Je quittai Rubierte et me mis en route vers l'amont de la rivière Shiplut en utilisant le Pas Dimensionnel. Le long de la route, quelques petits hameaux ceints de palissades en pieux de bois étaient disséminés çà et là, mais aucun n'atteignait une grande taille.
Au bout d'un moment, j'aperçus la ville de Koruna, qui ressemblait à une version réduite de Rubierte. Celle-ci était, elle, entourée de remparts en pierre. Je la contournai du regard et continuai ma progression sur la route.
Peu à peu, le massif du Kalukato, visible au sud-ouest, se fit imposant, et j'atteignis le cours principal de la Shiplut, la rivière Raidel. Cette dernière longeait le flanc est du massif du Kalukato pour finir par rejoindre la capitale royale, disait-on.
En remontant encore la Raidel, la ville de Diento, ma destination, apparut.
Un trajet de plus de trois jours en charrette ne m'avait pris qu'une demi-journée grâce à ce mode de déplacement.
Diento se situait un peu en amont du point où le cours principal de la Raidel se sépare de la Shiplut. Sa taille devait être au moins trois fois celle de Rubierte. Les terres cultivées alentour s'étendaient également à perte de vue. Au loin, sur une légère élévation, de solides remparts ceinturaient la ville en un grand cercle. De plus, les remparts étaient doubles, et des habitations s'alignaient même à l'extérieur de l'enceinte extérieure. Au pied de la colline sur laquelle s'élevaient les remparts, tout autour des maisons, une double rangée de fossés formait une défense supplémentaire. L'ensemble avait vraiment l'allure d'une ville-forteresse.
Je contemplai les remparts teintés des couleurs du couchant et les champs ouverts qui les entouraient, sans rien pour obstruer la vue. Si une ville de cette envergure avait subsisté jusqu'à l'époque moderne, elle aurait assurément été classée au patrimoine mondial. Le spectacle était tel que j'en perdis la notion du temps, fasciné.
Je réactivai mon esprit, qui s'était mis en veilleuse devant le paysage, et repris ma marche vers Diento. Dans les champs aux abords de la ville, pas mal de gens s'affairaient aux travaux agricoles ou pressaient le pas pour rentrer chez eux. D'ici, je devais continuer à pied jusqu'à la ville. Impossible d'utiliser la téléportation instantanée sous les yeux de tous, ça aurait trop attiré l'attention.
Pourtant, la ville qui se profilait au loin était encore à bonne distance.
Autant marcher d'un bon pas.
Je fis claquer mon manteau et me mis à avancer à une allure folle, comme en marche athlétique. Les gens qui marchaient devant moi sur la route, alertés par le bruit de mes pas, se retournèrent et poussèrent des cris en s'écartant pour me laisser passage.
C'était commode pour avancer, mais je ne pus m'empêcher de trouver qu'ils n'avaient pas besoin d'avoir si peur.
Un homme de deux mètres, entièrement revêtu d'une armure, qui s'approche en silence à toute allure... c'est vrai qu'on peut comprendre qu'ils hurlent.
Quand la porte de la ville se fit imposante, je retrouvai une allure normale. Si je m'étais présenté à la porte dans cet état, j'aurais été catalogué comme suspect à coup sûr, et ça aurait fait des histoires.
Les remparts étaient hauts, bien sept mètres. On distinguait des sentinelles sur le chemin de ronde. Après avoir franchi la grande porte, un second rempart apparut.
La porte suivante se trouvait en biais par rapport à la première. Je gravai la pente douce et atteignis la porte du second rempart. Je présentai ma carte de mercenaire aux gardes et pénétrai à l'intérieur.
Tous les bâtiments de la ville semblaient être en pierre. Des immeubles de deux à trois étages s'alignaient, et les rues grouillaient de monde. Cris vigoureux des marchands, vacarme des clients dans les tavernes... depuis mon arrivée dans ce monde, c'était la première fois que je côtoyais une telle agitation humaine.
J'éprouvai une vague impression de nostalgie.
