Les tissus recouvrant les fenêtres furent écartés et le brillant soleil attaqua mon visage.
« Il est l'heure de se lever. »
Et avec lui vint la voix de Papa.
« Encore cinq minutes… »
Et je dis la même chose que je dis toujours quand j'entends cette voix.
Et,
« Et si non ? »
Whoosh !
Papa me vole décisivement ma précieuse couverture.
« N, non… »
Les couvertures, c'est important.
Elles sont chaudes. Elles sont douces.
Si on se glisse dessous, on peut bloquer l'attaque du soleil, et se défendre contre les attaques de Papa qui menacent de me réveiller.
« Hnnnnghhh… »
Mais je ne pus récupérer la couverture.
Peu importe combien je tendais la main vers la couverture, aussi petite que j'étais, il n'y avait aucun moyen que j'attrape la couverture qui était dans les mains de Papa.
« Encore cinq… encore cinq minutes… »
Mais ce n'est pas parce que j'ai perdu ma couverture que ma somnolence allait partir.
Cinq minutes. Juste cinq minutes de plus et cette somnolence s'enfuirait~
« Tu as dit encore cinq minutes la fois dernière et tu ne t'es pas levée. »
Si. La raison pour laquelle la somnolence peut être bannie, c'est parce que je peux continuer à dormir.
La fois dernière, j'ai aussi trop dormi et j'ai raté le petit-déjeuner.
Alors Papa m'a grondée.
« Je le ferai pas cette fois… »
Papa en colère, c'est effrayant.
Il ne me prend pas la main même si je la tends.
Il ne me caresse pas la tête.
Il ne m'essuie pas après le bain non plus.
Il ne me fait pas de câlin même quand je m'approche, et s'enfuit loin.
Il dit qu'il ne m'aime pas à ces moments-là.
Ça… c'est vraiment effrayant.
Alors vraiment, juste cinq minutes de plus.
Je me lèverai après juste cinq minutes allongée.
« J'amène ta grande sœur si tu continues à traîner au lit ? »
« Je suis levée ! Ellie est levée ! Pas la peine d'appeler grande sœur ! »
Grande sœur, c'est effrayant.
D'habitude, elle s'occupe super bien de moi, mais quand elle me gronde, elle est encore plus effrayante que Papa.
Grande sœur ne s'énerve pas comme Papa.
Elle ne me gronde pas, et elle ne m'ignore pas non plus.
Elle me fait juste un petit pichenette sur le front.
Mais ça fait mal.
Vraiment mal.
Ce n'est pas que je ne peux pas supporter la douleur parce que je suis trop jeune.
C'est juste que… les pichenettes de grande sœur font vraiment mal.
Pas juste à moi, mais aux autres enfants turbulents du village, et au monsieur du village qui boit.
Et aux sangliers qui mangeaient en cachette nos cultures si durement élevées.
Et bien que personne d'autre ne le sache, les orcs qui allaient envahir notre village n'ont même pas pu riposter contre la pichenette de grande sœur, et ont tous été battus.
Le seul qui peut tenir tête aux pichenettes de grande sœur, c'est Papa.
« Tu es réveillée ? »
« Mm, je suis réveillée. Je suis réveillée… »
Pendant un instant, j'ai un peu pleuré. C'est une bonne grande sœur… mais elle fait peur.
« Bon, l'heure du petit-déjeuner. »
Papa m'attira dans un câlin, essuya mes larmes et me caressa la tête.
Les câlins de Papa sont aussi chauds qu'une couverture, alors j'ai failli m'endormir à nouveau, mais comme je ne savais pas quand grande sœur arriverait en courant, je secouai la tête et chassai la somnolence.
« Wiing ? T'es là Ellis ? On mange ! La soupe est meilleure quand elle est chaude ! »
Grande sœur cria, étant arrivée avant nous, et était assise sur la chaise en balançant ses jambes.
Il faut faire attention quand grande sœur agite ses bras et ses jambes comme ça.
Ça fait mal rien que de se prendre ces jambes.
Vraiment !
« Tiens. »
« Merci, Papa ! »
« Là, là. »
J'eus un bol de soupe chaude, du pain et des légumes.
Les légumes ne sont pas bons, mais quand on saupoudre la sauce maison de Papa dessus, ils deviennent incroyablement délicieux.
