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Shoukan at Random

Chapitre 4 : Rencontre avec la jeune fille

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Chapitre 4

Chapitre 4 : Rencontre avec la jeune fille

Chapitre 4/1136%~8 min de lecture1 577 mots

« Ah ? Ouah ! »

laissa échapper un son stupide quand sa vue changea brusquement, et l'instant d'après il trébucha et fit une magnifique culbute.

Il était pourtant en train de courir dans une forêt, talonné par les Loups des Forêts, quand la lumière s'était soudain répandue devant ses yeux, au moment même où il se croyait pris.

Emporté par son élan, il roula plusieurs fois sur lui-même et s'arrêta enfin sur le dos.

« Bon sang ! »

Il se redressa et se retourna pour guetter les Loups des Forêts qui le suivaient : leur silhouette avait disparu.

Bien plus : alors qu'il se trouvait quelques secondes plus tôt dans une forêt épaisse, ce n'était plus, de quelque côté qu'on regarde, qu'une plaine herbeuse à perte de vue.

« Qu... qu'est-ce qui s'est passé ? »

avait parlé dans sa confusion, mais rien ne lui répondit. Il comprenait du moins qu'il venait d'échapper de justesse à la mort. Rien qu'à se rappeler la frayeur de tout à l'heure, son dos se glaça et la sueur froide se remit à couler.

Épuisé, s'allongea sur le sol, bras et jambes écartés.

resta ainsi étendu dans l'herbe un moment, puis se releva lentement et fit tomber la terre et les brins d'herbe de ses vêtements.

Il avait beau ignorer où il se trouvait, rien ne disait qu'il ne risquait pas d'être attaqué par une bête dangereuse, comme dans la forêt tout à l'heure. À bien y penser, il ne pouvait pas se permettre de rester couché sans défense.

« Mais où est-ce que je suis... ? »

Il eut beau regarder alentour, il n'y avait que de la prairie. ne connaissant aucune région de ce monde, on aurait pu lui nommer l'endroit qu'il n'en aurait pas été plus avancé ; la seule certitude, c'est qu'il s'agissait d'un lieu tout à fait différent de la forêt de tout à l'heure.

En balayant la plaine du regard, remarqua un peu plus loin une bande de terrain rectiligne. L'herbe qui poussait au sol s'interrompait précisément à cet endroit.

« Est-ce que ce serait... une route ? »

Faute d'avoir un autre but, se dirigea vers cet endroit.

En approchant, il constata que l'herbe n'y poussait pas et qu'on distinguait au sol des traces de roues et des empreintes de pas. C'était bien, comme il l'avait supposé, une route.

Il y avait donc de bonnes chances qu'une ville se trouve au bout.

Il courait certes le risque, avec un peu de malchance, de revenir à la ville d'où il s'était enfui ; mais rester ici, c'était attendre de mourir de faim. D'une manière ou d'une autre, il fallait aller vers une ville.

« Je vérifie la ville de loin et, si c'est celle-là, je repars dans l'autre sens. »

À en juger par ce qu'il avait vu de la cité pendant sa fuite, la civilisation n'était pas très développée dans ce monde. avait beau être recherché dans cette ville-là, il y avait peu de chances que l'information circule jusqu'aux autres. C'est en se persuadant ainsi qu'il se mit à marcher le long de la route.

Ce qu'il ignorait, c'est que dans ce monde on se déplace en voiture d'une ville à l'autre, et qu'il est d'usage d'engager des gardes du corps quand on voyage à pied. La raison en est évidente : il n'a rien d'étonnant que des monstres attaquent hors des villes.

Si cela va de soi dans une forêt où l'homme ne met pas les pieds, cela ne veut pas dire que la route soit sûre. Faute de clôtures, en particulier, le danger n'y est pas moindre que dans la prairie environnante.

Ce qui suivit était donc dans l'ordre des choses.

« Hein ? »

Depuis la prairie, hors de la route, une ombre énorme fonçait vers à une vitesse déraisonnable.

Un monstre en forme de sanglier, gros comme une petite camionnette, qui charge pour tuer avec sa corne acérée : le Sanglier à Grande Corne.

« Qu... qu... quoi ? »

Le Sanglier à Grande Corne courait de toute évidence droit sur . Celui-ci se raidit devant tant de puissance, mais parvint tant bien que mal à se ressaisir.

« En... encore ? »

Tout à l'heure une meute de Loups des Forêts, et maintenant un Sanglier à Grande Corne. La course-poursuite recommençait.

La route, bien tassée, était plus facile à courir que la forêt, et la vitesse de valait presque celle du sanglier. À l'inverse, il serait poursuivi sans fin, faute de pouvoir le distancer.

Il aurait pu l'éviter en zigzaguant sur le côté, mais il n'était pas facile de quitter la route commode pour la prairie.

