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She Professed Herself Pupil of the Wise Man

Chapitre 602

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Chapitre 602

Chapitre 602

Chapitre 602/69487%~12 min de lecture2 339 mots

« Je n'ai pas l'intention de te forcer à l'accepter, mais depuis le début, il n'y avait pas grand-chose d'autre que nous puissions faire dans un tel état. Alors, il n'y a aucune raison de t'en vouloir. »

C'était pendant l'attente du réveil du démon purifié. Voyant Valentin plongé dans un profond abattement, Andromède l'avait pris en pitié et tentait de le réconforter.

Le plan initial prévoyait de purifier tous les démons venus sur place. Mais au final, un seul avait pu être sauvé.

Pourtant, la cause n'était nullement un manque de puissance de la part de Valentin. Ce liquide noir était l'unique responsable de tout.

Cependant, Valentin avait cette fâcheuse tendance à tout porter sur ses épaules. Il continuait de s'enfoncer tout seul dans l'idée qu'il aurait peut-être pu s'en rendre compte plus tôt, qu'il existait peut-être un moyen d'empêcher cela avant qu'il ne se produise.

C'est alors qu'ils en étaient à répéter ce genre de conversation.

« C'est nous qui avons choisi de l'utiliser ou non. Tu n'as pas à te tourmenter. »

Soudain, un homme adressa ces mots à Valentin.

C'était une voix que personne n'avait jamais entendue. Qui pouvait bien être ? Lorsque tous tournèrent la tête dans la direction d'où provenait la voix, ils aperçurent un démon qui se redressait lentement.

Oui, le seul démon qui avait pu être purifié venait d'ouvrir les yeux.

Apparemment, dans sa conscience encore embrumée, il avait entendu les paroles de Valentin rongé par les regrets. C'est pourquoi, dès qu'il se fut relevé, il adressa un doux sourire à Valentin et prononça des mots de remerciement : « Grâce à toi, j'ai été sauvé. Merci. »

« Non, je suis juste contente qu'on ait pu te ramener à la normale. »

Des regrets subsistaient. Néanmoins, une vie avait été sauvée. Ayant enfin conscience de cette réalité, Valentin semblait s'être apaisé. Son visage affichait un soulagement visible.

« Voilà, te voilà réveillé. Tant mieux, tant mieux. »

Son humeur semblait s'être un peu éclaircie. Andromède ébouriffa affectueusement les cheveux de Valentin avant de se précipiter vers le démon.

« Maintenant, on va enfin pouvoir entendre ton histoire. »

Le suivant à prendre la parole fut Raven. Notons que les autres généraux avaient tout laissé à Raven et s'amusaient de leur côté au laboratoire.

« Je me demande quelles informations on va pouvoir obtenir. »

Mira, elle aussi, vida son mélange de lait aux noix et se leva, prête à entendre la suite.

La conversation avec le démon purifié commença par de brèves présentations.

Il s'appelait Ivérou. Quant aux noms des démons qui l'accompagnaient, il les ignorait totalement et ne les avait jamais demandés.

La raison en était qu'ils s'étaient rencontrés récemment et qu'ils n'étaient pas du genre à s'échanger leurs noms.

Concernant l'attaque du laboratoire par Ivérou et son groupe, on devait s'y attendre : la dépouille du dieu qui régit les monstres y était pour quelque chose.

« Il y a peu, on a appris qu'une partie qu'on avait sécurisée de ce côté-ci et qu'on gardait cachée avait été volée. »

Ce que racontait Ivérou concernait sans doute l'affaire dans laquelle Mira et les siens avaient été impliqués. Cette dépouille que le démon Delpargo avait dissimulée.

Selon lui, c'était là la cause directe de l'attaque actuelle.

Apparemment, du côté des démons, il existait un individu doté d'un pouvoir spécial lui permettant de tracer les résidus vibratoires émanant de la dépouille du dieu régissant les monstres et de la poursuivre où qu'elle aille.

De plus, tant que la dépouille n'était pas complètement scellée, cet individu parvenait à la détecter même de loin.

En d'autres termes, dès l'instant où on l'avait déplacée de son sceau tellurique, elle était devenue traçable.

Quelles que soient les contre-mesures anti-pistage mises en place, la transporter rendait le point de départ comme le point d'arrivée entièrement transparents.

C'est ainsi que ce laboratoire avait été découvert.

« Quoi … Un individu doté d'une telle capacité existe ? »

Pour le pistage, ils avaient pris des précautions extrêmes. Mais tout cela devenait caduc si on était traqué sans discussion possible ; c'était d'un ennui sans nom.

C'était une information susceptible de nuire aux futures opérations.

« En ce qui concerne ce qui s'est passé après le vol, une situation d'urgence s'est produite ici. Même avec ce pouvoir spécial, c'était incompréhensible. La réaction de l'objet apporté ici est soudainement devenue faible, causant une grande agitation. Et puis, peu de temps après, ils ont dit que la vibration avait complètement disparu. Ils étaient passablement paniqués. »

Ce que rapportait Ivérou correspondait sans doute à la situation au moment où Mira et les siens avaient traité la dépouille.

