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Running Away From The Hero!

Chapitre 50

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Chapitre 50

Chapitre 50

Chapitre 50/22023%~15 min de lecture2 805 mots

« Est-ce que je les ai trop poussés… »

Quand j'ai lancé le Plan B lors de la visite du marquis Letia, tous les étudiants ont été mis à terre en à peine une heure.

Eh bien, ça va de soi. Tant qu'ils ne jouaient pas délibérément les PNJ et ne suivaient pas un scénario figé, les professeurs ne perdraient jamais face à une bande de gamins pas encore majeurs, quel que soit leur nombre.

Si on compare ça à une partie d'échecs, c'est comme jouer contre eux sans cavaliers ni fous ; ou au go, en leur laissant quelques pierres d'avance sur le goban, simplement parce qu'ils sont étudiants.

« Proprio, tu vas faire quoi ! T'as promis ! T'as dit que je pourrais me lâcher et m'amuser ! Mais j'ai pas pu le faire qu'une seule fois ! »

J'ai entendu la batte en métal geindre, mais c'est pas grave.

Reste sagement dans ta forme normale et recharge ton mana.

« Ouïïïïï ! Proprio, t'es un escroc ! »

Je peux rien faire non plus !

Est-ce que j'ai pas un peu trop forcé en prenant une organisation maléfique comme référence ? La faim de ceux qui peuvent pas fuir et celle de ceux qui ont où aller diffèrent-elles à ce point ?

Ou bien c'est parce qu'ils sont nobles qu'ils manquent de discipline !

« Proprio. T'avais des espions à la pelle parmi tes disciples. Y'avait des nobles par wagons, alors tu te souviens pas à quel point ils étaient à des années-lumière de l'idée de discipline ? »

« C'est vrai. »

Maintenant que j'y pense, le gamin de la maison archiducale Raina, qu'on dit capable de bouffer les Dix Grandes Familles au petit déjeuner, a menotté les poignets et les chevilles de quelqu'un qui essayait de l'aider.

Ce qui veut dire que ces gamins manquent tout simplement de volonté !

« Et donc, rien de tout ça n'est de ma faute ! »

« C'est mon proprio ça ! Regarde-moi cette rationalisation ! »

Mais les vacances vont bientôt se finir, et juste après ce sera le festival impérial.

Pour l'instant, l'ampleur du festival impérial grossit chaque année depuis la Grande Guerre.

Si on compare le festival d'avant et d'après la guerre, on peut dire qu'il est presque cinq fois plus grand qu'avant.

Et c'est cinq fois rien qu'en mots. Même avant la guerre, l'empire était la nation la plus puissante du continent, et le festival impérial qui célèbre la fondation de l'empire était le plus grand événement du calendrier impérial.

Et le fait que ledit événement ait quintuplé d'ampleur signifie que l'argent qu'on y a mis a aussi augmenté de façon astronomique ! Et le genre de gens qui viennent représentera aussi cette augmentation !

« Dans une situation où on doit viser rien de moins que la victoire totale, le nombre d'élèves en étude de nuit diminue… »

C'est pas bon. Si la situation actuelle où les étudiants s'assoient et étudient continue, ils vont devenir des théoriciens sans expérience pratique.

Parce que la théorie, c'est toujours différent de la réalité !

Les choses seraient différentes si le festival impérial était une olympiade où ils s'assoient et résolvent des questions, mais les gamins sont en train d'étudier dans une situation où ils doivent faire étalage de leurs compétences ? C'est la défaite garantie.

« Est-ce que je devrais pas les garder jusqu'à vingt-deux heures pendant les vacances aussi… »

« Proprio, t'as dit que pendant les vacances tu les laisserais au moins sortir l'après-midi… »

« Vu la situation, c'est pas possible. Même si je redescends au Plan C, on dirait pas que ces gamins vont ressortir de toute façon. »

Vu que ces gamins ont déjà perdu toute motivation, ils bougeront pas juste parce que c'est le Plan C.

Après tout, ils ont même pas réussi à passer le deuxième étage avec le Plan C.

Et dans cette situation, est-ce que les gamins bougeraient vraiment en sachant qu'un autre plan les attend après ?

