On dit souvent que l'automne est la saison de la lecture.
Ni trop chaud, ni trop froid.
Est-ce parce qu'il fait bon lire dehors dans le vent frais d'automne ?
Mais l'automne est aussi connu comme la saison de la gourmandise.
Est-ce parce qu'il y a beaucoup de festivals en automne auxquels même les roturiers peuvent assister ?
Ou cela signifie-t-il la gourmandise comme récompense pour notre dur labeur sous la chaleur estivale ?
Je peux répondre à cela.
Pour une raison simple.
La raison pour laquelle l'automne est la saison de la lecture.
La raison pour laquelle l'automne est la saison de la gourmandise.
C'est parce que !
« L'automne, c'est la saison des récoltes ! »
« Récolte ! »
À mes mots, Ellis, qui récoltait des pommes de terre avec des coups de poignet habiles, bondit soudain et cria avec moi.
Bien qu'elle imitât la batte en métal, c'est très bien cette fois parce qu'elle est mignonne !
« Oui, c'est exactement ça. Tout ce qui arrive en automne est lié à cette récolte. »
« Temps de récolte, meilleur temps ! »
Ellis fit un bruit d'effort en s'étirant le dos, et reprit ses pommes de terre.
Même si c'est une enfant, Ellis est déjà une fermière vétérane !
Au moment où elle tapota les pommes de terre avec sa houe, elles sembrèrent ramper hors du jardin pour atterrir dans ses mains toutes seules.
« Et si tu veux faire quelque chose, il faut d'abord remplir ton ventre. Au printemps, il faut semer les graines, et en été, il faut faire la guerre aux mauvaises herbes. Donc pas le temps de lire des livres ou de manger ! »
« Je déteste les mauvaises herbes…… »
Ellis fit la moue en canalisant son ressentiment pour les mauvaises herbes dans sa houe.
La vitesse à laquelle les pommes de terre sortaient augmenta.
Les mauvaises herbes sont puissantes.
Pour un fermier débutant, ça ressemble à de l'herbe ordinaire, mais les mauvaises herbes sortent la tête absolument partout.
Jour après jour, après jour, après jour.
À chaque fois qu'on leur arrachait la tête et qu'on les déracinait entièrement, le lendemain elles se montraient dans un autre endroit.
Il n'y a pas de fin à la guerre contre les mauvaises herbes.
Elles apparaissent n'importe où, et existent n'importe où.
Le seul moment où la guerre finit, c'est pendant l'hiver où il ne se passe rien.
Et ce n'est même pas une fin définitive !
C'est simplement un cessez-le-feu jusqu'à l'année prochaine !
« Attends, ce n'est pas le sujet. »
« Papa, tes mains sont lentes. C'est bien de parler, mais continue à travailler ! »
Je me faisais gronder par ma fille qui avait, à un moment donné, déterré plus de pommes de terre que moi.
« On ne peut accomplir les choses que le ventre plein. »
« Mmm, être rassasié, c'est bien. »
« La lecture n'est possible qu'avec de la nourriture. On dit que les livres sont la nourriture de l'esprit, mais ils ne remplissent pas le ventre. »
« Les livres, c'est ennuyeux. L'agriculture, c'est plus amusant ! »
Ohô, comme elle est adorable en fille de fermier.
« Mais pour que ce soit appelé la saison de la gourmandise, il faut des choses à manger. Si tu as faim, tu n'es pas gourmand, tu cherches simplement quelque chose à manger. »
« Et donc l'automne est la saison des récoltes ! C'est ce que tu dis, Papa ? »
« Oui ! »
Ma petite fille releva la tête.
Dans ses yeux, des traces de dédain.
« Alors au travail. »
Ma fille pointa une fois les pommes de terre qu'elle avait déterrées, puis une fois celles que j'avais déterrées.
Il y en avait presque deux fois plus dans sa pile que dans la mienne.
« Désolé. »
« T'as déjà dit ça la fois d'avant ? »
« Je ferai de mon mieux ! »
Elle soupira comme une fermière, agissant contrairement à son âge.
« C'est Papa qui a dit qu'il fallait récolter au moins la moitié pour qu'il n'y ait pas de problème avec nos plans. »
« Oui ! »
La vitesse de la houe dans ma main s'intensifia.
