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Shards Of A Broken Glass Slipper

Chapitre 119

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Chapitre 119

Chapitre 119

Chapitre 119/24848%~12 min de lecture2 211 mots

Tandis que j'étreignais le chevalier Halberd, ma plus grande inquiétude était de savoir ce qui arriverait si quelqu'un nous voyait. Heureusement, personne ne traversa le couloir avant l'aube, et seul un silence paisible emplissait l'air.

C'était vers l'heure où le jour commençait à poindre lentement que lui, qui gisait immobile comme mort et dormait tranquillement, se mit à bouger.

C'était comme se tenir par un froid d'hiver sans chauffage, entièrement exposé au vent glacial, mais étrangement, je n'avais pas froid. Mon visage était déjà gelé et raide, mais je pouvais continuer à le regarder en bas sans même renifler. C'était comme si j'admirais un chef-d'œuvre.

Et lorsque le chevalier Halberd bougea brièvement et retira sa main de ma taille, je chuchotai doucement et m'éloignai de lui.

« Ne vous souvenez pas, chevalier Halberd. Ou, même si vous le faites, considérez cela comme un rêve. »

Il est temps de se réveiller de ce rêve doux-amer. Il est temps de dire adieu à cette expérience incroyable qui ne se reproduira plus. Comme toujours.

Ce qui est heureux, c'est que j'ai l'habitude de réprimer mes émotions sans me laisser emporter par ces expériences. Ou devrais-je dire que j'ai appris à renoncer ? C'est pourquoi je peux me relever si aisément ainsi.

Surtout, si ma prédiction est juste, les servantes ne tarderont pas à sortir dans le couloir. Non, normalement elles seraient déjà sorties plus tôt. C'est juste que l'hiver tarde à se lever, mais à l'origine, elles n'étaient pas si en retard.

Mais aujourd'hui est la Fête de la Fondation, alors il semble qu'elles ferment les yeux sur la grasse matinée. Ce fut une grande chance pour nous.

Quoi qu'il en soit, il ne leur serait pas difficile de trouver le chevalier Halberd dormant dans le couloir. Être ensemble serait une situation idéale pour alimenter les ragots. C'est pourquoi il valait mieux disparaître vite. Même si je devais mettre de côté mes sentiments.

Cependant, un problème doit être résolu : le chevalier Halberd dort devant ma chambre, et cela doit être étouffé pour l'honneur de tous deux.

Je me glissai donc dans la chambre de Marie et la secouai pour la réveiller. Ces jours-ci, Marie loge dans la pièce attenante à la mienne pour échapper à la tyrannie de Margo, si bien qu'il ne fut pas difficile de la réveiller sans attirer l'attention.

« Marie, Marie ? »

« Hein ? Mademoiselle ? »

Marie se frotta les yeux ensommeillés et se redressa à peine. Elle parut fort surprise que je porte encore ma robe.

« Mademoiselle, pourquoi êtes-vous encore habillée ainsi ? Vous rentrez à l'instant ? Voulez-vous que je vous aide à vous changer ? »

« Plutôt que ça, sortez dans le couloir. Le chevalier Halberd est allongé et dort dans le couloir. Allez le réveiller discrètement. Compris ? Ne le dites à personne d'autre. »

« Hein ? Qu'avez-vous dit ? Le chevalier Halberd ? »

Aussitôt qu'elle entendit les mots « chevalier Halberd », Marie parut se réveiller tout à fait et roula pratiquement hors du lit. Tout en enfilant un petit châle, elle me demanda :

« Mon Dieu, le chevalier Halberd qui dort dans le couloir. Est-ce vrai ? Non, plus que cela, comment le savez-vous, Mademoiselle ? Ah, peu importe. J'irai le réveiller vite. »

« Revenez m'aider à me changer. »

« Oui. »

Marie quitta la chambre d'un « oui » vigoureux. Je la regardai partir et poussai un léger soupir.

Ensuite, j'entrai dans ma chambre et retirai d'abord la couronne florale que je portais sur la tête. Je pensai que si je la mettais dans la Capsa, personne ne le saurait, alors je le fis.

Peu après, Marie entra dans la chambre. Elle revint si vite d'avoir réveillé le chevalier Halberd que j'en fus fort décontenancée.

Elle s'approcha de moi et'ouvrit la bouche comme si quelque chose clochait.

« Mademoiselle, je suis allée dans le couloir, mais le chevalier Halberd n'y était pas ? »

« Quoi ? Est-ce vraiment vrai ? »

« Oui. C'est vrai. Pourquoi mentirais-je ? »

Alors quelqu'un d'autre l'avait-il emporté pendant que je réveillais Marie ? Aurais-je dû le réveiller moi-même ? Ma tête tournait avec des sentiments compliqués.

