour jusqu’au sol d’une chambre où un homme me dominait.

Il y a une semaine, j’ai placé cinq points d’attributs dans Endurance spécifiquement pour arrêter que mes propres déplacements me brisent la cheville, et ça *a aidé*, mais ça ne l’a pas réparé.

Ce cylindre, lui, règle le problème.

Je restai là dans cette pièce grise sans écho de pas et je calculai mentalement la configuration de mon personnage, quelque chose que je n’avais jamais pris le temps de faire correctement auparavant.

Aten consume tout ce que je peux toucher.

Lycaon me permet d’entrer au combat avec trois cents kilos de masse corporelle.

Antaeus me permet de fusionner avec le sol.

Talaria me projette n’importe où dans un rayon de neuf mètres en moins de temps qu’il ne faut pour cligner des yeux.

Snare arrache un pied à quelqu’un. Androphagos me signale ce qui vit dans un rayon de six mètres.

Huit Capacités.

Six sont des moyens de frapper ou de rejoindre une cible.

Chaque fois que je suis mort, ce n’était pas parce que je n’atteignais pas le problème ou que je ne pouvais pas lui faire mal.

C’était parce que quelque chose atteignait *moi*, ou quelqu’un que je protégeais, et que je n’avais rien entre nous autres que mes propres avant-bras.

Ewan a atteint un homme que j’aurais pu couvrir. Søren a touché ma jambe. Cormac a percé un blessé sur des dalles fissurées à onze mètres pendant que je restais là, les mains basses.

La lanterne rend ma meilleure Capacité encore meilleure.

Le cylindre réduit le coût de ma seconde meilleure.

La cloche est le seul objet de cette pièce capable de faire quelque chose que je ne sais absolument pas faire actuellement.

Et elle est la bonne pour une autre raison aussi, que je vais noter ici car c’est la vérité.

Douze mètres d’arrêt absolu pendant huit secondes, ça ne vaut rien dans un duel. Dans un duel, je prendrais la lanterne tous les jours de la semaine.

Mais je n’ai pas combattu en duel depuis mon Éveil.

J’ai tenu une ligne de boucliers à l’embouchure d’un caillou, un couloir avec une soigneuse derrière moi, une porte d’entrée avec une Gardienne des Cloches dans le dos et trois mètres de Fomorians qui fonçaient dessus.

Huit secondes, c’est une évacuation. Huit secondes, c’est une soigneuse qui retire ses mains d’un moribond. Huit secondes, c’est une formation comblant un trou qui aurait autrement coûté quatre vies.

Une fois par heure n’est pas une défense permanente. C’est une décision que vous ne prenez qu’une seule fois.

J’ai déjà vécu exactement ce genre de situations où j’aurais donné n’importe quoi pour en disposer.

> **[Récompense sélectionnée : Tocsin.]**

>

> **[Récompenses du Tutoriel non sélectionnées abandonnées.]**

La lanterne et le cylindre s’évanouirent comme si on avait fermé une porte sur eux, et je sentis disparaître quelque chose concernant le cylindre que je n’avais pas anticipé et n’examinai pas.

> **[Relique de Tutoriel SSS acquise.]**

La cloche se matérialisa dans mes mains.

Elle était plus lourde qu’il ne faudrait pour une telle taille et elle était froide, ce qui me surprit, car tout dans ce scénario était soit en feu, soit submergé.

La chaîne passa autour de mon cou et le poids vint se poser juste sous ma clavicule, au-dessus de l’armure, exactement à l’endroit où le cylindre de messages avait été attaché durant deux missions.

Je plaçai mon pouce sur le sceau du sommet.

Puis je ne la fis pas sonner, car je n’ai aucune idée de la durée d’une heure dans une pièce sans montre, et je ne vais pas perdre mon unique activation en tâtonnant.

> **[Tutoriel terminé.]**

>

> **[Statut de Challenger de la Tour confirmé.]**

>

> **[Premier étage débloqué.]**

[LA TOUR]

>

> **[Tutoriel : Validé.]**

>

> **[Évaluation du Tutoriel : SSS.]**

>

> **[Premier étage : Disponible.]**

C’est la dernière fois que je verrai le mot Tutoriel suivi d’autre chose.

On n’en a qu’un. Ce n’est pas un étage, il n’est pas reproductible et il n’apparaît sur aucune carte. Une fois validé, cette porte se referme définitivement pour vous.

Les étages sont l’exact opposé.

Ce sont des lieux réels, ils restent fixés à ces coordonnées, et d’autres personnes peuvent y entrer.

