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Rettou Hito no Maken Tsukai Sukiruboudo o Kushi Shite Saikyou ni Itaru

Chapitre 6

Rettou Hito no Maken Tsukai Sukiruboudo o Kushi Shite Saikyou ni ItaruRettou Hito no Maken Tsukai Sukiruboudo o Kushi Shite Saikyou ni Itaru
Chapitre 6

Chapitre 6

Chapitre 6/5012%~14 min de lecture2 796 mots

Tôru, qui s'apprêtait à quitter la maison, fut pris à partie par trois hommes qui venaient de faire irruption et le rossèrent à coups de poing et de pied.

Il ne comprenait pas du tout ce qui lui arrivait et fut plongé dans une violente confusion.

Mais cette confusion se dissipa bien vite.

Car les attaques de ces hommes ne lui faisaient absolument pas mal.

Il ressentait bien un certain choc, mais à peine l'équivalent d'être tapoté par un nourrisson.

Une fois certain que sa vie n'était pas en danger, Tôru observa calmement ses agresseurs.

Ceux qui avaient envahi la maison étaient des hommes d'une vingtaine d'années tardive à une trentaine débutante.

Leur chevelure était rouge comme celle des villageois, et leur carrure plus robuste que celle de Ridd.

Pour ne pas les provoquer, Tôru guetta leurs visages.

— *Hieh...*

Face à leur expression, Tôru retint son souffle.

Leurs yeux étaient injectés de sang, de la mousse s'accumulait au coin de leurs lèvres. Une allure digne d'un démon.

Leur aura était anormale.

En réalité, la compétence *Perception* signalait la présence en eux de quelque chose qui n'était pas humain.

Les souvenirs de Ridd renseignèrent Tôru sur les trois hommes qui venaient de l'attaquer.

Clément, Robert, Tack. Des villageois.

Ce sont eux qui, ce matin même, avaient tué Ridd.

Et ce sont aussi eux qui avaient assassiné les parents de Ridd.

Lorsque cette mémoire lui parvint, l'esprit de Tôru devint soudain d'un silence absolu.

Derrière son calme apparent, *Pensée* se mit à tourner à plein régime.

*Est-ce qu'ils sont anormaux parce que quelqu'un les manipule ?*

Tôru ne parvenait pas à les considérer comme de simples villageois.

Ce monde possède la magie. Il ignore presque tout de ce que la magie peut ou ne peut pas faire. Mais on peut supposer qu'une « magie de manipulation » existe.

C'est pourquoi Tôru décida de feindre l'évanouissement.

Même s'ils continuaient de le battre ainsi, il ne mourrait pas.

Il allait donc se laisser faire un moment, le temps de voir ce qu'ils comptaient faire.

S'ils tentaient de l'achever avec une arme, il s'enfuirait à ce moment-là.

Mais s'ils devaient l'amener auprès de quelqu'un qui use d'une « magie de manipulation »...

Pour honorer Ridd dont il a reçu le corps, il devait le vérifier.

Les hommes marmonnaient quelque chose entre eux.

Tôru tendit l'oreille : ils ne répétaient inlassablement qu'un seul mot, « tuer », et il frissonna de nouveau.

*Qu'est-ce que c'est que ça, c'est flippant !*

Parallèlement, il fut soulagé que *Langue* fonctionne correctement.

Il s'inquiétait de pouvoir communiquer, mais ce point était réglé.

Que le premier mot d'un habitant d'Eargard qu'il entendait soit « tuer » n'augurait rien de bon.

Reste à savoir si ses paroles leur parviendraient...

*Ces gens sont-ils capables d'une conversation normale ?*

Il ne pouvait s'empêcher de s'en inquiéter.

Au bout d'un moment passé à se laisser faire, Tôru sentit qu'on l'avait ramené dans la grotte d'hier.

*Il n'y avait pas de cerveau, hein...*

Il avait visiblement trop réfléchi.

Ils ne recevaient aucun ordre.

Ils avaient tué Ridd et ses parents de leur propre chef.

Déçu que sa prédiction soit fausse, Tôru se dégagea prestement de l'étreinte de Robert et Tack.

« Je me demandais ce que vous alliez faire, et c'est encore la même méthode pour tuer. Vous n'apprenez donc pas »

« … Ah, heu ? »

À la voix de Tôru, Clément se tourna avec une mine hébétée.

« Hé, hé, Robert, Tack ! Ridd s'est réveillé, non ?! Pourquoi vous ne l'avez pas correctement maintenu ?! »

« S-si, on l'avait ! Mais quand on s'en est aperçu, il avait déjà glissé hors de nos mains »

« Chikushō ! »

*Giri.* Le grincement des dents de Clément résonna.