Je m'inquiétais de ce qui arriverait si quelqu'un répandait cette rumeur. Et si le noble nom du chevalier Halberd était sali ? J'étais vraiment d'humeur tourmentée.

Ce fut un bonheur que la plupart des servantes, hormis celles de Margo, soient gagnées par Marie. Cela voulait dire que je pouvais les empêcher dans une certaine mesure de propager ouvertement des rumeurs. Je devais donc discrètement m'informer si quelque rumeur avait couru cette nuit.

« Enfin, Mademoiselle, que ferez-vous si vous dormez maintenant ? Votre peau va en pâtir. Voulez-vous que je vous fasse un massage plus tard ? »

Marie grommela tout en me déshabillant. Son visage semblait plus soucieux de mon teint que mécontent de son manque de sommeil. Compte tenu de l'attitude qu'elle avait montrée par le passé, ce fut un changement fort agréable.

Aussi, au lieu de gronder ses plaintes, je décidai de l'interroger sur la sortie avec le prince héritier.

« À propos, Marie. »

« Oui, Mademoiselle. Parlez. »

« Vous souvenez-vous des vêtements que je portais quand je suis arrivée dans ce manoir ? »

« Ah, ces vêtements ? Oui, je m'en souviens. »

« Qu'en avez-vous fait ? Les avez-vous encore ? »

« Non, je les ai jetés. C'étaient des vêtements inutiles. Mais pourquoi demandez-vous cela ? Mademoiselle, serait-ce que... ? »

« Oui, j'ai quelque chose à faire qui m'oblige à sortir un moment avec ces vêtements. »

Marie demanda d'une voix molle, l'air morose.

« Vous ne sortez pas avec nous, n'est-ce pas ? C'est une autre jeune fille noble ? »

« Oui. Alors, pouvez-vous me préparer une tenue qui me va ? »

« Ce n'est pas difficile. »

Elle répondit vite. S'il s'était agi d'une autre jeune fille noble, elle aurait dû réfléchir à un design convenant à son goût esthétique, elle y aurait sérieusement songé, mais comme je portais n'importe quels vêtements avant de venir au manoir, elle réagit promptement. C'est qu'elle sait que je me fiche du design ou de l'étoffe.

« Pour quand dois-je l'avoir prête ? »

« Avant le déjeuner. Pouvez-vous faire ça ? »

« Attendez, vous sortez à ce moment-là ? »

« Oui. Alors, inventez un bon prétexte. »

« Oui. Ne vous en faites pas. Mais ne devrais-je pas vous accompagner ? Vous savez bien qu'il est dangereux dehors, Mademoiselle. »

Enfin, avec les gardes secrets du prince héritier qui veillaient sur lui et sur moi comme des faucons, comment quelque chose de dangereux aurait-il pu arriver ? Je caressai doucement la joue de Marie, qui me regardait d'un air inquiet, et murmurai :

« Ils ont dit qu'ils amènent un chevalier, alors ne vous en faites pas. De toute façon, c'est avant le déjeuner. Et réveillez-moi avant. »

« Oui. Dormez vite. Vous allez vous effondrer comme ça. »

Marie s'empressa et me démaquilla vite. L'intérieur du lit était empli d'une chaleur douce, comme si elle y avait mis une bouillotte toute la nuit en prévision de mon retour.

Marie dit qu'elle referait chauffer l'eau, craignant que celle de la bouillotte ne refroidisse.

« Bonne nuit, Mademoiselle. »

« Oui. »

Mon corps, gelé toute la nuit, se détendit doucement en glissant sous les couvertures. Je posai la tête sur l'oreiller et fermai les yeux sans un bruit. Comme si elle m'attendait, la somnolence me gagna et mon esprit s'embruma. Je sombrai dans un sommeil profond sans même rêver.

Je fus aise de pouvoir oublier le chevalier Halberd à cet instant.

Peu après, Marie me secoua pour me réveiller. J'eus l'impression de n'avoir guère dormi, pourtant il était déjà midi. Je forçai mes yeux à s'ouvrir et me levai. En me frottant les yeux et en bâillant, je sentis mon corps s'affaisser. Je me sentis un peu lasse, comme fiévreuse.

« Marie, puis-je avoir un verre d'eau ? »

Marie écouta mes mots et me tendit l'eau qu'elle avait préparée à l'avance. L'eau froide me descendit dans la gorge et je me sentis un peu plus éveillée.

« Mademoiselle, vous avez l'air si fatiguée, pouvez-vous sortir ? »

« C'est une promesse, je n'ai pas le choix. Au fait, qu'en est-il des vêtements que j'ai demandés ? »

« Les voici. »

Marie me montra les vêtements préparés. Ils étaient plus luxueux que ceux que je portais autrefois, mais il y avait une jupe, un manteau, des bas et des chaussures qui paraissaient d'une qualité bien médiocre du point de vue d'une noble, tout prêt sans rien manquer.

