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She Professed Herself Pupil of the Wise Man

Chapitre 412

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Chapitre 412

Chapitre 412

Chapitre 412/55075%~13 min de lecture2 453 mots

Mira avait attrapé Frône… ou plutôt, elle l’avait clouée sur place grâce à l’effet Wantso. Frône, oubliant de fuir, était totalement absorbée par Wantso.

« Bon… »

Dès qu’elle confirma que la jeune fille avait cessé de bouger — qu’elle avait oublié de s’enfuir —, Mira fit mine de se reprendre et balaya les alentours du regard.

Depuis une dizaine de mètres au-dessus du sol, on apercevait la forêt qui s’étendait tout autour et, en son sein, un grand château. Çà et là, on distinguait aussi ce qui ressemblait à des champs.

À première vue, c’était une terre considérablement riche.

Pourtant, Mira ressentait une étrangeté face à ce panorama.

Hormis le grand château, il n’y avait dans le champ de vision aucune construction qui pût servir d’habitation. Oui, pas le moindre village, pas même un hameau ; seul le château se dressait, isolé.

Mira se souvenait qu’il n’existait pas, aux abords de Nirvana, de pays doté d’une telle situation.

« Au fait, où sommes-nous, environ ? »

Jusqu’où l’avait projetée ce transfert d’alors ? Et vers quel lieu ? Telles étaient les questions qu’elle se posait en interrogeant.

……

Frône ne répondit pas. Vexée de s’être fait avoir comme une bleue par Wantso, elle détourna la tête avec un « hmph ».

Cela dit, maintenant qu’on en était arrivés à pouvoir dialoguer, le reste n’était plus bien compliqué.

« … Une fois calmée, j’invoquerai bien Garm, moi. »

Au moment où Mira laissait échapper cette phrase, Frône tressaillit.

Garm, qui dépassait en taille les grands chiens, offrait un moelleux irrésistible. L’imaginant, elle semblait fortement tentée ; son visage trahissait une hésitation.

« Ici… ici… C’est un secret ! »

Au terme d’un combat acharné, Frône repoussa la tentation. Mais la décision avait dû lui coûter cher : elle tremblait de tout son corps, les yeux même légèrement embués.

Autant elle tenait à garder ce lieu secret.

Pourtant, Mira n’eut pas l’intention de faire preuve de mansuétude.

Jugeant qu’une poussée de plus suffirait, elle porta l’estocade finale.

« Frône-dono. Même vu de Nirvana, ça suffit, wan. Je voudrais que vous me le disiez, wan. »

Wantso, débordant de charme, relayait ainsi les paroles de Mira.

Pour Frône, c’était une supplique à la limite du supportable.

L’irrésistible mignonnerie de Wantso, ajoutée à la concession « pas besoin d’un endroit précis », fit basculer d’un coup le cœur flottant de Frône.

« Côté nord… je crois. »

Frône répondit d’une voix si basse que Mira ne l’entendit pas.

Mais Wantso, elle, l’entendit ; l’information parvint donc parfaitement à Mira.

(​Hmm, le nord, hein…​)

Tandis que Frône réclamait davantage de caresses en échange de sa réponse, et que Wantso obtenait l’information au prix de son propre corps, Mira remercia mentalement le dévouement de Wantso et déroula une carte pour voir quels lieux pouvaient correspondre au nord de Nirvana.

Là, un doute apparut sur son visage.

Nirvana se trouve à l’extrémité sud du continent d’Arc, qui a la forme d’un « く ». Au nord, donc, s’étend la mer.

Au-delà de cette mer, on atteint l’extrémité ouest du continent d’Earth ; c’est là qu’on trouve, entre autres, la ville de Sentpolly, visitée lors de l’affaire Chimera Clauzen.

L’ouest du continent Earth est une vaste terre sauvage. Les endroits aussi verdoyants que celui sous ses yeux s’y comptent sur les doigts d’une main.

Et, dans la connaissance de Mira, nul lieu ne possédait un grand château entouré d’une telle richesse verte.

