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Shards Of A Broken Glass Slipper

Chapitre 50

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Chapitre 50

Chapitre 50

Chapitre 50/22123%~10 min de lecture1 911 mots

« C'est l'affaire de la gouvernante, et on dit qu'elle a été surprise à tenter de voler des choses à plusieurs reprises… qu'elle a le vilain défaut de dérober. Tout le monde le sait. »

« Vraiment ? Seril, sais-tu quelque chose sur Blan ? »

Je demandai discrètement à Seril, qui me tendait une tasse de thé.

« Elle ne parlait pas beaucoup, mais je sais qu'elle était assez détestée de la gouvernante. C'est pour ça que personne n'essayait de bien s'entendre avec elle. »

« Mais est-elle vraiment si adroite de ses mains ? »

Vu l'habileté avec laquelle elle avait dérobé la clé, elle semblait fort experte en la matière, mais je demandai avec désinvolture, feignant d'ignorer.

Je pensais que si elle le confirmait, je pourrais laisser entendre subtilement que Blan était la coupable dans cette affaire. Mais la réponse qui vint fut inattendue. Seril hésita un instant et répondit avec prudence, d'une voix hésitante.

« Euh, mais ce n'est pas certain. Personne n'a vu Blan voler quoi que ce soit. Quand on a dit qu'elle avait été prise, elle se tenait juste devant une boîte à bijoux ouverte ; elle ne l'avait pas vraiment touchée, ni volée. »

Marie fut rapide à saisir l'occasion, poursuivant la conversation naturellement. Elle devait être bien excitée, car elle parla sans discontinuer, d'une voix plus aiguë.

« Ah, tiens, c'est vrai, on l'avait accusée d'être une voleuse parce qu'elle avait l'épingle de perles de Sanya, non ? Elle affirmait l'avoir ramassée, mais Sanya a juré ses grands dieux ne jamais l'avoir fait tomber. Elles se sont engueulées comme du poisson pourri, ça a failli tourner à la baston avant que la gouvernante ne prenne le parti de Sanya et que ça s'arrête. Au fond, la gouvernante a l'air de détester Blan. Tu ne trouves pas, Seril ? »

Au lieu de répondre, Seril inclina la tête sur le côté pour exprimer son opinion. Ses cils légèrement baissés tremblaient comme si elle craignait de révéler ses vrais sentiments. Ses lèvres, serrées l'une contre l'autre, avaient pâli. La loyauté envers la gouvernante et la peur de moi pesaient sur elle.

C'était d'une certaine façon désagréable. 'Quelle idiote.' pensai-je, frottant doucement mes lèvres avec mes doigts, comme s'ils se tordaient. En même temps, je m'énervais de son attitude indécise.

Sous certains aspects, Seril manquait plus que Marie. Elle semblait parfois oublier face à qui elle se tenait. Sinon, elle n'agirait pas comme ça.

Si la peur de cette époque était ancrée au plus profond de ses os, ne devrait-elle pas au moins remuer la queue devant moi quand elle se trouve en ma présence ! Mais la conscience de Seril semblait plus forte que je ne l'imaginais.

Me sentant dégonflée, je fis un signe de la main pour indiquer que je n'avais plus l'intention de converser. Après tout, Marie pouvait broder une histoire assez intéressante avec ça, alors mieux valait pas la laisser jacasser davantage.

Rien ne stimule l'imagination de tout le monde comme quelque chose d'incertain. De plus, les femmes peuvent devenir des aventurières intrépides quand il s'agit de ragots.

Comme elles sont admirables, avançant vaillamment vers d'inconnues rumeurs enveloppées de brume ! Même un homme ne pourrait être plus preux.

Alors, je fis semblant de ne pas voir Marie, qui gémissait en me regardant nerveusement. Elle me fixait avec des yeux anxieux. Ses sourcils froncés et sa bouche boudeuse lui donnaient l'air d'un enfant qui boude.