« Il me faut un appât. »

« Surtout quelque chose d'assez gros pour que la gamine liée à cette déesse délicieuse morde à l'hameçon. »

C'est exact. La plus grande raison de la situation actuelle, c'est qu'Aris a elle-même annoncé qu'elle participerait à l'étude de nuit.

Comme si le choc de son père l'abandonnant était si énorme, elle fait actuellement l'étude de nuit tranquillement en classe, et grâce à ça, toute la classe a l'air de trouver normal d'assister à l'étude de nuit en silence.

Contrairement aux autres années, il n'y a que 20 étudiants dans une seule classe, mais il n'y avait que 100 premières années au départ.

Et comme une classe a commencé l'étude de nuit, l'ambiance dans les autres salles a aussi tourné au silence pour l'étude de nuit, et du coup toutes les premières années ont fini par la faire.

Et ça se propage aussi aux deuxièmes années à l'étage au-dessus.

Il faut que je fasse bouger Aris si je veux arrêter ça !

« C'est parce que tu l'as trop frappée qu'elle a plus de volonté pour ça ! »

« C-c'est pas de ma faute ! »

Ces temps-ci, elle me regardait avec des yeux bien morts, bien que pas autant que la princesse impériale à l'époque.

Ces yeux avaient déjà abandonné la vie.

« Si c'est un appât qui peut faire bouger ce genre de personne… »

Y a qu'une seule chose.

#8 Leur histoire : l'histoire d'Aris ril Letia.

« C'est quoi, Professeur ? »

Une voix sèche, plate.

Les gens qui me connaissaient avant pourraient être surpris par ce changement, mais la majorité de ceux qui sont allés à Yugrasia sont actuellement dans cet état, donc c'est pas anormal du tout.

Et le coupable qui a mis l'académie dans cet état, le professeur Nicerwin, me regardait dans cet état avec un sourire de saint.

« On dirait que la vie scolaire a été bien difficile ces temps-ci, Mademoiselle Aris. »

J'ai à peine réussi à retenir quelque chose qui voulait éclater en moi.

Bien difficile ? Et c'est la faute de qui, encore ?!

« L'apprentissage est toujours un processus difficile. »

Mais je l'ai gardé pour moi. Le professeur Nicerwin a déjà mon père sous son pouce.

Grâce à ça, tous les autres plans pour faire venir les parents des autres afin d'arrêter l'étude de nuit ou d'en négocier les conditions ont tous échoué, et au contraire le seul résultat a été de monter la difficulté de l'étude de nuit encore plus haut.

Du coup, on n'avait que l'enchaînement quotidien de l'étude.

Au début, ça allait. Enfin, on dit bien que le métier d'étudiant, c'est d'étudier.

Apprendre les connaissances nécessaires en bossant dur, c'était pas si mal non plus.

Mais même ça a ses limites !

Un jour, deux, une semaine, un mois !

On en est arrivés au point de devoir venir à l'école le week-end !

On avait tous depuis longtemps appris les manuels par cœur. Et pourtant, le cahier de questions que le professeur Nicerwin nous a donné était trop dur à résoudre.

Même en essayant de poser des questions dessus, les professeurs normaux savaient pas comment le résoudre non plus et pouvaient pas nous aider.

On devait résoudre ces questions uniquement avec ce qu'on apprenait dans les cours du professeur Nicerwin qui venaient une fois par semaine, mais le contenu qui tombait en étude de nuit était sur un tout autre niveau de difficulté, au point qu'on soupçonnait qu'il fallait être en deuxième année, voire en troisième, pour pouvoir les résoudre.

Du coup, on en est arrivés au point où on n'a littéralement rien à faire en étude de nuit.

« Ça me fait plaisir de voir que les étudiants n'ont pas essayé de fuir l'étude de nuit ces derniers temps. »

« Vraiment ? »

C'est marrant. Même si c'est ce que tu dis, pourquoi ton air est si regretteur ?

En fait, tu veux qu'on fuie, pas vrai ? Mais je ne fuirai jamais l'étude de nuit.

J'ai tout essayé. J'ai même utilisé des méthodes qui, avec le recul, étaient incroyablement honteuses.

Mais le résultat a été ma défaite totale.

Bon, j'admets ma défaite. J'ai perdu. Et donc, comme ultime résistance, j'ai juré que je ne ferais jamais ce que le professeur Nicerwin voulait de moi !

