« Avez-vous perdu l'esprit, sir Ast ?! »
Alors même que le comte des Affaires étrangères me hurlait dessus, je conservai simplement mon expression impassible.
« Oui, nous avons été dépêchés en tant qu'équipe d'investigation, mais nous sommes tout de même entrés dans ce royaume avec un contingent considérable de combattants ! Et vous osez utiliser une porte de téléportation sans l'approbation de la cour royale ?! »
Cet homme occupait une assez bonne position au bureau des Affaires étrangères. Il était également comte, un titre noble frôlant le seuil de la haute noblesse. Il ne possédait peut-être pas un titre extrêmement important mais, d'une certaine manière, on pouvait le voir comme un fil reliant des personnes très influentes.
Bien que la majorité du groupe de voyage provenait de mon camp et que j'en détenais le commandement, me mettre à dos quelqu'un comme ce comte était un acte de folie pure. Et pourtant, malgré cette certitude, je m'y engageai quand même.
« Nous sommes actuellement à l'intérieur d'un royaume en proie à la guerre, monsieur. »
« Sir Ast, je sais ce que vous essayez de dire ! Cependant, ce pays n'est pas en guerre, et plus important encore, c'est une nation alliée de notre empire ! »
En effet. Et ce que je m'apprête à faire briserait la fierté de cette nation alliée et provoquerait un sérieux incident diplomatique.
« Et c'est précisément pour cela que je le fais. »
Oui, c'est exactement pour ça que je le fais !
« Hein ?! »
Le comte me dévisagea, ses yeux demandant ce que je pouvais bien raconter. Autour de lui, les subordonnés de la princesse impériale qui me « connaissaient » assez bien secouaient la tête en poussant de doux soupirs.
Si j'interprétais la lueur dans leurs yeux…
« Qu'est-ce que ce foutu taré essaie de faire cette fois-ci ? »
… C'est à peu près ça, non ?
C'est probablement une supposition correcte, ceci dit. Il m'arrive de regarder la princesse impériale exactement de la même manière qu'eux en ce moment, voyez-vous !
Bon, je comprends d'où ils viennent. Mes actions actuelles qualifient certainement de folie, après tout.
« Nous ne savons actuellement pas qui sont nos alliés et nos ennemis. Et dans une telle situation, nous avons un besoin pressant de le découvrir, monsieur. »
« Mais que ferez-vous si vous perdez un certain allié en faisant cela ? »
Ah, ce comte. Il a visé le point sensible avec une précision chirurgicale, non ?
C'était exactement ce qu'il disait. Neuf fois sur dix, les gens exigeraient des explications de l'empire et iraient jusqu'à rompre l'alliance. Une telle réaction ne serait pas surprenante du tout.
Cependant… !
« Malheureusement, cela ne peut pas être évité. »
En effet, c'était inévitable dans ma quête pour me faire virer.
« La guerre dans la région centrale est devenue trop imprévisible, monsieur. Et dans cette guerre, vous voyez des enfants assassiner leurs propres parents et des parents vendre leurs propres gosses pour survivre. Rien n'est plus important que de confirmer qui est notre allié quand on traverse une telle guerre. »
« Sir Ast, avez-vous seulement la moindre idée de ce que vous racontez ?! »
Mouais. Bien sûr que je sais. Je sais que c'est tout du pipeau.
J'agis comme ça simplement parce que la princesse impériale me couvre. Non, attendez. Mon comportement a commencé à partir en vrille à cause de la princesse impériale en premier lieu, non ?!
Si seulement cette gamine n'était pas devenue bizarrement obsédée par moi ! Je serais encore un anonyme homme à tout faire travaillant à la cour impériale, exécutant silencieusement les ordres de l'organisation maléfique ! Sans avoir à me soucier de quoi que ce soit, en prime !
Mais tout à cause de cette foutue princesse impériale, ma vie est devenue un bordel compliqué. Alors, en guise de juste retour des choses, il est temps que je refile toutes les responsabilités d'éteindre l'incendie que j'ai allumé sur ses épaules !
Même si je fais ça, la princesse impériale n'est pas du genre à jeter les gens. La punition pour avoir causé des problèmes se limitera donc à me faire perdre mon titre de noblesse et à me chasser de la cour impériale. Mon vœu personnel serait de ne pas être torturé avant le jour de mon renvoi. C'est à peu près tout, je suppose ?
Si on me jette en isolement cellulaire, je saurai m'occuper sans problème. C'est pour ça que je veux ce genre d'emprisonnement, Votre Altesse !
