« Merci pour tout votre travail, monsieur ! »
« Non, ce n'est rien ! »
« Ce fut un honneur de vous rencontrer, Sir Héros ! »
Snap, clack !
Comme on s'y attend de la part de la ligne de front face à la menace de la race démoniaque, chaque soldat que nous croisions avait une discipline militaire parfaitement ancrée.
Mais, même pour de tels soldats, le héros était un objet d'envie !
Non, laissez-moi clarifier. Ruibella l'Alliance des Cités était réputée pour traiter les héros mieux que n'importe quel autre royaume sur le continent.
Bien avant que l'Alliance des Cités n'ait même été envisagée, la guerre contre la race démoniaque était à son paroxysme le plus brutal. Ruibella était au bord de l'écrasement, mais plusieurs héros unirent leurs forces pour la sauver en battant le roi démon. D'où le traitement préférentiel dont bénéficient les héros encore aujourd'hui.
En ce lieu, de nombreux héros ont combattu ensemble, et tout autant sont tombés.
Pour honorer tous les héros tombés, chaque cité de l'Alliance a érigé des monuments à leur gloire. On enseignait aux habitants dès le plus jeune âge qu'ils n'avaient pu survivre que grâce aux sacrifices de tous ces braves héros.
C'est pourquoi même ces héros autoproclamés, non reconnus par les ordres religieux, pouvaient obtenir un bon traitement dans l'Alliance des Cités tant qu'ils étaient connus ou avaient accompli de grands faits d'armes par le passé. Oui, c'était le Paradis des Héros !
Et le héros qui recevait le plus d'attention sur le continent en ce moment était ce gamin qui était avec moi – Swinn, détenteur du grand titre de tueur de dragon.
Et ce héros était en train… !
« Grande sœur jolie ? Cet oppa est un pervers, non ? » [1]
« Mm. Probablement. »
Il était actuellement sous la « surveillance » de la batte en métal tout en étant traité comme un pervers par ma fille.
« H-hey, attends… ! »
« Chère Alice ? Écoute, tu ne dois pas t'associer à un pervert comme lui, d'accord ? Je venais juste de mettre mon pyjama et je m'apprêtais à me coucher, mais il m'a soudainement invoquée sans aucun avertissement. C'est un pervers dangereux comme ça. »
« Hiiik ?! Ordure ! Pervers ! Pédophile ! C'est une larve irrécupérable ! »
« …Euh, Alice ? Qui t'a appris à dire des trucs comme ça ? »
« Papa a dit que je dois crier comme ça quand un pervers apparaît, tu vois. Oh, et… »
« Et ? »
« Il a dit que je dois laisser grande sœur Aru punir les pervers comme ça ! »
« H-hey, attends une putain de seconde ! »
« Comme prévu de ma petite sœur ! Tu te souviens bien de tes leçons ! »
« Ah, aaaah… »
La magie d'annulation du bruit avait été délibérément désactivée dans la calèche, me permettant d'entendre les hurlements du gamin héros.
Il n'y avait personne autour de nous, mais nous étions encore près de l'entrée d'une ville, et quelqu'un avec une bonne ouïe aurait pu être dans les parages. Dans ce cas, devrais-je accélérer un peu ?
« Allons-y, Brownie et Nouveau Brownie ! »
Hiiiiiiii !
Mon fouet leur claqua sur le croupion, faisant hennir bruyamment Brownie et Nouveau Brownie, achetés dans un village proche.
Le nouveau cheval n'était pas aussi bien dressé que Brownie, mais c'était quand même la meilleure race de ce village, et nous l'avions payé cher. Ainsi, nous commençâmes à avancer à un bon train.
« Kuwaaahk… »
« Grande sœur, le pervers a été vaincu ! »
Avec le bruit de l'âme de quelqu'un quittant son corps, la voix amusée de ma fille sortit de la calèche.
« M-mouais… C'est incroyable… »
Numéro 17 usa de sa voix tremblante pour louer ma fille à son tour.
On aurait dit qu'elle avait eu peur après avoir vu une personne se faire tabasser par la batte en métal juste sous ses yeux.
