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She Professed Herself Pupil of the Wise Man

Chapitre 657

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Chapitre 657

Chapitre 657

Chapitre 657/69495%~14 min de lecture2 630 mots

De retour du domaine divin, Mira annonça que le traitement des ossements s'était déroulé sans accroc. Dans le même temps, elle fit part de son souhait d'échanger sur la suite des événements.

Une dizaine de minutes plus tard, outre la directrice Orihime, Mique et Arato, s'étaient joints Cassiopée, Pénélope, Valentin, Dantalion et d'autres membres au fait des circonstances. Les responsables du Comité Hinomoto étaient également présents, et la réunion consacrée à la consolidation des informations pour l'avenir débuta.

« Bon, puisqu'on a pu traiter par anticipation les cinq ossements qu'on avait localisés, l'adversaire devrait être considérablement affaibli. Reste la tête, mais là, ça ne se passera pas comme jusqu'ici. Lever le sceau, c'est donner le coup d'envoi de la bataille décisive. »

Dès l'ouverture de la séance, après avoir bouclé le rapport d'opération, Mira posa la question de la bataille finale sur la table.

Une ultime confrontation face au dieu qui règne sur les monstres. Le choix des combattants qui fouleront ce champ de bataille revêtait une importance capitale.

« D'abord, jetez un œil à ceci. »

Pour servir de référence à la sélection et au déploiement, Mira déploya sur la table le plan du lieu décisif qu'elle avait reçu des Trois Dieux.

« De notre côté aussi, si on peut préparer tout un tas de choses, ce serait pas mal, non ? »

Tout en désignant le centre du plan, elle fit sa proposition. Le Comité Hinomoto a mis au point nombre d'inventions ; certaines pourraient s'avérer utiles pour la bataille. L'idée était de les installer là.

« Hé, voilà qui est costaud. » « Je vois. Vous voulez aménager le champ de bataille à l'avance. » « Mais à cette échelle, depuis le début des travaux jusqu'à l'achèvement, combien de temps ça va prendre ? »

Remparts solides, armement embarqué en nombre. Puisqu'on peut caler le déclenchement de la bataille sur le moment où l'on lèvera le sceau, autant prendre l'avantage dès maintenant. Orihime et Mique acquiescèrent : si c'est faisable, l'atout est certain.

Arato hocha la tête, lui aussi du même avis. En revanche, vu l'ampleur du chantier, il s'inquiétait des ressources et du temps nécessaires.

Pourtant, ce qu'Arato et les siens avaient sous les yeux était tout autre, et leurs craintes étaient infondées.

« Ah, c'est ça, c'est ça. Sur ce point, y a pas de souci. Ce dessin n'est pas une ébauche, c'est le plan *actuel* du lieu décisif. Les murs d'enceinte et les armes sont déjà tous en place. Ce que je dis, c'est pour *l'intérieur*. »

Il n'était peut-être pas évident de réaliser qu'un tel champ de bataille était déjà prêt sans qu'on ait à lever le petit doigt. Mira, s'en apercevant, désigna à nouveau le centre du plan, cette vaste place vide.

« On savait que le jour de la bataille décisive viendrait. Alors on s'est préparés comme il faut. En plus, les obus et les traits de balistes qu'on utilise sont imprégnés de la puissance des Trois Dieux, donc l'efficacité est maximale. »

Elle expliqua encore que le tout pouvait être amélioré et réglé selon les besoins, puis balaya l'assistance du regard pour demander s'il manquait quelque chose pour le combat contre le dieu des monstres.

« Mazette… c'est drôlement impressionnant. »

Arato, les yeux ronds devant l'ampleur de l'ouvrage déjà achevé, pencha la tête, ne voyant pas ce qu'on pourrait ajouter de plus. N'étant pas très porté sur le combat, il n'avait pas d'idée précise.

« C'est ça. On complète ce qui existe déjà. »

Mique non plus n'est pas du genre à briller sur un champ de bataille. Mais elle centralise les informations de tous horizons, aussi eut-elle une idée, et un sourire narquois fleurit sur son visage.

Au fil de la discussion, les propositions s'égrenèrent pour équiper le lieu de la bataille finale contre le dieu des monstres.