« J'assumerai l'entière responsabilité. »
« Mais, cela… ! »
Quand je le fixai en retour avec une résolution inébranlable dans les yeux, il claqua brusquement la bouche.
Responsabilités. La chose que tous les nobles haïssent par-dessus tout avec passion. Je l'ai soulevée le premier, et à en juger par les apparences, ce comte semblait prêt à laisser tomber l'affaire tranquillement maintenant.
« … Sir Ast, avez-vous vraiment confiance pour gérer les conséquences ? Pour assumer l'entière responsabilité ? »
« Oui. Sur mon honneur. »
Même si ce n'était que de nom, je suis devenu noble en commençant comme chevalier honoraire. Pas étonnant que le comte plonge dans de profondes réflexions quand j'ai brandi mon honneur. Mais cela signifiait qu'il n'a pas remarqué les expressions des subordonnés de la princesse impériale hurlant silencieusement…
« … Ce putain de taré va faire un truc de diiiiiiingue ! »
… Ou quelque chose comme ça.
Mouais, vous avez troooop raison. Je m'apprête à faire un truc dingue, d'accord.
Si j'étais un de ces nobles qui chérissent leur honneur par-dessus tout, j'aurais sacrifié ma vie pour protéger mon honneur, bien sûr. Mais j'étais un homme à tout faire de l'organisation maléfique où avoir moins d'honneur et de réputation était considéré comme un atout. En d'autres termes, j'étais prêt à jeter mon honneur dès que c'était commode pour moi.
Non, en fait… S'il vous plaît, quelqu'un, venez me prendre mon honneur déjà ! Vous, putains de nobles obsédés par l'honneur, qu'est-ce que vous foutiez pendant que quelqu'un comme moi s'échinait à gagner de l'honneur et de la gloire ?! Sérieusement, les mecs ! Foutez votre boulot correctement, nobles !
« Je vais… vous faire confiance, sir Ast. »
Le comte délibéra un long moment avant de finalement céder à ma demande. Dans le même temps, de longs gémissements jaillirent de notre entourage.
J'enchaînai vite. « Dans ce cas, partons tout de suite. »
« C-compris. »
Faut dire, comme on s'y attend d'un diplomate chevronné ? Ou peut-être qu'il a juste l'esprit vif ? Le comte semblait avoir réalisé que l'ambiance autour de nous s'était sacrément dégradée, et à en juger par sa mine, il voulait tardivement dire quelque chose à ce sujet. Mais je pris l'initiative le premier, ne lui laissant d'autre choix que d'acquiescer.
« Bon, tout le monde ! Direction la porte ! »
Le nom de cette opération était « Retraite de Wihwado » ! Oui, j'essayais de rejouer cette célèbre opération qui a mené à la chute de Goryeo et à la fondation de Joseon ! Et en plus dans le royaume de quelqu'un d'autre, s'il vous plaît !
« N-non, vous ne pouvez pas, monsieur ! »
« Si, on peut ! »
Nous ignorâmes les employés gérant la porte malgré leur résistance vocale et insistante, et sous la bannière de l'équipe d'investigation de l'empire, nous nous emparâmes de force de la porte de téléportation.
« C-cela va causer un problème diplomatique, monsieur… ! »
« C'est marrant, vous n'avez pas dit tout à l'heure que ce serait bien mieux pour nous d'utiliser la porte, baron Arulen ? Nous avons fait confiance à votre recommandation et sommes revenus tout ce chemin, vous savez ? »
« M-mais, c'est… ! »
Le responsable très prudent de la porte de téléportation, le baron Arulen, commença à pâlir de frayeur dès que je l'interpellai par son nom.
« Bon monsieur, dois-je comprendre que vous faisiez en fait des recommandations irresponsables aux envoyés de l'empire ? »
« N-non, ce n'est pas ça, sir Ast ! »
Ce type est coincé dans ce fin fond de son propre royaume à gérer des affaires similaires jour après jour. Pas étonnant qu'il ne puisse pas gérer un dingue certifié par l'empire comme moi.
Pendant que le baron Arulen restait là, incapable d'apporter un contre-argument, ses lèvres battant le vide comme un poisson rouge perdu, nous le laissâmes derrière nous et commençâmes à utiliser la porte de téléportation sans attendre sa permission.