C’est pourquoi on trouve des guides achetés pour le Premier étage, pourquoi le Bureau en conserve les schémas, et pourquoi neuf cents personnes ont foulé ce même sol.

Et pourquoi le Troisième étage compte deux rapports contradictoires et un dossier rempli de victimes.

> **[PROGRESSION DE LA TOUR D’HUMANITÉ]**

>

> **[Validation vérifiée la plus élevée : Deuxième étage.]**

>

> **[Frontière actuelle : Troisième étage.]**

>

> **[Troisième étage : Non conquis.]**

Trois lignes que je n’avais jamais été autorisé à lire.

Elles résument en une phrase le hall est de mon père. Tout ce qui s’y passe, les caisses, le blindage de réserve, le médecin ouvrant deux fois la même caisse, tiennent dans ces trois lignes et le mot à la fin de la dernière.

> **[Ramener le Challenger au point d’entrée ?]**

>

> **[OUI.]**

Ma chambre.

Aucune transition digne d’être notée. Le gris disparut, laissant place à la laine sous mes pieds, à l’air chaud sur mon visage et à un tapis qui a toujours été dans cette pièce depuis que j’avais neuf ans.

La lumière qui passait par la fenêtre avait à peine bougé.

Je m’examinai d’abord, et j’étais intact.

Pas cicatrisé. Restauré, à la manière d’Ouroboros, sauf qu’aucun décès n’était intervenu cette fois. Mes avant-bras retrouvaient leur peau. Mes mains se fermèrent quand je le souhaitai.

Il n’y avait plus d’eau de crue dans mes bottes parce qu’il n’y avait plus de bottes ; je me tenais sur un tapis vêtu des habits que j’avais enfilés après mon bain.

C’est la deuxième fois aujourd’hui qu’on me renvoyait un corps que j’avais déjà consommé.

J’aplatit la main contre ma poitrine et la cloche était là, sous le tissu, froide, pendue à sa chaîne.

> **[Niveau : 11.]**

>

> **[EXP : 810/1 100.]**

>

> **[Santé : 410/410.]**

>

> **[Mana : 250/250.]**

>

> **[Points d’Attribut non attribués : 3.]**

Je laissai ces trois points où ils étaient.

J’ai une raison précise, et ce n’est pas de l’hésitation.

Je viens de sortir d’un scénario qui m’a montré exactement ce que ma configuration ne peut pas faire, et je viens de fixer un objet sur ma poitrine qui change la forme de la réponse.

Je souhaite subir un combat avec lui avant de dépenser quoi que ce soit de définitif.

La liste des Capacités comportait désormais neuf lignes.

Huit Capacités et une Relique, et l’une d’elles appartient à un homme qui vit actuellement dans une ville qui n’existe pas, qui m’a fracturé le bras et ensuite m’a ordonné de rester au sol.

L’horloge au mur indiquait cinq heures vingt.

Je serais entré vers quatre heures trente-cinq.

Cinquante-et-une minutes, et à l’intérieur j’avais consacré l’essentiel de deux jours, à deux reprises, à survivre dans une ville assiégée, j’étais mort une fois, et je me suis tenu debout dans une rue inondée avec un crochet de navire sous le coude.

Je m’assis au bord du lit un instant et laissai ce contraste planer.

Puis je descendis, car mon père me l’avait demandé.

Le hall est ne s’était pas arrêté.

Ils avaient avancé, telle était la seule différence. La première rangée de caisses était scellée, empilée et identifiée. Les chevalets avaient quitté le milieu de la pièce pour laisser place à deux longues tables recouvertes de papier.

Quelqu’un lisait à voix haute un rapport tandis que trois personnes écrivaient.

Le médecin avec la deuxième caisse venait de la rouvrir.

Et je restai planté dans l’encadrement de la porte, une cloche sous mon chemise, à réfléchir à la différence entre les deux événements qui se déroulaient dans cette maison aujourd’hui.

Douze des Joueurs les plus forts de cette région. Trois cents kilos d’équipements. Deux jeux complets en réserve. Neuf jours de préparation et un dossier bâtis sur le cadavre d’autrui.

Et moi, assis au bord d’un lit, à appuyer sur OUI.

Mon père sortit du couloir latéral une dizaine de minutes plus tard et s’immobilisa en me voyant.

Il porta son regard sur mes vêtements, ceux-là mêmes que je portais cet après-midi, puis sur mon visage.

« Déjà. »

« Cinquante-et-une minutes. »

« Ce n’est pas ce que je t’ai demandé. »

« Je l’ai validé. »

Il posa le dossier qu’il tenait. Il ne fit rien d’autre avec ses mains.

« Évaluation. »

« SSS. »

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