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Slime Saint

Chapitre 45 : Le très ignoble slime a rendez-vous avec des filles

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Chapitre 45

Chapitre 45 : Le très ignoble slime a rendez-vous avec des filles

Chapitre 45/5090%~9 min de lecture1 689 mots

Le pays d'Ana est encore loin, et comme cet usurier avait visiblement des complices, marchands et nobles, Cal m'a demandé de faire le ménage un moment. J'ai apparemment le droit d'utiliser le titre de roi-démon vassale de Cal.

Azalée, roi-démon de la justice, pourfend le mal ! À commencer par moi ! Ça ne va pas du tout !

Pour l'enquête, j'invite donc les demoiselles à un rendez-vous. Nos trois petites diablotines qui ont failli se faire enlever. J'ai dit que j'invitais et elles m'ont suivie sans discuter. À ce rythme-là, elles vont se faire avoir !

Méchant slime que je suis, je les enlève jusqu'au donjon. On mange un steak haché au restaurant de Yukimé. Enfin, depuis que j'ai entendu Rizé annoncer qu'elle allait en manger un, j'ai la bouche en mode steak haché !

Miam, miam. À chaque bouchée, le jus déborde. Les trois filles sont tout sourire. Iris me fusille du regard avec une tête pas possible et lâche « Tu me trompes ? » ! On sortait ensemble, nous deux ?!

Elle m'a assise sur ses genoux et m'a tripoté les joues, tripote-tripote. Les trois autres ont les joues un peu rouges, elles aussi !

« Azalée est à moi. C'est la réalité. Malaxe, malaxe, malaxe… »

« C'est un rêve. Je comprends. »

« Entre filles… »

« C'est cochon. »

« Ce n'est pas cochon ! C'est un slime ! »

La dernière, c'est celle dans qui j'ai enfoncé un tentacule. Ce n'est pas cochon, je vous dis ! Ce n'est pas dans ce sens-là !

« Bon, sérieusement : voici la liste des méchants. Vous connaissez leurs adresses ? »

« Tripote-tripote… »

« Iris, au pied ! »

« Celui-ci, je le connais, mais… le vicomte Arès Denis… n'est-il pas celui qui vient en aide aux esclaves illégaux… ? »

« Le coup du pompier pyromane. Il paraît qu'il met la main sur les esclaves qu'il sauve. Et qu'il ne sauve que ceux à son goût. Autrement dit, il savait précisément quel esclave se trouvait où. De fait, pas un seul de ceux qui les détenaient n'a été arrêté. »

Selon les rapports, ils courent vite, ou ils ont du flair, bref ils s'échappent. Bien sûr. Et comme les preuves des transactions sont sorties, il est noir sur toute la ligne.

Comme le tuer ouvertement serait pénible, on me demande d'y aller en infiltration. Cela dit, Cal pourrait très bien entrer par la grande porte. Nous sommes des monstres : la force fait la justice.

Je raccompagne les trois filles après m'être fait indiquer plusieurs adresses, et j'infiltre une à une. Le vicomte, ce sera pour la fin. Il est noir sur toute la ligne, je pourrais tout massacrer, mais on me demande de ne pas me forcer, sous prétexte que je vais encore me mettre à pleurer.

À cause du titre de Slime qui a du sang et des larmes, peut-être, ça va très bien. Les crapules doivent mourir. J'ai du sang et des larmes, et je n'en suis que plus féroce. C'est le fameux effet : on pleure un bon coup et le stress s'évacue.

En tout cas, ceux qui font pleurer des filles, je ne leur pardonne pas.

Première adresse : une petite boutique, mais qui trafique des esclaves illégaux, apparemment. J'ai les preuves, donc j'entre par la porte.

« Voilà, en état d'arrestatiooon. »

« Plus un geste ! »

« Où sont les esclaves ? »

« Si tu ne parles pas, saut à l'élastique sans élastique. C'est amusant, tu sais ? »

J'ai amené Iris et les autres au titre d'enquêtrices. Le marchand a profité de deux ou trois sauts avant de cracher le morceau. Et de cracher tout court. Dégoûtant. Le sous-sol était vaste, et le spectacle qui s'y étalait, écœurant. J'ai expédié le marchand dans l'au-delà. Passe le bonjour à Ashida. Je ne sais pas si c'est vraiment l'au-delà, là-bas.

Iris me regarde avec inquiétude, mais pour un salopard pareil, mon cœur ne saigne pas.

Les blessés, je les soigne et direction le donjon. Ils travailleront. … On dirait vraiment quelqu'un de très méchant !

Ah mais je suis un méchant slime !

Deuxième et troisième adresses : Iris et les autres entrent et tuent. Moi, je ne fais que soigner. Et j'expédie les esclaves au donjon. Non, la formulation. Je les expédie tous au complexe de loisirs. Beaucoup ont perdu leurs parents.

Je préfère ne pas y penser, mais on tue peut-être les parents pour couper toute échappatoire avant d'enlever l'enfant. J'aimerais tous les ressusciter pour les retuer une fois chacun.

Quatrième adresse : un prêteur d'une taille respectable. Officiellement, une activité propre, mais on sait qu'il revendait la liste des clients ayant remboursé au bureau du Milieu que j'ai démoli hier. Il trafique peut-être autre chose en coulisse, alors c'est moi qui infiltre.

Je creuse et j'entre par le sous-sol : comme prévu, des esclaves en pagaille. Beaucoup de beaux esclaves. On les habille pour la clientèle noble, c'est ça ?