« D'accord, alors ! Dépêchons-nous, tout le monde ! »
« Oui, oui… »
Bien que les réponses ne soient pas ce que j'appellerais « enthousiastes », cela ne pouvait pas être évité, maintenant, n'est-ce pas ? Il était crucial pour nous de bouger les premiers avant que la cour royale de ce royaume ne prenne vent de nos actions.
Je regardai les membres de mon équipe se faire transférer au cœur de ce royaume un par un, et ensuite…
« … Ah, c'est vrai. J'ai oublié que je ne peux même pas utiliser ces portes. »
Seul mon moi penaud resta planté là.
#26 Their circumstances: A certain sorcerer's circumstance
« Q-qui êtes-vous, vous gens ?! »
L'instant où nous entendîmes cette question fut celui où nous réalisâmes instinctivement que quelqu'un d'important parmi nous avait disparu.
« Pourquoi le coupable de ce plan n'est pas là avec noooous ?! »
Cependant, aucun de nous ne révéla sa propre confusion, qui était probablement au même niveau que celle des soldats de ce royaume nous accueillant.
« Mais, euh, personne ne nous a rien dit, cela dit ? »
Nous observâmes silencieusement leurs visages décontenancés et compatîmes intérieurement à leur tourmente. À cause d'un seul dingue, nous aussi, nous vivions un enfer en ce moment.
Quand nous émergâmes des explosions soudaines de lumière, les soldats et mages du royaume de Peleros nous accueillirent armes déjà tirées. Ils nous dévisageaient, leurs postures suggérant qu'ils attaqueraient dès que nous ferions un pas.
Merde, on est dans la merde, non ?
Je le savais ! Leurs soupçons et leur hostilité envers nous sont assez sérieux pour percer les cieux à l'heure actuelle ! Pourtant, ce dingue nous a dit de dire ça, alors au minimum… je devrais essayer.
« Vous osez attaquer l'équipe d'investigation de l'empire ?! C'était donc ça l'intention du royaume de Peleros depuis le début ! »
Je suivis les enseignements de mon supérieur, sir Ast, et m'appuyai diligemment sur le nom de l'empire. Il nous avait dit que plus nous nous appuyions sur le nom de l'empire, plus ce serait efficace. Alors, je m'y engageai sans hésiter.
« L-l'empire ?! »
« J'ai bien entendu que l'équipe d'investigation arriverait aujourd'hui, mais… n'avons-nous pas reçu un message disant qu'ils voyageraient par la route terrestre ? »
« Est-ce que l'information était incorrecte… ?! »
Était-ce parce que nous étions si imperturbables, si effrontément ouverts ? En plus, il me semblait qu'ils n'envisageaient même pas la possibilité que nous envahissions leur cour royale.
Ce n'était définitivement pas la manière acceptée de faire les choses. De plus, le travail de gestion de la porte de téléportation était un poste très confortable où on n'avait pas à se soucier de se faire virer à moins qu'il n'arrive quelque chose d'extraordinaire sous sa surveillance.
Ce n'était pas comme par le passé où la magie de transfert spatial était encore instable et un peu un pari. À moins que quelqu'un ne fasse une erreur en entrant les coordonnées, les choses ne devraient pas mal tourner avec cette magie de nos jours.
« M-montrez-nous la preuve que vous venez de l'empire ! »
Pendant que je pensais cela, un mage au statut assez élevé parmi les soldats s'avança et nous hurla dessus.
« La voilà. »
Alors, je sortis un jeton gravé de l'emblème de la cour impériale de ma poche intérieure.
« B-baissez vos armes ! »
Comme on s'y attend du responsable de la porte de téléportation. Était-ce parce qu'il avait croisé beaucoup de nobles venant d'autres royaumes, comme le type en charge du contrôle frontalier ? Un seul coup d'œil à l'emblème de l'empire suffit à le faire paniquer et à commencer à retirer ses troupes.
« Monsieur, vous pensez que ça marche ? »
« Ben, on pourra le dire en regardant leur réaction, non ? »
Qu'est-ce qui va se passer maintenant, je me demande ? Vont-ils analyser la situation calmement et essayer de nous fourrer tous en prison ? Ce serait…
« Permettez-nous de vous offrir notre bienvenue la plus sincère pour votre visite dans notre royaume de Peleros, ô braves guerriers de l'empire. Je suis Relkerra, marquis du royaume de Peleros servant comme son chancelier. »
… Ça aurait dû être la chose normale à faire, alors pourquoi prenait-il une telle position ?! Je veux dire, c'est le putain de chancelier ! Un putain de marquis, merde !