« Mm ! Je le savais, grande sœur Aru est vraiment incroyable ! »
« Toi aussi, tu es incroyable, petite sœur ! »
« C-c'est vrai ! Alice est incroyable, elle aussi ! »
Hnnnng~
Ma fille fredonna joyeusement avant d'éclater d'un rire cristallin. Je pouvais dire qu'elle appréciait beaucoup Numéro 17. En fait, je commençais à m'inquiéter en la voyant appeler mon ancienne disciple « grande sœur ! » et devenir trop proche d'elle !
Je commençais à être nerveux à l'idée qu'à ce rythme, Numéro 17 pourrait aussi tomber sous le charme diabolique de ma fille.
-Je ne pense pas que ça arrivera, maître.
-Non, c'est possible avec le charme diabolique de ma fille. Alors, garde un œil, veux-tu ? Et assure-toi de surveiller correctement le gamin héros, aussi !
-Mm… Ton inquiétude pour ça est un gaspillage encore plus grand, non ? Les chances que ma petite sœur en vienne à aimer le héros devraient être proches de zéro pour cent, je crois ?
Les chances frôlant le zéro pour cent étaient le vrai danger ici.
Le truc avec un chanceux, c'est qu'il obtiendra quand même ce qu'il veut d'un tirage gratuit avec 0,1 % de chances dans un gacha pay-to-win. Alors qu'un malchanceux avec dix fois plus de chances n'obtiendra jamais ce qu'il veut même après y avoir claqué tout son salaire mensuel !
-…Pas sûr de ce que tu racontes là, maître, mais pourquoi tu as pris les exemples de 0,1 et 1 % ? Ce ne devrait pas être plutôt 0,1 % et 10 % quand on parle de ce genre de trucs ?
-C'est pour le réalisme.
Historiquement, les taux de tous ces jeux gacha étaient en dessous d'un pour cent.
Les développeurs de jeux maléfiques baissaient les taux jusqu'au plus bas chiffre possible, puis manipulaient encore le système pour s'assurer que vous n'obtiendriez jamais cet objet que vous vouliez tant. La situation était si mauvaise qu'il était mystifiant de voir quelqu'un gagner quelque chose !
C'est pourquoi nous devions être attentifs… non, doublement prudents puisque les chances que ma fille craque pour le héros n'étaient pas un zéro absolu !
Depuis la nuit des temps, on trouve souvent ces histoires… Des histoires où, au premier chapitre du premier volume, une princesse chevalier aux yeux rouges se fait voir nue par le protagoniste et se met à l'appeler pervers, pour ne tomber un peu amoureuse de lui qu'à la seconde moitié du volume !
Ma mignonne fille entourée d'une aura rose-rose avait déjà maxé son « pouvoir d'héroïne » à présent, donc ouais, il fallait qu'on garde notre sang-froid !
-Aaaaah, on dirait que ma petite sœur ne se mariera jamais à ce rythme… C'est triste. Bien que, même moi, je n'aime pas l'idée qu'elle épouse ce héros pour une raison quelconque.
Kku-ueck…
Le héros poussa un cri rappelant une écrase de grenouille. Ma fille gloussa de plaisir.
Et ainsi… le héros hurla comme ça environ trois fois, je crois ?
Grâce au héros qui hurlait une fois par jour sans faille, nous établîmes la règle : un jour = un cri. Et cela m'aida à calculer que nous voyagions depuis trois jours.
Et à la fin du troisième jour, nous atteignîmes enfin notre destination.
« …La cité finale, Burbelion. »
D'après les dires, chaque résident ici était un combattant d'élite rivalisant avec ce que l'Empire pouvait produire. Ce territoire, pas plus grand qu'un comté dirigé par un comte d'un royaume ordinaire, possédait déjà huit maîtres d'épée et cinq archimages. En d'autres termes, son rôle était censé être le bouclier le plus fort de l'humanité !
-…Mais maître, c'est bizarre, non ?
-Ben ouais. Pourquoi le bouclier le plus fort de l'humanité est-il moins bien que Yugrasia ?
