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Skeleton Knight in Another World

Chapitre 110

Skeleton Knight in Another WorldSkeleton Knight in Another World
Chapitre 110

Chapitre 110

Chapitre 110/20055%~13 min de lecture2 585 mots

Cependant, il semblerait que les remparts de cette ville ne fassent pas le tour complet de l'enceinte.

En jetant un coup d'œil par-dessus mon épaule, je repère, au loin, une section où la muraille s'interrompt brutalement. Puisque nous nous dirigeons vers le sud, cela devrait correspondre au nord-ouest, d'après l'orientation.

J'ai entendu dire que Fernandès était une ville construite au bord d'un fleuve ; il y a donc de fortes chances que la zone dépourvue de remparts soit bordée par le cours d'eau.

Grâce à ce repère aisément identifiable, je peux désormais situer les points cardinaux avec une bonne approximation.

Au fil de notre progression, slalomant entre la foule bigarrée et lorgnant distraitement les étals et baraques de fortune qui ponctuent le parcours, une large porte ouverte dans le rempart apparaît un peu plus loin.

Compte tenu de la direction, il doit s'agir de la porte sud de la ville.

Juste à côté s'étend un pré ceint de plusieurs clôtures en bois ; on y aperçoit les grands bipèdes-aigles croisés en ville ainsi que les chèvres de trait massives qui tiraient des charrettes.

On distingue également, non loin, quelques bâtiments qui ressemblent à des écuries.

« On dirait qu'il y a plusieurs écuries le long du rempart… »

« Ark-dono, n'est-ce pas là-bas ? »

« Kyun ! »

Tandis qu'Arian, les mains sur les hanches, laissait errer son regard sur les alentours en marmonnant, Chiyome pointa du doigt une unique créature enfermée dans un petit enclos.

Réagissant à son geste, Ponta, blotti dans ses bras, tourna aussi ses yeux curieux vers l'animal désigné.

Dans ce qui semblait être un coin de pâture, une seule bête — ni aigle, ni chèvre — trônait au milieu de l'herbe, isolée des autres montures.

À en juger par son apparence, il s'agissait d'un reptile gigantesque.

Plus précisément, sa silhouette évoquait ce tricératops célèbre que j'avais jusqu'à l'écœurement contemplé dans les encyclopédies sur les dinosaures, enfant.

Sa longueur totale, queue comprise, dépassait les quatre mètres ; même couché, sa hauteur au garrot semblait considérable.

Tout son corps était recouvert d'écailles rouge-brun semblables à une armure, et deux grandes cornes saillantes ornaient son crâne. Mais contrairement aux dinosaures ordinaires, une crinière blanche, assez large, flottait le long du centre de son dos, jusqu'au bout de la queue.

Et la différence décisive avec les dinosaures des livres tenait à ses six pattes.

Malgré son allure farouche, l'animal arrachait tranquillement l'herbe à ses pieds et la mâchonnait avec des mouvements lents et nonchalants.

« Celui-là aussi, c'est une monture ? »

Tout en voisant cette question, je m'approchai de la clôture qui l'isolait.

Si c'était une monture jamais vue dans les rues de Fabnach, cet étrange reptile pouvait bien être la fameuse bête que l'on murmure utilisée par les Tigres.

Alors que je réfléchissais ainsi, un vieil homme lapin s'avança pour nous accoster.

« Oh, messieurs-dames. Vous avez besoin d'une monture ? Excusez mon indiscrétion, mais vous seriez des gardes rapprochés de la capitale ? »

Le petit vieillard nous toisa, l'air intrigué par notre armure intégrale, et s'inclina poliment.

« Je viens du nord du continent, du village du Canada. Je regardais simplement un peu. »

À cette présentation, Arian écarquilla légèrement les yeux en me regardant.

« C'est rare de croiser des elfes par ici, à Fernandès. Si vous cherchez une monture, j'ai quelques aigles chevaliers à tête blanche, réputés pour leur vitesse. Qu'en dites-vous ? »

En disant cela, le marchand lapin désigna les bipèdes-aigles paissant dans l'enclos voisin, guettant notre réaction avec un sourire.