« Comment est-ce ? »

« Pas mal. Vous avez bien préparé. »

« Merci, Mademoiselle. Euh, et j'ai préparé de la soupe, voulez-vous la manger ? »

« Non, apportez-moi de l'eau pour ma toilette. Je dois aussi coiffer mes cheveux. »

Marie répondit qu'elle comprenait et quitta la chambre. Pendant qu'elle apportait l'eau de toilette, j'enfilai mes vêtements de nuit et m'habillai avec ceux qu'elle avait apportés. Comme c'étaient des vêtements familiers, il ne me fut pas difficile de m'habiller seule.

Ensuite, je me lavai le visage avec l'eau de toilette que Marie apporta et attachai mes cheveux en une seule tresse. Marie utilisa adroitement le ruban qu'elle employait autrefois pour attacher mes cheveux.

« Mais comment comptez-vous sortir en cachette ? »

« Vous devez m'aider. »

« Oui ? »

« Il vous suffit de m'emmener jusqu'à la porte d'entrée. Inventez un prétexte comme quoi vous faisiez une commission. Ah, et si Mère me cherche, dites-lui que je vous ai dit de ne pas me réveiller avant que je me lève et que j'étais de mauvaise humeur. »

« Oui. Je ferai cela. »

Marie avait l'air inquiète, mais je ne m'en faisais pas du tout car personne ne ferait attention à moi maintenant qu'ils étaient occupés par la Fête de la Fondation.

Comme prévu, ma prédiction se vérifia parfaitement, et je pus quitter la porte d'entrée sans encombre, sans aucune restriction en cours de route.

« Mademoiselle, soyez prudente. »

« Oui. »

Un instant plus tard, la porte se ferma, et je jetai un coup d'œil autour de moi avant de me diriger vers l'arrière du manoir. Je pensais qu'ils ne feraient pas quelque chose d'aussi sot que de m'amener à la porte d'entrée, et que l'arrière, où je pouvais éviter les regards en escaladant le mur, était l'endroit idéal, aussi marchai-je dans cette direction.

Et avant longtemps, j'aperçus une ombre suspecte qui tentait d'escalader le mur.

« Votre Altesse ? »

Elle s'arrêta à ma voix, puis souleva le chapeau qu'elle portait et sourit. La beauté que même des vêtements misérables ne pouvaient cacher brilla intensément même dans l'ombre.

« Je ne m'attendais pas à ce que vous sortiez m'attendre ainsi ? Je suis content d'avoir économisé la peine de venir vous chercher. »

« Une promesse est une promesse. Alors, où comptez-vous aller ? »

« Au centre-ville. Là où la fête bat son plein. Je dois y aller car la Sorcière donne une prédiction aujourd'hui. Cela a l'air amusant. »

« Je ne savais pas que vous vous intéressiez à ce genre de choses. Je devrais dire aux dames du grand monde qu'elles doivent jouer le rôle de prophétesse pour attirer l'attention de Votre Altesse. »

« Dites-leur que si elles invoquent un démon là-bas, elles tomberont amoureuses aussi. »

« Je le ferai. »

Le prince héritier, qui accueillit mes paroles avec nonchalance, se mit lentement en marche. Je marchai à côté de lui. Mais la vitesse de marche était plus lente que je ne le pensais. Je me demandai pourquoi et observai de près, et je vis qu'il adaptait son pas au mien.

Même s'il est un débauché, il semble avoir des manières quand il s'agit de traiter les femmes. S'il continue de me traiter ainsi, aujourd'hui se passera bien.

« Tout d'abord, Votre Altesse. Je ne peux pas continuer à vous appeler Votre Altesse comme ça. Je devrai donc vous appeler par votre nom, ce qui est impoli. Mais cela pourrait aussi être entendu par quelqu'un, puis-je vous appeler par votre nom comme bon me semble ? »

« Cela n'a pas d'importance. Je vais vous appeler par votre nom aussi. »

« Oui. Et si une situation nécessaire se présente, puis-je laisser tomber les honorifiques ? »

En réalité, je n'avais pas besoin d'aller si loin, mais j'étais curieuse de voir jusqu'où il renoncerait à son autorité. Si une situation soudaine survenait, j'avais besoin d'évaluer à l'avance avec quelle souplesse je pourrais réagir.

Le prince héritier sourit à mes mots, comme s'ils étaient drôles, et répondit « D'accord ». Son visage, légèrement visible sous son chapeau, était plein d'intérêt. Il avait l'air de bastante s'attendre à voir comment j'allais agir.

« D'accord, Didi. »

Mais aux mots qui suivirent, le visage du prince héritier se froissa comme du papier en un instant. Il demanda « Quoi ? » comme s'il ne pouvait le croire, et je répondis d'une voix décontractée « Pourquoi, Didi ? ». Comme s'il n'y avait rien d'anormal, très naturellement.

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