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Skeleton Knight in Another World

Chapitre 165

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Chapitre 165

Chapitre 165

Chapitre 165/20083%~13 min de lecture2 407 mots

Quelque temps plus tard, quand Serge revient dans la pièce, il annonce à tous les présents qu'une assemblée va se tenir immédiatement.

Il nous dit ensuite de l'accompagner et nous quittons sa maison.

Alors que Serge nous guide à travers le village de Dorant, divers regards se posent sur nous depuis les alentours, mais ni Serge en tête, ni Dylan ne s'en soucient et continuent d'avancer vers le centre du village.

Bientôt, un bâtiment nettement plus grand que ceux des environs apparaît près du centre du village.

C'est une construction cylindrique aplatie. Guidés par Serge, nous entrons à l'intérieur : l'espace est structuré par des piliers et des poutres en bois ressemblant aux baleines d'un parapluie, une architecture légèrement différente de celle des bâtiments elfes que j'ai vus jusqu'ici.

Le plafond est haut, l'absence de cloisons intérieures crée une impression d'ouverture peu oppressante, mais la salle est déjà bondée. Frayer un chemin dans cette foule s'annonce laborieux.

Pourtant, à la vue de Serge, les gens s'écartent à gauche et à droite, ouvrant un passage vers le centre.

En empruntant cette allée, nous atteignons l'espace dégagé au milieu de l'assemblée. Une table ronde y est placée, avec trois tabourets et deux personnes déjà assises.

Sans doute le nombre de sièges — trois — indique-t-il la place réservée aux anciens du village.

Autour de nous, les villageois elves sont alignés en rang serré, sans doute pour observer l'issue de cette assemblée. M'attendant à une réunion restreinte entre notables, je suis un peu surpris par cet aspect d'assemblée villageoise. C'est alors que l'un des anciens assis prend la parole en voyant Serge.

« Tu convoques une assemblée sans préavis et quand on arrive, c'est quoi ce cirque ? Tu as laissé entrer les villageois, tu comptes faire quoi ? En plus, tu fais entrer des étrangers dans ce village, qui plus est pas même des nôtres ! »

L'homme déverse sa colère d'une traite. Son apparence ne correspond guère à l'image que je me fais des elves.

Assis, sa taille exacte est difficile à juger, mais il est manifestement petit. Il a les longues oreilles caractéristiques des elves, mais point de cheveux dorés teintés de vert : un petit homme chauve, la quarantaine apparente, est là à brailler.

Son nom est Roat Bruni Dorant, m'apprend Dylan en guise d'information superflue.

Derrière ce petit bonhomme — Roat donc — les elves alignés huent en chœur, comme pour approuver son avis, réchauffant inutilement l'atmosphère de la salle.

En contraste saisissant, l'autre ancien reste assis tranquillement, sirotant le thé dans sa tasse en fronçant les sourcils.

Lui, au contraire de Roat, est très grand. Ses longs cheveux bouclés ont blanchi, moustache et barbe sont aussi longues, et ses mèches tombantes cachent son expression.

Il a l'allure d'un ermite ou d'un sage vivant au fond des bois. Une canne en bois long et noueux est appuyée près de lui.

Il se nomme Iwarud Weyri Dorant, le doyen des anciens, dit-on.

Derrière son siège se tiennent majoritairement des femmes ; quelques hommes sont aussi visibles, un peu à l'écart, comme retenus par leur présence.

On ne dirait pas des fans d'Iwarud.

Enfin, au siège central s'assoit Serge Ful Dorant.

Derrière lui, des silhouettes au corps tout aussi entraîné, au visage relativement jeune, sont 눈에 띄다.

Face à eux se tiennent Dylan, moi avec Ponta sur la tête, et Arian.

Apparemment, la plupart de ceux qui se tiennent derrière les anciens sont leurs partisans respectifs.

Les regards hostiles dirigés vers nous viennent surtout de Roat et de sa suite. On devine la structure du rejet des étrangers dans ce village.

L'apparence des elves change peu avec l'âge.

Pourtant, il y a une certaine amplitude.

Les visages équivalents à la quinzaine à la quarantaine chez les humains servent de repères grossiers pour estimer l'âge d'un elfe.

Sur cette base, les partisans de Roat affichent majoritairement des visages de trentenaires à quadragénaires, tandis que ceux derrière Serge sont plutôt dans la vingtaine, la trentaine, avec quelques quadragénaires. Chez Iwarud, les tranches d'âge sont variées, avec une prédominance féminine tous âges confondus.

Côté partisans de Serge, peu de pression visuelle vers nous, plutôt une curiosité intriguée. Leur jeunesse explique sans doute cet intérêt premier.

En face, les partisans de Roat sont visiblement âgés. Sachant que les elves vivent environ quatre cents ans, d'après l'apparence ils doivent être dans les trois cents ans et plus.

Détester le changement, rejeter les nouveautés : les vieux sont pareils chez les elves et chez les humains.

Cette assemblée va-t-elle se conclure rapidement ?

Alors que j'observe ce chaos, c'est Serge qui ramène le calme le premier.