Il tenait manifestement ce pré et vendait ces montures.

Je coupai court à ses propositions d'un geste de la main pour lui demander ce qui m'amenait ici : les Tigres.

« J'ai ouï dire qu'un marchand de montures avait récupéré une bête utilisée par les Tigres dans le coin. Saurais-tu où le trouver ? »

« Haa… Je connais bien cet homme, mais quel intérêt pour vous ? »

Face au regard dubitatif du marchand, je haussai les épaules pour le rassurer et lui expliquai la situation.

« Rien d'officiel. À titre personnel, je voudrais me procurer un peu des "griffes du démon" que les Tigres apportent. D'autres marchands m'ont dit que celui qui a récupéré la monture connaissait bien les affaires des Tigres, alors je suis venu le voir. »

Le marchand acquiesça, l'air convaincu.

« Ah, ça ? En effet, c'est terriblement efficace pour aveugler les bêtes, dit-on. Je comprends. En fait, c'est moi qui ai récupéré cette monture là-bas — le dragon de course… »

Il porta son regard vers le solide reptile à six pattes qui se prélassait dans l'enclos à mes côtés et poussa un gros soupir.

Apparemment, la bête repérée par Chiyome était bien la monture des Tigres.

Je me tournai vers le vieux lapin.

Saisissant mes intentions, le marchand creusa les rides de son front et esquissa un sourire amer.

« Pour les Tigres, ce dragon de course est la preuve qu'ils sont devenus des adultes ; et avant tout, pour eux, peuple des chevaliers-dragons, c'est un partenaire. Je me suis dit que protéger une monture égarée me vaudrait une belle récompense, alors je l'ai ramené. Mais depuis, plus l'ombre d'un Tigre en ville… »

Il marqua une pause, s'approcha de la clôture pour regarder le dragon brouter paisiblement, et poussa un second soupir encore plus profond.

« Comme vous le voyez, le dragon de course adore l'herbe, mais il en mange des quantités considérables. Le garder ici coûte pas mal de peine et de fourrage. Cela dit, si je relâche la bête que j'ai protégée et que les Tigres l'apprennent plus tard, la relation de confiance bâtie pendant des années s'effondrera… »

Le vieillard me lança un regard empli de tristesse.

J'ai l'impression qu'il fait un forcing éhonté pour me la refiler, mais face aux yeux d'un papy aux oreilles de lapin, je ne sais trop comment réagir.

Toutefois, comme il le dit, si aucun Tigre ne se montre en ville, il faudra bien aller jusqu'à la plaine de Kuana, leur territoire.

« Hum… Combien de jours depuis cette ville jusqu'à la plaine de Kuana où vivent les Tigres ? »

Évitant son regard insistant, je demandai la distance, et j'eus l'impression que ses yeux brillaient d'un éclat soudain.

« En franchissant la rivière Dojas près de la ville, puis en traversant la plaine de Singarika à monture pendant dix jours, et en dépassant la rivière Shira qui descend des montagnes Kinrei, vous atteindrez la plaine de Kuana. Cela dit, traverser une si vaste plaine sans monture est insensé. Nous avons aussi des chèvres de montagne à tête noire, endurantes, si cela vous tente. »

Le vieux marchand désigna les grosses chèvres groupées dans l'enclos du fond, sourire aux lèvres.

Mais jusqu'ici, nous nous sommes surtout déplacés par magie de transfert, donc les montures ne sont pas indispensables.

Certes, seller une bête qui n'est pas un cheval, y charger nos affaires et galoper dehors ferait très « aventure fantasy »…

Cette pensée me fit jeter un œil à Ponta, qui pendouillait des pattes arrière dans les bras de Chiyome.

« Kyun ? »

Il pencha la tête, m'interrogeant du regard. Je reportai mon attention sur les animaux de l'enclos.

