Dans une pièce d'un blanc immaculé…
Cette pièce d'une propreté irréprochable était ornée de diverses œuvres d'art magnifiques, et le mobilier n'était pas en reste côté splendeur.
Cependant, un individu assis sur un canapé blanc pur assorti à la pièce entièrement blanche faisait figure de seule exception ternissant la beauté de ce lieu. Cet homme ruinait complètement cette pièce par sa simple présence.
« Je le savais. Je suis d'une minutie exemplaire. »
Cet homme imposant tenait une flûte de vin rouge dans une main. Il était peut-être imposant, mais pas la moindre trace d'exercice ou d'entraînement ne se devinait sur sa silhouette rotondissante.
Si un certain majordome au service d'une princesse impériale voyait le visage de cet homme, il n'hésiterait pas une seconde à dire : « Un seul coup d'œil, et on voit que ce gros lard est un haut noble. Mais c'est aussi ton méchant de pacotille typique qui bave sur l'héroïne pour se faire pulvériser par le protagoniste ! »
Les traits du visage de l'homme gras restaient assez distincts. Cependant, ses yeux brillaient d'une avidité vive tandis que ses lèvres se tordaient en un ricanement moqueur. Voilà bien le visage type d'un homme qui bave sur les biens d'autrui tout en regardant tout le monde de haut avec arrogance !
Et sa personnalité allait à merveille avec son visage, d'ailleurs.
« Avec ça, mon grand plan a franchi une nouvelle étape. »
Il leva la flûte de vin scintillante d'un rouge carmin et se félicita lui-même de sa minutie.
« Quel plan parfait, si je puis me permettre ! Tuer les émissaires de l'empire pour prolonger la guerre dans la région centrale, puis y entraîner l'empire lui-même ! Et ensuite, une fois que la guerre prolongée aura épuisé les ressources de l'empire Karuan, les soldats du royaume de Merdeia sous mon commandement les détruiront ! »
Kuh-euh~ !!!
L'homme porta le vin à ses lèvres et en savoura le goût. Il continua d'imaginer le résultat final de son soi-disant plan parfait.
Il s'imagina la scène des bannières de l'empire consumées par les flammes. Il se vit planter le drapeau du royaume de Merdeia dans la capitale impériale. Ses imaginations lui firent courir des frissons de plaisir le long de l'échine, faisant trembler visiblement sa silhouette.
Il passerait du rang de duc à celui d'archiduc… Non, bien plus que ça ! Il se représentait fondant de ses propres mains un nouvel empire.
« Une fois que j'aurai mis la main sur l'empire, même la famille royale ne me regardera plus de haut. Quand ça arrivera, la princesse sera… ! »
Dans l'esprit de cet homme gras, la deuxième princesse de la famille royale, réputée pour sa beauté, était déjà sa femme.
« Une fois que j'aurai la princesse, je serai également éligible pour entrer dans la course à la succession. Ce qui signifie qu'il est plus que possible que je m'empare du trône, moi aussi. Non, attendez ! D'ici là, j'aurais déjà fini de détruire l'empire, donc ça ne veut pas dire que je serai empereur à la place ? »
Même si rien de tout cela ne s'était encore produit, cet homme gras ne doutait pas une seconde que les perspectives de son avenir étaient radieuses.
Malheureusement pour lui, cet avenir rose…
« Mon seigneur ! Duc Raisha, monsieur ! »
…se brisa en millions de morceaux par la faute d'un homme s'engouffrant urgemment dans la pièce.
« Mon seigneur, on a été découverts, monsieur ! »
« À propos de quoi ? »
« La vérité sur notre rôle dans le massacre des émissaires de l'empire a été mise au jour, mon seigneur ! »
« Q-quoi ?! »
Thud !
L'homme assis sur le canapé blanc, le duc Raisha, tenta vivement de se relever mais glissa et s'écrasa droit au sol.
« Mon seigneur ! Êtes-vous indemne, monsieur ? »
Le vin rouge se répandit sur le canapé et les vêtements du duc, les teignant de rouge.
« Fichez-vous de ça et continuez à parler, bon sang ! Comment diable avons-nous été découverts ?! »
« Je l'ignore, monsieur. Mais selon les renseignements de nos agents, l'équipe d'enquête dépêchée par l'empire a apparemment découvert des preuves irréfutables de notre culpabilité, mon seigneur ! »
« Hein ?! »
« La nouvelle s'est répandue partout, et presque tous ceux qui se trouvent près du royaume de Peleros en sont au courant, mon seigneur. En fait, il est prudent de supposer que chaque citoyen en a entendu parler à cette heure ! »
« M-mais bon sang de bonsoir ! »
Realisant que son soi-disant plan parfait n'était plus si parfait que ça, le duc Raisha mordit ses lèvres avant d'exploser dans une litanie de jurons.