Les ruelles s'entrecroisaient de manière complexe ; il me faudrait du temps pour m'y repérer. J'entrai dans une taverne proche. Plusieurs clients, déjà bien éméchés après leur journée de travail, étaient attablés.
Je demandai au tenancier, un homme d'âge mûr derrière le comptoir au fond, où trouver une auberge.
« Excusez-moi, je cherche un logement. Ne connaîtriez-vous pas un bon endroit ? »
« Si c'est pour loger, les deuxième et troisième étages de chez moi sont disponibles ! Une nuit pour deux secs, quoi, monsieur ? »
Le tenancier me proposa son propre établissement. Puisque le rez-de-chaussée était une taverne, on pouvait sans doute se faire apporter les repas dans sa chambre à l'étage.
« Est-il possible de prendre les repas dans la chambre ? »
« Aucun souci. Ah ! Par contre, une fois fini, ramenez la vaisselle au rez-de-chaussée. Un repas : trois scuds, merci ! »
Je payai deux pièces d'argent et trois pièces de cuivre au tenancier, et on m'apporta presque immédiatement le repas sur un plateau. Je l'emportai dans la chambre qu'on m'avait indiquée, en montant l'escalier latéral.
J'ouvris la porte d'une pièce au troisième étage et découvris une chambre à l'ambiance plus agréable que celle de l'auberge précédente. Le lit était solide, une couverture était pliée au pied. Une petite table et une chaise sommaire complétaient le mobilier.
Je posai mon plateau sur la table, m'assis et retirai mon heaume et mon armure.
C'était peut-être la première fois depuis longtemps que je faisais un vrai repas.
Sur le plateau de bois : du pain noir, une soupe aux haricots, une salade. Un menu très simple. Pas de viande en vue.
Je croquai dans le pain noir. Il ressemblait à celui que j'avais mangé auparavant. Simplement, il était assez dur. Je le trempai dans la soupe pour l'attendrir avant de le manger. La soupe aux haricots semblait avoir été préparée avec un bouillon de poulet. Pas mal du tout. La salade se composait de deux légumes-feuilles crus saupoudrés de vinaigre et de sel. De la laitue et de la chicorée, sans doute ? Pourquoi mélanger deux verdures si proches restait un mystère.
Une fois le repas terminé, je remis mon armure et mon heaume, pris la vaisselle et redescendis au rez-de-chaussée. Le tenancier me regarda d'un air bizarre quand je lui rendis le plateau. Un client qui avait mangé dans sa chambre en armure complète et qui revient rendre la vaisselle encore habillé de la sorte, ça devait paraître louche. Cela dit, il ne fit aucun commentaire.
De retour dans ma chambre, je m'assis sur le lit et, comme d'habitude, m'endossai au mur pour m'endormir. Je me recouvris de la couverture du lit, mais par-dessus l'armure, ça ne servait à rien.
Le lendemain matin, de bonne heure, le son d'une cloche parvint d'on ne sait où. Réveillé par ce bruit, je descendis à la taverne. Dans la cuisine au fond, le tenancier était en train de s'activer. Contrairement à l'auberge précédente, l'endroit n'était pas désert le matin.
Je posai la clé de la chambre sur le comptoir, lançai un mot au tenancier dans la cuisine et quittai l'auberge.
En demandant mon chemin aux passants, je finis par atteindre le local de la guilde des mercenaires de cette ville.
Un bâtiment en pierre de trois étages, mais l'intérieur ne différait guère de la guilde précédente. En revanche, le personnel derrière le comptoir était bien plus nombreux. Pas d'ours en cage cette fois.
Devant le tableau des missions, une foule de types qui avaient tout du mercenaire stationnaient. Employés comme mercenaires, tous des hommes rudes. Réalistement, les femmes mercenaires ne devaient pas courir les rues. On aurait pu au moins engager une employée à l'accueil, ceci dit.
Devant le tableau aride de la guilde, pendant que je parcourais les offres, les conversations des mercenaires alentours me parvinrent.