« À cette échelle, on va devoir 분派 les équipes de secours… »

Première proposition : des abris médicaux pour les secours.

Dans un champ de bataille d'une férocité extrême, placer des prêtres guérisseurs en première ligne est trop risqué. Face à des ennemis de classe Grande ou supérieurs, l'arrière-garde se retranche d'ordinaire dans un endroit solide et éloigné. Le Golem Château de Soul Howl en est l'archétype.

Parmi ces positions, un espace spécialement aménagé pour que les soigneurs puissent se consacrer aux soins devient l'abri médical de l'équipe de secours.

« Il nous faut des remparts pas seulement à l'extérieur, mais aussi à l'intérieur. Les lignes de tir sont dégagées, mais l'ennemi en profite tout autant. Les tanks ont leurs limites, donc des murs derrière lesquels se jeter en urgence sont indispensables. »

Deuxième proposition : des parois défensives. Le plus embêtant avec les classes Grande, ce sont les attaques de zone indistinctes. La meilleure parade, c'est d'utiliser le terrain, mais ici c'est impossible. D'où l'idée de prévoir des parois.

(…Y repensant, on était drôlement largués là-dessus, à l'époque.)

Au détour de l'échange, Mira repensa à l'ère du jeu. Quand les Neuf Sages affrontaient un boss costaud, Soul Howl réglait tout ça tout seul.

(Si on le décharge de la gestion du camp, comment va-t-il bouger ?)

Cette fois, ce rôle peut être confié à d'autres à l'avance. Mira eut un frisson de curiosité : que ferait Soul Howl libéré de la défense ?

« Ce qui est déjà là est fiable, mais plus il y a de variété, mieux c'est, je pense. »

Nouvelle proposition : installer des armes lourdes supplémentaires.

Balistes et canons qui crachent flèches et obus gorgés de puissance divine. La puissance de feu semble suffisante, mais on réclama d'en ajouter de types variés selon les usages.

Harpons à chaîne pour entraver les mouvements. Dispositifs d'interception anti-attribut réagissant aux attaques élémentaires. Canons à particules pour les tireurs d'élite. Gatling pour la suppression. Missiles axés sur la destruction pure.

Les idées d'armement pleuvaient, toutes plus redoutables les unes que les autres.

(Il me semblait avoir entendu qu'ils ne développaient pas d'armes ?)

Non content d'aligner des noms d'armes comme si de rien n'était, les chercheurs enchaînaient avec l'air de dire « on peut sortir ça quand vous voulez ».

« Alors là, c'est enfin l'heure du railgun ! »

Au moment où la liste s'allongeait, Mique lança ça les yeux brillants, comme attendue ce moment.

Le railgun, arme qui propulse un projectile par force électromagnétique. Au-delà de sa puissance, il condense une part de rêve qui fascine bien du monde, Mique comprise.

Elle aussi, comme les autres, affichait le visage de quelqu'un qui sait l'arme déjà au point.

« Hé, une question me chiffonne… Ici, le détournement d'armes technologiques n'est-il pas interdit ? »

Malgré le flot de propositions, était-il réaliste de développer et finaliser tout ça avant le jour J ?

Ce qui attend, c'est la bataille décisive. Impossible de la transformer en banc d'essai. Mira elle-même comptait bien se tenir à carreau cette fois.

« Ah, oui. C'est interdit. » « Mais il manque un bout à cette règle. » « Précisément : le développement d'armes *anti-personnel* est interdit. »

Développer la technologie pour la paix de l'humanité. Telle est la philosophie du Comité Hinomoto, d'où l'interdiction de quoi que ce soit qui blesse les humains.

Pourtant, selon les techniciens, des dérogations existent pour protéger cette même humanité de la menace des monstres et bêtes magiques.

« Y a pas de problème. Ces armes intègrent un module dédié. Elles ne s'activent que si une cible dotée de pouvoir magique — monstre ou bête magique — se trouve dans le viseur, et ne tirent pas si un humain est dans le rayon. La philosophie est respectée.  »

Devant l'œil dubitatif de Mira — « c'est pas de la simple chicane, ça ? » —, Mique affirma fièrement qu'il n'y avait aucune violation.

Les techniciens eux-mêmes semblaient avoir, au fond d'eux, la même impression de sophistique. Mais l'alibi de la « bataille décisive » les avait débridés, et la discussion s'emballa allègrement.