« Ça me fait plaisir d'entendre que le professeur est content aussi. »

Toutes les premières années assistaient à l'étude de nuit. Bien que quelques-unes y assistaient par désespoir face au statu quo, la majorité des étudiants étaient d'accord avec moi pour dire que l'étude de nuit était une forme de protestation.

Oui, ça, on ne l'abandonnerait jamais !

Peu importe l'appât enrobé de sucre que tu me jetais, notre détermination est !

« Je supprimerai l'étude de nuit. »

« V-vraiment ? »

Je peux totalement abandonner ! La détermination et tout le reste, à la poubelle !!!

« En effet, je le ferai. »

Gulp.

J'ai avalé ma salive sans même m'en rendre compte.

Bien que je ne pouvais pas voir mon propre visage, j'étais secouée au point de pas avoir besoin de le voir.

Et j'ai fini par le montrer à la seule personne à qui je n'aurais jamais dû le révéler, le professeur Nicerwin.

Mais je peux pas m'en empêcher !

Je peux pas m'empêcher d'être secouée par la nouvelle qu'il supprimerait l'étude de nuit de toutes choses !

« Je supprimerai même l'obligation de venir à l'école le week-end. »

« Qu-qu-qu-quelles sont les conditions, Professeur Nicerwin ? »

Même quand j'avais quinze ans et que j'ai salué le prince héritier ainsi que la princesse impériale lors de ma cérémonie de majorité, j'ai pas bronché d'un millimètre, mais à penser que je tremblerais autant pour une seule phrase sur la suppression de l'étude de nuit !

« On dirait que parler à Mademoiselle Aris était la bonne réponse après tout. Réagir aussi vite. Comme prévu de la fille de milord le marquis. »

J'ai pas besoin de ce compliment, dépêche-toi, dépêche-toi et dis-moi la suite !

Qu'est-ce qui sera requis pour virer l'étude de nuit ?

La conquête du monde ? L'assassinat du roi démon ? L'unification du continent ?

« Peu importe ce que c'est, je t'aiderai ! »

On dirait que la déesse était aussi excitée que moi.

Peut-être que quiconque a vécu l'étude de nuit dans cette académie ressentirait la même chose que moi.

Allez, parle, professeur Nicerwin ! Pour l'instant, je ferais absolument n'importe quoi que tu me dirais de faire !

« Il faut que vous soyez victorieux au festival impérial. »

« Tu dis qu'on a juste à gagner le festival impérial pour arrêter l'étude de nuit ? »

« Le festival impérial est-il quelque chose qu'on peut "juste" gagner ? »

Le professeur Nicerwin a dit ça avec une expression très surprise.

C'était vraiment quelque chose d'être surpris ? Quand on considère les trucs qu'on a faits jusqu'ici, la victoire au festival impérial était une condition bien trop belle.

« Tu veux dire que si on élimine juste quelques gamins, on peut virer ce truc qu'on appelle étude de nuit ? »

Voilà, la victoire au festival impérial était une condition si simple que même la déesse de la guerre et de la sagesse Athéna était surprise.

« Oui, au contraire, le fait que la condition pour virer l'étude de nuit soit la victoire absurdement simple au festival impérial, c'est ce qui me rend le plus suspicieuse en ce moment ? »

En fait, je pense que ça pourrait être un piège.

Si on pense aux épreuves du festival impérial, nos ennemis sont Arucia et Marcis.

Est-ce que ces gamins qui font à peine semblant de jouer à l'académie pourraient nous battre ?

Nous battre, nous qui avons quelque chose pour laquelle on est tous prêts à risquer nos vies ?

Je le garantis.

Ces gamins ne pourront jamais nous arrêter.

« Le vainqueur du festival impérial est déjà décidé. »

« C'est une belle confiance. »

Confiance ? Non.

C'est un destin prédéterminé.

Surmonter l'épreuve nommée étude de nuit autodirigée, et s'échapper de l'enfer nommé école !

#9 Leur histoire : l'histoire de Ria El Nermia.

« On peut juste aller les espionner comme ça, au vu et au su de tous ? »

« Nous ne faisons que transmettre les opinions du conseil des étudiants au conseil des étudiants de Yugrasia. »

Je suis entrée par la porte principale de Yugrasia avec quelques autres de l'école, en tenant des documents.