« Il faut finir les pommes de terre dans la semaine, et récolter le maïs et le blé aussi. »
« Ou, oui, il le faut ! »
« J'ai travaillé dur même en parlant avec Papa, alors pourquoi Papa n'a pas fait de travail pendant qu'il parlait ? »
« Je ferai de mon mieux ! »
Ce n'est pas moi qui me fais gronder par ma fille.
C'est simplement un fermier qui en critique un autre.
Déterrant des pommes de terre tout en disant ça, ses talents de fermière qui me dépassaient déjà me firent presque peur pour l'avenir.
« Allons-y ! »
« Oui ! »
Thump ! Thump !
Le bruit des houes frappant le sol résonna dans le champ sans plus de paroles.
Oui, c'est la saison des récoltes.
Mais bientôt l'hiver, la saison du froid, sera sur nous.
L'hiver, c'est froid. J'veux pas sortir.
Pour ne pas sortir, il faut préparer le bois de chauffage et la nourriture à l'avance.
L'automne est la saison des récoltes, mais il y a tant de choses à préparer qu'on pourrait l'appeler la saison de la préparation.
« Penser que je devrais préparer l'hiver ici, aussi. »
Je croyais que je n'aurais plus jamais à préparer l'hiver après ma libération du service militaire.
« C'est dur pour nous si on ne prépare pas l'hiver. L'an dernier, c'était dur aussi parce qu'on n'avait pas assez de bois. »
« C'est pas qu'on n'avait pas assez de bois…… »
« Si ! On n'en avait pas assez ! On n'avait pas assez de bois juste parce qu'on a fait des patates rôties et des patates douces rôties(1) quelques fois ! Donc cette année, il faut préparer assez de bois pour les patates rôties et les patates douces qu'on va cuisiner pendant l'hiver, aussi ! »
Mes petites gourmandes augmentaient ma charge de travail par un fort désir de nourriture. Juste où avaient-elles pris ces mauvaises habitudes ?
— Du bois pour l'hiver ? Les montagnes en regorgent, c'est quoi l'problème si on en prend !
— C'est ma grande sœur !
Bien sûr qu'il n'y en aurait qu'une.
Il n'y avait aucune trace de quelqu'un qui nous pistait, et la batte en métal était d'une inutilité extrême pour la garde d'enfants, au point que j'envisageais de la sceller dans le hangar.
« D'accord. Alors pour faire ça, il faut qu'on ait récolté toutes les pommes de terre d'ici la fin de la journée. »
« Mmm ! »
Quand deux fermiers expérimentés mettent leur esprit à la récolte, il ne fallut pas longtemps pour que la caisse en bois se remplisse de pommes de terre.
« Voilà, le quota du jour est fait ! »
« Fini, fini~ »
Ma petite fille qui faisait « ouïe, ouïe » en se tenant le dos et en se penchant en arrière avait l'air bien fiable.
« Alors la promesse ? »
« D'accord, aujourd'hui… c'est poulet ! »
« Snif…… Je suis contente d'être en vie. »
Ellis aime le poulet frit très, très fort, au point où je me demandais si elle n'avait pas du sang coréen en elle.(2)
J'aurais voulu lui cuisiner un poulet par jour, mais pour son avenir, c'était encore trop tôt pour Ellis parce qu'elle était en période de croissance.
« D'accord, maintenant on va mettre nos pommes de terre au hangar et aller au village acheter des poulets ? »
« Mmm ! Grande sœur sera contente qu'on ait fini tôt, aussi ! »
Tch, j'aurais pu passer du temps de qualité seul avec ma fille pour la première fois depuis un moment.
Il semblait que ma douce fille voulait emmener cette fichue batte en métal avec nous aussi.
« Je suppose qu'on devrait. »
« Mmm ! Grande sœur sait pas faire l'agriculture alors elle garde la maison tous les jours ! Être seule, c'est ennuyeux ! »
« Ellis est une bonne fille. »
« Mmm, Ellis est une bonne fille ! »
Je tapotai inconsciemment la tête d'Ellis avec ma main sale de terre.
Une fille normale se serait mise en colère que ses cheveux soient salis, mais en fermière brillante qu'elle était déjà, Ellis était à l'affinité MAX avec la terre et gloussa simplement de bonheur.
« Allons-y ! »
« Mmm ! »
Après avoir revérifié qu'Ellis avait bien les fesses posées sur le chariot qui portait nos pommes de terre, je commençai à tirer le chariot dans la direction de la maison.