Même avec un pouvoir spécial, la distance jusqu'au domaine divin — c'est-à-dire jusqu'à la lune — faisait que la perception s'amenuisait. Et le fait que la vibration devienne imperceptible tenait probablement à ce que le traitement par l'artefact divin ait été mené à son terme.

Autrement dit, la disparition de la dépouille du dieu régissant les monstres venait d'être confirmée par un double biais.

« D'ailleurs, quand tu dis "faible", cela veut dire qu'ils n'ont pas pu en déterminer l'emplacement exact, n'est-ce pas ? »

Reste à savoir jusqu'où cet individu aux capacités spéciales s'en était rendu compte. En creusant davantage sur ce point, Ivérou réfléchit un moment, l'air de chercher ses souvenirs, avant de répondre.

« Si je me souviens bien, il a dit quelque chose comme "je le sens quelque part au loin". C'était trop ténu pour en connaître la direction, apparemment. »

Il semblait que l'adversaire n'avait pas encore réalisé que l'emplacement exact — à savoir la lune — avait été identifié.

Mira souffla, soulagée que le problème immédiat soit écarté, mais elle ne put s'empêcher d'être à nouveau frappée par l'absurdité d'un pouvoir perceptible à une telle distance.

Le récit d'Ivérou continua.

Ce qui les avait amenés à ce laboratoire, c'était pour percer le secret de cette disparition.

Le fait que cinq démons de rang marquis, lui compris, aient été mobilisés pour cette enquête montrait à quel point la crise était prise au sérieux. Ivérou lui-même semblait un peu perplexe qu'on fasse bouger autant de pairs.

« Cela dit, on ne sait pas si vous le savez, mais nous autres, on est mauvais pour l'action de groupe. Les préparatifs et tout le reste, c'était vraiment la galère. »

Bien qu'ils partageassent le même objectif d'enquête du laboratoire, ces démons marquis ne semblaient pas avoir le moindre esprit de camaraderie.

Au contraire, chacun pensait à doubler les autres et ourdissait ses propres machinations, ce qui fit perdre un temps considérable avant le début de l'enquête.

« Et c'est à ce moment-là qu'on a reçu un rapport : une autre partie qu'on connaissait de ce côté-ci a bougé. »

Comme on pouvait s'y attendre. Il apparaissait que le camp des démons avait déjà identifié la dépouille scellée dans la grande cathédrale.

Toutefois, selon Ivérou, pour ne pas révéler leurs cartes et leurs informations, ils s'étaient contentés dans un premier temps de la surveiller.

Puisqu'ils en connaissaient l'emplacement, ils pouvaient la récupérer quand ils le voudraient. C'est pourquoi les démons avaient donné la priorité à l'enquête et à la sécurisation des autres parties.

Mais cet objet qu'ils tenaient sous leur main s'était mis à bouger tout à coup. Pire encore, il avait été transporté jusqu'à ce laboratoire.

« En résumé, pendant qu'on perdait du temps à se faire concurrence pour les préparatifs, l'autre partie qu'on pouvait récupérer à tout moment a disparu de la même façon. Évidemment, ils étaient furieux. "Vite, faites-le, tout de suite, maintenant", les hurlements ne s'arrêtaient plus. Du coup, on s'est dit : tant pis pour les plans, détruisons tout d'abord et on verra après. »

En conséquence, ils mobilisèrent en hâte les hordes de monstres et de bêtes magiques que chacun tenait en réserve comme cartes jouables immédiatement, et en vinrent à attaquer ce laboratoire.

« Personne n'imaginait que ça finirait comme ça, ceci dit. Pour ma part, je dirais plutôt que j'ai eu de la chance. »

Ce n'était qu'une installation de recherche. Avec une telle force de frappe, augmentée de cinq marquis — même sans coordination parfaite —, ils avaient jugé la force largement excessive avant l'assaut.

Mais ce fut un énorme raté. La solidité de la défense du laboratoire dépassait de loin le cadre d'une simple installation, ricana Ivérou.

Qui plus est, pendant qu'ils butaient dessus, des renforts d'un tout autre calibre arrivèrent. Et avant qu'ils s'en rendent compte, les monstres et bêtes magiques qu'ils avaient amenés étaient anéantis par une armée venue de nulle part.

S'ensuivit leur propre dispersion vers des lieux lointains, où chacun fut forcé à un combat désespéré contre un adversaire redoutable.

« C'est pour ça qu'il n'y a rien d'étonnant à ce qu'on ait paniqué et qu'on l'ait utilisé. »

Quelques mois plus tôt. L'individu aux capacités spéciales leur avait remis un flacon contenant ce liquide noir, en disant que s'ils l'utilisaient dans une situation critique, ils surmonteraient la crise.

Ce liquide procurait rien qu'en le voyant un frisson glacial des plus nets. Pourtant, au premier regard, on y sentait aussi une puissance colossale.

C'est précisément parce qu'ils cherchaient trop facilement un retournement de situation qu'ils l'avaient tous bu. Mais Ivérou insista particulièrement sur le fait que c'était le fruit de leur propre jugement.