« C'est tro bo ! »
« C'est tro bo ! »
« Ellis, je t'ai dit de ne pas copier la façon dont Aru parle… »
« Awu ! »
La pichenette de Papa atterrit proprement sur mon front.
Ça ne fait pas mal comme celle de grande sœur, mais mon front devint un peu rouge.
« Je suis désolée… »
« Là, là. »
Sentant la main de Papa me caresser la tête, je mangeai mon petit-déjeuner.
Papa est doué pour la cuisine, aussi.
Peu importe à quel point les ingrédients ont mauvais goût, dès qu'ils passent entre les mains de Papa, ils se transforment en un repas délicieux.
Papa est incroyable.
Notre Papa est le meilleur papa du monde !
***
« Mm… hmm… »
La petite main d'Ellis bougea sa fourchette avec application alors qu'elle mangeait sa salade.
Mignonne. Les petits enfants sont mignons.
- T'avais pas dit que t'aimais pas les gosses ? - C'étaient pas des gens.
Les enfants que je connaissais n'étaient pas des enfants du tout.
La princesse impériale qui avait deux ans de moins qu'Ellis était déjà complètement dingue, et les gamins de l'organisation qui avaient à peu près son âge étaient aussi des monstres qui ne méritaient pas d'être appelés des gens.
Mais notre Ellis, elle, est différente !
Je regardai avec tendresse Ellis qui allait bientôt avoir douze ans.
« C'est bon ? »
« Oui, Papa ! »
Son sourire pur me transperça le cœur.
Ahh, les enfants simples et purs sont mignons.
Au point que j'étais fier du moi d'avant qui avait hésité à l'abandonner ou non mais qui l'avait finalement emmenée avec lui.
- Et c'est qui qui a empêché le propriétaire qui allait sérieusement l'abandonner ? - Merci, déesse. - Hmph, si tu le sais, apporte-moi plus de bonne bouffe !
« Encoooore ! »
La batte en métal tendit une main qui tenait un bol vide qui avait contenu de la soupe.
« Ouai, ouai. »
« Ah, moi, moi aussi ! »
Ellis engloutit le reste de sa soupe et tendit son bol vide vers moi également.
« Tu manges particulièrement bien aujourd'hui. »
« C'est de la viande ! Les gens doivent manger de la viande ! »
Non, t'es pas une personne……
J'ai l'habitude maintenant, mais je n'ai aucune idée de où la bouffe rentre et ressort chez elle.
« Mm ! Tout ce que fait Papa est délicieux, mais c'est encore plus délicieux s'il y a de la viande dedans ! »
Bien sûr. La viande, c'est la vérité.
« Bon, alors. »
Vu que je me levais de toute façon, je remplis trois bols de soupe, un pour moi aussi.
J'aurais voulu ajouter un peu de poivre, mais il n'y avait aucune chance qu'une épice aussi chère soit disponible dans ce village paumé.
Pour compenser du mieux que je pus, je saupoudrai un peu d'une herbe que j'avais trouvée à côté, déchirai le pain pas dur et le trempai dans la soupe.
Bien que je n'aie pas pu reproduire le pain de ma vie d'avant, comparé au pain noir dur des roturiers, mon pain est moelleux et délicieux.
« Papa… tu vas aller aux champs après le petit-déjeuner aujourd'hui aussi ? »
« Oui. Pourquoi, tu veux venir ? »
« Mm ! Je veux venir, moi aussi ! »
Je regardai ma fille adorable dont les yeux pétillants indiquaient à quel point elle avait fini par aimer l'agriculture.
« Uweeeeek ! Nyooooo ! Ellis doit venir jouer avek moiii ! »
Son concept de personnage était censé être la grande sœur, mais la façon dont elle agissait était exactement comme une petite sœur qui embête sa grande sœur, et je soupirai réflexivement.
« J, je peux pas… ! J'ai enfin mon propre champ ! J… j'ai enfin quelque chose à moi à protéger aussi ! »
« T, traitre ! »
Alors que la batte en métal boudeait et grommelait, je la mis en garde, au cas où.
« Tu sais ce qui arrive si tu touches aux champs… hein ? »
« Tch. »
Si ce truc touche les champs, les récoltes sont foutues.