Trois ans depuis qu'on s'était installés dans un village rural endormi, et c'était une vie très satisfaisante.
#2 Leur histoire : L'histoire d'une certaine fille.
« Oh ! Ellis ! Tu es venue faire les courses avec ton Papa ? »
« Oui ! Grande sœur est avec nous aujourd'hui, aussi ! »
La tante qui vendait des brochettes au marché sourit en nous voyant arriver.
« Oh, Aru est là aussi ? »
« Mmhm, Aru est là ! »
Grande sœur n'a pas souvent l'occasion de sortir.
Papa est gentil mais très strict envers grande sœur et il n'aime pas quand elle sort.
Il empêche grande sœur de quitter la maison en disant des trucs bizarres comme la paix du monde serait mise en danger juste par sa sortie.
« C'est bien, c'est bien. Tante est contente de voir toutes les petites filles de monsieur Mellen réunies pour la première fois depuis un moment. Tiens, voilà, un cadeau. »
« Merci beaucoup ! »
« Meci beaucoup ! »
Quand tante tendit deux brochettes, grande sœur dit merci très vite et les prit.
« Hé, hé…… »
Papa n'aime pas recevoir la charité des autres.
Mais les brochettes, c'est de la viande.
C'est bon.
Je sais que Papa nous cuisine de la viande plus souvent qu'aux autres familles mais il n'y en a jamais assez.
« Combien c'est ? »
« Maintenant, monsieur Mellen. Je leur ai juste donné les parties rejetées qui valent pas la peine d'être vendues. Considérez ça comme un petit service pour toutes les fois où vous achetez chez moi. »
« Mais…… »
« Chéri, monsieur Mellen est si têtu. »
Pendant que Papa discutait avec tante, son portefeuille ouvert, les brochettes avaient toutes disparu dans nos ventres.
Papa pourrait nous gronder pour ça plus tard mais l'attrait de la viande est trop fort !
« Elle a dit que c'était gratos. On a un truc à faire alors dépêchons-nous ! »
Grande sœur tira sur le pantalon de Papa.
Papa fronça légèrement les sourcils mais soupira, dit à tante qu'il achèterait plein de brochettes chez elle à l'avenir et se mit à marcher dans le marché pour acheter des poulets.
« Ellis. Ne copie pas ta grande sœur juste parce qu'elle fait quelque chose. »
« Je suis désolée…… »
Papa me caressa la tête sans un mot à mes excuses.
« Héhé~ »
La main de Papa est grande et dure mais ça fait vraiment du bien.
« On est arrivés, la boutique de poulets ! »
« Oh ma, c'est Aru ? Ça fait un moment ? »
Pendant que je m'imprégnais de la sensation de la main de Papa, on arriva à la boutique de la tante qui vendait des poulets.
« Oh ma, monsieur Mellen. Vous êtes encore là ? Vous achetez beaucoup de poulets chez moi. Vous devez être doué pour les plats de poulet. »
« C'est plus que j'aime ça plutôt que d'être doué, madame Rechell. »
« Le poulet de Papa, c'est le plus fort ! »
« Mmm, poulet invincible ! »
« Je sais pas c'que c'est, mais ça doit être vachement bon. »
« Mmm mmm ! »
J'acquiesçai fortement aux mots de la tante poulet.
Le poulet frit, c'est le plus fort. Il est invincible.
C'est l'aliment le plus fort que rien au monde ne peut battre.
Son croustillant inimaginable ne peut même pas être comparé de loin au poulet rôti ordinaire.
Et puis, au moment où j'atteins la viande de poulet cachée sous le revêtement frit, je suis frappée par un sentiment inimaginablement puissant.
Encore plus que quand je récolte les cultures pour lesquelles j'ai tant travaillé !
Et quand la sauce spéciale maison de Papa est ajoutée par-dessus, je ne peux plus m'échapper de l'aliment magique qu'est le poulet frit.
Le poulet de Papa est parfait.
Il est parfait tel quel.
Mais quand la sauce de Papa est ajoutée à cet aliment parfait, elle le transforme en quelque chose de complètement différent.
Le poulet frit est déjà parfait tel quel.
Mais il est encore parfait quand la sauce fait un virage à 180° sur son goût.
Signifiant, un nombre de plats parfaits égal au nombre de sauces peut être créé.
Le poulet frit de Papa est un aliment dont je ne me lasserai jamais, qui restera toujours délicieux même si je le mange tous les jours !
