Soyons sérieux.
L'adversaire, c'est le Ciel de l'Épée.
Le sommet de l'escrime, un grand maître que tous les épéistes admirent.
C'est regrettable qu'il y ait tant de cinglés qui rêvent de se mesurer à un tel homme, mais je ne fais pas partie de ces fous.
J'avais donc jugé que la meilleure option était de faire semblant d'être convenablement sérieux, de perdre convenablement, et de lui laisser une convenable bonne impression.
Mais cette foutue princesse a vu clair dans mon plan à la perfection.
« Si tu ne te bats pas comme il faut. »
Pourquoi est-ce que je comprenais parfaitement ce qu'elle disait, rien qu'aux mouvements de ses lèvres.
« Si tu perds… tu comprends ? »
Et le papier qu'elle agitait en le disant était un certificat de mariage portant mon sceau.
Bien sûr, ce n'est pas un sceau que j'ai fait faire moi-même, mais un qu'elle a fait faire à ma place, pourtant l'empire le reconnaît comme un sceau d'identité officiel.
Je n'ai même pas de sceau qui ressemble à celui qu'elle brandit parmi ceux que je possède.
Un sceau que je n'ai même pas fabriqué est considéré comme officiel.
De plus, c'est une fausse identité que j'utilise en ce moment, non ? Mais que puis-je faire, c'est officiel !
« Merde à la fin. »
J'avais déjà soulevé une tempête de plaintes, mais le responsable m'a dit que les ordres venaient directement de la famille impériale, donc il n'avait pas son mot à dire.
J'étais allé me plaindre à la princesse aussi, mais tout ce que j'ai eu en retour, c'était un sourire satisfait.
Elle prenait son pied à se faire engueuler, c'était le moment où je me demandais si la rumeur selon laquelle tous les nobles avaient des personnalités dégénérées était vraie ou pas.
Bon, à moins que l'empereur ne prenne une balle en pleine figure, ce document n'aura pas vraiment d'effet, mais le moment où il sera enregistré sera le moment où je commencerai à recevoir des visites nocturnes d'assassins.
« Espèce de fi-i-i-i-ls de pu-u-u-ute ! »
Et grâce à ça, j'ai réussi l'exploit de faire traiter le célèbre Ciel de l'Épée, modèle de l'épéiste et réputé pour garder son sang-froid, de fils de pute.
« Je n'avais pas le choix non plus. »
« Mensonges ! »
Non, je suis sérieux.
La cause de tout ça, c'est cette princesse maléfique qui rigole là-bas !
Dire que cette gamine diabolique n'a que dix ans.
D'une façon ou d'une autre, l'avenir de l'empire s'annonce radieux.
« De toute ma vie… jamais je n'ai été aussi ridiculisé en tant qu'épéiste ! »
« Moi, je n'ai jamais été ridiculisé comme ça à cause d'un certificat de mariage. »
« Pourquoi ne dis-tu que des sottises ! »
Mon Dieu, le poison qui faisait son chemin dans son corps était plutôt coûteux, sans compter que je le transportais près d'Altesse.
Pourtant, malgré son âge, il maniait son épée avec une liberté bien trop grande.
Je n'aurais pas cru que ce vieux, qui porte quand même le titre de Ciel de l'Épée, utiliserait sournoisement du mana……
C'était l'organisation ? Y avait-il de la corruption dans l'organisation aussi !
Était-ce la raison pour laquelle un poison paralysant de haut rang était si inefficace, à cause de la corruption militaire ?
Merde, pour penser qu'il y aurait de la corruption militaire ici aussi !
« Kgh ! »
Ah, ce n'est probablement pas ça.
À en juger par sa mine qui empire progressivement, l'absence d'effet semble heureusement due à la résistance aux poisons du Ciel de l'Épée plutôt qu'à une corruption militaire au sein de l'organisation.
Alors, essayons de gagner du temps.
« Tu vas vraiment continuer à agir comme un lâche ? Tu n'as pas dit tout à l'heure que tu étais un épéiste ! »
« N'ai-je pas dit que j'étais un épéiste parce que je maniais une épée ? Je voulais simplement dire que j'étais un homme tenant une épée. »
« Toi, toi, petit ! »
« Oh, mon Dieu, il semble que tu aies mal compris quelque chose, pourquoi te fâches-tu pour ton propre malentendu ? »
Je le narguais en rejettant les dagues que j'avais ramassées.
Il me restait actuellement 22 dagues.
La majorité devaient servir d'armes cachées, donc elles ne pouvaient pas infliger de gros dégâts, mais elles pouvaient faire gagner du temps.
« Ah bon ? »
« Hein ? »
Si ce Ciel de l'Épée n'avait pas commencé à utiliser la magie, c'est-à-dire.