Il doit y avoir ici aussi pas mal de papiers bien sales. Je creuse un escalier depuis le sous-sol, je confie tous les esclaves à Iris et aux autres et je les fais entrer. Pendant ce temps, je cherche la chambre du maître de maison. Détection de mana. La voilà.

Derrière une porte dérobée, une montagne de registres noirs. Tiens, il fraude aussi le fisc ?

Pour du trafic d'esclaves, ça fait beaucoup de documents. J'envoie tout à Cal. Il y en a tellement qu'elle s'est mise à pleurer. Le prêteur sera arrêté et on lui fera tout cracher. J'ai expédié le paquet à Rizé, qui mangeait des karaage. Ce sera karaage ce soir.

Bon, on va éplucher les papiers un moment. Vous vous demandez peut-être pourquoi je ne fais pas mat tout de suite sur le vicomte : parce qu'il est plus commode d'attendre que la panique lui fasse jouer un coup inutile.

C'est un type qui passe malgré tout pour un notable, alors… honnêtement, j'aimerais surtout le mettre en pièces et en finir.

J'ai Cal derrière moi, et il est déjà évident que le vicomte Arès Denis est noir de chez noir. Aucune chance que ce soit un montage. Son nom apparaît systématiquement, y compris dans des registres de trafic d'esclaves sans aucun rapport entre eux. Pour une coïncidence ou une machination, les chiffres sont bien trop réels, et les esclaves en question ont effectivement servi de proies au vicomte Denis.

Les intéressées ont sans doute le sentiment d'offrir leur vertu à celui qui les a sauvées : si j'y allais frontalement, je me ferais poignarder par celles-là mêmes que je veux sauver.

D'une certaine manière, je me mêle peut-être de ce qui ne me regarde pas, mais vu du dehors, c'est un crime manifeste, un lavage de cerveau.

Vous vous dites qu'après avoir souffert comme esclave, on finira bien par être heureuse un jour, et que tout est donc pardonné ?

Plus de neuf sur dix ne sont pas choisies par le vicomte : elles sont toutes heureuses, celles-là ? Et puis il entretient plusieurs concubines : sont-elles vraiment toutes entretenues ?

Ça me donne envie de vomir.

Bref, je vais soigner ma mise en scène. J'ai un peu travaillé l'une de ses suivantes… l'une de ses concubines. Tenez-vous prêts, ça vaudra le coup.

Bon, j'infiltre quand même, mais tout en douceur cette fois. Le résultat, vous le découvrirez lors de l'entrevue avec le vicomte Denis.

Au passage, cette suivante s'appelle Maurie et, pour vous donner la conclusion tout de suite, ça a viré au règlement de comptes. Patience, l'entrevue d'abord.

Pour l'entrevue, nous y sommes allés à trois, avec Rizé et Blaze, qui ont leurs entrées chez les nobles. Comme je peux me téléporter, nous sommes venus à pied, mais même en ayant fait annoncer notre visite, un noble qui n'arrive pas en carrosse se fait visiblement mépriser. Les chevaux de ce monde sont évidemment des monstres, et l'aventurier moyen ne les bat pas. Vous, vous gagneriez contre un cheval ?

Et ici, en plus, ce sont des monstres. Ils sont forts.

Bref, passons. Nous voilà donc pris de haut par un garde. Pardon, je vais laisser filtrer juste assez de mana pour t'amener au bord de l'évanouissement. … Chez les monstres, c'est la société du mérite. Il y a des gens qu'on ne toise pas. Quand j'ai écrasé la tête d'un majordome sans prévenir, l'autre fois, il n'y a eu aucune sanction, vous savez ? Alors que j'avais tué quelqu'un. Ce monde est ainsi. Sans souplesse d'esprit, on y perd la raison.

Et j'avais oublié un détail : quand je laisse filtrer mon mana, ça entame la raison de l'autre. Le garde s'est copieusement fait dessus, debout. Hmm. Être faible et toiser quelqu'un qui pourrait être noble, cela témoigne d'une formation très négligée. Bon, il l'a bien cherché.

… On ne va pas me surnommer le roi-démon qui fait faire dessus, hein ? Cela dit, à me voir sérieuse, et avec l'effet de mes titres, même un dieu-démon pourrait se laisser aller.

Yukimé, elle, arrive à faire peur à Cal, vous savez ? Prenons soin de notre SAN, d'accord ?

Ensuite, le majordome, qui avait apparemment entendu dire que mon passe-temps consistait à faire éclater les têtes de majordomes nobles comme des pastèques, s'est empressé de nous recevoir avec égards. Le garde sera sans doute licencié. Le contrôle de l'information laisse à désirer, chez les Denis.

On nous a fait entrer au salon et, un moment, j'ai bu le thé, un peu confuse, en compagnie d'une femme de chambre parfaitement tétanisée (probablement quelqu'un d'honnête). J'ai bien pensé un instant qu'on nous empoisonnerait, mais hélas, ils n'étaient pas bêtes à ce point. Le poison ne fait rien à un slime, de toute façon. Et je sais soigner.

Ah, au passage, je suis roi, donc très largement au-dessus d'un vicomte. Comme il y a les dieux-démons au-dessus, dans un pays humain ordinaire je serais duchesse ou grande-duchesse, je suppose. Chez les monstres, tout est affaire de force, vraiment. C'est confortable. Tant que ceux du dessus sont corrects.

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