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Shoukan at Random

Chapitre 5 : La servante de la Rose Noire

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Chapitre 5

Chapitre 5 : La servante de la Rose Noire

Chapitre 5/1145%~9 min de lecture1 670 mots

« Eh bien, enchantée. »

« Ah, oui. Enchanté. »

Une fois le Sanglier à Grande Corne mis en fuite, se tourna de nouveau vers la jeune fille.

Comme la salutation venait d'elle, il la lui rendit, avec en prime un léger sentiment d'avoir été sauvé.

Seulement, en se rappelant ce que l'imminence de sa mort lui avait fait oublier, sentit une sueur froide lui courir dans le dos.

À savoir qu'il était, dans ce monde, un homme traqué.

Si par exemple la jeune fille devant lui était au courant, il ne savait pas du tout comment elle réagirait.

« Bon, moi c'est . . Et vous ? »

« Hein ? Ah, oui. Je m'appelle Tena. »

et la jeune fille, Tena, échangèrent leurs noms.

Restait pour la question du sujet suivant.

Il aurait bien voulu poser toutes sortes de questions, s'il parvenait à converser avec une habitante de ce monde, mais cette conversation-là aurait servi sa propre situation.

« Vous êtes de la ville de Riemer, monsieur ? »

« Riemer ? Non, désolé.

À vrai dire, je ne sais même pas où je me trouve... »

« Pardon ? »

En voyant Tena pencher la tête, incrédule, se dit intérieurement 'Aïe !', mais il était trop tard.

De quelque façon qu'on y réfléchisse, ignorer jusqu'à l'endroit où l'on se trouve n'a rien de normal. Seulement, il l'avait dit : impossible de se rattraper.

« En fait, je courais dans une forêt, et sans savoir comment je me suis retrouvé dans cette prairie. »

« ??? »

se troubla, incapable d'expliquer clairement ce qu'il ne comprenait pas lui-même, et Tena garda un air perplexe, sans en saisir le sens, comme il fallait s'y attendre.

« Bon, en attendant, vous risquez d'être attaqué de nouveau par des monstres si vous restez ici : voulez-vous venir au manoir où j'habite, si vous n'avez nulle part où aller ? »

« Hein ? Un manoir ? »

« Oui, le manoir de la personne que je sers. »

« Euh... ce n'est pas gênant, de ne pas demander à la personne que vous servez ? »

« Ce n'est pas gênant. Dame Anri est quelqu'un de bon : ce serait mal de ne pas le faire. »

, qui n'avait d'autre perspective que de marcher au hasard, n'eut d'autre choix que d'accepter en souriant.

Guidé par Tena, marcha le long de la route.

C'est lui qui portait les bagages de la jeune fille.

Tena avait bien tenté de refuser fermement, par réserve, mais se sentait gêné d'avoir les mains vides pendant qu'une fille manifestement plus jeune que lui portait ses affaires : il ne les lui rendit pas.

Tandis qu'il marchait en biais derrière elle, sur un étroit chemin de traverse qu'ils avaient pris, posa la question qui lui trottait dans la tête.

« Au fait, c'était impressionnant, tout à l'heure. »

« Tout à l'heure ? »

« Ah, ce sanglier... enfin, vous ne voyez peut-être pas de quoi je parle ?

Vous avez battu un monstre à l'instant, non ? »

Pour , le Sanglier à Grande Corne n'était qu'un sanglier difforme, mais il ignorait si le mot « sanglier » avait cours dans ce monde. Se souvenant qu'elle avait employé le mot « monstre », il formula sa question autrement.

« Oh, oui.

Quelqu'un me l'a enseignée, et j'ai pu me servir de la magie des ténèbres.

Vous aussi, monsieur , vous avez bien employé la magie tout à l'heure, n'est-ce pas ? »

Le sujet ainsi lancé, réfléchit.

Il était certain qu'une décharge électrique était sortie de ses mains et avait repoussé le Sanglier à Grande Corne, mais il n'avait aucun moyen de juger s'il s'agissait de magie.

« Alors ça, c'était bien de la magie ? »

« Hein ? Ce n'était pas de la magie ? »

« Non, c'est que je n'avais jamais vu de magie avant de venir dans ce monde... »

« Avant de venir dans ce monde ? »

« ... Ah. »

Après cette langue trop bien pendue, se serait bouché la bouche s'il avait eu les mains libres.

Il en avait trop dit sans le vouloir, tant il est difficile de rester sur ses gardes avec une fille plus jeune que soi.

« Est-ce que par hasard... vous seriez venu d'un autre monde ? »

« Qu... pourquoi dites-vous ça ? »

« C'est donc bien cela.

Monsieur , vous êtes un héros... ou quelque chose d'approchant, n'est-ce pas ? »

« Non, je ne suis pas un héros ni rien de ce genre... »

Ceux qui l'avaient invoqué dans ce monde l'appelaient certes « héros », mais lui-même ne se considérait pas comme tel.

Pour commencer, il se rendait bien compte qu'un héros qui se proclame tel sans la moindre hésitation est un personnage pénible.