À ce rythme, son plan parfait allait définitivement partir en vrille. Non, c'était même pire que ça !
L'empire Karuan exigerait assurément des explications du royaume de Merdeia. Même s'ils étaient nations ennemies, le royaume n'avait pas la justification cette fois-ci, il n'aurait d'autre choix que de punir sévèrement le duc Raisha.
« Sang et tripes ! Comment ont-ils pu découvrir ça ?! »
Si le majordome exclusif de la princesse impériale avait entendu ça, il n'aurait pas manqué de rétorquer : « Pourquoi croyez-vous qu'on ne le découvrirait pas ? »
Malheureusement, le duc Raisha ne se trouvait pas dans la même pièce que ce majordome exclusif.
« Il n'y a aucune chance que les assassins que j'ai élevés aient fait une erreur quelque part ! »
Le duc avait dépêché tous ses assassins, élevés et entraînés par « lui ». C'est pourquoi il croyait fermement que ce plan était parfait. Qu'il ne pouvait pas échouer.
« …Et si ? Un espion parmi nous ?! »
Oui, il y a un espion ennemi parmi nous. Sans cette explication, il n'y a aucun sens à ce que mon plan parfait ait échoué comme ça !
Tout en continuant de croire que ses assassins et son plan étaient parfaits, le duc Raisha donna rapidement de nouveaux ordres. « Nous avons un espion dans nos rangs ! Trouvez tous les salauds suspects et exécutez-les ! Et renvoyez des assassins, cette fois au royaume de Peleros, pour tuer les troupes de l'empire ! »
« M-mon seigneur ?! Tuer les troupes de l'empire ? C'est trop dangereux ! »
« Tant qu'on peut voler les preuves de notre implication, personne ne peut prouver qu'on est responsables ! N'oubliez pas, l'empire Karuan est notre ennemi ! Tant qu'il n'y a pas de preuves, la cour royale prendra notre parti ! »
« C-compris, mon seigneur ! »
Le duc Raisha regarda son subalterne s'élancer hors de la pièce en courant, puis commença à grincer des dents. « Sales bâtards d'impériaux ! Je ne tomberai pas dans vos machinations ! »
Il ne réalisa même pas qu'il était déjà tombé dans le piège en mordant à l'hameçon.
Ce moment finit par amener un certain majordome exclusif à découvrir l'existence du duc Raisha. Et puis, ce majordome et sa liege allèrent apporter leur soutien total au duc en surpoids.
Connu sous le nom de Commandant en chef honoraire de l'empire Karuan, il devint le résultat du projet visant à créer la version de ce monde de RenXa MuXXguchi ! [1]
Le rideau se leva ce jour-là sur la naissance du dernier commandant en chef du royaume de Merdeia. Et son nom était le commandant Relli Gius lu Raisha.
#31 Leur situation : La situation d'un certain méchant
Je restai sans voix face à une scène pour le moins choquante devant mes yeux.
« Wahou, ça alors… »
Je fixai les silhouettes effondrées et immobiles de gens vêtus de noir au sol. Ils étaient habillés comme des assassins, mais je devais m'en assurer, au cas où.
« Hé. Ces gens, ce sont définitivement des assassins, non ? »
« Très probablement, monsieur. »
« Vous en êtes sûr ? Je veux dire, ces gens ? »
« Mm, enfin… »
Les mages qui avaient vaincu les assassins avec moi ne trouvèrent pas de réponse appropriée à ma question et claquèrent la bouche.
« Mais quoi ? D'accord, admettons qu'ils nous aient attaqués en plein jour par surprise parce que personne ne s'y attend. Mais c'est quoi leurs tenues ?! »
Savez-vous quel est le point commun entre les PoXer RanXers et toutes les petites frappes qui apparaissent dans leurs séries ? Ce sont leurs costumes. [2]
Que ce soit les PoXer RanXer ou les sbires, ils débarquent tous en collants moulants. La seule différence entre les deux camps, c'est le code couleur : les héros sont colorés, tandis que les sbires sont vêtus de collants noirs sans la moindre particularité.