« Permettez-moi de réitérer, nous souhaitons la bienvenue aux envoyés de l'empire, notre nation alliée. »
Le marquis Relkerra, affichant un sourire chaleureux, commença à nous guider de la manière la plus courtoise imaginable.
… Qu'est-ce que c'est que ça ? Qu'est-ce qui prend à ce royaume avec sa patience profonde qui rivalise même avec celle des prêtres d'ordres religieux ??
#27 Their circumstance: A certain noble's circumstance
La diplomatie, c'est la guerre. Une guerre qu'on ne mène pas avec des lames mais avec des mots.
Même avant le début de la guerre…
Même après que la guerre a commencé…
Même après que la guerre prend fin…
Et même pendant que la paix d'après-guerre se poursuit…
La guerre qu'on appelle diplomatie continue, ininterrompue.
« Votre farce cette fois-ci a dépassé les bornes, comte Maures. »
Et le comte Maures, qui avait passé presque toute sa vie sur un tel champ de bataille, connaissait finement la personne juste devant ses yeux.
« La lumière de Peleros, le marquis Relkerra ! »
Le marquis Relkerra utilisait ses excellentes compétences diplomatiques, le don de la parole et une perspicacité acérée pour voir au moins un coup d'avance, agissant comme un pilier solide soutenant son royaume. Bien qu'il possédât assez d'influence politique pour faire pression sur le roi s'il le voulait, Relkerra mettait toujours le bien-être de son royaume en premier au lieu de gagner plus de pouvoir politique. Il était célèbre pour ne pas entrer dans une lutte de pouvoir avec la famille royale pour l'avenir de sa nation.
« S'il prend une décision, même le roi de Peleros ne peut la changer… »
Même si le royaume de Peleros faisait partie de la région centrale embrassée dans la grande guerre, il n'avait pas participé aux batailles jusqu'à présent.
Certes, Peleros était situé à la périphérie de la région centrale. Cependant, il choisissait encore de ne dépêcher aucune force de combat même alors qu'un royaume allié voisin était sous attaque. Ce qui signifiait que soit Peleros avait choisi d'abandonner ledit allié, soit il avait réussi à retarder sa participation au conflit via la diplomatie !
« Merdre… Baron Ast ! »
Et le comte Maures commença à engueuler mentalement le baron Ast. Eh bien, il devait maintenant gérer quelqu'un d'aussi redoutable que le marquis Relkerra tout seul, après tout ! C'est parce qu'Ast, dès son arrivée par la route terrestre, s'était précipité quelque part en disant qu'il irait vérifier l'état des restes.
« Ce putain de bâtard ! Un simple roturier qui a eu de la chance ! Comment ose-t-il brandir l'autorité de Son Altesse comme la sienne ! Je suis un comte, merde ! Même si vous êtes proche de Son Altesse, ça… Mm… Je suppose que c'est permis dans ce cas ? »
La première princesse impériale était une célébrité de sorts.
Le monstre de la cour impériale, la réincarnation de l'empereur fondateur, l'héritière de la lignée draconique, etc., etc…
Tous les modificateurs imaginables l'accompagnaient, mais au bout de tous, un surnom finissait toujours par s'infiltrer dans les conversations.
« … Une patiente atteinte de trouble de la personnalité. »
Ce n'était pas juste un trouble ordinaire, non plus. Même l'empereur actuel, un détenteur d'un pouvoir incroyable, devait céder à ses caprices. C'est à quel point elle était quelqu'un de problématique.
Toutes ces histoires sur le point d'être racontées avaient déjà atteint un statut légendaire.
On racontait qu'elle pouvait parler dès sa naissance. Ou, comment dire, qu'elle était devenue aussi forte qu'un maître d'épée à l'âge de dix ans ? Il y avait aussi une légende sur elle lançant sans incantation de la magie de haut niveau que seul un mage de niveau commandant pouvait utiliser.
Cependant, son surnom final, « la patiente atteinte de trouble de la personnalité », n'était pas une légende. C'était la réalité.
Le comte Maures se rappelait ce moment où il avait vu l'empereur actuel fermer sa bouche et faire ce qu'elle voulait. L'empereur était célèbre pour être strict, pourtant il fut rendu impuissant quand elle déclara effrontément : « Oh ? Alors je vais fuguer, tu sais ? Ou peut-être que je vais causer un énorme scandale ! »
C'était quand la princesse impériale n'avait que cinq ans.
