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Rettou Hito no Maken Tsukai Sukiruboudo o Kushi Shite Saikyou ni Itaru

Chapitre 39

Rettou Hito no Maken Tsukai Sukiruboudo o Kushi Shite Saikyou ni ItaruRettou Hito no Maken Tsukai Sukiruboudo o Kushi Shite Saikyou ni Itaru
Chapitre 39

Chapitre 39

Chapitre 39/6065%~9 min de lecture1 640 mots

Trans choisit trois pièces d'équipement pour lui-même et, par précaution, une épée.

Une cuirasse en cuir, des manchettes, des protège-tibias. Et une dague en fer.

Parmi les dagues, il sélectionna la plus légère.

Ce n'était qu'une arme de parade, il n'attendait rien de ses performances. Son prix était à l'avenant.

Il avait songé qu'une cuirasse en fer serait préférable, mais à l'essayage, il constata que le fer entravait considérablement ses mouvements.

À chaque geste, les points de fixation lui comprimaient le corps.

Quand il tenta un léger saut, la cuirasse bougea de haut en bas dans le mince espace libre, et les zones frottées lui brûlèrent.

« Estelle, tu supportes bien la cuirasse en fer, toi. »

« C'est l'habitude, l'habitude. Et puis on l'ajuste soi-même pour qu'elle épouse son corps. Dans mon cas, on m'a limé plusieurs points de contact et j'y ai glissé une serviette pour combler les interstices. »

« Je vois. »

C'est ainsi qu'on transforme un article de série en équipement personnel.

Trans admira les efforts d'Estelle.

Pour autant, il ne ressentit pas le besoin d'aller jusqu'à ce point pour une cuirasse en fer.

« Je suis un être inférieur, et au début, le mieux est de porter une armure à ma mesure. »

Ce n'était pas de l'autodépréciation.

Il craignait qu'un novice aventurier, qui plus est un être inférieur, ne se fasse harceler par ses aînés s'il s'affublait d'une armure trop coûteuse.

« De toute façon, si je dois mettre le prix dans une armure, je préfère attendre de pouvoir me la faire confectionner sur mesure avec mes propres matériaux. »

Cela dit, après l'achat de l'équipement de Trans, Estelle continua de scruter les lames, indécise.

« Et toi, Estelle ? »

« Tu as déjà choisi, toi. »

« Oui. Tu regardes les épées depuis tout à l'heure, tu cherches quelque chose en particulier ? »

« … Ah, euh, en fait… »

Estelle bredouilla.

Trans pencha la tête, perplexe, et Estelle souleva sa propre épée.

« En fait, mon épée est fichue. »

La lame sortie du fourreau présentait un tranchant en lambeaux.

Grâce à sa compétence <Forge>, Trans comprit instantanément l'étendue des dégâts.

Elle n'était pas au point de se briser, mais le réaffûtage était impossible.

Même si on la réaffûtait, la lame s'amincirait et ne ferait que devenir plus fragile.

Mieux valait en acheter une neuve.

Pourtant — Trans pencha la tête.

C'était juste une histoire de remplacement d'épée, pourquoi Estelle peinait-elle tant à l'avouer ?

« Estelle. Tu n'as pas d'argent, par hasard ? »

« Non, pour le financement de l'achat, c'est bon. »

« Hmm ? Alors pourquoi tu fais grise mine ? »

« Abîmer son épée, c'est la honte de l'épéiste. »

À la question de Trans, Simon, assis en silence derrière le comptoir, répondit.

« Casser une lame, c'est presque toujours faute de niveau. "Mon épée, tu l'as massacrée. T'as encore le culot de te montrer devant moi." »

« De, désolé… »

Simon fit saillir une veine au front.

Sous son regard noir, Estelle baissa les épaules, abattue.

Abîmer son épée par manque de niveau. Cette logique, Trans la connaissait.

Un sabre japonais devient le meilleur des tranchants entre des mains expertes.

Mais un novice l'émousse, et la lame se tord aisément.

Il en allait de même pour l'épée d'Estelle.

« Tch. … Donc, c'est quel monstre que t'as "tapé" pour en arriver là ? »

« C'est quand j'ai taillé un ver des rochers, tout à l'heure. »

« Un ver des rochers !? »

Aux mots d'Estelle, Simon réagit de manière excessive.

Il bondit de sa chaise, les yeux injectés de sang.

« Et t'as réussi à le couper, ce ver ? »

« Non, ça n'a pas entamé le moindre morceau… »

« … Ben voyons. »

Simon retomba sur sa chaise, l'ardeur retombée.

« Avec cette lame, t'avais aucune chance contre un ver des rochers. Déjà qu'elle n'a pas cassé, c'est du bonus. Choisis l'épée qui te plaît. »

« … Vraiment ? »

« Hmph. Y aura pas de troisième fois. »

« Merci beaucoup ! »

Au feu vert de Simon, le visage d'Estelle retrouva de la couleur.

À partir de là, ils cherchèrent une bonne lame parmi les rayonnages.