« Même si t'es Ridd, c'est pas une raison pour prendre tes aises ! Nous on est trois, toi t'es tout seul. Même si tu te débats un peu — »

Clément laissa poindre une intention de tuer.

L'instant d'après.

La silhouette de Robert, qui se tenait à côté de Clément, s'effaça.

« Uwaaaaaa !! »

« “— !? ” »

Robert chuta de la falaise.

Il s'écrasa la tête la première au sol, et son crâne se fendit en deux avec un bruit glacé.

« Ça fait deux contre un maintenant »

« … ! »

Clément ne comprenait absolument pas ce que Ridd venait de faire.

Le résultat laissait deviner que Ridd avait poussé Robert dans le vide.

Mais le Ridd que connaissait Clément n'était pas fort. À trois, ils pouvaient le réduire en miettes sans peine.

D'un côté, des adultes endurcis par les travaux des champs.

De l'autre, un garçon écarté de ces travaux et qui peinait à se nourrir.

Logiquement, le premier était bien plus costaud.

C'est pourquoi Clément ne pouvait accepter la réalité.

« Toi, qu'est-ce que t'as fait exactement »

« Qu'est-ce que j'ai fait ? J'ai juste fait la même chose que vous »

*Jiro.* Ridd planta son regard dans celui de Clément.

Sous ce regard, le corps de Clément se figea.

Sur le visage de Ridd, ni haine, ni intention de tuer, rien ne transparaissait.

Juste des yeux qui ne voyaient pas les humains comme des humains, fixés sur eux.

Peut-être avait-il mis la main sur quelqu'un qu'il ne fallait surtout pas toucher.

Et il s'en apercevait trop tard.

Pendant qu'il réfléchissait à quoi faire, Tack tomba lui aussi dans la falaise.

Un bruit humide de chair déchirée résonna dans la grotte.

Clément grimça à ce son, mais ne quitta pas Ridd des yeux.

« Maudit bâtard… »

« Et alors ? Sous prétexte que les yeux et les cheveux diffèrent des vôtres, vous avez le droit de tuer ? »

La main de Ridd, qui penchait la tête avec un air éberlué, serrait déjà une épée d'un noir profond.

À la vue de cette lame, une peur indicible glaça l'échine de Clément.

Il ne faut pas toucher à ça.

Une « voix » en lui hurlait de fuir.

« Dans ce cas, toi non plus tu n'as pas ma couleur. Alors j'ai le droit de te tuer, moi aussi ? »

« … »

Déjà, la gorge de Clément ne produisait plus aucun son.

Submergé par l'oppression écrasante émanant du regard de Ridd, il ne pouvait même plus bouger.

*Devant quoi est-ce que je me tiens, moi…*

Si des dieux maléfiques ou des shinigami existent en ce monde, ils ont sûrement de tels yeux.

Une présence accablante lui vola sa liberté de mouvement.

« U, uoooooo !! »

Pourtant Clément hurla de toutes ses forces et se jeta désespérément en avant.

Ce n'est pas un dieu maléfique ni un shinigami.

C'est Ridd. Un humain.

Quoi qu'il en coûte, il faut le tuer.

*Tue ! Tue !!*

*Brise !*

*Teins tout en couleur de ténèbres !*

Obéissant à la voix qui montait de son cœur, Clément bondit sur Ridd.

Mais—

« A, he ? »

Il reçut un choc violent dans la poitrine, et quand il reprit conscience, il était en train de tomber.

Presque simultanément, la voix qui emplissait son esprit depuis tout à l'heure disparut net.

Comme s'il ne l'avait jamais entendue.

Clément s'écrasa au sol, et tandis qu'il faiblissait sous la douleur, il leva les yeux vers le haut de la falaise.

La silhouette de Ridd, l'épée noire en main, regardant vers le bas, lui parut être une personne totalement différente du Ridd qu'il connaissait.

Dans les yeux de Clément et des siens flottait une intention de tuer hors du commun.

Tôru avait déjà combattu un gros ver et s'était quelque peu habitué à la tuerie. Mais la leur était d'une autre nature. Une tuerie si noire et tourbillonnante qu'on aurait dit qu'ils n'étaient pas humains.

*Est-ce que les gens de ce monde sont tous aussi dangereux ?*

Au fond de lui, Tôru frissonna *Hiee*.

Le Tôru d'autrefois, sur Terre, en aurait eu les genoux coupés.

Parallèlement, une impulsion inconnue naissait dans sa poitrine.

Cette impulsion,

« Même si t'es Ridd, c'est pas une raison pour prendre tes aises ! Nous on est trois, toi t'es tout seul. Même si tu te débats un peu — »

explosa au contact des mots de Clément.