« Cliente, je vous préviens : traverser la plaine à pied est fou. La vue y est dégagée, donc les bêtes magiques carnivores vous repèrent facilement ; il faut une monture pour fuir. Et surtout, la monture est précieuse la nuit. Ce sont des animaux des plaines, ils sentent les bêtes magiques qui attaquent dans l'obscurité ; ils font d'excellents sentinelles pour le guet nocturne. »

Certes, en plein jour la plaine ne poserait pas de problème, mais une plaine sans éclairage la nuit… La magie de transfert n'y serait d'aucun secours, et quant à sentir une bête qui rôde dans les ténèbres, j'en suis bien incapable, moi — contrairement à Arian ou Chiyome.

Tandis que je tournais ces idées, le vieux marchand jugea le moment venu d'enfoncer le clou.

« Si vous allez à la plaine de Kuana, pourquoi ne pas emmener ce dragon de course avec vous ? Comme vous voyez, il ne craint guère les crocs des bêtes magiques. Et pour négocier avec les Tigres, rendre leur monture perdue vous donnera l'avantage. »

Il afficha un sourire tranquille.

Il veut visiblement se débarrasser de l'encombrant et me faire une fleur par la même occasion. En marchand, rien de répréhensible ; ce culot est même la norme.

Le visage d'un jeune marchand humain au sourire timide me traversa l'esprit ; je secouai la tête.

« Si vous prenez ce dragon de course maintenant, je vous ferai un prix sur les autres montures. »

Le vieux se frottait les mains en riant ; je pençai la tête sur le côté.

« Non, si je reprends ce dragon, je n'ai pas besoin d'acheter une autre monture, non ? À trois, on tient facile. »

Arian, qui écoutait à côté, approuva d'un hochement de tête.

Le marchand agita vivement les mains de gauche à droite pour nier.

« Non non, on *peut* monter dessus, mais ce n'est pas ça — excusez-moi, cette monture qu'est le dragon de course ne laisse prendre les rênes qu'à qui il a reconnu. Donc, pour quelqu'un qui n'est pas un Tigre, le mener en laisse est à peu près la seule option… »

Il porta la main au front et soupira.

« Alors comment les Tigres font-ils d'habitude pour se faire reconnaître comme maîtres ? »

À ma question, Chiyome tourna aussi son regard vers le marchand, visiblement intéressée.

« Euh, non, l'acte de reconnaissance en soi est assez simple… C'est juste que… les Tigres font reconnaître leur autorité au dragon de course par un concours de force. »

En entendant cette réponse, je jeter un œil au reptile massif qui broutait tranquillement dans l'enclos.

Que le marchand se lamente est compréhensible. Affronter cette bête lourde en pur test de force et la contraindre à se soumettre dépasse les capacités du commun des mortels.

Ceux qui en seraient capables… Dans mon entourage, quelques-uns me viennent : l'un des Six Ninjas comme Chiyome, et quelques ours-garous croisés au village caché.

« Bon, essayons donc ce concours de force, moi aussi. »

Je posai mon bagage au sol, fis tourner mes bras et m'approchai de la clôture.

Le vieux marchand me regarda, ahuri, puis sembla réaliser quelque chose et accourut pour m'arrêter.

« Non non, c'est de la folie ! Il a l'air calme maintenant, mais pour un test de force, un quidam se fait souffler en une bouffée ! Même les Tigres, avec leur force herculéenne, peuvent perdre ! »

Sa voix porta ; quelques passants se retournèrent, intrigués.

J'enjambai la clôture d'un bond, toujours en armure intégrale, et m'avançai vers le dragon couché dans l'herbe.

Sentant un intrus pénétrer son territoire, le dragon resserra ses pupilles jaunes et fixa son regard sur moi.

« Hé, y a un dingue qui défie le dragon de course en force ! »

La voix d'un badaud s'éleva ; d'autres curieux affluèrent, attirés par le spectacle.

« C'est le type en armure qui s'y colle ? Hé, frérot en armure, ton poids de ferraille ne suffira pas à plaquer un dragon de course ! »

« C'est pas un Tigre, ce mec en armure ? »

De toutes parts montaient quolibets et cris d'excitation, comme pour un bon spectacle.

Ignorant la foule, je me plantai face au dragon et le regardai dans les yeux.

Ses pupilles jaunes, luisantes, se braquèrent sur moi.