Hourra pour le poulet frit !
« Ç, ça a l'air vachement délicieux. »
« Ellis, bave. »
Grande sœur chuchota à mon oreille pendant que tante poulet disait ça.
« Gloups. »
La bave qui s'était accumulée dans ma bouche avait commencé à couler sans que je m'en rende compte.
Heureusement, il semblait que Papa n'avait pas remarqué parce qu'il était occupé à choisir quels poulets acheter.
« Merci, sœur. »
« De rien, c'est rien. »
Papa est gentil mais il est très très strict quand il me gronde.
Je sais pourquoi il me gronde mais ne pas être grondée, c'est encore le mieux.
Papa en colère, c'est effrayant !
« Celui-ci, celui-ci et celui-là devraient être bien. Ah, celui-là aussi. »
« Quatre au total. »
« Parce que les poulets, c'est toujours ! » « Un poulet par personne ! »
Grande sœur et moi criâmes naturellement aux mots de tante.
Le poulet, c'est toujours un poulet par personne !
Frit, rôti, bouilli, tout le monde devrait avoir un poulet par personne.
Comme ça, pas de bagarres.
Tout le monde veut les cuisses, mais personne ne veut le cou.
Mais si tu cuisines un seul poulet, quelqu'un a les pattes, et les autres ont le cou ou le blanc.
Bien sûr le blanc de poulet est bon, aussi.
C'est facile à manger parce qu'il n'y a pas d'os.
Mais il y a un monde de différence massive entre ça et les pattes ou les ailes.
C'est pour ça que les bagarres éclatent.
Le poulet, c'est un aliment aussi important !
Mais si c'est un poulet par personne, tous les problèmes peuvent être résolus.
Tout le monde peut profiter de son poulet en paix.
« C'est pour ça que quatre ! »
« Pour que un poulet par personne puisse quand même marcher même si le papi d'à côté en vole un ! »
Le papi qui habite à côté vient chez nous assez souvent.
Et à chaque fois, il vole une partie de la cuisine de Papa, qui est précieuse pour nous.
Même si je sais que la cuisine de Papa est si bonne qu'on peut pas lui en vouloir, ça nous empêche pas de mal regarder le papi toujours gentil.
Gâcher le un poulet par personne, c'est un truc qu'on ne peut pas pardonner même au papi d'à côté.
« Ahaha, donc le vieux Steon mange aussi avec vous ? »
« Papi débarque comme un fantôme chaque fois que Papa fait du poulet frit pour nous. »
« C'est chouette, si même Steon vient pour ça, je vais devoir essayer moi aussi un de ces jours. »
Cocoricooo !
Le poulet cria tandis qu'il était tué par la tante qui souriait.
Il n'y avait aucune pitié dans les mains de tante qui coupa la tête du poulet en un seul coup.
Ses compétences quand elle décapita le poulet et lui arracha ses plumes étaient quelque chose que je ne pourrais jamais espérer reproduire moi-même.
Si je rêvais d'être une fermière pro, alors tante était déjà une pro bouchère de poulets… non, même au-delà du domaine d'une simple professionnelle !
« Les enfants de monsieur Mellen sont aussi incroyables que d'habitude. La plupart des enfants ont pitié du poulet quand ils le voient mourir…… »
« Les enfants connaissent le goût du poulet bien trop bien pour ça. »
« Hohoho. Bien que ça en fasse de très bons clients pour moi qui vends des poulets. »
Papa semblait légèrement gêné, mais c'était Papa qui m'avait faite comme ça.
Donc tout est de la faute de Papa !
Papa était le diable angélique qui avait initié grande sœur et moi à la magie du poulet !
« Les voilà, quatre poulets, plumés et vidés. »
« Les voilà. »
Papa tendit l'argent à tante.
Tante prit l'argent et nous fit signe de la main pendant qu'on partait.
Et maintenant, ce poulet était à nous.
Notre dîner, poulet frit !
« Le dîner de ce soir, c'est poulet frit ! »
« Uwoooooo ! »
« Poulet, notre seigneur et sauveur poulet frit ! »
Grande sœur et moi poussâmes toutes les deux des cris de joie aux mots de Papa.
Comme récompense pour avoir travaillé dur aujourd'hui, nous avions obtenu du poulet pour le dîner de ce soir !
Maintenant… je suis extrêmement heureuse !
Vraiment !