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She Professed Herself Pupil of the Wise Man

Chapitre 304

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Chapitre 304

Chapitre 304

Chapitre 304/39078%~12 min de lecture2 304 mots

Trois cent trois

Opération « faire aimer les tomates à Alfina ». Une fois le plan arrêté, Mira fut guidée par Froydina vers le fond du jardin.

« Oh… Voilà qui est splendide, comme potager. »

Ce qui s'y trouvait, c'étaient plusieurs parcelles. Une dizaine de carrés d'environ six tatamis chacun étaient alignés, où légumes et fruits poussaient magnifiquement. Apparemment, à force de s'occuper du jardin, Froydina s'était mise au potager, et avant de s'en rendre compte, c'en était arrivé là.

Épinards, pommes de terre, patates douces, carottes, oignons, choux, laitues et divers autres légumes de base occupaient la majeure partie des parcelles. Il y avait aussi quelques fraises et myrtilles.

Malgré l'absence d'animaux sauvages envahissants, Froydina se plaignait de dégâts occasionnels. Qui plus est, le coupable dédaignait les légumes pour ne s'en prendre qu'aux fruits. Et surtout, ses méfaits étaient d'une finesse remarquable. Quelle que soit la parade, il passait par la moindre faille et disparaissait sans laisser la moindre trace.

En regardant de plus près, on distinguait bien, dissimulées autour des parcelles, les présences de multiples formules de protection. Une vigilance相当.

Pourtant, les yeux de Froydina, qui jurait de le prendre sur le fait un jour pour le livrer à sa sœur Alfina, brillaient d'une lueur amusée.

(À y réfléchir, c'est peut-être la première fois que je contemple ainsi, tranquillement, des légumes qui poussent dans un champ.)

Accompagnée de Froydina, bien décidée à concocter un plat de tomates d'exception, Mira sélectionnait les fruits avec soin. On lui avait appris à repérer les tomates à point, et elle scruta les plants avec attention.

« Froydina, celle-ci, qu'en penses-tu ? »

Ayant repéré une tomate particulièrement grosse et d'un rouge éclatant, Mira l'appela et la lui désigna fièrement.

D'un coup d'œil, on voyait qu'elle était parfaitement mûre. De plus, son sommet portait une marque en étoile bien nette : la preuve qu'on l'avait cultivée avec peu d'eau, dans des conditions rudes, pour en concentrer la saveur.

« Parfait, Maître ! »

Après vérification, Froydina répondit ainsi et la cueillit. Elles répétèrent l'opération jusqu'à réunir la quantité nécessaire pour la cuisine.

D'autres légumes étant aussi requis, Froydina se mit à les récolter. Quant à Mira, sa grande mission de tri des tomates accomplie, elle se promena tranquillement dans la zone de culture, qui dépassait cent mètres carrés. Les formules anti-intrusion avaient déjà été levées.

Songeant que c'était aussi sa première fois dans un potager, elle repensait à son parcours tout en s'émerveillant de la vitalité éclatante des légumes. Et elle constata qu'ainsi vus sur pied, ils semblaient d'autant plus appétissants.

« Celle-là a l'air de supplier qu'on la mange. »

Dans le carré aux fraises, un gros fruit bien rond, d'un rouge profond, se dressait devant Mira. « C'est le moment, je suis délicieuse » : on aurait juré entendre cette hallucination auditive, tant la tentation rouge était forte.

Mira jeta un œil furtif vers l'autre parcelle. Froydina, l'air d'une artisane, y fixait des aubergines d'un regard intense. Son visage était tourné dans l'autre direction. Mira se trouvait hors de son champ de vision.

(Maintenant, c'est le bon moment.) Ainsi son instinct lui murmura-t-il. Elle tendit la main vers la fraise parfaitement mûre… et la retira in extremis. Elle regarda à nouveau Froydina et l'appela.

« Froydina ! Cette fraise chuchote qu'elle veut être mangée ; puis-je m'en permettre une ?! »

Influencée par le récit des dégâts et du voleur, Mira avait failli passer à l'acte. Mais connaissant la largesse d'esprit de Froydina, elle se dit qu'en demandant franchement, une seule serait sans doute tolérée.

« Ah, oui, si les fraises le disent elles-mêmes, allez-y tant que vous voulez ! » lui répondit-on sur le ton de la plaisanterie. C'est ainsi : en général, si on l'annonce clairement au lieu de faire les choses en cachette, la permission s'obtient.

Mira, ayant obtenu l'aval de la propriétaire, cueillit sans la moindre culpabilité la première fraise qui lui tomba sous l'œil.

« Celle-ci non plus n'est pas mal, elle a bien poussé. »

Sentant son poids solide dans la main, elle croqua dedans à pleines dents. L'instant d'après, le jus inonda sa bouche, et la douceur et le parfum explosèrent.

« Mm ! Quelle saveur ! C'est la première fois que je goûte une fraise aussi bonne ! »

Le terroir de Valhalla serait-il si spécial ? Cette fraise surpassait, à coup sûr, toutes celles de sa mémoire.

Juste au moment où Mira s'extasiait, une voix résonna.