« Je ferais mieux d'aller me coucher tôt. J'ai très sommeil. »

Mais ce ne fut qu'un instant ; dès que j'eus dit que je voulais aller me coucher, elles rangèrent immédiatement la chambre et ses abords. Je laissai Seril m'aider à enfiler mon pyjama. Puis je m'allongeai sur le lit. D'un simple geste, je congédiai Marie et Seril et fermai les yeux.

Soudain, j'eus envie de rire en pensant où Marie irait après avoir quitté la pièce.

Ah, la mignonne Marie. La pauvre Marie. La sotte Marie. Elle rassemblerait les servantes qui la suivaient et discuterait passionnément de tous les ragots sur Blan. Et elle m'apporterait toutes les informations recueillies. Avec cette pensée, je laissai échapper un doux bâillement et tentai de m'endormis.

'Vais-je rencontrer Mlang demain ?'

Dès le matin, Marie, qui avait pratiquement couru vers moi, ne cessait de remuer les lèvres pendant qu'elle me servait. Elle avait l'air de quelqu'un au bout de sa patience, qui veut dire quelque chose mais doit se retenir, agissant avec précipitation.

Ses yeux brillaient excessivement, comme si elle voulait partager au plus vite ce qu'elle avait appris. Mais elle n'ouvrirait pas la bouche tant que je ne le permettrais pas. Quelle servante louable !

Avec son aide, je changeai de vêtements et attachai mes cheveux. J'arrangeai ma chevelure avec une épingle sertie de perles et humectai mes lèvres d'eau tiède. La brise déjà bien fraîche s'engouffra par la terrasse grande ouverte. Je souris, sentant la brise caresser mes joues.

« Il fait si beau. »

« Oui. Il semble que la chaleur soit retombée. »

« On fait un tour au jardin ? »

« C'est une bonne idée. »

« Avant ça, j'ai à entendre ce que tu as à dire. »

Marie baissa les yeux et fit mine d'être timide. Cette sotte demoiselle ne semblait pas réaliser à quel point sa propre langue la mettait dans l'embarras. Elle semblait fière de pouvoir rouler librement les malheurs d'autrui dans sa bouche, sans montrer d'autre culpabilité.

La raison pour laquelle la gouvernante avait inclus Marie dans son groupe par le passé était précisément parce qu'elle commettait de tels actes vulgaires sans hésiter plus que quiconque. C'était pour la même raison que je trouvais Marie attachante.

M'affalant sur le sofa, je regardai Marie. C'était une permission silencieuse, indiquant que j'étais prête à l'écouter et qu'elle pouvait parler à cœur joie sans hésiter. Marie ouvrit alors la bouche et se mit à babiller bruyamment.

« Ce pourrait être Blan qui a volé la clé de dame Roena, mademoiselle. Il y a une fille qui a vu Blan rôder dans la chambre de dame Roena le jour où la clé a disparu. Elle a fui en vitesse dès que leurs regards se sont croisés, donc c'est sûr. Après tout, si ce n'est pas Blan, qui d'autre ferait une chose pareille ? Je savais que cette fille arrouse causerait de gros ennuis un jour. Depuis le jour où elle a commencé à servir dame Roena, elle faisait la hautaine. Elle ne faisait pas ce qu'on lui disait en tant que nouvelle venue, se contentait de son travail et filait, et elle répondait toujours. Elle était vraiment désagréable à bien des égards. Comme tout le monde le dit, cette fille devrait être renvoyée du manoir. »

« Blan ne t'écoute pas bien, hein ? »

Je lui dis, retenant un rire qui menaçait d'éclater. Son visage soudain rouge et ses yeux grands ouverts, comme prise au dépourvu, m'en dirent long.

Depuis que je l'aidais à rassembler des servantes sous ses ordres, Marie avait commencé à agir comme Margo. Elle se mêlait des affaires des autres et jouait les supérieures, menaçait celles qui ne l'écoutaient pas, et allait jusqu'à les ostraciser.

Les servantes dont les difficultés financières avaient été résolues par Marie n'avaient d'autre choix que d'obéir aux paroles de cette petite tyran. Bien que je le trouvasse agaçant, elle n'était pas aussi radine que Margo.

Mais Blan était différente. Elle savait que sans moi, Marie ne pourrait pas intimider les autres, et elle voyait clair dans sa nature vulgaire.