Même si des centaines, non, des milliers se battaient, les costumes permettaient de différencier les gentils des méchants. C'est dire à quel point l'apparence était importante pour annoncer qui on était. Ce n'est pas pour rien qu'on doit changer de vêtements quand on met un déguisement, vous savez !
Mais ces types, ils…
« Ils ne s'annoncent pas ouvertement comme des assassins ?! »
Leur tenue hurlait « Nous sommes des assassins ! » au premier coup d'œil. Même de loin, on pouvait encore le dire !
Masque et capuche noirs pour cacher leur visage, vêtements conçus pour masquer leur gabarit mais aussi pour dissimuler et porter des armes…
Leur accoutrement était un peu mou et peu flatteur mais offrait quand même une excellente liberté de mouvement au porteur.
Et pour couronner le tout, ils étaient dominés par la couleur noire du sommet de leur tête jusqu'au bout de leurs pieds. Même un aveugle pourrait dire qu'ils sont assassins rien qu'à leur apparence !
Et des gens comme ça ont jailli d'une forêt en plein milieu de la journée.
« Ce pourrait être une sorte de piège ? »
« C'est une possibilité, Monsieur Ast. »
« Vous le pensez aussi ? »
Ces gens en noir affichaient des mouvements plutôt agiles, et leur façon de balancer des dagues partout criait « Je suis un assassin ! » mais, euh… Comment dire… Il y a un petit quelque chose qui manque légèrement ?
« Hé, je me demandais quelque chose. Les assassins de notre empire sont-ils du même niveau que ces gars-là ? »
Je me demandai brièvement si tous les assassins réguliers (?) employés par les gouvernements du monde ne valaient que ça. Bon, j'étais un pro dans ce genre de choses, donc ma perspective était peut-être un peu biaisée.
« Eiii, aucune chance, monsieur. Si on s'était battus contre des assassins impériaux, alors même s'ils avaient attaqué en plein jour comme ça, plusieurs de notre équipe seraient morts c'est sûr. »
« Ah. Donc on a des assassins, hein ? »
« Huph ?! »
Le mage qui me répondait se couvrit la bouche en vitesse, mais le mal était fait.
Mais tout allait bien. Les assassins étaient des employés indispensables pour n'importe quel gouvernement, mais ça ne voulait pas dire qu'il fallait reconnaître officiellement leur existence, après tout.
Mis à part tout ça ? Les assassins de l'empire devaient être plutôt forts puisqu'ils sont censés être capables de tuer plusieurs mages du niveau de ceux qui m'accompagnaient.
Ce qui veut dire… que je devrais quitter cet endroit avant qu'ils ne viennent pour ma tête un de ces jours. Oh, avant ça, je devrais au moins finir mon boulot.
« Mm… Bon, vous les avez capturés vivants, non ? »
« Oui, monsieur. Ils étaient tous trop faibles, et certains pourraient être à deux doigts de clamsir, mais bon, je ne pense pas qu'aucun d'eux soit mort pour l'instant. »
« C'est ça ? Bon, ben. Fouillons-les à fond, voulez-vous ? »
Une fois que j'eus dit ça, les sorciers aux visages désintéressés commencèrent à dépouiller les assassins gisant au sol comme des bûches mortes.
Nous étions délibérément venus sur ce chemin de montagne désert pour attirer nos agresseurs à découvert. Ce qui voulait dire qu'on n'avait pas à se soucier de témoins, mais ça n'avait pas d'importance même si quelqu'un nous voyait.
Je veux dire, c'est comme ça avec les assassins, non ?
C'étaient des orphelins élevés comme des armes à tuer, et officiellement ils étaient déjà déclarés morts, pour commencer. Puisqu'ils étaient censés être morts dans les registres officiels, ils ne pouvaient pas non plus bénéficier de la protection des droits humains.
« Monsieur Ast ? Je viens de trouver un jeton de Merdeia sur le… »
« Monsieur, j'en ai trouvé un aussi ! »
« Sur celui-ci aussi ! »
« …Quoi ? Ça ressemble de plus en plus à un piège, non ? »
Les assassins sont-ils censés trimballer des objets prouvant pour quelles organisations ils travaillent ? Mon organisation l'interdisait, ceci dit. Attendez, est-ce que Hurlement serait l'organisation bizarre ?
« Laissez-moi clarifier un truc. Les assassins sont-ils censés porter sur eux des objets pour s'identifier ? »
« Bien sûr que non, monsieur. »
Je ne pus qu'acquiescer à la réponse du mage.