J'avais ce sentiment que les élèves de Yugrasia pourraient facilement submerger cet endroit avec leurs seules forces, sans l'aide des professeurs.
Une fois cette pensée ancrée dans ma tête, les remparts fortifiés prétendument teintés de cramoisi par le sang des démons ressemblèrent à de simples murs de briques avec un peu de peinture rouge. Pendant ce temps, les citoyens ordinaires de Burbelion, prétendument assez forts pour battre trois soldats d'autres royaumes, ressemblaient littéralement à n'importe quels citoyens ordinaires à mes yeux.
-Je le savais, l'Empire est le dingue.
-Pas du tout, plus correctement, seulement les endroits qui ont des liens avec toi, maître.
Quand tu le mets comme ça, on dirait que tout est de ma faute et ça me fait un peu mal, tu sais ?
Hé, je n'ai rien fait de travers, bon sang !!
« Halte ! Arrêtez votre calèche, maintenant ! »
Quand nous approchâmes des portes, deux soldats en alerte maximale pointèrent leurs lances sur nous et réduisirent la distance. Dans d'autres cités, les gardes n'auraient pas menaçamment pointé leurs armes et marché vers les voyageurs, mais au-delà des remparts fortifiés se trouvait la frontière séparant le côté humain du côté démoniaque du continent.
En termes simples, c'était essentiellement la Ligne de Démarcation Militaire !
Une personne ordinaire n'aurait aucune raison de passer la porte, en d'autres termes. Cependant, nous avions une bonne raison en ce moment, donc…
« Bonjour. Je suis l'agent de la Déesse de la Nature, le Héros Swinn. »
« Quand vous dites que vous êtes le Héros Swinn… Seriez-vous LE tueur de dragon, Sir Swinn ? »
« Celui qui a combattu seul contre un dragon pour sauver la princesse du Royaume de Neidon ! »
Les yeux des deux gardes s'écarquillèrent au maximum.
Même s'il y avait une certaine distance entre ici et Neidon, de penser qu'ils réagissaient encore ainsi !
« Il semble que la nouvelle se soit répandue dans tous les coins du continent. Ce qui veut dire que tu ne pourras pas éviter le destin du mariage dès qu'on t'aura appréhendé, mon disciple. »
« Kuh-huk… »
Juste au moment où l'un des gardes s'enfuyait vite fait pour appeler son commandant, le gamin héros lâcha un petit souffle de tristesse.
Il devait l'avoir senti maintenant.
Nous étions à Ruibella l'Alliance des Cités, où la guerre contre les démons primait sur tout. En plus de cela, ces gardes appartenaient à Burbelion, le bastion le plus proche de la frontière tenant les démons à l'écart.
Donc, si ces gens connaissaient les exploits du héros, cela indiquait que tout le continent connaissait déjà l'histoire d'amour entre lui et la princesse.
« Il faut que tu réfléchisses, mon disciple. Si c'est Mirua, elle est parfaitement capable de te livrer à la princesse si le Royaume de Neidon lui présente une cuisine spéciale et appétissante. »
« Cette condition d'échange est un non-sens total, mais ça sonne vachement plus convainquant à cause de l'implication de Mirua, instructeur. »
« Je me demande. Est-ce que ça restera vraiment juste un non-sens convaincant et rien de plus ? »
« Je souhaite ardemment le croire, mais j'ai une peur bleue qu'elle me livre vraiment ! »
Le héros répondit d'une voix légèrement plus forte, incitant le garde qui nous surveillait à une certaine distance à s'approcher. « Il s'est passé quelque chose, messieurs ? »
« Non, ce n'est rien d'important. »
Le garde nous dévisagea avec une once de suspicion dans les yeux, mais peut-être grâce au traitement favorable réservé aux héros, il finit par retourner à son poste sans trop soupçonner.
« …Tout ça, c'est de ta faute, instructeur. »
« T'as fourré ta tête le premier, disciple. En plus, tu te fais poursuivre par un simple petit royaume du nord. Moi, c'est par l'Empire. L'Empire ! »
Mentionner l'Empire fut efficace pour clouer le bec au gamin héros.