Les Quatre Grandes Académies sont proches non seulement en réputation, mais aussi en distance, donc on a à peine eu à marcher la distance du village d'à côté pour atteindre Yugrasia.

Il n'y avait qu'une seule raison pour que je vienne ici malgré le fait que je sache que le suspect professeur Nicerwin était là.

Pendant que le conseil des étudiants planifiait le festival impérial, on s'est rendu compte qu'on n'avait aucune info sur Yugrasia.

« Selon ce que ce type qu'on appelle président du conseil des étudiants disait, y'a aucun intérêt à rassembler des infos sur Yugrasia, proprio. »

« Je sais. Et à cause de ça, y'a eu cette réforme massive de l'endroit cette année, aussi. »

La chose appelée histoire change parfois si drastiquement, si simplement.

Comme une déesse qui tombe en dieu maléfique dans les mythes.

Comme l'époque où le royaume de Merdeia, la nation qui pouvait faire face à l'empire à armes égales, est tombé en une seule courte année.

Ou comme il y a juste trois ans, quand un archidémon craint de tous est devenu mon esclave.

« …Je préférerais que tu ne penses pas au dernier exemple, proprio. »

Bon, en ignorant les paroles de l'esclave.

Tout comme ça, l'histoire peut être faite et changée en un instant.

Pour ce qu'on sait, Yugrasia, qui affichait les pires résultats au festival impérial depuis dix ans, pourrait soudain devenir la meilleure en une seule année.

Je ne le permettrai pas. Tant que je suis là, Marcis doit être victorieux.

« C'est quoi ? »

Alors qu'on passait près du grand jardin qui ressemblait à celui qu'on a à Marcis et qu'on s'approchait du bâtiment principal de l'académie, quelqu'un qui ressemblait à un garde nous a arrêtés.

Comme je pensais, c'était un peu douteux qu'un étudiant d'une autre académie soit ici à cette période de l'année, non ?

« Je m'appelle Ria el Nermia, membre du conseil des étudiants de Marcis. »

« Ah, vous étiez de la famille Nermia ? »

La méfiance de la personne en face a un peu baissé à mes mots. On continue sur cette lancée.

« J'ai des documents à remettre au conseil des étudiants de Yugrasia concernant le festival impérial. Pourriez-vous me guider jusqu'à la salle du conseil des étudiants ? »

De toute façon, le but était d'observer l'opposition.

Les forces clés de l'actuel Yugrasia étaient le conseil des étudiants. Et peut-être la fille de la famille Letia et quelques-uns de ses proches.

Si je pouvais les voir de mes propres yeux, je pourrais voir par moi-même à quel point ils étaient bons.

Et pour ça, j'ai accompagné le garde dans l'espoir de les mettre en confiance, mais le garde m'a regardée avec un air décontenancé et a dit.

« Ah, si c'est le conseil des étudiants que vous cherchez, ils sont en train de faire un discours à la faculté étudiante sur le festival impérial… »

« Un discours ? »

Ils préparent le festival déjà ?

Ça devrait être normal pour le conseil des étudiants, mais c'est un peu loin pour des étudiants ordinaires ?

« On n'a pas tant de temps que ça non plus alors… Je suis désolée, mais est-ce que je peux aller à l'auditorium et le leur donner moi-même ? »

Mes instincts hurlaient qu'il y avait un truc bizarre.

Il se passait quelque chose dans cet auditorium. Je devais voir par moi-même ce que c'était !

« Ah, oui, je comprends. »

Le garde m'a regardée avec un air hébété mais a guidé les autres et moi vers l'auditorium de Yugrasia.

Et on a vu.

« C'est quoi, la défaite, pour nous ? »

— INEXISTANTE !

Les cris de joie.

« À nos ennemis ! »

— LE JUGEMENT DE LA MORT !

L'aura meurtrière qui avait l'air de nous tuer pour de vrai.

« Ceux qui ne connaissent pas le diable d'argent ? »

— DES GAMINS QUI N'ONT PAS LE DROIT DE CHOISIR ENTRE LA VIE ET LA MORT !

Et la folie qui donnait l'impression qu'ils donneraient vraiment leur vie !

« Proprio, je pense qu'on peut pas battre ça ? »

Je n'ai pas pu offrir une seule réponse à ces mots.

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