Dame Reia et la princesse impériale m'avaient traité comme un dingue pendant longtemps maintenant, ce qui m'avait fait douter de ma propre santé mentale. Mais je le savais, bon sang. J'étais le seul à avoir du bon sens parmi nous !
« Monsieur Ast ? J'ai trouvé cette bouteille suspecte sur ce type. »
« H-hé, n'ouvrez pas ça ! Vous ne voyez pas que c'est du poison rien qu'en regardant ?! Regardez ce crâne sur la bouteille ! Pourquoi essayiez-vous de l'ouvrir, vous, l'idiot ! »
Et ainsi, nous fouillâmes les assassins et nous retrouvâmes non seulement avec des jetons du royaume de Merdeia mais divers trucs comme du poison, des armes et même des pièces d'or.
Hé, si c'était dans un monde de jeu, les joueurs auraient définitivement ciblé ces assassins pour farmer des objets juteux. C'est dire à quel point ces idiots étaient des mobs à butin gras.
« Kuk… Quelle est la signification de… »
Pendant qu'on se partageait gaiement les pièces d'or, l'un des assassins finit par reprendre conscience.
« Hein ? Il s'est réveillé. Tabassez-le ! »
« Y-vous, les bâtards ?! Comment osez-vous nous faire ça ?! Savez-vous qui nous sommes ! »
J'en restai non pas sans voix, mais j'oubliai carrément comment parler un instant quand cet assassin nous hurla effrontément dessus.
« Je sais pas. En plus, c'est normal pour un assassin d'aller clamer qui il est ? »
« Kuwaahk ?! »
Puisqu'ils étaient censés être des assassins – ils nous avaient attaqués, après tout – on leur avait attaché les poignets et les chevilles. Ce qui voulait dire qu'ils ne pouvaient même pas se tenir debout, et ça voulait aussi dire que même un majordome faible comme moi pouvait facilement les piétiner.
« Ah, c'est vrai, il y avait ce truc, non ? Hé, laissez-moi vous demander un truc. Vous savez ce que c'est ? »
« C-c'est, c'est… ?! »
Je sortis le petit flacon avec un crâne dessiné sur le côté. « Bon, un certain crétin a essayé de l'ouvrir tout à l'heure, donc j'ai fait de mon mieux pour l'en empêcher. Et vu votre réaction, j'ai bien fait, alors. »
Je ricanai profondément alors que le teint de l'assassin pâlissait instantanément.
Je continuai de l'interroger. « Bon, alors. C'est quoi ce truc ? »
« J, je ne… N-n'approchez pas ! »
Je fis seulement semblant de tirer un peu le bouchon du flacon, mais l'assassin paniqua quand même et tenta de ramper pour s'éloigner.
« Hé, les gars. Ce type peut encore bouger. Marchez sur lui ! »
« Ku-waaahk ! »
Les spécifications physiques des mages étaient inférieures comparées aux chevaliers, mais comparées à vos magiciens et sorciers ordinaires ? Ce ne serait pas exagéré de dire « au niveau d'un maître d'épée » dans ce cas.
Je m'approchai en douce de l'assassin avec le flacon au crâne pendant qu'il subissait une bastonnade collective exécutée par un groupe d'hommes bien entraînés et en bonne santé.
« N-non, vous ne devez pas… ! »
« D'accord, alors. Si tu ne parles pas, je vais te verser petit à petit ce truc dessus. »
Je menaçai l'assassin en tournant le bouchon tout juste un peu devant lui. Comme on s'y attendait d'un poison dangereux, sa réaction fut aussi viscérale qu'on pouvait l'imaginer.
« Y-vous, fou furieux ! Ce, ce truc, c'est le Souffle du Faucheur ! Une seule bouffée de ce poison peut vous tuer instantanément ! C'est à quel point ce poison est puissant, et pourtant vous… Kuwaaaaahk ! »
« Qu'est-ce que vous foutez ?! »
Ces fils de pute de dingues ?! Qu'est-ce qui leur a pris de mettre un truc aussi dangereux dans une bouteille en verre ?!
« Kuwaaahk ?! Je meurs ! Je meurs ! »
« N-non, c'est du verre magique ! Le poison ne fuira pas si facilement ! »
« Hé, l'idiot ! Dis-le plus tôt, voul' ya ! »
« Mais vous avez essayé d'ouvrir le bouchon avant même que je puisse dire quoi que ce soit ! »
J'observai l'état de l'assassin pendant environ cinq minutes pour confirmer qu'il ne mourait pas, puis récupérai le flacon. En bonus, je n'oubliai pas d'enfoncer le bouchon encore plus profondément dans le flacon.