« …C'est drôlement violent comme vocabulaire, mais ça ne pose pas de problème ? »

Parmi les armes alignées contre le dieu des monstres, quelques engins de destruction massive s'étaient glissés. Barbatos, qui observait l'échange, esquissa un sourire amer : est-ce vraiment sans danger ?

« Bon… comment dire. Même si ça a l'air n'importe quoi, on a tenu le coup trente ans comme ça, alors sûrement qu'une fois la bataille finie, ce sera bon, non… »

Les gens du Comité Hinomoto ont leurs moments d'emballement. Valentin, qui voudrait les croire mais n'ose l'affirmer, laissa les noms d'armes lui glisser dessus, détournant pudiquement le regard.

Peu après, on trancha : l'armement serait confié à un service dédié pour être creusé à fond.

Sujet suivant : la solidité et le nombre des abris médicaux de secours.

« C'est un casse-tête… »

On en parla sous tous les angles, mais la question s'avéra épineuse.

Si la puissance ennemie dépasse celle du Roi Démon, nulle part sur le champ de bataille n'est sûr. Même un abri capable d'encaisser du niveau Grande n'offre pas de garantie absolue.

Et si l'abri médical lui-même est ciblé, c'est la catastrophe. D'où la nécessité d'y poster des défenseurs comme Noin.

Mais ça retire d'autant de tanks précieux de la ligne de front.

L'idéal reste l'extérieur du champ de bataille. Un lieu hors de portée des tirs ennemis, voire inconnu d'eux.

« D'après ce plan, il y a de l'espace à l'intérieur des remparts. Et si on transformait ça en abri médical ? » « Si c'est les dieux qui l'ont prévu, ça a l'air costaud. Pourquoi pas. »

L'attention se porta donc sur l'enceinte géante qui ceint le champ de bataille. Préparée pour la bataille décisive, elle porte la marque des Trois Dieux. Non seulement les matériaux, mais des barrières protectrices divines y sont tissées, en faisant le rempart le plus solide et le plus dur qu'on puisse imaginer à l'heure actuelle.

Un emplacement idéal, en somme.

« Mais où qu'on mette l'abri, ce sera au bord du champ de bataille. La distance risque de poser problème. »

Plus sûr qu'un abri dressé à l'intérieur, permettant de soigner l'esprit tranquille, mais l'éloignement pêche.

Chaque face de l'enceinte externe fait cinq cents mètres.

Depuis le centre du champ de bataille, la distance en ligne droite jusqu'au mur est de deux cent cinquante mètres. Pour revenir se faire soigner ou évacuer un blessé, c'est loin. Le temps perdu retardera d'autant le retour au combat.

Alors, quoi faire ? Et si on construisait un deuxième rempart à l'intérieur du premier ? Le débat s'enflammait dans ce sens.

« Il semble qu'on puisse résoudre ce point. »

Mira, qui observait jusqu'ici, prit la parole.

Elle participait à la réunion tout en conversant avec les Rois des Esprits. Sur la question de l'abri médical, la meilleure solution possible ayant émergé, elle intervint.

« D'abord, l'abri médical s'installe dans l'espace libre de l'enceinte externe. Un seul point suffit. Préparez-y tout le nécessaire, du parfait clé en main. »

L'enceinte externe fait office de champ de bataille décisif, mais aussi de cage pour ne pas laisser fuir le dieu des monstres.

C'est donc logique de l'utiliser comme abri médical. Et son inconvénient vient d'être levé grâce à la coopération de Lizrain.

« Il faut d'abord fabriquer des anneaux spéciaux, un par combattant. Ensuite, des portes. Si tout le monde porte les anneaux chargés par Lizrain et qu'on installe des portes à l'abri, c'est réglé. »

Issu des pourparlers avec les Rois des Esprits : les Trois Dieux ajouteront une barrière de contrôle spatial au lieu décisif.

Normalement, répéter des transferts rapprochés à outrance dégrade l'espace. Mais les Trois Dieux y consacreront une part de leur puissance pour corriger la distorsion à la volée.

Ce qui rend possible, temporairement — le temps de la bataille — de se désengager instantanément et à volonté depuis la ligne de front. Même grièvement blessé au point de ne plus pouvoir combattre, on peut gagner l'abri médical sur-le-champ.