« Excusez-moi, mais tant que l'adversaire n'utilise pas la magie, je n'en utiliserai pas non plus. N'allez-vous pas à l'encontre des principes de ceux qui portent le nom de Ciel de l'Épée ? »
« En effet. Mais je ne me bats pas contre un épéiste en ce moment, n'est-ce pas ? »
« Hein ? »
« Tu l'as dit toi-même, non ? Tu t'appelles épéiste parce que tu tiens une épée, mais tu n'es pas un épéiste comme je l'entends. Mes horizons se sont élargis grâce à toi. En effet. Un coupeur de bourse ne s'appelle pas épéiste parce qu'il tient un couteau de cuisine, n'est-ce pas ? »
Avec un mauvais sourire et un ricanement, une aura verte a commencé à s'échapper du corps du Ciel de l'Épée.
Une technique utilisant la puissance magique pour éliminer les toxines circulant dans le corps à travers la peau.
Une technique qui ne peut être utilisée que si l'on comprend parfaitement son corps et que l'on peut manipuler le mana parfaitement aussi.
Une technique devant laquelle quelqu'un comme moi doit déguerpir dès qu'il la voit !
« Altesse ? Je me rends. J'ai outrepassé mes limites ! »
« Hm ? Celui qui a fait franchir sa propre ligne à grand-père, c'est entièrement toi, Ast ? C'est bon. Grand-père n'est pas un homme dangereux. Il ne te tuera pas. »
Ces mots tout à l'heure.
C'est ma propre devise éducative, donc je sais parfaitement ce que ça veut dire ?
Ne pas te tuer a aussi l'autre signification de te faire littéralement tout le reste, sauf te tuer ?
« En effet, jeune homme. Crois-tu que j'irais tuer un jeune avec une vie radieuse devant lui ? »
« Pourriez-vous d'abord ranger votre aura de mort ? »
Comme s'il avait déjà éliminé tout le poison de son corps, son épée brillant de la lumière du ki d'épée était maintenant fermement pointée sur moi.
« Le Ciel de l'Épée couperait-il vraiment quelqu'un qui se rend ? »
« J'hésite à te laisser tranquille parce que je n'ai aucune idée de ce que tu pourrais faire même si tu te rends. »
Ha, à quel point ce vieux m'avait-il vu.
Pour qu'il connaisse ce fait si putain de bien ?
« Je vais jeter mon épée. »
« M, Monsieur Ast ! Ne la jetez pas ! Je la reprends moi-même ! Je la reprendrai moi-même ! Bien que je ne sache pas pour l'épée de Monsieur Ast ! »
Non, mon épée m'avait aussi été offerte par la famille impériale, et tu n'vas pas me la reprendre aussi ?
Donc seule sa propre épée était importante pour un épéiste !
« Attends. »
Tout à coup, le scénario parfait se jouait dans ma tête.
« Votre Altesse, on ne peut vraiment pas en rester là ? »
Contrairement à avant, le Ciel de l'Épée continuait de m'attaquer même pendant ma conversation avec Altesse.
Avec ça, je savais très bien à quel point mon estime à ses yeux avait chuté.
Attends… estime, est-ce qu'elle avait seulement existé ?
« Ce n'est pas très comme toi. Tu dois aller jusqu'au bout. »
« Alors je vais agir comme moi-même, Altesse ? »
Il me restait trois dagues.
J'avais utilisé tous les couteaux dans ma chaussure droite, et il n'en restait plus qu'un dans la gauche.
L'épée offerte par la famille impériale roulait déjà dans la neige.
Donc, trois dagues, une lame cachée dans ma chaussure gauche, et l'épée de Dame Reia dans ma main étaient toutes les armes que j'avais.
Mais avec ça, non, avec une seule arme, je pouvais retourner ce scénario en un instant.
« Penses-tu que quelque chose changera même si tu prends une garde maintenant ! »
Ayant envoyé toutes les prétentions de bonnes intentions initiales voler jusqu'à la galaxie d'Andromède, j'ai saisi l'épée à deux mains alors que le Ciel de l'Épée fonçait sur moi, mais l'escrime n'était pas mon objectif.
« Kyaaaaahhhhhh ! »
« Mm ? »
Au moment où le Ciel de l'Épée déviait ma dernière lame cachée et ma dague, Dame Reia poussait un cri perçant.
Ce qu'ils virent, c'était moi tenant ce qu'on appellerait une garde pourrie.
Lever l'épée haut dans les airs à hauteur du visage, et tirer la langue de façon exagérée étaient les points clés à noter.