« Silence ! Nous commençons l'assemblée qui décidera de l'avenir de ce village ! D'abord, notre compatriote accouru du Canada nous exposera la situation actuelle de notre village ! »

Sur ces mots, Dylan, qui se tenait en retrait, avance d'un pas et commence à parler sans salutation ni préambule.

Face à cette attitude, Roat affiche ouvertement son irritation, mais devant le sourire narquois de Serge, il ne dit plus rien et se contente d'écouter en silence.

« Voici donc la situation actuelle du village de Dorant. Si aucune contre-mesure n'est prise rapidement, ce village sera tôt ou tard rayé de la carte. »

Lorsque Dylan termine son explication et clôt ainsi son propos, l'assemblée tombe dans un silence soudain, comme si l'on avait jeté de l'eau sur le feu.

« Vingt mille morts-vivants monstres qui attaqueraient ? C'est du grand n'importe quoi ! Et pourquoi de tels types viendraient-ils jusqu'à la forêt de Ruan !? »

Le premier à casser le silence est, comme on s'y attendait, Roat.

Ses partisans hurlent en chœur, mais cette fois ce sont les partisans de Serge qui ripostent.

« En réalité, le corps des guerriers a combattu les monstres et a subi de lourdes pertes ! Si ne serait-ce que dix mille de ces types marchaient sur le village, ce serait la fin ! Vous décidez d'emblée que c'est du mensonge, mais comment comptez-vous assumer la responsabilité s'ils attaquent vraiment !? »

À cette objection, l'entourage acquiesce tour à tour et l'ambiance s'enflamme.

Mais l'autre camp ne reste pas muet non plus, crachant ses mots à la figure de l'adversaire.

« D'ailleurs, faire cause commune avec les humains, inconcevable ! Si ces monstres peuvent exterminer les humains en les laissant faire, tant mieux ! Les terres se libéreraient et nous pourrions les exploiter, le village prospérerait ! »

« Idiot ! Vous ignorez le nombre total d'humains !? Même si Salma ou Nordan tombent, une puissance humaine encore plus grande apparaîtra pour dominer la région ! »

« De toute façon, les conditions proposées aux humains, ce genre de types ne les respectera pas ! Ce ne sont que des promesses verbales temporaires ! Compter sur notre force, c'est se moquer du monde ! »

« À ce rythme, le fossé entre les races ne fera que se creuser, pas se combler ! Augmenter ne serait-ce qu'un peu le nombre d'humains nos alliés est une carte valable pour l'avenir ! »

« Il suffit de laisser les humains se battre, de les user, puis de les achever ! Aucune nécessité de faire cause commune ! »

« Même si vingt mille ennemis deviennent quinze mille, l'avenir du village ne change pas ! D'ailleurs, ce sont les guerriers du village — principalement nous les jeunes — qui se battent, les vieux restent cloîtrés chez eux sans aucune intention de se battre ! Ces nuisibles de vieux ! »

« Quoi, ce gamin ! »

L'assemblée n'est plus un lieu de discussion mais une arena d'invectives, certains allant jusqu'à jeter des objets.

J'avais l'a priori que les elves étaient une race sage, mais à voir leur comportement, ils ne diffèrent guère des humains.

Alors que l'atmosphère devient de plus en plus tendue, celui qui n'avait presque pas bougé jusqu'ici agit.

C'est l'ancien Iwarud.

Il saisit la canne en bois appuyée près de lui et en frappe violemment le sol de son embout ferré.

Au même instant, une sphère lumineuse naît à l'extrémité de la canne, éblouissante, inondant la salle d'un déluge de lumière où plus rien n'est visible.

« Qu'est-ce que !? » « !? » « Kyu ! »

Arian, Ponta et moi nous couvrons les yeux d'un même mouvement — mante, mains, queue — pour échapper à cet éclat intense, mais la plupart des assistants gémissent ou crient sous la lumière.

Lorsque le déluge retombe et que j'ouvre lentement les yeux, la salle est remplie de gens se tenant les yeux en gémissant.

Les insultes cessent, le silence revient.

« Krr ! Qu'est-ce que tu fais, soudain, en pleine assemblée !? »

C'est encore Roat, les yeux éblouis, qui insulte l'outrecuidance d'Iwarud. Mais ce dernier ignore ses mots et ouvre enfin sa lourde bouche.

« Si vous voulez faire cause commune avec les humains, bâtir un pont d'amitié pour l'avenir, quittez ce village et rejoignez le Canada qui partage votre avis. Quoi qu'il advienne de l'alliance des gens du Canada avec les humains, les gens du village de Dorant y gagneront... »

La proposition d'Iwarud résonne dans le silence de l'assemblée.

Le premier à réagir est Roat.

« Ah ah ! C'est vrai, ça ! Si vous voulez faire cause commune avec les humains, quittez le village et partez avec les gens du Canada ! »

Roat secoue son petit corps en riant, les yeux écarquillés maintenant que la vue lui revient.

L'assemblée se met à murmurer face à cette proposition, mais l'embout de la canne d'Iwarud frappe à nouveau le sol.