« Pour ma part, j'ai été superbement contré et j'ai continué à lutter péniblement. Mais au final, j'ai tiré le gros lot. C'est pourquoi je n'ai que de la gratitude pour le fait d'avoir retrouvé ma forme d'origine, à ton égard. »

Après avoir tout raconté, Ivérou conclut en adressant un sourire à Valentin.

De son côté aussi, le fait que Valentin s'en veuille le préoccupait visiblement. Il aborda à nouveau le sujet pour affirmer catégoriquement qu'il n'y portait aucune responsabilité.

« … Oui, merci. Ça me fait plaisir que tu le dises. »

Même Valentin, face à tant de prévenance, ne put continuer à ruminer. Sa réponse s'accompagnait d'une lueur de détermination renouvelée dans les yeux.

« Bon, on est venus en terrain conquis comme ça, mais on s'est fait écraser en beauté. Du coup, ce qui m'inquiète maintenant, c'est la prochaine manœuvre de cet individu. C'est sûr. »

L'attaque du laboratoire du Comité Hinomoto par cinq démons marquis. Une fois l'histoire menant à cet événement terminée, la discussion glissa vers la suite.

L'état post-purification variait selon les individus et n'était pas parfait, mais il semblait qu'on puisse se remémorer dans une certaine mesure les événements récents.

Et dans ces souvenirs figuraient aussi des informations sur cet être qui apparaissait ça et là dans le récit.

C'était un adversaire extrêmement coriace ; il n'y avait aucune chance qu'il reste tranquille. Il prépare sûrement quelque chose sous peu. Mieux vaut prendre des contre-mesures. Tel était le conseil d'Ivérou.

« C'est ça. Il a dit qu'il pouvait percevoir l'aura de la dépouille du dieu régissant les monstres, non ? Mais au fond, qui est ce type ? À t'entendre, on dirait qu'il fait obéir jusqu'à des démons titulaires d'un rang. »

Jusqu'ici, pour ne pas entraver le fil du récit, on s'était abstenu d'insister. Mais maintenant, rien n'empêchait d'aller au fond des choses, et Mira posa la question qui la taraudait depuis le début.

Si cet être était un subordonné de démons, ceux-ci perdraient leur rang. Or, le personnel du laboratoire avait confirmé visuellement qu'Ivérou et les siens conservaient leurs titres.

Donc, cet être n'était pas un démon. On pouvait en déduire.

Mais quelle entité pouvait bien faire mouvoir des démons de rang marquis ?

« Comment dire… Humain ? Non, l'apparence y ressemble, mais il y a quelque chose de différent. L'espèce aussi… Qu'est-ce que c'est ? En tout cas, ce n'est pas un démon non plus. Et ça ne correspond en rien aux esprits ou aux serviteurs divins. Honnêtement, aucune catégorie ne colle. Une seule chose est certaine : c'est terriblement fort. Et par-dessus tout, comment dire… C'est comme une présence à laquelle on ne peut pas résister, quelque chose d'étrange qu'on ressent, un être de cet acabit. »

La réponse à la question de Mira fut d'une telle ambiguïté. En somme, Ivérou non plus ne savait pas précisément de quoi il s'agissait.

« Comment dire, c'est flippant. »

C'est Andromède qui prononça cette impression de malaise face à l'entité qui faisait mouvoir les démons, identité et nature totalement inconnues.

En tant que Tenma, elle existait depuis une époque antérieure même aux rois des esprits. C'est pourquoi elle était forte en histoire et possédait une connaissance approfondie de toutes sortes d'existences.

Le fait qu'Andromède la qualifie de "flippante" répandit sur place une atmosphère encore plus inquiétante et gluante.

Puisqu'il était certain qu'il s'agissait d'un ennemi, on ne pouvait s'empêcher de se demander qui — ou quoi — il était réellement.

« Au fait, depuis tout à l'heure, tu ne parles que de "celui qui a un pouvoir spécial", "cet individu", "cette existence"… Est-ce qu'il n'a pas de nom, au moins ? »

Alors que tous ressentaient ce malaise, Mira enchaîna sur une nouvelle question.

Comment désigner cet être ? C'est en y réfléchissant qu'elle remarqua qu'Ivérou n'avait jamais prononcé quoi que ce soit ressemblant à un nom.

Cet être n'aurait-il pas de nom ? Ou bien est-il du genre secret, refusant de révéler son nom à qui que ce soit ?

Même si Ivérou l'ignore, l'existence d'un nom s'expliquerait facilement. Pour une entité mystérieuse, l'anonymat va de soi.

« Non, il s'est présenté. Mais ce nom, justement… »

Ce n'était donc pas le cas cette fois-ci. Ivérou, qui s'était tu jusqu'ici, semblait connaître le nom que l'intéressé s'était lui-même attribué.

« Quoi, quoi ? Ce nom a un problème ? »

Il ne restait plus qu'à le dire, mais l'expression d'Ivérou était d'une complexité indéfinissable. Il marmonnait que ça ne servait à rien de le dire.

Puis, quelques secondes plus tard, il pouffa en disant que ce n'était qu'une auto-proclamation, et lâcha :

« Euh… Il s'est présenté comme la reine démon Farsecia. »

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