(​Qu’est-ce que ça veut dire… ​)

La possibilité que Frône mente n’était pas à écarter.

Mais c’est précisément pour l’éliminer qu’elle avait fait poser la question par Wantso.

Frône mentir à Wantso, qu’elle adore ? Impensable.

Alors, quoi ?

(​Autant aller jeter un œil de ce côté, ce sera plus rapide.​)

Au terme de sa réflexion, Mira décida de se diriger vers le château, d’où semblait pouvoir provenir l’information.

Mira, qui préférait éviter de s’impliquer avec des gens qu’elle ne connaissait pas — rois, puissants ou non — dans un lieu inconnu, estimait toutefois que, puisque Frône avait choisi cet endroit comme destination de transfert, elle devait avoir des liens avec les gens du château.

Le cas échéant, elle pourrait utiliser Frône comme bouclier.

Avec cette assurance en poche, Mira eut aussi l’idée d’une manœuvre pour que Frône ne résiste pas.

« Bon, Frône. On descend pour l’instant. Comme promis, j’invoque Garm. »

Sur ces mots, elle demanda à l’hippogriffe de descendre.

L’effet fut immédiat : au seul nom de Garm, Frône illumina son visage d’un sourire et répondit « Oui, on descend ! » en suivant docilement Mira.

« Fwoooo ! C’est trop mignooon ! »

À peine posés dans une clairière de la forêt, Mira invoqua Garm comme convenu.

Le corps de Garm, qui dépassait trois mètres de long, était d’une bravoure et d’une majesté saisissantes.

Pour Frône, cependant, cela entrait aussi dans la catégorie « mignon ». Dès qu’il apparut, elle poussa un cri et s’y blottit à une vitesse fulgurante.

Wantso, toujours prisonnier de Frône, se retrouva coincé entre les deux, malmené sans un mot de protestation ; une attitude d’une maturité exemplaire.

« Hé, Frône. Garm dit qu’il t’accepte sur son dos ; qu’est-ce que tu fais ? »

Mira, ayant demandé à Garm d’être le plus aimable possible, transmit son accord.

Là encore, Frône, le visage enfoui dans le cou de Garm, se retourna d’un bond et lança un « Je monte ! » immédiat.

Garm, acquiesçant par un regard complice avec Mira, s’agenouilla doucement devant Frône.

« Merci, Garm-san ! »

Frône, radieuse, remercia Garm qui semblait dire « Monte donc », et s’installa sur son dos, comblée.

Quand Garm se releva, l’excitation de Frône monta d’un cran.

Wantso dans les bras, Garm sous les pieds : pour Frône, c’était un rêve.

« Bon, puisque nous avons une si magnifique forêt, faisons une petite promenade. »

D’un ton naturel, Mira l’annonça ; Frône, sans la moindre méfiance, répondit « On y va ! »

Ainsi débuta l’exploration d’une forêt inconnue.

La forêt semblait en désordre au premier regard, mais laissait aussi une impression d’ordre subtil, un lieu étrange.

De plus, comme on l’avait vu du ciel, partout on apercevait des arbres chargés de fruits appétissants, une abondance débordante.

C’est sans doute pourquoi l’air était empli d’un parfum sucré.

« Ça a l’air délicieux, wan. »

Séduite par cet arôme, Wantso ne put s’empêcher de s’exclamer.

Au même instant, Frône réagit à la voix de Wantso. D’un geste de l’Art sans Forme, elle cueillit un fruit et le lui tendit en souriant : « Tiens, Wantso-kun. C’est super sucré et bon. »

(​Hmm, vu sa réaction, Frône connaît bien cette forêt, on dirait. )

Mira ne manqua pas de noter que les paroles adressées à Wantso étaient celles de quelqu’un qui connaît le goût.

Mieux : quand Frône dit joyeusement « Garm-san aussi tu veux manger ? Tout est bon », on devine une implication bien plus profonde.

Quel pays, quel lieu est-ce ? Comment Frône y est-elle liée ? Pressentant que cela pourrait devenir encombrant selon les circonstances, elle avançait pour le découvrir.

