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Shards Of A Broken Glass Slipper

Chapitre 32

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Chapitre 32

Chapitre 32

Chapitre 32/22114%~10 min de lecture1 833 mots

Je ne pus croiser dame Sissae sur le chemin du retour au manoir. Il en alla de même une fois rentré.

On me qualifiait de chevalier courageux. On louait mon sens de l'honneur, bien que je regrette de n'avoir pas été le chevalier de dame Roena.

Aucune de ces paroles ne me faisait plaisir. Bien au contraire, elles étaient méprisables. Pas même au sein de la « famille Bischwartz » ne se trouvait quelqu'un pour s'inquiéter de dame Sissae. C'était plus glacial que de croire des rumeurs sans fondement et de la calomnier.

Je ne pouvais m'empêcher de ressentir de la tristesse face à leur dureté de cœur et leur conduite immorale. Cette émotion atteignit son paroxysme lorsque j'appris que la demoiselle avait été mise en résidence surveillée par Madame.

Dame Sissae avait vu un cheval foncer sur elle de ses propres yeux. Le choc de cet instant dut être indicible.

Même un homme robuste en aurait éprouvé de la terreur. Combien plus encore une femme délicate. Pourtant personne, encore personne, ne ressentit ni pitié ni inquiétude pour elle.

Même le médecin du comte venu me soigner mentionna en passant qu'elle s'inquiétait pour moi. En l'entendant, je ne pus réprimer un amer sourire. Qui s'inquiétait pour qui. Qui s'inquiétait pour qui !!

C'est pourquoi, lorsque je rencontrai dame Sissae dans ce jardin où le hasard m'avait mené, je ne pus m'empêcher d'évoquer l'isolement qu'elle devait ressentir.

« Je suis aussi votre chevalier. »

C'est ce que j'aurais dû dire plus tôt, ce qui aurait dû te être transmis. La résignation ou le désespoir gravés sur ton visage ne vont pas à tes beaux traits.

Mais était-ce trop tôt, ou trop tard ? Ta silhouette, fuyant précipitamment le jardin de peur des regards et des langues, semblait un fantôme inaccessible.

Comme pour prédire que je serais souvent laissé à ne contempler que ton dos qui s'éloigne, dès lors, tout comme alors.

Je tendis la main vers l'endroit où tu avais disparu. Rien à saisir. Même les ombres portées étaient courtes, ne laissant aucune trace persistante.

« Inutile de révéler ton cœur ? Le véritable amour, même invisible, brille comme les étoiles dans le ciel ? »

Il me sembla qu'un rire creux m'échappait. Ce sentiment atteignit son zénith lorsque je découvris un mouchoir gisant négligemment parmi les buissons, dans ce même jardin où j'avais rencontré dame Sissae pour la première fois.

Bien qu'il fût difficile à reconnaître, couvert de boue et de poussière, je le sus instinctivement. C'était bel et bien le mouchoir que j'avais donné à dame Sissae.

Étais-tu prête dès le début ?

J'embrassai le bord du mouchoir et serrai mon cœur qui éclatait. Mon cœur souffrait à l'idée de dame Sissae, errante dans la solitude et pleurant seule.

Je ne jugeai pas important de savoir s'il s'agissait du sens du devoir d'un chevalier ou de la pitié pour quelqu'un qui me rappelait mon frère aîné.

Non, ce n'était pas mauvais de penser que c'était quelque chose de plus. L'essentiel était que moi, toi, dame Sissae...

J'entendis Fell m'appeler de loin. Je pliai le mouchoir et le glissai contre ma poitrine.

Je pensai qu'un jour, peut-être, il serait à nouveau tenu dans une main, tout comme cela. Espérant que ce serait l'innocence, non la résignation ; la joie, non le désespoir ; l'attraction, non l'isolement.

Alors je n'aurais plus à voir un dos qui s'éloigne comme un mirage.

Depuis ma rencontre avec sir Halberd dans le jardin, j'avais cessé de me promener près de lui et cherchais à apaiser mon esprit par la lecture.