« Cinq gars de notre bande sont partis chasser y a quatre jours et toujours pas rentrés. »
« Des bandits ou des bêtes magiques, non ? La forêt des elfes est pas loin, y a des bêtes costauds, c'est pas nouveau. »
« Non, ils étaient censés aller au pied du massif du Kalukato, côté capitale... »
Dans ce monde, la mort rode aussi bien dans les villes qu'à l'extérieur. Disparaître après être sorti de l'enceinte, c'est monnaie courante.
Cela dit, c'est seulement ici que j'apprenais l'existence de la race elfe. Jusqu'ici, je n'avais croisé que des humains ordinaires en ville.
Les elfes vivent visiblement dans les forêts et ne s'aventurent pas dans la sphère de vie des humains.
Puisque me voilà dans un autre monde, j'aimerais bien en voir un de mes propres yeux, pensai-je tout en terminant la revue des offres. La population étant nombreuse, les missions abondaient, mais le contenu restait le même qu'avant : surtout des corvées. Sans appartenir à une bande de mercenaires, pas de vrai boulot rentable en vue.
J'envisageai d'aller chasser quelque chose dans une forêt aujourd'hui encore pour le revendre, et quittai la guilde.
Je repérai un étal vendant des fruits séchés, que j'achetai comme provisions. C'étaient des "fraises" soi-disant, mais à l'aspect, ça ressemblait à des fraises des bois. Ce qu'on appelle wild strawberry en Occident.
Une petite coupelle en bois pleine, pour huit pièces de cuivre. Ça se conserve six mois à un an, paraît-il, mais à cette quantité, ça ne me tiendrait même pas une demi-journée.
Je mis le tout dans un petit sac que je fourrai dans mes bagages.
Je redemandai mon chemin à un passant et visai la porte la plus proche.
Bientôt, la porte sud du second rempart apparut. Je montrai ma carte de mercenaire au garde et la franchis. Entre le premier et le second rempart, je descendis en diagonale le long du mur jusqu'à la porte du premier rempart.
Là, un pont de pierre à six arches enjambait un large fleuve de trois cents mètres. Largeur de trois charrettes de front, environ. Pas mal de monde allait et venait, ainsi que des charrettes. Un carrefour stratégique, sans doute.
Une fois le pont traversé, sur la droite, le massif du Kalukato et sa forêt de piémont se profilaient au loin.
Sur la gauche, sans doute un pâturage : des animaux paissaient tranquillement dans un enclos. Vaches, moutons, chevaux... Des champs cultivés s'étendaient aussi.
En amont de la Raidel, la forêt venait mourir au bord de l'eau, mais sur cette rive-ci, le terrain était assez découvert.
Je décidai d'aller voir du côté du piémont du Kalukato, à proximité, s'il y avait quelque chose à chasser. Je quittai la route principale et pris le cap sud-ouest à pied. La Raidel s'enfonçait dans la forêt de piémont, et son cours se perdait de vue.
Les arbres, jusque-là clairsemés, se mirent brutalement à s'épaissir, barrant la lumière et les appuis, comme pour m'interdire l'entrée. Contrairement à la forêt du piémont de la chaîne des Dragons-Vents, les troncs n'étaient pas si massifs, mais en contrepartie, l'espacement était très serré. Ici, impossible de manœuvrer mon épée à deux mains ceinturée. Enfin, je pouvais la faire tourner, mais j'aurais abattu tous les arbres alentour. Dans ce genre d'endroit, les pièges sont peut-être le seul moyen de capturer du gibier.
Je voyais de petits animaux de temps à autre, mais ils disparaissaient dans les fourrés en un clin d'œil.
Avec cette densité d'arbres, le Pas Dimensionnel n'était pas aisé à utiliser non plus. J'errai sans but dans la forêt pendant environ une heure, m'enfonçant progressivement, quand je perçus cinq présences assez fortes qui venaient vers moi. Des loups, peut-être ? Je me mis en garde. Les présences s'éparpillèrent pour m'encercler et sortirent des fourrés.
Ce qui apparut au fond des broussailles, ce furent cinq bandits affichant des grins vulgaires. Barbes sales, cheveux gras non lavés, tous armés de couteaux tirés.