« M, Monsieur Ast… qu'est-ce que tu fais. Sérieusement ! Qu'est-ce que tu as contre mon épée ! »
Dame Reia me regardait avec des yeux pleins de ressentiment et de larmes alors qu'elle essayait de s'approcher, mais au moment où elle fit un pas en avant, je claquai très flamboyamment ma langue.
*Clac.*
« Kyaahhhhhhh ! Arrête, arrête ! »
« Quel genre de pervers…… »
Dame Reia recula frénétiquement et le Ciel de l'Épée resta complètement coi en nous regardant tous les deux.
Et je regardai ces deux-là et dis :
« Dame Reia ! Si tu ne bats pas le Ciel de l'Épée, ton épée préférée sera souillée ! »
« Vraiment ! »
« Mais quel genre de connerie est-ce encore…… »
« Haha… ahahahaha ! »
« Votre Altesse ! N'en restez pas là à rire et arrêtez-le, je vous en prie ! »
Deux épéistes abasourdis et une enfant de dix ans qui riait aux larmes en regardant la scène devant elle.
Pour quelqu'un qui n'est pas au courant, ça pourrait ressembler à une scène très touchante, mais si les personnes en question sont la plus grande dingue de la famille impériale, la Première Princesse Impériale, la plus jeune maître d'épée de l'empire, et le Ciel de l'Épée reconnu par tout le continent, ce serait une situation assez problématique.
« Ast, tu es vraiment le meilleur. »
La princesse impériale leva un pouce en pouffant de nouveau. La voyant, Dame Reia comprit qu'aucun secours ne viendrait de ce côté, et me dévisagea avec l'aura la plus sanguinaire que j'aie jamais vue de ma vie au palais impérial.
« Assez les blagues et laisse mon épée tranquille. L'épée d'un épéiste représente l'épéiste lui-même. Ce que fait Monsieur Ast n'est rien de moins que m'humilier directem… Je suis désolée ! Je suis désolée ! J'avais tort, Monsieur Ast ! Alors s'il te plaît, n'importe quoi sauf ça ! »
*Chhh.*
Quand j'ai légèrement desserré ma ceinture, tiré mon pantalon vers l'avant et bougé pour fourrer l'épée dans mon pantalon, Dame Reia qui émanait une aura sanguinaire s'est immédiatement retirée en larmes.
« N, non ! Comment, comment peux-tu faire une chose si cruelle ! »
« Vraiment…… »
« Oh ho, n'approche pas non plus de moi. À moins que tu ne veuilles voir l'épée préférée d'un épéiste se faire souiller. »
« Monsieur le Ciel de l'Épée ! »
« Oh ho… ceci…… »
Même pour le légendaire Ciel de l'Épée, ce serait une première.
Si le propriétaire de cette épée avait été un homme, le moment où je l'aurais mise dans mon pantalon aurait été le moment où cet endroit-là aurait été tranché, mais cette épée appartenait à Dame Reia.
C'était Dame Reia qui était bizarrement simple et pure, donc la harceler était si amusant.
En tant que quelqu'un qui rivalisait avec Altesse pour savoir qui harcelerait le mieux Reia, je pouvais en témoigner.
Le moment où cette épée serait souillée, Dame Reia ne la reprendrait probablement plus jamais !
« Quel genre de scénario de merde est-ce que c'est…… »
« On dirait que tu chasses la merde pas mal. Tu n'as appris aucune insulte autre que merde ? »
« Alors je suppose que tu en connais une grande variété. »
Bien sûr.
Je viens du pays qui a l'usage d'internet le plus élevé au monde, à une époque de nouveaux insultes avec une langue passe-partout ?
Je suis la personne qui pourrait montrer aux gens de ce monde qui ne connaissaient pas de meilleures insultes que les classiques, un monde entièrement nouveau en matière d'injures.
« En effet, j'en connais. »
« Votre Altesse, ne devriez-vous pas virer ce petit con ? Comment a-t-il bien pu entrer au palais impérial avant d'être votre serviteur personnel ? S'il était serviteur, il a dû venir sur recommandation, alors quel foyer a mis son nom en avant ! »
Quel foyer, c'est l'organisation maléfique.
Mes specs d'être aussi bon que je le suis pour jurer sont un atout dans une organisation maléfique.
« Uuuw… mais… haa… il est drôle. »
Aux mots de la princesse impériale qui ne pouvait plus rire parce que ça lui faisait physiquement mal, le Ciel de l'Épée se tourna vers le ciel et hurla sans un son.
On aurait dit qu'il criait « mais jusqu'où l'empire est-il tombé ! » ou quelque chose dans le genre.
« Excusez-moi, mais moi aussi je veux démissionner. Je porte au moins cinq lettres de démission sur moi chaque jour en travaillant. Et je soumets fréquemment au moins l'une de celles-ci, avec la dernière version du formulaire, au service RH du palais. »
« Pourquoi la dernière version ? »
« Parce qu'une certaine personne déchire toujours mes lettres de démission au moment où je les remets. »
« Tu l'as bien cherché. »
Comme c'est méchant. Juste parce que c'est le problème de quelqu'un d'autre.