En vérité, de petits plaisirs comme m'asseoir dans un fauteuil en légère chemise, boire du thé et lire un livre n'étaient pas si fastidieux.

Bien sûr, je m'adonnais aussi à diverses autres activités, telles que faire la sieste quand la fatigue me prenait ou grignoter quelques friandises, mais je lisais surtout, et si cela ne suffisait pas, je pratiquais la broderie avec Marie.

Quand je me lassais de ces occupations, je respirais le parfum des fleurs que Marie avait cueillies à l'aube, choisissais une robe appropriée, ou m'amusais à vaporiser du parfum sur mes mains et mes pieds.

Je mis un soin considérable à oublier ce qui s'était passé dans le jardin, et cela semblait presque réussir.

C'est pourquoi la lettre de la princesse Irène, qui arriva vers ce temps, fut plus que suffisante pour me réjouir. Elle était rentrée chez elle et souhaitait partager sa sensibilité de jeune fille en m'envoyant des gravures sur cuivre représentant les dernières robes et chaussures à la mode.

C'était une façon d'exhiber ses débuts à venir dans le monde et d'étaler simultanément son goût raffiné. Il y avait aussi l'intention cachée d'augmenter ses partisans par de tels échanges.

À ma très chère dame Sissae.

J'espère que vous ne trouverez pas amusant que j'écrive cette lettre devant un bureau décoré de coquillages.

Ce meuble, d'un goût élégant, me perplexe souvent face à l'esthétique de ma mère. Je préfère des meubles plus délicats et plus beaux.

Comment va votre santé ? Le fidèle chevalier de la famille Bischwartz se porte-t-il bien ? Je souris encore un peu en songeant à ce jour.

Vous étiez plus noble et plus élégante que votre propre demi-frère. Votre sang-froid et votre ton digne, qui défiaient toutes les attentes, étaient si éblouissants, si envoûtants. C'est pourquoi je suis très heureuse de vous écrire cette lettre.

Je ferai bientôt mes débuts dans le monde, j'ai donc beaucoup de préparatifs en ce moment. Des robes et des parasols aux souliers et aux bijoux, des marchands visitent ma maison chaque matin et m'épuisent jusqu'au soir.

Je n'ai même pas le temps de lire. Il ne m'est pas permis de jouer d'un instrument ou de chanter non plus. C'est un miracle si je ne m'effondre pas et ne m'évanouis sur une méridienne.

Je ne peux tenir qu'en regardant d'élégants tissus brodés d'or, de belles dentelles mûries à point, et de délicates décorations de plumes inclinées. Je vous envoie des gravures représentant les modèles des dernières robes et chaussures à la mode. J'espère que vous les apprécierez ensemble.

Dans l'attente du jour où nous nous reverrons,

Irène de Dibenzel.

Marie ne put réprimer un cri mêlé d'extase en regardant les gravures envoyées par la princesse Irène.

Seril lança également des regards furtifs aux gravures, les yeux emplis de convoitise. Comme il sied à des modèles envoyés d'une résidence ducale, les dessins sur les plaques planes étaient si vivants qu'ils semblaient prêts à jaillir, dotés d'une splendeur indéfinissable.

« Ma dame, vous choisirez aussi vos robes et vos souliers en regardant de telles gravures quand vous ferez vos débuts, n'est-ce pas ? »

Marie, tout en essuyant une bassine d'argent avec un chiffon, ne put cacher sa voix excitée. Son visage était rougi d'une légère rougeur.

En effet, vers ce temps, j'importunais ma mère pour qu'elle fasse venir un couturier et commande des robes à la va-vite. Cependant, la plupart étaient d'une qualité vulgaire, non seulement inesthétiques mais parfaitement pathétiques. Cela tenait à mon goût inculte.

Néanmoins, mes vêtements coûtaient deux fois plus cher que ceux de Roena. Ma mère et moi, aveugles comme des taupes en matière de possessions nobles, nous fîmesthoroughment rouler par les marchands.

Certaines servantes commirent même l'audace de toucher des rétrocommissions de ces marchands en me les présentant.