« Oh oh, où allez-vous comme ça, monsieur le chevalier ? Hihihi. »
« Si tu laisses tout ce que t'as sur le dos, on te laisse la vie sauve. C'est pas cher payé, hein ? Héhé. »
« Un chevalier tout seul, aussi bien fringué, qui se pointe au fin fond de cette forêt... on a une sacrée veine, nous ! Hahaha ! »
Ils se gaussaient à l'envi. Visiblement, ils se croyaient avantagés par le terrain et baissaient leur garde. Leurs yeux troubles de convoitise détaillaient mon équipement de la tête aux pieds pour en estimer la valeur.
Ils doivent penser que je ne peux pas dégainer mon épée dans ce fouillis. S'ils sont si confiants, ça va aller vite.
Je me téléportai dans le dos du bandit le plus proche grâce au Pas Dimensionnel. Dans la foulée, je concentrai ma force dans mon poing pour le pulvériser d'un coup, et transperçai sa tête. Avec un *pan* sec, comme un ballon qui éclate, sa tête vola en éclats, et son corps s'effondra sur les genoux avant de s'affaler. J'avais mis trop de force ; je n'imaginais pas que la tête partirait en fumée.
Tandis que je regardais les visages des bandits se tordre de stupeur comme au ralenti, je fonçai sur deux autres et leur enfonçai le poing sous le menton à la chaîne. Ceux dont le menton fut percé virent leur crâne se fracasser, et du sang jaillit de leurs yeux, oreilles et bouche avant qu'ils ne s'effondrent au sol.
« Mo... monstreeeee !!! »
« Au... secours... geho ! »
Au moment où le bandit un peu plus loin montrait le dos pour fuir, j'activai « Boulet de Roche » depuis l'arrière. Un rocher de la taille d'un poing traversa instantanément son dos. Un sort de base des mages, mais d'une puissance respectable. Un grand trou béait dans sa cuirasse de cuir.
Ça en faisait quatre. Je balayai les alentours du regard : un dernier bandit fuyait à travers les arbres à toute allure.
Dans cette forêt dense, le Pas Dimensionnel ne me permettait pas de rattraper un type qui se faufilait entre les troncs avec l'agilité d'un singe.
Je décidai de compter sur mes capacités physiques pour le poursuivre en courant.
Je me frayais un chemin en écartant les broussailles et en slalomant entre les arbres, mais le bandit, qui connaissait le terrain, creusait l'écart sans cesse.
Pour combler la distance, j'évitai les zones les plus denses et cherchai des espaces plus ouverts pour courir. Soudain, quelque chose s'enroula autour de ma jambe.
Au même instant, un poids en pierre suspendu au bout de la corde tomba vers le sol, serrant le lien et tentant de me faire trébucher.
« Ha ! Tomber dans un piège aussi basique, quel abruti !! »
Le bandit en fuite s'arrêta, l'air triomphant, persuadé que sa proie était tombée dans son guet-apens.
Mais le poids de pierre, au lieu de tomber, fut violemment propulsé vers le ciel en défiant la gravité, arrachant la corde et partant se perdre on ne sait où. Résultat : j'avais brutalement ramené ma jambe vers moi par la seule force brute, arrachant la corde.
Sur cet élan, je repartis en sprint. Un nouveau piège se déclencha : une sorte de herse à piques jaillit du sol pour m'empaler. Je la pulvérisis entièrement en lui fonçant dedans en tacle d'épaule, tout en armure.
Ensuite, un pieu circulaire s'abattit du haut. Je le frappai latéralement du poing ; l'énorme masse arracha sa corde et se réduisit en éclats de bois, faisant pleuvoir des copeaux autour de moi.
Visiblement, la zone plus dégagée était truffée de pièges préparés à l'avance. Tant pis, je n'avais qu'à foncer droit à travers la zone dense en ne comptant que sur ma force.
« Hyaaaaaa ! Mo... mooonstreeee !!! »
Voyant que je fracassais tous les pièges à la force pure, le bandit reprit sa fuite en hurlant de toutes ses forces. Malgré la panique, sa manière de se faufiler entre les arbres restait impressionnante.