Je veux rentrer à l'organisation au plus vite et reprendre le doux boulot d'instructeur !
Pas dans ce palais impérial où je pourrais perdre la tête à tout moment !
« Je suis désolé, Monsieur le Ciel de l'Épée ! »
« Ho, hoho…… »
Dame Reia ramassa une courte épée parmi les lames tombées au sol, et menaça le Ciel de l'Épée en émettant du ki d'épée.
« Oh ho, tu ne vas pas te battre sérieusement ? »
« Non, ça déjà… n'est pas embarrassant du tout ! Alors s'il te plaît, pas ma Nuit Blanche ! »
« Fufufu. Voilà une bien belle épée. Protège le soleil de l'empire. Deviens une nuit blanche pour que les nuits sombres ne viennent jamais ! Quel beau nom pour une telle épée célèbre. Mais les choses blanches sont toujours les plus faciles à salir. Selon tes actions, Dame Reia, ta Nuit Blanche ne sera peut-être plus blanche. »
« Ughh. »
Le ki d'épée sur la courte épée se transforma lentement en aura d'épée.
Comment ose une maître d'épée ne pas utiliser l'aura d'épée, et devant le Ciel de l'Épée en plus, l'un des cinq porteurs du titre de l'épée !
« Dame Reia. »
« Je suis désolée. Mais Nuit Blanche… est une partie importante de moi. »
« Je le sais, mais…… »
Reia serrait les lèvres et le Ciel de l'Épée avait un air gêné alors que les deux se faisaient face.
Et bientôt.
« Comme je le pensais…… »
« Cela fait vraiment longtemps que j'ai dû utiliser l'aura d'épée. »
L'aura d'épée commença à se former sur la lame du Ciel de l'Épée aussi.
Le Ciel de l'Épée était évalué sur l'escrime seule, et pour cette raison, ceux qui avaient succédé au titre de Ciel de l'Épée avaient souvent peu de puissance magique mais étaient uniquement dévoués à leurs épées, mais rien ne disait que ceux qui héritaient des titres de Ciel de l'Épée manquaient de puissance magique.
Mais officiellement, le Ciel de l'Épée n'était pas un maître d'épée.
C'était une situation où le Ciel de l'Épée avait sorti son aura d'épée qu'il avait délibérément cachée pour se battre contre la chevalière précieuse de l'empire, la Princesse de l'Épée !
« Merde, il faut que je travaille à l'invention du pop-corn. »
Heureusement, je savais comment faire du pop-corn.
Tant que j'avais des grains de maïs séchés, de l'huile ou du beurre, et une pincée de sel, même moi je pouvais en faire relativement facilement.
Bien que malheureusement je ne puisse pas faire de caramel ou de boissons gazeuses, le pop-corn reste la meilleure collation de spectateur.
Je devrais probablement demander aux chefs à un moment donné s'il y a un thé qui pourrait potentiellement bien aller avec le pop-corn.
Juste au moment où je pensais ça.
« Hein ? »
Sentant comme si le temps s'était arrêté un instant, j'ai réalisé.
J'avais fait une erreur incroyablement énorme.
Parce que je n'avais pas de mana, ce sur quoi je m'étais le plus concentré, c'était ma vision dynamique.
Ceux qui pouvaient utiliser la magic pouvaient renforcer drastiquement leurs capacités physiques, et les maîtres d'épée, ceux au sommet de la voie de l'épée, pouvaient se déplacer à des vitesses qui dépassaient mes limites.
C'était la première erreur.
« Je l'ai eu ! »
L'épée dans ma main, Nuit Blanche, a disparu.
C'était inimaginable.
C'était de la supercherie basique. Faire semblant de se battre contre quelqu'un d'autre, et me faire baisser ma garde.
C'était une compétence très basique, mais la personne qui l'avait utilisée n'était autre que Dame Reia.
C'était ma deuxième erreur.
Que je n'ai jamais pensé à la possibilité que Dame Reia utiliserait son cerveau pour me prendre à revers.
Que grâce au harcèlement d'Altesse et au mien, elle aussi, avait lentement changé !
« Bon, alors, il faut que tu prennes une raclée. »
Ma troisième erreur était que peu importe à quel point j'avais été un connard, celui qui portait le titre de Ciel de l'Épée m'attaquerait réellement pendant que j'étais désarmé !
Et mon erreur finale.
« Merde. »
« Hein ? »
Que j'étais forcé de révéler toutes mes cartes cachées devant cette foutue princesse.