Il déplia ses pattes, son corps massif cuirassé d'écailles rouge-brun se souleva pesamment ; sa hauteur au garrot égalait ma taille.

Faisant flotter sa crinière blanche, il gratta le sol de ses antérieurs et pointa ses deux cornes d'ivoire vers moi, comme pour viser.

Je le détaillai, puis frappai deux fois mon poing dans ma paume, provocateur.

« Je vais te prendre au sérieux, de toute ma force. »

« Gyuriiiiiii !! »

Au moment où je me mettais en garde, le dragon lança un rugissement aigu, disproportionné par rapport à son gabarit, et chargea comme pour m'écraser.

Un sourd choc résonna ; les badauds hurlèrent comme si on avait mis le feu aux poudres.

J'attrapai ses deux cornes, glissai mon bras sous son museau pour l'étreindre solidement, et stoppai net son élan. Une nouvelle vague d'acclamations déferla, et çà et là des paris s'engageaient sur le vainqueur.

Sans prêter attention aux voix extérieures, je souris au dragon qui, de tout son poids, tentait de me faire reculer.

« Nuuu… Une monture fière de sa force, effectivement… Elle oppose une résistance frontale à ma puissance. »

C'était mon sentiment le plus sincère.

Le Chevalier Céleste est classé parmi les mages-guerriers ; sa force pure n'égale pas celle des guerriers purs, mais au niveau maximum, elle surpasse de loin celle d'un humain ordinaire.

Pourtant, les créatures de ce monde peuvent couramment tenir tête à une telle force. J'ai réalisé, une fois de plus, à quel point un combat basé uniquement sur la force brute est dangereux.

Mais je ne peux pas perdre ici.

Sentant mes talons creuser des sillons dans l'herbe, j'abaissai mon centre de gravité, frottant mon front contre sa crinière blanche flottante.

« Gyurigyuriiiiiii !! »

Alors que le dragon tentait de se libérer en secouant la tête de gauche à droite, je serrai les deux bras autour de son cou pour le bloquer, et reportai légèrement mon poids dans le sens de son mouvement.

« Nuuuuuuuuuuun !! »

Avec un cri d'effort, je visai l'instant où son poids basculait, de toute ma force.

Une de ses pattes quitta le sol ; des cris de surprise, voire de terreur, s'élevèrent de la foule.

Saisissant l'occasion, je tordis le cou tout en le maintenant, et le corps massif cuirassé s'abattit sur le flanc dans un nuage de poussière spectaculaire.

« Uoooo, sérieux ?! Même les Tigres, rares sont ceux qui arrivent à le coucher comme ça !? »

« J'y crois pas, il a vraiment gagné !! »

Alors que des types à l'allure peu recommandable, genre mercenaires, poussaient des cris d'enthousiasme, Arian, hors de l'enclos, haussait les épaules avec un air consterné.

Le dragon se releva pesamment une seconde fois ; les acclamations retombèrent.

« Gyurii. »

Dans une attitude un peu piteuse, il plia les pattes devant moi et baissa la tête.

Il m'avait visiblement accepté comme cavalier.

Je caressai doucement la crinière blanche, douce et flottante au vent, qui partait du sommet de la tête jusqu'au bout de la queue — si différente des écailles dures qui cuirassaient son corps.

Le dragon plissa légèrement ses pupilles reptiliennes et fit rouler un ronronnement dans sa gorge.

Je contournai lentement l'animal, sautai légèrement en selle.

« Gyuriiiii ! »

À ce signal, le dragon se redressa doucement, m'emportant.

À cette hauteur, mon point de vue s'éleva considérablement.

En baissant les yeux vers la foule massée près de la clôture, j'aperçus le vieux marchand, bouche bée, qui me regardait, médusé.

Donnant un léger coup de talon, je guidai la bête vers lui ; elle comprit et avança de ses six pattes jusqu'au vieil homme.

« Marchand, je reprends cette bête. Tu peux m'arranger une selle ? »

En lui parlant d'en haut avec un sourire, il me rendit un sourire forcé de toutes ses forces et acquiesça.

Avec ça, je peux considérer que le guide pour la plaine de Kuana, territoire des Tigres, est assuré.

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