Tôru suivit l'impulsion et projeta les trois hommes du haut de la falaise.

En les poussant, il les entailla superficiellement avec *l'Épée Maude*.

Pour attirer les vers par l'odeur du sang.

Mais—

« Hé, c'est bizarre. J'ai bien tranché, normalement »

L'*Épée Maude* que Tôru avait lancée avait atteint son but : les poignets des trois hommes.

Il y eut une résistance.

Si l'*Épée Maude* avait déployé sa vraie valeur de lame, leurs mains seraient maintenant séparées de leurs bras.

Pourtant, les poignets étaient toujours attachés au corps.

*L'Épée Maude* avait traversé les chairs.

« Pourquoi ? »

Tôru fut un peu perplexe.

Il avait découpé maints vers, mais cela ne s'était jamais produit.

« Mmh. Bon, tant pis »

Il balaya la question d'un revers de main.

Même sans entaille de l'*Épée Maude*, la chute avait fendu le crâne de Robert.

La boîte crânienne grande ouverte laissait s'échapper ce qui n'aurait jamais dû voir le jour.

De quoi amplement remplir l'objectif de Tôru.

Au Japon, Tôru n'avait jamais vu un crâne fendu. Pourtant, en observant la tête de Robert depuis le bord de la falaise, il ne ressentit strictement rien.

Une personne ordinaire aurait au moins pâli. Lui, rien.

*J'ai donc une tolérance au gore, tiens.* Il constata cette nouvelle facette de lui-même sans la moindre émotion.

Clément, tombé en bas, avait eu de la chance à l'atterrissage : il était à peine blessé.

En revanche, son attitude avait radicalement changé, devenue docile.

« R-Ridd… c'est quoi, ça ? Qu'est-ce qui se passe ? »

Le visage de Clément, qui posait la question, ressemblait à celui de quelqu'un qui, après un mauvais choc, aurait perdu la mémoire.

La noirceur malveillante qui l'enveloppait tout à l'heure s'était évanouie proprement.

Est-ce qu'il fait profil bas parce que les positions se sont inversées ? Tôru y songea, mais ce n'était pas seulement ça.

*Normalement, après s'être fait jeter du haut d'une falaise, il devrait être encore plus furieux, non ?*

« Hé, hé, Ridd, réponds-moi ! »

« Clément, vous ne savez vraiment pas pourquoi vous êtes là ? »

« C'est parce qu'on ne sait pas qu'on te demande ! »

« Hah. Tu as oublié que tu as essayé de me tuer ? Que tu m'as réellement poussé du haut de la falaise ? »

« Un truc pareil, nous… on… heu ? Pourquoi est-ce qu'on a essayé de tuer Ridd ?! »

Effectivement, quelque chose clochait. Aucune once de feinte chez eux.

Comme s'ils venaient d'« oublier » l'instant d'avant, ils s'affolaient.

Quoi qu'on en pense, la situation est anormale.

« Mmh… bon, tant pis »

Mais Tôru ne chercha pas à élucider leur anomalie ici.

Ils ont tué Ridd et ses parents, innocents. C'est un fait.

Et ils ont tenté de tuer Tôru.

Ce n'est pas la Terre. C'est un autre monde.

Tôru n'a aucune obligation de les sauver.

« Nn ? C'est quoi ce bruit ? Y a quelqu'un ? »

*Moso… moso…* Un faible bruit, et depuis le fond de la caverne surgit une horde de vers.

Tack, qui conservait à peine conscience, resta bouche bée devant l'apparition des vers.

« Chikushō, des monstres !! »

Clément, lui, se précipita seul vers la falaise.

« R-Ridd, s'il te plaît, aide-moi »

« Vous, par le passé, quand Ridd vous a suppliés de la même façon, vous l'avez aidé ? »

« C-c'est… »

« Ridd voulait juste vivre. Il essayait de survivre sans déranger personne. Mais vous l'avez refusé. Vous lui avez cherché querelle sans raison et l'avez jeté en bas pour lui prendre la vie. Pourquoi est-ce que je devrais sauver des gens comme vous ? »

« M-mais quand même, si tu voulais juste survivre, t'avais pas besoin de nous jeter ! »

« C'est pas celui qui a jeté quelqu'un qui voulait juste vivre qui a le droit de dire ça. Et puis — »

Tôru posa des mots sur les sentiments de Ridd qui subsistaient en lui.

« Tu peux pardonner au meurtrier qui a tué tes propres parents ? »

« … Gu »

« La réponse est donnée »

« Chikushoooo !! »

Avec un cri de rage, Clément se lança vers les vers.

Poings serrés, il frappa de toute sa force.