« Si Mira-san va jusqu'à dire ça, je ne peux pas perdre. »

C'était Martel. Depuis qu'elle avait découvert le jardin, elle observait avec intérêt ; elle loua le travail de Froydina et, dans le même temps, commença à faire naître une rivale en elle. Pour ce qui touche aux plantes, surtout aux fruits savoureux, elle se révélait sorprenantement mauvaise perdante sous ses airs de Madone.

Mira fit le tour des parcelles de Froydina, demandant çà et là la permission avant de cueillir. Arrivée vers l'extrémité, un carré attira son attention.

« Mouï, celui-ci est vide. »

Rien n'avait encore germé ? Ou rien n'avait été planté ? Au bord de la vaste zone, un carré faisait saillie ; on y voyait distinctes les traces de labour. Mais contrairement aux autres, verdoyants et fructueux, celui-ci gisait dans l'oubli, vide.

« Maître, je vous ai fait attendre. »

Alors que Mira contemplait ce vide, Froydina arriva, sa sélection de légumes terminée. Son panier contenait des légumes fraîchement cueillis et, en vedette, les tomates. Tous étaient des pièces de choix réunies pour faire détester les tomates à Alfina — ou plutôt, pour la guérir.

« Encore une fois, toutes sont magnifiques. »

Ces beaux légumes et ces tomates, sous la main de Froydina, allaient renaître en plats d'exception. Mira dit qu'elle en avait hâte, et Froydina répondit, toute en entrain, qu'elle en ferait le meilleur mets qui soit.

« Au fait, ce carré-là seul n'a rien de planté, on dirait. »

Mira reporta son regard sur la parcelle en face et demanda ce qu'on y cultiverait. Froydina entama « Ah, ce carré-ci, c'est… », afficha un instant une mine perplexe, puis continua « En fait… ».

D'après son explication, ce vide provenait d'une extension récente.

« J'avais mis la main sur un fruit rare, et je préparais le terrain pour en semer les pépins. Mais… »

Par un hasard, elle avait obtenu un fruit dit « fantôme ». Jusqu'alors, elle ne cultivait que des plantes ordinaires ; elle y vit une occasion unique de tenter quelque chose d'extraordinaire et se lança illico dans l'aménagement.

Mais pendant ce temps, Christina en tête, suivie de Célestina et Élivina, le mangèrent en guise de goûter.

« J'aurais dû le ranger ailleurs que sur l'étagère habituelle… »

Reconnaissant sa part de responsabilité pour l'avoir laissé sur l'étagère à fruits coutumière, Froydina souriait amèrement de l'appétit sans frein de ses sœurs, qui n'avaient pas hésité à dévorer un fruit qu'elles ne connaissaient pas.

Qui plus est, les pépins de ce fruit rare étaient d'une manipulation très délicate : il fallait les semer avant qu'ils ne sèchent. Autrement dit, quand elle s'aperçut qu'ils avaient été jetés, ils étaient déjà desséchés.

Ainsi disparurent les pépins destinés à la plantation. Toutefois, planter quelque chose de banal dans ce carré labouré pour un défi spécial lui semblait contradictoire ; elle était donc à la recherche d'autres pépins rares.

« Je vois…  »

Mira, surprise et convaincue, ne put s'empêcher de trouver touchante la vie de cette fratrie.

C'est alors qu'elle se souvint de quelque chose d'utile.

« Dans ce cas, que diriez-vous de planter ceux-ci ? »

Ce que Mira sortit, c'étaient plusieurs pépins. Ceux qu'elle avait ramassés en explorant la cité souterraine antique à la recherche de Soul Howl.

Dans les installations encore en marche d'une mystérieuse civilisation antique poussaient les souches originelles de divers fruits. Il y en avait aux goûts incroyables, d'autres d'une délicatesse stupéfiante. Parmi les meilleurs, Mira avait gardé quelques pépins, au cas où.

En termes de rareté, ils surpassaient peut-être même le fruit fantôme initial.

« Ce sont des pépins capricieux, les faire germer sera rudement difficile. Mais mieux vaut tenter que de laisser le terrain en friche, non ? »

Des pépins nés dans un lieu où tout l'environnement de culture était automatisé. Les planter ici, loin de là, relevait du défi. Avec un tel changement de conditions, il n'était pas exclu qu'aucune pousse n'apparaisse.

Pourtant, Froydina ne parut pas le moins du monde inquiète. Les yeux brillants, elle s'exclama : « Vraiment, je peux les prendre ?! » face aux pépins tendus par Mira.

« Bien sûr. »

Sur l'acquiescement de Mira, Froydina s'agenouilla respectueusement, un « Merci beaucoup ! » aux lèvres, et rangea précieusement les pépins dans un sachet.

« Ah, encore une chose. »

Les pépins seuls sont peu parlants. Mira lui tendit aussi les quelques fruits qu'il lui restait.

Froydina les reçut en remerciant, et les observa avec curiosité, n'en ayant jamais vu de semblables. Comment ces fruits allaient-ils pousser ? L'impatience et la passion brillaient dans son regard tourné vers le carré vide.