Grâce à sa demande déraisonnable à l'époque, la plus jeune maître d'épée de tous les temps et l'un des talents les plus prometteurs du corps des chevaliers de l'empire, Reia Lil Areis, se fit kidnapper par elle. Et ce talent avait éclos en quelqu'un méritant le titre de Princesse de l'Épée, aussi !
« Marquis Relkerra, je vous assure que ce n'était pas mon intention. »
On dit que les oiseaux de même plume volent ensemble. Corbeaux et hérons ne voleraient jamais ensemble, pourtant. Le comte Maures était réticent à provoquer quelqu'un qui s'occupait de ses affaires – surtout quand cette personne se trouvait être un membre de l'entourage de la première princesse impériale, alors il décida de rejeter toutes les responsabilités sur le baron Ast sans aller plus loin.
La chose était que sa décision survint après qu'il eut entendu les évaluations des chevaliers et sorciers sous les ordres de la princesse impériale concernant le baron Ast. Ils le voyaient unanimement comme un « putain de taré fini » – une évaluation faite quand Ast n'était pas là pour les fusiller du regard !
« Hahaha ! Oui, je suis déjà au courant. Ce n'est pas notre première rencontre, comte Maures, alors comment pourrais-je ne pas savoir ? »
« … Hahaha, merci beaucoup ! Chancelier ! »
Maures subirait toujours quelques pertes lors de ses rencontres avec Relkerra, mais il n'y avait aucune raison de le souligner cette fois-ci.
Tant qu'ils pouvaient rire ensemble et enterrer cet incident sous le tapis… Ce serait le meilleur résultat pour tout le monde. L'impolitesse d'aujourd'hui était si grave qu'elle pourrait facilement dégénérer en rupture des relations diplomatiques entre deux nations.
« Comte Maures, si je puis me permettre, c'était un coup plutôt agressif. Honnêtement, j'ai été stupéfait quand j'ai reçu le rapport pour la première fois. Comme on s'y attend du confident réputé de Son Altesse Impériale… »
« Hein ? »
Le comte Maures ne put s'empêcher de pencher la tête face à ce que le marquis Relkerra ajouta en guise de suite. Cela sonnait comme la personne insultée qui faisait une haute évaluation de celle qui l'avait insultée.
« J'ai déjà compris les intentions de l'empire, sir Maures. Cependant, un test de cette nature est un peu trop cruel, alors je vous implore de nous donner un petit avertissement la prochaine fois. Je suis déjà bien vieux, et un tel événement qui fait arrêter le cœur n'est pas bon pour ma santé, voyez-vous. »
« Je ne suis pas sûr de ce que je peux faire pour le tenir en laisse, mais… je ferai de mon mieux pour le persuader à partir de la prochaine fois. »
Le comte Maures n'avait aucune idée de quelles étaient les intentions de l'empire et de quel genre de test avait eu lieu ici, mais tout ce qu'il pouvait faire pour l'instant était d'acquiescer lentement face au doux sourire du marquis Relkerra.
« Est-ce qu'une bataille diplomatique de haut calibre est en train de se jouer en ce moment ? Une qui est trop de haut niveau pour que je la remarque seulement ? »
Est-ce le cas où le bras droit d'un monstre est aussi un monstre ? Comme on s'y attend d'un homme connaissant une ascension sans précédent dans son statut, quelque chose qui n'était jamais arrivé dans l'histoire de l'empire !
« C'est trop tôt pour le dire, mais… Sir Ast pourrait-il être un vrai génie tactique, alors ? »
La première princesse impériale n'avait que cinq ans quand elle a percé le talent de la plus jeune maître d'épée de l'histoire, Reia Lil Areis. Cinq ans… Assez jeune pour être encore appelée un bébé, même si elle était membre de la famille impériale !
Et quelqu'un comme ça avait personnellement choisi Ast.
Le comte Maures commença à sérieusement se demander si chaque petite chose dingue qu'Ast avait faite sans prévenir ne portait pas une signification bien plus profonde derrière elles.
« Exact. Le peuple ne peut apparemment pas reconnaître les génies, non ? Dans ce cas, il pourrait être… ! »
C'est arrivé alors.
« Seigneur Chancelier, monsieur ! »
Un coup décisif atterrit juste au moment où le comte Maures commençait à mijoter la théorie d'Ast étant un génie certifié.
« Le baron Ast de l'équipe d'investigation a découvert des informations sur les coupables, mon seigneur ! »
« Quoi ?! Déjà ?! »
Ouais, cet homme était bel et bien un génie. C'est la conclusion à laquelle le comte Maures était parvenu.