« Je vous demande pardon, mais êtes-vous le héros, Sir Swinn ? »
« Oui, c'est moi. »
Cependant, il dut bientôt rouvrir sa bouche fermement close. C'est que le garde parti plus tôt revenait avec son commandant.
« Je suis le Baron Burbelion, actuellement chargé de gérer la porte, monsieur. »
« Burbelion ? Ça veut dire… ? »
« Ah, non. C'est pas aussi grandiose que vous pensez, Sir Héros. Tous les commandants chargés de gérer les portes se sont vu accorder le nom de Burbelion, voyez-vous. »
Ce nom de famille n'est pas seulement votre nouveau nom, c'est aussi le badge de votre honneur et de votre vie même – ou ainsi s'exprima le commandant sur la signification de son nom.
Il continua d'une voix noble et sombre. « Du point de vue de la race démoniaque, cette cité serait la première cité humaine. Cependant, chaque soldat de Burbelion… Non, chaque résident ici comprend parfaitement que le moment où cette cité tombe, les démons commenceront à fouler le continent humain. C'est pourquoi nous appelons ce territoire la cité finale, monsieur. »
Des indices de fierté commencèrent à emplir la voix de l'officier, et le héros acquiesça. « Vous êtes des guerriers incroyables. »
« Hahaha. Eh bien, nous ne sommes que de misérables petits amateurs comparés à Sir Swinn qui a vaincu un puissant dragon pour sauver une belle princesse. »
La preuve d'être un héros – l'épée sacrée, la lumière dorée de l'épée et même l'emblème de l'ordre religieux – avait été confirmée à ce stade de l'inspection. Ce devait être pour cela que l'expression du Baron Burbelion était remplie d'autant de bienveillance à cet instant.
« Regrettablement, même si vous êtes un héros de tels accomplissements, vous avez encore besoin d'une très bonne raison si vous souhaitez passer par cette zone, monsieur. »
Cependant, ce qu'il dit ensuite n'avait pas la moindre once de bienveillance ou de considération.
« Même si vous êtes le héros, monsieur, cet endroit est la ligne de front contre la menace démoniaque. Nous ne pouvons pas ouvrir les portes à la légère, monsieur. »
Depuis l'Antiquité, on pouvait plus ou moins jauger le niveau des soldats en regardant leurs commandants.
Cet homme n'était même pas le seigneur féodal de cette cité. Cependant, même un noble de bas rang chargé de gérer les portes était déjà aussi dur, donc on pouvait supposer sans risque que personne dans cette cité n'accepterait de pots-de-vin.
Je me dis qu sans le héros pour nous accompagner, traverser cette porte aurait pu s'avérer passablement embêtant.
Était-ce le cas du proverbial bon côté des choses ou quelque chose comme ça ?
« Je vois. La raison pour laquelle je suis venu ici est… » Le héros commença à réciter le scénario que nous avions concocté à l'avance.
Ce qui incluait : il avait reçu un oracle de la Déesse de la Nature, et il devait simplement aller au-delà de cette porte pour éliminer la menace de l'autre côté.
Et que cette aventure prendrait pas mal de temps.
Il insista sur le fait que nous devions aller de l'autre côté pour éliminer la potentielle menace démoniaque.
Et enfin…
« Et nous avons déjà reçu la coopération de l'Empire Karuan, en plus. »
« Oui, c'est exact. »
Step-
Numéro 17 descendit de la calèche, puis acquiesça pour réaffirmer ce « fait ».
« Et vous êtes… ? »
« Je suis Ria el Nermia, Sir Baron. »
« Pourrait-ce être… ! La deuxième fille de la Maison Nermia et la maîtresse du Grand Démon de Feu ?! »
Oh ?
Pour une raison quelconque, les murmures des soldats étaient bien plus forts cette fois comparé à quand le héros s'était présenté plus tôt.
Comme prévu du pouvoir d'une belle femme, alors.