J'avais un peu espéré la fois dernière au cas où les champs recevraient une bénédiction, mais comme j'ai pleuré et ragé en voyant les cultures mourir impuissamment le lendemain !
Je ne veux plus jamais voir ça arriver.
« Je m'ennuie~ »
« Ehey, va jouer toute seule ! »
Après qu'elle m'ait suivi quelques fois aux champs et ait causé maints incidents, je lui ai finalement interdit tout travail à la ferme.
Cet endroit a une bonne terre et de l'eau, un endroit parfait pour la vie de retraite dont je rêvais depuis ma vie d'avant, mais de l'autre côté, c'est un village ennuyeux sans amusement pour la batte en métal.
Au mieux, les bêtes sauvages qui menaçaient de ruiner nos cultures étaient son exutoire.
Mais même les animaux sauvages ne descendent plus par peur de la batte en métal.
Ce qui veut dire qu'Ellis est la seule qui jouera avec elle.
« Alors finis le hangar. »
« C'est encore plus ennuyeux…… »
« Tch. »
Alors que la batte en métal s'affaissait le visage sur la table, je claquai des dents d'agacement.
Vu ce qui s'était passé la fois dernière, je ne pouvais même pas appeler les nains, et sous prétexte de construire un hangar, je construisais secrètement un tunnel de fuite, mais c'est dur comme l'enfer de le faire tout seul.
Peler à part, je n'avais pas l'habitude de manier une pioche, alors à chaque fois que je frappais, mes mains me faisaient très mal.
« Ellis, jouons~ allons dans la montagne chercher de la bonne viande~ »
« V, viande ? »
Les yeux d'Ellis tremblèrent à l'évocation de la viande.
Ellis, douze ans, préfère encore la viande aux légumes.
Dans ce cas……
« Mais, Ellis. Le dîner de ce soir… c'était censé être des frites ? »
« F, frites ! »
« Kgh ?! »
À mon annonce, les yeux d'Ellis s'écarquillèrent encore plus que quand elle avait entendu parler de viande.
« Ellis… tu aimes les frites de patates, non ? »
« Mm, les frites de patates c'est bon ! Dehors c'est croustillant, dedans c'est moelleux et fondant ! »
« Et quand la sauce spéciale de Papa est ajoutée ? »
« I, invincible…… »
Comme si le simple fait de l'imaginer la rendait heureuse, je pris ses joues qui menaçaient de se détendre entièrement.
« Mais pour faire des frites… il faut d'abord déterrer les patates, et Papa doit s'occuper des autres cultures aujourd'hui… on devrait peut-être pas faire de frites aujourd'hui ? »
Ces mots assombrirent le visage d'Ellis.
À cause de la quantité d'huile utilisée, les fritures étaient un mets spécial encore plus rare que la viande.
« T'inquiète ! Ellis va déterrer les patates ! Alors frites ce soir ! »
« Les légumes frits c'est bien aussi. »
« Mm mm ! »
« On devrait faire frire du potiron ce soir aussi ? »
« P, le potiron c'est bien ! »
« Hm… si on avait du poulet on pourrait faire du poulet frit aussi… »
« Le, le tout-puissant poulet frit… aussi ? »
Ayant découvert la grandeur du tout-puissant poulet frit dès son plus jeune âge grâce à mes enseignements, Ellie me regardait comme une apôtre cherchant le salut auprès de son dieu.
« Mais pour faire ça, Papa a besoin de quelqu'un pour aider ? »
« Moi ! Moi ! Moi ! »
Alors qu'Ellis sautillait, la main haute en l'air comme si elle allait courir dans mes bras à tout instant, je souris comme un vainqueur.
- Comment c'est, voilà comment on mène des négociations ! - Tricheuse ! Tu as utilisé la friture ! Et le poulet frit en plus ! - C'est qui qui a sorti la viande en premier ? - Le lapin rôti c'est à peu près tout ce qu'y a comme bêtes de montagne, bien sûr que je peux pas gagner si tu sors le poulet ! - Bien sûr, notre seigneur et sauveur le poulet frit est tout-puissant.
Comment oses-tu comparer un lapin qui sent le gibier avec notre seigneur et sauveur le poulet frit.