Bien qu'elle ait reçu une aide financière, elle semblait penser qu'exprimer sa gratitude en étant d'accord avec moi suffisait, et que la vraie reconnaissance était due à moi. Marie en exprimait son mécontentement.

« Je veux être plus proche, mais elle garde ses distances, en faisant la grande. Je ne suis pas la seule à le penser. »

« Alors, qu'est-ce que tu comptes faire ? »

« Hein ? »

« Tu as réfléchi à ce que tu vas faire ? »

Si Marie devenait comme Margo, elle aurait sûrement imaginé un châtiment brillant pour Blan. Marie ne laisserait pas filer l'effrontée qui ne prend que l'aide sans rejoindre le groupe ! Non, ça se passe peut-être déjà. Si le soupçon que Blan a volé la clé s'est mué en certitude.

« Non, pas vraiment. Euh… c'est grave ? »

« Quoi ? »

« Non, c'est rien. »

« T'as tout dit ce que tu voulais dire ? »

« Oui. »

« Bien, alors apporte-moi mon chapeau. »

J'enfilai le chapeau que Marie apporta et nouai le ruban proprement sous mon menton. Je mis mes gants et mes souliers, puis refis ma coiffure.

« Allons voir les fleurs au jardin. Elles seront vraiment belles. »

« Oui. »

Aujourd'hui était un jour sans leçons, donc il était permis de se reposer toute la journée. Je pensai donc qu'il serait bien de regarder les fleurs au jardin, d'y prendre le thé, puis de finir la journée en lisant un livre leggerement.

Cependant, une lettre qu'un domestique venu me voir me remit me força à changer mes projets de jardin. Le sceau d'aigle nettement estampillé sur le cachet de cire rouge qui scellait la lettre était le symbole de la famille Dibenzel. Irene de Dibenzel, cela ne pouvait venir que d'elle. Je louai légèrement le domestique qui avait apporté la lettre promptement, puis l'ouvris avec un coupe-papier.

« À ma chère dame Sissae.

Quelqu'un a dit un jour que la vie est une série d'agréables aventures. Bien sûr, en tant que dame modeste, on ne devrait pas prononcer le mot aventure, mais je crois qu'il est parfois nécessaire de goûter de tels plaisirs.

Oh, bien sûr, ce n'est pas un acte qui ternirait votre honneur, alors ne vous inquiétez pas. Je voulais juste vous annoncer la bonne nouvelle qu'un marchand d'Orient rendra visite à la famille Dibenzel. Qu'est-ce qui pourrait être plus excitant pour nous que de voir de beaux objets étrangers ? Je dirais qu'il n'y a rien. Alors, je veux partager cette joie avec vous. Qu'en pensez-vous ?

Avant cela, il y aura un petit goûter. Je veux vous présenter mes chères amies. Elles seront toutes captivées par votre élégance. Je vous le garantis.

J'attends votre heureuse réponse.

Dans l'attente de vous rencontrer,

Irene de Dibenzel. »

J'eus envie de rire. Une invitation au manoir Dibenzel ! Irene de Dibenzel qui m'invite dans son manoir !! Et à un goûter qu'elle organise.

Je dis d'une voix gaie à Marie, qui me regardait avec un air ahuri tandis que j'éclatais soudain de rire.

« Marie, il faut que j'aille au magasin général. Dis au majordome de préparer une sortie. »

Après tout, je ne pouvais pas envoyer de réponse à Irene de Dibenzel sur n'importe quel papier à lettres.

Avec l'aide du majordome, une voiture, un cocher et un chevalier furent prêts en un rien de temps. Je hochai la tête vers le majordome qui me saluait devant la porte et montai dans la voiture.

Le chevalier qui m'escorterait était un homme à l'air acéré, mais contrairement à son apparence féroce, son escorte était très délicate et douce. Cependant, il était taciturne, se contentant de donner son nom pour se présenter. J'appréciai plutôt cette tenue, la trouvant fiable.

La voiture qui me portait se dirigeant vers les rues animées. Je comptais retourner au magasin général appelé « Souffle d'Ange ».

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