« Merde, jusqu'à quand va-t-on me courir après ? »

Une fois qu'il a choisi sa proie, le Sanglier à Grande Corne fonce en général en ligne droite. C'est exactement l'image du sanglier qui charge tête baissée.

continuait de fuir sur la route quand il aperçut devant lui la silhouette d'une personne. À bien y réfléchir, il y avait des traces de passage : rien d'étonnant à croiser du monde.

« Ça... une fille ? »

C'était une jeune fille blonde vêtue de noir, qui marchait le long de la route.

n'en voyait que le dos, mais sa taille lui donnait l'air assez jeune.

Elle marchait devant lui en portant ses bagages et ne semblait avoir remarqué ni ni le Sanglier à Grande Corne derrière lui.

« Je vous en supplie, sauvez-vous ! »

« Hein ? »

avait crié tant bien que mal, tout en courant, pour l'avertir du danger, mais la jeune fille, qui s'était retournée de surprise, ne parut pas capable de bouger sur-le-champ.

S'il continuait ainsi, elle serait immanquablement emportée par la charge du Sanglier à Grande Corne.

« Merde, qu'est-ce que je fais ? »

Entraîner une inconnue là-dedans n'était pas une option.

hésita un instant, puis fit volte-face et se mit en garde. Puisque ses capacités physiques avaient augmenté depuis son arrivée dans ce monde, il décida de miser sur ce qui était peut-être son dernier espoir : arrêter la charge du Sanglier à Grande Corne.

« AAAAAAAH ! »

Fléchissant les jambes pour encaisser le choc, tendit les deux paumes vers le Sanglier à Grande Corne et concentra toutes ses forces en poussant un cri.

Seulement, avant l'impact qu'il attendait, une décharge électrique jaillit de ses deux paumes. Partie en ligne droite, elle frappa le sanglier de plein fouet.

« ...... ! »

Frappé par la décharge, le Sanglier à Grande Corne poussa un cri silencieux et fut projeté au loin, jusque dans la prairie.

« ... Hein ? »

resta stupéfait devant ce résultat inattendu. Il examina de nouveau ses paumes : aucun changement, comme il fallait s'y attendre.

« Mais qu'est-ce que c'est que ça ? »

Il pouvait deviner que c'était de la même nature que les flammes de la salle cérémonielle, mais la cause lui échappait toujours.

« Euh... »

« Ah, désolé. Enfin... »

Une voix s'éleva derrière , perplexe. Il se retourna en hâte vers cette voix, celle de la jeune fille de tout à l'heure. Et il se figea sur place.

Elle devait avoir seize ou dix-sept ans, sans doute ?

Des cheveux d'or descendant jusqu'aux reins, dont une partie tressée ; des traits fins ; une tenue splendide, d'étoffe noire à motifs rouges, qui épousait un corps mince dont toutes les parties importantes ne s'en dessinaient pas moins avec générosité. Un motif en forme de « S » couché était gravé sur son front, et ses pupilles rouges dégageaient un charme mystérieux.

De toutes celles que avait vues dans sa vie, c'était sans conteste la plus belle. Même parmi les mannequins et les idoles de son ancien monde, une fille aussi belle n'existait pas.

« Euh, ah, c'est-à-dire... »

« ??? »

Devant qui perdait ses mots tant il était intimidé, la jeune fille se contenta de pencher la tête, intriguée. Le geste, lui aussi charmant, lui fit perdre un peu plus son calme.

« Ah. »

« Hein ? »

se tourna dans la même direction que la jeune fille, qui venait de s'exclamer en remarquant quelque chose. Là-bas, le Sanglier à Grande Corne, envoyé au loin quelques instants plus tôt, se relevait. La décharge électrique ne lui avait manifestement pas infligé de blessure mortelle.

Les dégâts subis lui avaient fait perdre beaucoup de vitesse, mais le Sanglier à Grande Corne repartit à la charge vers et la jeune fille.

« Zut, ça se présente mal... »

Comme il s'était arrêté une fois, il ne pouvait pas repartir tout de suite. De plus, il y avait à côté de lui une jeune fille délicate qui n'avait vraiment rien d'une combattante : il ne pouvait pas se contenter de l'abandonner et de fuir.

« Vous, sauvez-vous, fuyez... »

« Hop ! »

Coupant , qui allait la presser de fuir, la jeune fille leva la paume droite et poussa un petit cri charmant. Mais c'est une énorme masse de ténèbres qui en jaillit, en contraste absolu avec cette voix, et qui fila à une vitesse foudroyante vers le Sanglier à Grande Corne pour l'engloutir.

« ...... ! »

Le Sanglier à Grande Corne fut projeté sans effort à plus de dix mètres et jeté au sol. Puis il se releva lentement et prit la fuite.

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