Puisqu'elle avait l'air misérable en pyjama, je lui avais acheté quelques vêtements sympas, et du coup elle avait l'air assez soignée pour donner une première impression favorable.
En effet, ça valait le coup de faire l'effort de sélectionner des disciples avec de la gueule, non !
« Oui. C'est la volonté de mon seigneur… Son Altesse la Princesse Impériale. »
Numéro 17 hésita un peu en mentionnant la Princesse Impériale, mais la batte en métal sortant de la calèche avec elle tirailla silencieusement sa manche, l'incitant à reprendre le jeu comme si de rien n'était.
Comme prévu de mes disciples. Avec votre jeu d'acteur si bon, vous pourriez probablement gagner votre vie dans n'importe quel domaine !
« L'Ordre de la Nature et même l'Empire… ? »
Même si c'était Ruibella l'Alliance des Cités, ignorer l'Empire Karuan qui apportait un soutien considérable était une chose folle à faire.
Pas seulement cela, mais même un oracle de Déesse destiné à aider l'humanité s'ajoutait par-dessus. Alors, comment un noble de bas rang pourrait-il empêcher ce groupe d'avancer !
« Nous avons besoin de la permission du seigneur pour ouvrir les portes. Est-il possible pour vous et vos compagnons d'attendre un petit moment, monsieur ? »
Le Baron Burbelion demanda cela avant de partir pour quelques minutes. Il revint bientôt, toutefois, accompagné cette fois d'un gaillard un peu plus grand et musclé.
« Je suis le marquis en charge de Burbelion, Sir Héros. »
Cet individu saluant respectueusement le héros réussit même à me surprendre un peu.
Le gardien qui protégeait la cité finale, Burbelion !
Bien que ce ne soit pas un vaste territoire, sa caractéristique unique faisait que praticamente tous les royaumes du pays reconnaissaient le marquis. Mais, plutôt inadapté à son statut, cet homme ressemblait presque à un mercenaire à louer.
« Si c'est la volonté insondable de la Déesse de la Nature et le courage inébranlable du héros marchant sans peur dans les terres des démons maléfiques, alors bien… Même ces démons insidieux ne pourront pas vous arrêter, ô brave héros. Je prierai pour votre fortune à la guerre. »
Ce type n'avait aucune des réactions habituellement affichées par la majorité des autres nobles. Non, il était courtois. D'une courtoisie absolue.
Chacun de ses actes et gestes empli de respect envers le héros, le marquis ordonna aux soldats d'ouvrir la porte.
-Maître, tu ne ressens aaaaaucun pincement de culpabilité en voyant toutes ces gens vivre sincèrement leur vie ?
-Pas du tout. Tout ce à quoi je pense, c'est à quel point ce serait facile de leur faire un coup fourré.
-Mais où t'as foutu ton humanité… ?
Ce gamin de batte en métal ? Elle ne cessait de ressortir mon humanité récemment, et ça commençait à m'agacer un peu, mais pour l'instant, quitter cet endroit était la priorité.
Pour prévenir toute situation inattendue, je postai la batte en métal encore plus près du héros et de Numéro 17.
« Merci pour votre considération. »
Les portes s'ouvrirent en grand, et mes deux disciples remontèrent dans la calèche. En tant que leur « cocher », je les remplaçai pour exprimer notre gratitude aux soldats avant de sortir par la porte ouverte.
THUD !
Les portes se refermèrent brutalement juste après que la calèche eut franchi les portes. Je jetai un coup d'œil à l'entrée derrière nous un moment avant de reporter mon regard vers l'avant.
« …C'est pareil, non ? »
Malgré son surnom de frontière contre la race démoniaque, les choses ne me semblaient pas si différentes.
Le paysage blanc recouvert par la neige qui tombe ; les arbres sans feuilles visibles çà et là n'ajoutaient qu'au sentiment de désolation.
« Alors, à partir d'ici… c'est le continent des démons, c'est ça ? »
C'est ainsi que je posai le pied sur la terre des démons.
[1] : En Corée, les femmes utilisent « oppa » pour désigner leurs « frères aînés » ou leurs homologues masculins plus âgés.