« Vous demandez si on sait qui vous êtes depuis un moment, non ? On dirait que vous mourrez d'envie de nous le dire, alors pourquoi ne pas vous accorder une opportunité spéciale de parler ? »
« Vous croyez que je vais parler ?! »
« Hé, c'est vous qui nous l'avez demandé en premier. Puisqu'on ne sait pas qui vous êtes, soyez aimable et dites-le-nous déjà. »
Je ramassai plusieurs objets étalés par terre et les posai devant l'assassin.
« Hé, celui-ci est un objet dangereux, alors que celui-là ne l'est pas. »
« Oh, oh ! Donc il y avait une méthode comme ça, monsieur. »
Et ainsi, nous commençâmes à amener tous les objets dangereux pour entourer les alentours de l'assassin.
« Q-qu'est-ce que vous tramez, vous, le bâtard ?! »
« Vous pourrez parler quand vous en aurez envie. Cela dit, je ne vous arrêterai pas si vous souhaitez défendre vos principes et votre intégrité. »
Après avoir fini d'entourer l'assassin d'objets dangereusement beaux à distance fixe, je demandai aux mages d'emmener les assassins encore inconscients quelque part loin. Ensuite, après les avoir rejoints, je…
« Bon, ben. On s'amuse un peu, à partir de maintenant ? »
« Monsieur Ast ? Quel amusement dont vous parlez ? »
« Les gars, prenez un caillou de taille convenable et… balancez-le par là. Mais ne touchez pas le type, c'est compris ? »
Pour donner l'exemple, je pris un caillou et le lançai. Le caillou frappa précisément la bouteille de verre, émettant un bruit clair et métallique.
« Comme ça. »
Tiiing !
« Y-vous, espèce de fou furieux ! »
« Ah, c'est vrai. Ce serait peut-être une bonne idée de lancer de la magie de défense autour de nous d'abord, au cas où. Bon, alors. Lancez la magie et commencez à balancer des cailloux, tout le monde. »
Splash, splash ? Ah non, je veux dire, ting, ting, ting, ting~ !
Si j'imitais le bruit plus longtemps, je finirais probablement par jouer au jeu de la poêle à frire ou un truc du genre. Et ce bruit tentant continua de résonner dans l'air frais de la montagne.
« Y-vous, espèce de fous furieux ! »
Au début, les mages n'étaient pas très doués pour lancer des cailloux mais maintenant ? Ils semblaient avoir pris goût à l'exercice puisqu'ils devinrent plutôt assidus à chercher des cailloux à jeter dans notre voisinage immédiat. Naturellement, le teint de l'assassin pâlit de frayeur en regardant ça.
« Comme prévu du verre magique. Plutôt costaud, hein ? »
« Monsieur Ast, on a épuisé les cailloux utilisables aux alentours. Qu'est-ce qu'on fait maintenant, monsieur ? »
« Commencez à utiliser votre magie, alors. »
« Hein ? Ça ira ? »
« Ouais. »
« Y-vous êtes tous fous !!! » L'assassin hurla désespérément en regardant les sorts matérialisés flotter dans les airs.
« Bon, tirez, alors. »
« N-non, attendez ! Je parle ! Je parle, alors arrêtez s'il vous plaît ! »
« Nan, c'est bon. On a d'autres gens en plus de vous, alors vous n'avez pas à vous fatiguer comme ça, Monsieur Je-suis-plein-de-principes-et-d'intégrité. Je vais… ah, c'est vrai. Désolé, comme je ne connais pas votre nom, je ne pense pas qu'on puisse faire une pierre tombale pour vous. »
« N-non ! S'il vous plaît ! Arrêtez ! »
Et ainsi, grâce aux sorts volant vers lui, l'assassin avoua non seulement son identité mais aussi tout ce qu'il savait.
Je le savais. Quel tas de proies faciles.
[1] : Ce sera Renya Mutaguchi, un général japonais pendant la Seconde Guerre mondiale. Il était à la tête de la bataille d'Imphal où l'armée japonaise perdit 55 000 soldats sur 85 000 sous son commandement. Ce fut la pire défaite subie par les Japonais à l'époque.
[2] : Je n'ai pas à vous dire ce que c'est, non ? *se met à chanter Go Go Power Rangers~*