Je le poursuivis de plus belle. Arbres en travers ? Je les pulvérisais par choc frontal. Rochers ? Je les pulvérisais sous mes pas. Comme un char d'assaut, je continuai tout droit, comblant l'intervalle.
« Hahaha, où croyez-vous aller ? »
« Aaaaaaaaaaaaaah !!! »
En le pourchassant, je montai dans les tours et une réplique de colonel me’échappa.
L'entrejambe du bandit devant moi s'humidifia soudain, et une odeur d'ammoniac me parvint. Il s'était pissé dessus de peur, mais continuait de courir. Assez habile, au fond.
Bientôt, après avoir traversé un fourré, une paroi rocheuse de sept à huit mètres de haut apparut devant moi. Plus loin, une grotte s'ouvrait dans la falaise, et devant, une palissade sommaire contre les bêtes était dressée.
C'était peut-être la planque des bandits. Deux guetteurs étaient assis par terre à l'entrée, l'air de s'ennuyer.
Le bandit en fuite arriva en titubant, à moitié fou, pissant encore, vers les guetteurs. Ceux-ci, le voyant, perdirent leurs moyens et restèrent figés un instant.
C'est là que je déboulai d'un trait grâce au Pas Dimensionnel, dégainai l'épée à ma ceinture et tranchai les trois bandits d'un seul coup. En terrain ouvert, le rattraper était un jeu d'enfant.
Trois corps sectionnés en biais, le sol devant la grotte aspergé de leur sang, l'odeur de fer rouillé flottant dans l'air.
De l'intérieur de la grotte, des voix et des pas multiples résonnèrent en approchant. Je jetai mes bagages près de l'entrée, ressaisis mon épée à deux mains et attendis le reste de la bande. Puisque j'en étais là, autant faire le ménage, ce sera ça de gagné pour le monde.
Bientôt, un chauve à la carrure imposante, une hache à la main, déboula à l'entrée de la grotte.
« Qu... qu'est-ce que t'es, bordel !!! »
À la vue du carnage, le chauve hurla de toutes ses forces et s'élança sur moi, hache levée.
Je comblai l'intervalle d'un pas instantané et lui enfonçai mon épée dans le torse de toute ma force. La lame traversa son ventre sans la moindre résistance, et je la relevai d'un mouvement ample vers le haut.
Le chauve, fendu en deux du ventre jusqu'au sommet du crâne, s'effondra sur place en répandant ses entrailles comme une créature sortie de nulle part.
Les bandits qui arrivaient derrière restèrent figés d'horreur devant ce spectacle. J'enjambai l'amas d'entrailles et fonçai sur les suivants, esquivant aisément leurs coups de panique pour les trancher un à un.
L'entrée de la grotte ne faisait que trois hommes de large ; avec des armes, deux tout au plus pouvaient combattre de front. C'était du gâteau.
Quand tous les bandits gisaient dans les flaques de sang, le silence retomba.
Il y en avait une bonne dizaine dans la grotte. L'odeur de sang qui imprégnait l'air était peu à peu emportée par le vent frais qui faisait bruisser les feuilles des arbres de la forêt.
Je secouai mon épée ; le sang et la graisse s'en allèrent, ne laissant sur la lame qu'une fine lueur bleu pâle, froide et aiguë.
Je m'enfonçai dans la grotte.
Elle n'était pas profonde. En suivant un coude vers la gauche à partir de l'entrée, on butait sur un fond au bout de moins de cent mètres. Le fond formait une salle où quelques lampes brûlaient pour l'éclairage. Des traces de vie des bandits y subsistaient.
Au milieu des objets du quotidien, je trouvai une caisse en bois qui ressemblait à un coffre-fort. Son aspect avait tout du coffre au trésor.
Elle contenait une quantité considérable de pièces d'or accumulées par les bandits. Additionnées à ce que j'avais déjà, je devais dépasser les cinq cents pièces. Elles étaient de la taille d'une pièce de un yen, mais pesaient chacune l'équivalent d'une pièce de cinq cents yens. Cinq cents pièces, ça faisait un poids certain.
Il y avait aussi pas mal d'armes. Je décidai de récupérer tout ce qui valait le coup.