J'ignorai le regard acéré de la batte en métal tandis que je commençais à débarrasser les ustensiles du petit-déjeuner.
« Bon, Papa va débarrasser la table, alors va te changer et te préparer, Ellis. »
« Ouai, j'ai compris. »
Ses petites pattes se hâtèrent patatras dans l'escalier vers sa chambre.
« Je peux venir regarder moi aussi ? »
« Et tuer toutes les cultures encore ? »
« Haang, c'est pas comme si j'avais fait exprès la fois dernière ! »
« T'as juste trébuché et presque toute la récolte de maïs a été détruite. »
« La terre est juste trop faible pour recevoir les bénédictions de cette déesse. Rends-la plus costaaaaaud »
« Et c'est la bouche de qui qui dit ça ? Hein ? Juste combien de maïs est mort à l'époque ! Excuse-toi ! Excuse-toi auprès de tout le maïs qui a pas pu aller dans nos ventres à cause de toi ! »
« Im sowwweeehhhhaaa »
Quand je commençai à lui étirer les joues, elle commença à s'excuser.
Son élasticité est toujours aussi supérieure.
« Comme punition, tu es condamnée à creuser le tunnel sous le sous-sol ! »
« Attends, c'est trop dur ! »
Donc c'était pas suffisant après tout ?
« Hmph, le propriétaire m'a trop négligée ces derniers temps ! T'as besoin de grandes sœurs comme la princesse impériale pour recommencer à te courir après pour comprendre mon importance ! »
« Dis pas un truc flippant comme ça. »
Nos champs ne faisaient que commencer à se stabiliser correctement.
Contrairement aux patates et au maïs qui avaient réussi dès la première année, on n'avait commencé à cultiver le blé et d'autres légumes différents que grâce à l'aide des autres villageois, et juste quand on était enfin sur la voie du succès, la princesse apparaît !
Quelle est la raison pour laquelle on cultive même si c'est dur et fatiguant !
Est-ce pas pour ressentir la satisfaction de la récolte !
« Hmph, prends la malédiction de cette déesse ! Les champs du propriétaire brûleront jusqu'au sol dans le futur ! »
« Quelle malédiction horrifiant…… Et si ça arrive, tes repas vont aussi brûler avec ! »
« Uwiik ! C'est pas bien ! »
J'ignorai la batte en métal qui débattait intérieurement entre se venger d'Ellis et moi pour ne pas jouer avec elle vs ses repas, et continuai à laver la vaisselle du matin, et juste au moment où je finissais, Ellis redescendit, s'étant transformée en une image parfaite de petite fermière.
« Je suis prête, Papa ! »
« Hm, parfait. »
Un chapeau de paille pour se protéger du soleil et des vêtements robustes qui feraient savoir à n'importe qui à des kilomètres que la personne qui les porte est une fermière.
Et pour la touche finale, une écharpe blanche autour du cou !
« Ouai, complètement parfait ! »
Notre Ellis au sourire radieux n'était plus une simple fille de 12 ans, mais une apprentie fermière parfaite avec déjà trois ans d'expérience sous la ceinture !
« Outils ? »
« Tout prêts ! »
Dans ses mains maigres se trouvait un panier rempli de toutes sortes d'outils.
« Bon, nous sommes parfaitement prêts pour la bataille. »
« Oui, capitaine ! »
Je regardai le salut inexact mais adorable d'Ellis avec un sourire.
« La météo d'aujourd'hui ! »
« Monsieur Soleil est brillant et ensoleillé ! Météo parfaite pour l'agriculture ! »
« Très bien, l'objectif d'aujourd'hui ! »
« Patates et autres légumes divers ! On vise les ingrédients pour la friture de ce soir ! »
« Exactement, et si on finit vite aujourd'hui, j'irai voir en ville pour des poulets. »
« Yessir ! Je ferai de mon mieux ! »
Excellent, elle est pleine de motivation.
« Alors, en route ! »
« En route ! »
« Bye bye~ »
Avec les adieux à moitié faits de la batte en métal, nous commençâmes à nous diriger vers nos champs qui accueillaient le chaleureux soleil.
Quatre ans depuis la fuite de Yugrasia.
Nous étions maintenant des fermiers accomplis.