En y repensant, ma mère voulait clairement faire quelque chose de plus productif que simplement commander robes et bijoux pour étaler sa noblesse.

On le voit à la façon dont elle essaya de me trouver un précepteur d'histoire ou d'étiquette, et me supplia instamment d'apprendre au moins un instrument de musique.

Mais pour la moi d'alors, la dignité et les devoirs exigés d'une noble étaient inutiles. Je tenais davantage à un seul chocolat ou un verre de vin, ou à de doux biscuits qui entraient dans ma bouche.

Je pensais avoir rempli mon devoir en m'enduisant de maquillage, plutôt qu'en lavant la vulgarité collée à ma peau. Inutile de s'embêter avec d'autres futilités.

Bien sûr, cela menait souvent à des disputes avec ma mère. Chaque fois, je piétinais du pied ou hurlais comme une folle pour l'effrayer. Même si je ne savais pas ce dont j'avais le plus besoin.

Maintenant, Madame de Lavalier dispensait l'éducation nobiliaire que ma mère avait si ardemment désirée par le passé. C'est pourquoi les disputes de ce genre avaient cessé.

Cependant, ma mère semblait penser que, mon instruction étant si en retard sur les autres dames, j'avais besoin d'acquérir bien davantage.

Ainsi, en découvrant d'autres aspects extérieurs que la famille Lavalier avait négligés, elle cherchait à prouver sa propre valeur.

Je trouvai que ce n'était pas une mauvaise chose, je me contentai donc d'observer. Mais si j'avais su d'avance que ma mère commettrait l'audace de faire entrer une prostituée de ruelle dans le manoir des Bischwartz, je l'en aurais sérieusement dissuadée et refusée.

En fait, faire venir une prostituée dans le manoir n'était pas surprenant. Cela pouvait même être considéré comme courant. Après tout, combien de dames de mon âge n'avaient pas reçu d'éducation sexuelle d'une prostituée ?

Cependant, ma mère aurait dû agir au moins après le départ de Madame de Lavalier de la famille Bischwartz. Ne serait-ce que pour éviter son regard désapprobateur.

Malheureusement, ma mère commit l'atrocité de faire venir une prostituée dans ma chambre. Une ambition excessive avait vaincu la pensée rationnelle. En résultat, je me trouvai face à « Perinnil », se tenant de façon séduisante avec un sourire particulier, comme si je l'avais attendue.

« Enchantée. Vous pouvez m'appeler Perinnil. »

Ses lèvres étaient encore d'un rouge vif. Ses seins, poussés vers le haut de toutes ses forces, semblaient prêts à déborder de ses vêtements. Ses cheveux, qui tombaient naturellement juste sous son cou, étaient sombres comme un serpent et si séduisants qu'on ne pouvait en détacher les yeux.

La robe de soie noire était une couleur très austère pour une prostituée, mais sur elle, elle semblait le vêtement le plus vulgaire et le plus lubrique du monde.

« Oh, de nombreuses dames nobles reçoivent une éducation très privée à cet âge. Et j'excelle particulièrement en la matière. Vous ne serez donc jamais déçue. »

Je savais qu'un jour je recevrais une éducation sur le sexe et les hommes par l'entremise d'une prostituée ou d'une vieille fille. C'était aussi mon devoir. Cependant, je n'imaginais pas rencontrer Perinnil si facilement.

Mon plan initial était de recevoir l'éducation d'une prostituée désignée par la famille, puis, comme si j'avais appris l'existence de « Perinnil » par elle, de la faire venir.

C'est pourquoi une rencontre imprévue comme celle-ci n'était ni bienvenue ni agréable. Surtout en considérant la colère que manifesterait Madame de Lavalier.

Je m'assis sur le canapé avec une expression réticente. Voyant le visage de ma mère, qui souriait de satisfaction, je ne savais que dire.

« Commençons alors ? »

Perinnil sourit. Puis, relevant le menton et balançant les hanches, elle commença à avancer, pas à pas. Comme pour exiger l'attention.

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