Tout le monde se raidit, mais Iwarud affiche un sourire de farce réussie et glousse : « Hih hi. »

« Alors, cette idée venue de moi, commençons par moi qui en assume la responsabilité et qui quitte ce village. »

Alors que personne ne saisit le sens de ses mots, Iwarud ricane « Hi » et, depuis le fond de ses longs cheveux bouclés tombants, porte son regard vers Serge.

« Et toi, qu'est-ce que tu fais ? Moi, j'aime le sirop d'érable du Canada central. Veux-tu m'accompagner manger des sucreries de temps en temps ? »

Devant ce rire, Serge répond par un large sourire franc.

« Ha ha ha ! C'est ça ! De temps en temps, je ferai compagnie au vieux ! »

À cette déclaration de Serge, les jeunes derrière lui manifestent leur assentiment tour à tour, annonçant qu'ils quittent le village pour rejoindre le Canada.

Touchées par cet élan, les partisans d'Iwarud — majoritairement des femmes, jusqu'alors stupéfaites — s'y rallient à leur tour.

Les partisans de Serge sont jeunes, beaucoup sont guerriers. Leurs compagnes, épouses, admiratrices, mères les suivent en déclarant publiquement leur départ. Même des pères d'enfants confiés au corps des guerriers, issus de la faction de Roat, commencent à bouger.

Ceux qui restent — Roat et ses vieux partisans — s'affolent.

« Attendez attendez ! Vous croyez qu'on va laisser faire n'importe quoi !? D'ailleurs, d'ailleurs ! Si on retourne au Canada maintenant demander des renforts, les rassembler et revenir ici, vous croyez que ça prendra combien de temps !? Nous, on se cache et on attend que l'orage passe, c'est tout ! »

À ces mots de Roat, plusieurs personnes dans l'assemblée semblent réaliser quelque chose : ils regardent Iwarud et Serge, leur lançant des regards comme pour réclamer quelque chose.

Iwarud reçoit ces regards sans perdre son sourire, tourne la tête vers Dylan comme pour lui poser une question.

Dylan, interpellé, déplace son regard vers moi.

Naturellement, les regards de l'entourage convergent vers moi, y compris celui d'Arian.

L'intention de Dylan est limpide.

Je lui adresse un pouce levé.

Voyant cela, Dylan esquisse un sourire et annonce aux deux anciens :

« C'est bon, pas de problème. »

Sur ces mots, Iwarud affiche un large sourire et hoche la tête.

« Alors, pas de problème. »

Serge rit à son tour et s'adresse au groupe de guerriers en retrait.

« Alors, chacun se prépare à partir immédiatement ! Les consignes détaillées viendront après ! »

Cette phrase déclenche l'exode : les gens quittent la salle un après l'autre et se dispersent dans le village, sous les yeux hébétés de Roat et de ses derniers partisans.

Arian et moi quittons aussi les lieux avec Dylan pour retourner chez Serge.

Sur le chemin du retour, Arian arbore un visage rafraîchi, rit, s'étire longuement et souffle un grand coup.

Ponta l'imite, s'étirant sur mon casque.

« Bon, le problème du village de Dorant est réglé pour l'instant. »

De retour chez Serge, nous faisons un point rapide sur la suite avec Dylan.

« Cette affaire nécessitera que le Canada central envoie des forces conséquentes, sinon ce village et l'État humain périront. Il faut rassembler des troupes au plus vite. »

Dylan nous regarde tour à tour. Arian acquiesce, visiblement du même avis.

« Grâce à la magie d'Arc, on s'en sort pas mal, mais il ne reste pas beaucoup de temps. Savez-vous environ combien de temps il faudra aux vingt mille hommes pour atteindre le territoire humain allié ? »

À cette question, je penche la tête ; Ponta glisse sur ma tête. Arian secoue la tête et hausse les épaules.

« Alors, pourquoi ne pas en profiter pour aller chercher Chiyome-dono et demander au roi Asparuf et au margrave de Branier ? Eux aussi doivent se soucier de l'évolution et de l'avancement des choses. »

Dylan approuve ma proposition.

« Oui. Tant qu'à faire, je voudrais aussi établir un contact avec le roi de Nordan. Ça te dérange si je viens ? Après tout, je veux absolument ressentir la légendaire magie de transfert. »

Dylan le dit en riant. Serge, qui écoutait jusqu'ici, nous regarde avec stupeur.

Je lui adresse un pouce levé.

Serge, qui avait l'air ailleurs en entendant les plans et préparatifs de Dylan, finit par revenir à lui, me tape vigoureusement dans le dos en éclats de rire.

« C'est ça, c'est ça ! Ça redonne de l'espoir ! Ha ha ha ! »

À cause de la tape, Ponta pend devant mes yeux et je ne vois plus rien, mais si mes capacités peuvent devenir l'espoir de quelqu'un, tant mieux.

« Alors, on s'en va. On repassera dans un jour ou deux. Au revoir. [Portail de Transfert] ! »

Après les adieux d'usage à Serge, j'active comme d'habitude la magie de transfert à longue distance.

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