« Par ici, c’est tout des cerisiers. Au printemps, c’est magnifique ; on viendra les voir ensemble. Et de ce côté… »

Une dizaine de minutes après le début de la promenade, l’humeur de Frône était à son comble.

Elle avait complètement oublié qu’elle avait essayé de fuir à la découverte de Mira, et s’égayait sans retenue.

Avec l’air de tout connaître sur le bout des doigts, Frône expliquait fièrement : selon elle, les arbres de cette forêt sont groupés par saison de fructification.

Autrement dit, c’est une forêt artificielle. Vu son étendue, y parvenir a dû demander des fonds, une main-d’œuvre et un temps considérables.

Ce qui implique que ce lieu appartient très probablement à une grande nation.

(​Hmm, ça y est presque.​)

Quoi qu’il en soit, tant que Frône est absorbée par Wantso et Garm, c’est l’occasion idéale. Mira mit son plan à exécution pour identifier le pays.

Sur ses instructions, Garm ajustait discrètement la trajectoire, tandis que Wantso, pour capter l’attention de Frône, engageait la conversation de plus belle.

« Vraiment ? Vraiment, tu m’emmènes ? »

« Oui, wan. Si l’occasion se présente, nous inviterons Frône-dono dans notre village, wan. »

Le village où vivent les Cait Sith. La promesse d’une invitation y cloua parfaitement Frône.

Pour elle, c’était ni plus ni moins le village de ses rêves. Aussi ne remarqua-t-elle pas que Garm changeait progressivement de cap.

Tandis que Frône s’enivrait des descriptions du village et de ses sites touristiques faites par Wantso, le groupe approchait inexorablement de l’objectif.

Et le moment vint.

Après avoir traversé la forêt profonde, ils atteignirent le lieu le plus prometteur pour obtenir des informations — le château le plus voyant.

« Eh ? Quoi ? Ah, Garm-san, pas par là ! »

Frône, réalisant enfin la situation, s’affola en essayant de faire demi-tour vers la forêt.

Mais Wantso, ignorant les consignes de Mira, s’extasia : « Quel château incroyable, wan ! » « Il y a un château dans la forêt, wan ! » les yeux brillants.

Et, la queue frétillante de joie, elle demanda : « Tu connais ce château aussi, wan ? » Frône, ne pouvant plus dire « retournons dans la forêt » face à tant d’enthousiasme, serra Wantso contre elle, le visage crispé par l’anxiété, visiblement paniquée.

Ce château recelait donc un secret. Frône, sous le regard plein d’attente de Wantso, montrait une agitation palpable.

C’est donc tout naturellement que le groupe attira l’attention du gardien à la porte du château.

« Bienvenue, Frône-san. »

Celui-ci prononça ces mots en descendant doucement du ciel. Son apparence ne laissait aucun doute : c’était un esprit.

De plus, son attitude confirmait que Frône avait bien des attaches avec ce château.

« C’est bien animé. Au fait, qui est cette personne ? »

Après avoir salué Frône, le gardien sourit en voyant Wantso et Garm, puis tourna son regard vers Mira sur l’hippogriffe et interrogea Frône.

« Euh… elle… c’est une humaine terrifiante qui me fait du chantage ! »

Après une légère hésitation, Frône opposa sa dernière résistance en lançant cette phrase.

À première vue, la scène ressemblait à un retour de randonnée joyeuse. On aurait ri d’une telle déclaration, la prenant pour une blague.

C’est ce que pensait Mira ; mais la confiance du gardien en Frône dépassait l’imagination. Son visage se crispa visiblement.

« Ma foi, vraiment… En être encore à débiter de pareilles sottises à ce stade… »

S’en prendre au gardien devant le château mènerait immanquablement à une situation inextricable, voire à se mettre un pays entier à dos.