L'élan de ses poings, porté par sa seule puissance musculaire, était impressionnant.

Mais—

« — Nn ?! »

La peau du ver repoussa le poing de Clément sans broncher.

Sans manifester la moindre douleur, le ver braqua son attention sur Clément.

Il fendit sa gueule en trois et l'ouvrit grand.

« T-ta… su… »

Ce fut l'affaire d'un instant.

Le ver arracha la tête de Clément d'un coup.

« Uwaaaaaa !! »

La mort si facile de Clément plongea Tack dans la panique. Mais son cri ne fit qu'attirer davantage de vers.

Guidés par la voix, une foule de vers déboula du fond de la grotte.

« … Il y en avait encore autant que ça »

Tôru en avait déjà tué une grande quantité, mais ce n'était visiblement que le début. En un clin d'œil, autant de vers que ceux qu'il avait abattus comblèrent le bas de la falaise.

« Ta… su… ke… a, a, a… »

Tack, qui implorait du secours, fut rongé de l'extérieur. Robert, le crâne fendu, fut déchiqueté en un rien de temps.

Le corps de Clément avait déjà disparu, ne laissant qu'une trace de sang dans le ventre des vers.

Quand il ne resta plus que les têtes et les torses des deux hommes—

« — !? »

Une présence particulièrement nauséabonde emplit l'espace.

Tôru manifesta réflexivement *l'Épée Maude* et se mit en garde.

Depuis le fond de la grotte, un ver réapparaît.

Une seule bête.

Mais plusieurs fois plus grosse que les autres.

« Le parent des vers, peut-être. Si on le laisse faire, il risque de sortir »

Pour l'instant, les vers ne peuvent pas franchir la falaise. Mais s'ils s'amassent, ils finiront par former une pile qui dépassera les dix mètres de mur — et ce sera la ruée.

S'il y a ruée, le village voisin sera sans nul doute anéanti.

Tôru n'en veut pas aux villageois qui n'ont pas directement tué Ridd.

Il ne veut plus jamais avoir affaire à eux, mais pas au point de souhaiter leur mort.

Dans la mesure du possible, il voulait empêcher la ruée.

Pourtant, il ne put passer à l'action.

Sa compétence *Perception* sonnait l'alarme depuis tout à l'heure : il ne devait absolument pas combattre ce ver.

Le ver parent, ignorant Tôru, portait à sa bouche la « proie » que ses petits avaient capturée.

*Bari bari, bari bari.* Le bruit de mastication résonna dans la caverne.

À première vue, c'est plein d'ouvertures. Mais c'est le jugement d'un Terrien.

Tôru ignore presque tout de la force des humains d'Eargard et des monstres.

L'ignorance engendre la témérité.

C'est pourquoi il obéit docilement à la voix de *Perception*, le pouvoir de ce monde.

« Mais… »

Il ne pouvait pas non plus fermer les yeux.

Tôru s'élança en l'air.

À cet instant, le ver parent leva les yeux vers lui.

Comme pour dire « Viens, je te reçois ».

*— Yappari.*

Même s'il avait l'air distrait, le parent n'avait aucune ouverture.

Tout en le surveillant, Tôru fendit l'air d'un coup d'*Épée Maude*.

Instantanément,

*Son de fracture.*

D'innombrables stalactites au plafond se mirent à tomber simultanément.

« “Piiiiii !!” »

Les stalactites écrasèrent les petits vers. Mais ce n'était pas assez.

« Encore !! »

Dès l'atterrissage, il rebondit à nouveau.

Tôru tailla en pièces stalactite après stalactite pour les abattre sur les vers en contrebas.

Quand le nombre de stalactites tombées dépassa la cinquantaine. Les présences vitales en bas faiblirent.

« … C'est bon ? Non »

Tôru secoua la tête. Pas suffisant.

Il percevait encore une présence, infime. Les petits, peut-être pas, mais le parent, lui, est certainement en vie.

Comme il a fait tomber une masse de stalactites, la distance entre le bas et le haut s'est réduite. Dans cet état, les vers sortiraient plus vite que s'il n'avait rien fait.

C'est pourquoi Tôru quitta la grotte et lança *l'Épée Maude* vers l'entrée.

Un rugissement retentit, et le plafond de l'entrée s'effondra.

Comme ça, ils ne pourront pas sortir facilement.

« … »

Devant la grotte effondrée, Tôru ferma les yeux.

« C'était peut-être de l'ingérence superflue, mais — »

*J'ai assouvi la vengeance que tu désirais.*

Ainsi pria-t-il vers l'âme de Ridd.

≫ Compétence : 150 points gagnés

≫ Titre [*Élagueur d'âmes*] acquis

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