Changement de décor : la cuisine du manoir. Une pièce d'environ six tatamis, avec un comptoir donnant sur la salle à manger. Comme il était encore tôt le matin, personne n'y était.

Froydina y commençait le petit-déjeuner d'une main experte. Cette fois, en plus des sœurs, il y avait Mira et Bruce : neuf portions à préparer. Son allure, seule aux fourneaux, était celle d'un guerrier foulant le champ de bataille qu'est une cuisine.

Et à ses côtés, une personne maniait un couteau : Mira. Pour les besoins de l'opération, elle s'occupait de la préparation des tomates. Rien de compliqué : juste les couper selon les instructions de Froydina.

« Ça va comme ça ? »

Pas encore habituée à la cuisine, Mira maniait le couteau avec une certaine maladresse. Mais pour simplement couper, elle s'en tira, et acheva de détailler toutes les tomates récoltées.

« C'est parfait, Maître. Merci. »

Malgré des tailles légèrement inégales, pas de problème. Froydina récupéra le bol de tomates. À partir de là, c'était son domaine exclusif ; Mira se consacra à son autre but.

Elle observait discrètement Froydina avancer à un rythme effréné. Récemment, Mira se contentait de repas tout faits ; mais pour une aventurière, le camping et la cuisine de camp sont le sel de l'aventure. Hors opération, elle profitait donc de l'occasion pour apprendre à cuisiner auprès de Froydina.

« Attention à ne pas faire bouillir, sinon l'arôme s'échappe. — La cuisson s'ajuste par la taille de la découpe. — Si vous écumez trop, vous enlevez aussi l'umami. — »

Les gestes de Froydina, enchaînés avec fluidité, paraissaient fort affairés. Pourtant, aux points clés, elle glissait explications et astuces, les exécutant avec une aisance déconcertante. On y lisait même une forme de joie à pouvoir enseigner à sa maîtresse, tant son expression était pétillante.

« Hum… Je vois, je vois…  »

Mira notait consciencieusement chaque enseignement qui fauchait.

Au début, elle comptait aider tout en apprenant. Mais vu l'efficacité de Froydina, elle jugea qu'elle risquait de gêner et se cantonna à regarder et écouter. Pourtant, en voyant plusieurs plats progresser simultanément, elle songea :

(Cela ne semble pas du niveau où l'on peut s'inspirer…)

Le terrain de Froydina regorgeait de jugements, de procédures, de techniques forgés par des années. Tout dépassait déjà ce que l'œil peut suivre. Combien d'années, de dizaines d'années de formation culinaire faudrait-il pour maîtriser ces gestes ? Mira en sourit amèrement.

Certains points et astuces restaient toutefois immédiatement utilisables. Elle se concentra sur ceux-là pour ses notes.

« Oh ! Voilà le moment ! »

Entre-temps, la cuisson avançant, les plats achevés s'alignaient sur le comptoir. Et enfin, le plat de tomates signature de Froydina fut prêt ; l'ingrédient que Mira avait réclamé fit son apparition. Dégageant un parfum de fraîchement cuit, c'était le pain que Froydina avait préparé pour des « French toasts ».

Mélange d'œufs, de lait, de sucre et d'essence de vanille : l'appareil à French toast. Tremper le pain dedans avant de le cuire, tel est le principe.

Mira en connaissait grosso modo la méthode ; elle suivait les étapes mentalement.

C'est alors qu'apparut l'objet dont elle avait parlé la veille : l'« œuf d'Uzofnil ». De la taille d'une tête d'enfant, il brillait faiblement.

(Drôlement divin, tout de même… Est-ce vraiment comestible, celui-là ?)

On dirait qu'une vie extraordinaire va en éclore. Devant cet œuf qui laissait entrevoir une telle possibilité, Mira hésita. Mais Froydina ne s'en formalisa pas et le cassa net. L'œuf d'Uzofnil se transforma en un clin d'œil en appareil à French toast.

Il ne restait qu'à y tremper le pain et le cuire. Décidant de ne plus chipoter, Mira reporta son attention sur le French toast à venir. Mais la suite dévia de ce qu'elle imaginait, la laissant perplexe.

Froydina se mit à déchiqueter menu le pain tout juste cuit. Non contente de cela, elle en réduisit une partie en chapelure.

La procédure différait trop de ce que connaissait Mira ; elle ne savait que penser. Mais c'était l'œuvre d'une pro de la cuisine ; elle se tut et attendit de voir.

Pain en poudre et morceaux menus furent jetés dans l'appareil. Celui-ci s'imbibit instantanément.

Puis apparut une poêle carrée ; Froydina y versa l'appareil garni de pain comme pour faire une omelette, et commença à cuire. Avec, en surprise, une tranche de fromage glissée au milieu.

(Oh ! Qu'est-ce que c'est que ça… Sans conteste, c'est un French toast qui se termine !)

Des French toast d'une épaisseur inédite se succédaient. Avec une telle épaisseur, l'appareil n'aurait jamais pénétré jusqu'au centre. Mais grâce à la méthode de Froydina, il s'était réparti partout, et l'intérieur avait la texture fondante d'un flan.

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