Pourtant, Mira, à deux doigts de ce scénario, gardait un calme parfait et riait de la situation. Elle descendit avec grâce de l’hippogriffe et dit :

« Je m’appelle Mira. Je suis une vieille connaissance de cette Frône. Ça faisait longtemps qu’on ne s’était pas vues, alors je me permets de vous rendre visite. »

Elle se présenta au gardien avec un sourire amical.

Et elle n’en resta pas là. Comme gage d’amitié, elle tendit discrètement la main droite pour une poignée de main.

« Ne vous laissez pas avoir ! »

Frône continuait de résister.

Le gardien acquiesça, fixant la main tendue de Mira avec gravité. Personne ne saisirait leggerement la main d’un individu suspect.

De plus, la voix de Frône ayant été entendue, les gens du château sortirent en foule, l’œil méfiant braqué sur Mira.

Et tous étaient des esprits ou des demi-humains. Outre des esprits de divers attributs, on voyait des draconiens, des elfes, des Miao, des nains… Une grande diversité de races, mais pas un seul humain.

Ce pays avait peut-être quelque chose de spécial.

(​C’est la première fois que je me sens aussi en terrain hostile.​)

C’est pourquoi Mira prépara une petite ruse.

Un changement en apparence anodin. Mais aux yeux d’un esprit, c’était un miracle.

Le gardien l’aperçut, écarquilla les yeux, et, ignorant la voix de Frône qui tentait de l’arrêter, serra la main de Mira.

Et, l’instant d’après :

« Qu’est-ce que c’est que ça !? »

Le gardien manifesta sa stupeur de tout son corps. Face à sa réaction, les autres s’agitèrent : « Quoi ? Qu’est-ce qui s’est passé ? Qu’a-t-on fait ? »

Frône aussi s’affola : « Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? »

Tandis que le niveau de vigilance grimpait en flèche et que la posture de combat se mettait en place, Mira et le gardien continuaient leur poignée de main avec un sang-froid total.

Après environ une minute, leurs mains se séparèrent.

Aussitôt, les gens du château se rangèrent comme pour barrer le passage.

Et, l’instant d’après :

« Bienvenue, Mira-sama ! Nous vous accueillons avec joie ! »

L’attitude méfiante avait disparu ; le gardien se redressa et lança d’une voix radieuse.

« Hein ? Quoi ? Comment ça ? Vous avez été lavée du cerveau !? »

Face au revirement brutal du gardien, Frône, perplexe, paniqua à l’idée qu’on lui ait fait quelque chose.

Mais le gardien, riant, lui dit : « Frône-sama, vous êtes vraiment méchante. » Puis, « Si vous avez une amie aussi merveilleuse, vous auriez pu la présenter normalement », et son enthousiasme ne cessa de monter.

Une fois le gardien totalement en mode « accueil » et ayant déclaré qu’aucune inquiétude n’était nécessaire, les gens du château baissèrent leur garde.

Dans leur dos, Mira souriait en coin : c’est bien la meilleure méthode pour gagner la confiance des esprits.

Au moment où elle avait tendu la main, Mira y avait fait apparaître faiblement le sceau de bénédiction du Roi des Esprits. Oui, en serrant la main, elle avait fait entendre la voix du Roi des Esprits au gardien.

La splendeur du Roi des Esprits, sommet des esprits et objet d’une vénération absolue, résonna assez puissamment pour balayer la résistance de Frône.

« Je n’aurais cru que ce serait si facile… Vraiment, Jiji est incroyable… »

La dernière résistance échoua. Le stratagème de Frône fut vain ; les esprits, ayant entendu les raisons du gardien, non seulement accueillirent Mira à bras ouverts, mais se mirent à réclamer à tour de rôle une poignée de main pour entendre eux aussi la voix du Roi des Esprits.

Mira, formant un cercle en se tenant la main avec eux, offrit à chaque esprit l’occasion de parler au Roi des Esprits.

Certains pleuraient d’émotion, d’autres exultaient. Voyant les réactions variées des esprits, Frône, ajoutant à cela que Mira renvoya Wantso et Garm comme « punition pour avoir menti », finit par lever le drapeau blanc : « C’est bien du Dunbalf », et abandonna toute résistance.

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