« Vous n'allez pas... combattre dame Anri, n'est-ce pas ? »

« Non, et comme j'ignore tout de cette dame Anri, je n'ai pas la moindre hostilité à son égard. »

Ce monde s'acharnait déraisonnablement à le chasser et l'avait mis dans un état pitoyable, mais lui, du moins, n'avait pas l'intention d'être hostile envers qui que ce soit.

Et il n'allait pas s'en prendre par plaisir à quelqu'un dont il n'avait même jamais entendu parler.

« Ou plutôt, dites-moi : cette dame Anri, elle est hostile aux héros ? »

« Non, elle n'est hostile qu'aux héros qui existent déjà.

Cela dit, comme je ne sais pas ce qui arrive à quelqu'un qui devient un nouveau héros... »

« Je vois.

Eh bien, vous pouvez être tranquille.

Je ne suis pas un héros ni rien de ce genre. »

« Entendu. Cela n'a pas l'air d'un mensonge, alors je vous crois.

Oh, on l'aperçoit. »

leva la tête à ces mots, et un immense manoir à l'allure majestueuse apparut devant ses yeux.

« C'est... c'est ici ? »

« Oui, c'est le manoir de la Rose Noire, celui de dame Anri. »

« Vraiment ? C'est quelqu'un de très important, alors.

Au fait, je voudrais vous demander une chose... »

« Oui ? Laquelle ? »

« Qu'est-ce que c'est que ça ? »

Ce que désignait, c'était une énorme armure noire agenouillée à quelques mètres devant les grilles du manoir de la Rose Noire.

« Ah, c'est le gardien, l'Armure Anril. »

« Le... le gardien ? »

« Ah, ne vous inquiétez pas.

Elle n'attaque pas les gens qui ne sont pas suspects. »

« Tant mieux... sauf qu'elle vient de se lever et qu'elle avance vers nous, non ? »

« Hein ? Comment ça ? »

L'Armure Anril, qui attendait à genoux jusque-là, se relevait et sortait de nulle part une épée et un bouclier.

Puis, lentement, elle fit face aux deux jeunes gens... non, elle marcha droit sur .

« Est-ce que, par le plus grand des hasards, je passerais pour un individu suspect ? »

« ... Ah. »

Tena venait de s'apercevoir qu'elle avait oublié quelque chose.

Elle habite le manoir : elle n'est évidemment pas traitée en suspecte quand elle entre et sort tous les jours. Mais c'était la première visite de .

« Hé, arrêtez-la ! »

« Je... je suis désolée ! Seule dame Anri peut l'arrêter ! »

« C'est une blague ! »

Sur ces entrefaites, l'Armure Anril arriva sur et Tena et leva son énorme épée au-dessus de sa tête.

« AAAAAAH ! »

« Kyaaa ! »

et Tena se serrèrent l'un contre l'autre pour se protéger, les yeux fermés.

« ...... »

« ...... »

« ... Hmm ? »

« ... Oh ? »

Comme le choc ne venait pas malgré le temps qui passait, les deux jeunes gens finirent par lever les yeux : l'Armure Anril s'était immobilisée, l'épée en l'air.

« Ah, dame Anri ! »

Quand Tena tourna les yeux vers l'entrée du manoir de la Rose Noire et y aperçut la silhouette d'une personne, elle poussa un cri de joie.

Attiré par ce cri, se retourna : il y avait là une femme en robe noire, le visage masqué.

Si l'on en croyait Tena, c'était la maîtresse de ce manoir, et il devina qu'elle venait d'arrêter l'Armure Anril au moment où celle-ci allait les frapper.

La femme, vêtue d'une robe au troublant motif de roses noires qui laissait peu de choses à regarder, avait de longs cheveux noirs très fournis.

Mais ce qui ressortait plus que tout, c'était son masque à fond noir orné d'un motif rouge vif, qui lui couvrait les yeux.

De sorte qu'on ne voyait pas son regard.

On ne distinguait pas son visage, mais sa taille disait qu'elle était de la génération de , à peine plus âgée. Deux ou trois ans de plus que Tena, tout au plus.

En revanche, sur l'épaisseur du blindage en un certain endroit, elle était battue.

Seul le dessin de la robe était troublant, et le contraste sautait aux yeux.

« Bon retour, Tena. »

« Oh, oui ! Je viens de rentrer. »

« Et... qui est-ce ? »

À ces mots, les yeux de Tena et ceux de la femme masquée qui venait de saluer, Anri, se tournèrent vers .

Devant ce regard et ces paroles soudainement dirigés sur lui, se troubla d'instinct et ne sut que répondre.

« Oh, je suis... »

« ... Japonais ? »

« ... Co... comment ? »

Il est vrai que , qui ne se teint pas les cheveux, a une allure dont on devine facilement les traits japonais. Seulement, il ne devrait exister personne dans ce monde pour le savoir.

Et pourtant, fut abasourdi qu'Anri le juge « japonais ».

« Il semble qu'il faille en parler en détail.

Entrez. »

Suivant Anri, qui rentrait déjà, et Tena mirent à leur tour le pied dans le manoir de la Rose Noire.

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