« C'est top ! » « Incroyable, ça règle tout ! »

L'enthousiasme monta d'un cran : rien de plus idéal. Et comme plus besoin de prévoir un déplacement de l'abri, la discussion s'enflamma sur l'équipement nécessaire et ce qu'on pouvait aligner.

« Ah, au fait, t'as dit tout à l'heure qu'il fallait faire les anneaux et les portes. C'est quoi exactement qu'il faut fabriquer ? »

En plein échange. Soudain le rappel, ou une curiosité pressante, ou le sens du devoir d'artisane : Mique posa la question.

Des objets spéciaux qui rendent le transfert possible. Les techniciens, eux aussi, tournèrent vers Mira des regards brillants d'intérêt et de curiosité.

« Ah, ça… Tout, en fait. Il faut du shinginaraito, paraît-il. »

Mira laissa vaguement errer son regard en évoquant le matériau requis. Les anneaux : intégralement en shinginaraito. Les portes : le bord intérieur du cadre et le pourtour extérieur du vantail, pareillement en shinginaraito.

Elle transmit la demande de Lizrain telle quelle, puis baissa les yeux comme pour dire « le reste est entre vos mains ».

L'instant d'après, la discussion bouillonnante tomba net, et un silence glacé s'abattit sur la salle.

Parce que le shinginaraito est un métal d'une rareté extrême.

« Y en a-t-il au stock ? » « Comment dire… Y en a peut-être un tout petit peu, mais… » « On n'aurait jamais cru en avoir besoin *ici*… »

Existe-t-il du shinginaraito en réserve ? Plus on creusait, plus les visages de tous pâlissaient d'inquiétude.

Le Comité Hinomoto stocke force matériaux, rares ou non.

Mais le shinginaraito fait exception.

« Faut peut-être monter une équipe de forage dédiée. » « On va demander au Syndicat Général des Aventuriers un achat d'urgence. » « En attendant, on contacte tous nos tuyaux pour savoir qui en a. »

Vu l'enjeu vital pour le sauvetage en bataille décisive, la priorité est maximale, l'action immédiate. À peine une idée née, les ordres fusaient via les terminaux de communication murales.

(Où et quoi va devenir nécessaire, on ne le sait jamais…)

Le shinginaraito. Ce minerai rare ne forme pas de filon. On peut le trouver n'importe où sur le continent, n'importe où où l'on creuse.

On pourrait même en découvrir en bêchant son jardin.

Seulement, la probabilité est infime. Creuser une montagne entière de fond en comble pour n'en remplir qu'à moitié un sac.

Et la raison pour laquelle le Comité Hinomoto n'en avait pas en stock tient à sa valeur en tant que matériau.

Dureté, souplesse, durabilité, conductivité, affinité au mana, fixation des formules, taux de résonance… Des chercheurs intrigués par sa rareté l'ont passé au peigne fin. Résultat : tout est médiocre, voire en dessous. Aucune propriété cruciale pour la fabrication n'atteint même le niveau d'un métal commun.

En clair, pour n'importe quel usage, il existe un équivalent supérieur et bon marché. Et comme en plus c'est ultra-rare, son utilité comme matériau est nulle. Sans compter son aspect noirâtre et sale, qui lui ôte toute valeur ornementale.

Du coup, le shinginaraito était classé non pas « rare », mais simplement « curieux ».

« On ouvre les coffres, rachetez-en à travers tout le pays ! »

Des lustres après cet avis, la découverte d'une valeur ajoutée ciblée — la compatibilité avec Lizrain — a fait exploser sa cote au Comité Hinomoto. Pour forger les anneaux et les portes nécessaires, Orihime décida d'y engloutir des fonds colossaux.

« Hé, le stock dit qu'il reste trois fragments ! »

À peine le terminal bipé, l'annonce retentit dans la salle. Les chutes des analyses de recherche traînaient dans un coin d'entrepôt.

De quoi faire deux anneaux environ. Des acclamations saluèrent la nouvelle.

Pourtant, on en reste très loin. Combien de fortunes vont fondre ? Combien de temps pour réunir le compte ? L'horizon s'annonçait semé d'embûches.

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