Chaque fois qu'ils tombaient sur une pièce qui leur semblait idéale, l'étiquette de prix les faisait la reposer doucement.

Au bout de ce manège, Trans n'avait pas trouvé une seule longue épée.

« … Franchement, la limite d'une pièce d'or, c'est serré. »

« Si on avait un peu plus… »

De bonnes pièces, il y en avait plein.

Mais toutes commençaient à cinq pièces d'or, hors de portée de leurs bourses.

Et les longues épées à une pièce d'or n'offraient qu'une qualité équivalente à l'ancienne. Ce qui signifiait qu'Estelle perdrait à nouveau face au même adversaire.

La raison pour laquelle Estelle n'avait pas pu vaincre le ver des rochers, c'était l'incapacité de sa lame à percer sa carapace dure.

Comme c'était la performance de l'arme, et non ses capacités physiques, qui avait fait défaut, l'achat n'avait de sens que si la nouvelle armait supérieure à l'ancienne.

« Et si on prenait une épée provisoire, et qu'on en rachetait une meilleure plus tard quand on aura économisé ? »

« Non, on n'a pas envie de changer d'arme comme ça. »

À la proposition de Trans, Estelle secoua la tête.

« Changer d'arme impose de réajuster ses sensations. Quand on est novice, ça passe, mais pour un aventurier aguerri, le moindre décalage peut coûter la vie. C'est pourquoi les vétérans, une fois qu'ils ont mis la main sur une bonne arme, la gardent toute leur vie.

Je ne prétends pas être une vétérante, mais si possible, je veux choisir quelque chose qui durera. »

« Je vois… »

Une arme est un allié auquel on confie sa vie.

Trop faible, elle casse net. Trop forte, elle vous emporte.

« Moi, je me fais pas mal emporter, cela dit… »

Trouver le bon partenaire, voilà l'essentiel du choix d'une arme.

Le regard songeur de Trans se posa sur un tonneau.

Il était posé près de l'entrée.

À l'intérieur, des armes — comme des parapluies dans un porte-parapluies — gisaient en vrac.

« … C'est quoi ça ? »

« C'est de la camelote. Dix pièces d'argent la pièce. »

« Pas cher ! »

Des invendus, en somme ?

Attiré par le prix, Trans fouilla illico le contenu.

Mais…

« Hum… »

Rien que de la piètre marchandise.

À peine de quoi faire de l'exercice de maniement, rien de plus.

Le bas prix a sa raison d'être.

« Hmm, celle-là… »

Pourtant, en fouillant avec obstination, Trans remarqua une dague.

C'en était une seulement si on ignorait qu'elle n'avait pas de tranchant, et sa forme était inachevée.

Une lame épaisse et irrégulière, un manche simplement gainé de cuir. Pas de garde.

Une pièce trop inachevée pour être qualifiée de camelote, mais Trans en fut fortement attiré.

Il y sentait quelque chose, une aura différente du fer ordinaire.

« … Simon-san, c'est quoi le matériau de cette dague ? »

« Du fer魔. »

« Du mithral ! »

Dans sa tête, Trans exulta : « Le minerai classique des fantasy, il est là !! »

Le mithral, dans la fantasy japonaise, est un matériau de haut rang réputé pour conduire la magie.

« Et dans ce monde, le mithral a les mêmes propriétés ? »

Il tenta d'y faire circuler son mana.

La dague l'accueillit sans la moindre résistance.

« Oh. C'est impressionnant. »

« C'est peut-être impressionnant, mais c'est foutu. Ici, on ne peut pas le travailler. »

« On ne peut pas le travailler ? »

« Ouais. La température du fourneau est trop basse, le mithral fond pas correctement. »

À l'explication de Simon, Trans comprit.

La lame épaisse et irrégulière résultait d'une tentative de forge avortée.

Devant cette dague disgracieuse, une pensée traversa l'esprit de Trans : « Moi, peut-être que j'y arriverais. »

Était-ce la certitude apportée par sa compétence <Forge>, ou l'illusion d'un amateur ? Impossible à dire.

« Puisque c'est l'occasion, j'aimerais bien tester ma compétence <Forge>… »

Il n'avait pas encore pu la vérifier. Peut-être pouvait-il le faire ici ?

Trans engagea aussitôt la négociation avec Simon.

« Simon-san ! »

« Qu'est-c'qui t'prend !? »

Le garçon (appelé Trans) venait de revêtir une expression sérieuse et interpellait Simon.

L'ambiance bucolique et insouciante d'il y a un instant avait disparu, remplacée par une tension menaçante.

« Qu'est-ce qu'il va encore faire… » Simon trembla des genoux, tel un gobelin fixé par un dragon.

Veut-il ma vie… ?

S'il se met en rage ici, Simon finira en brouillard de sang en un instant.

Un être d'une telle puissance se soucierait-il de la vie d'un moustique ?

Alors, c'est un article de luxe qu'il veut ?

Merde, c'est peanuts comparé à ma vie ! Je lui donne tout ce qu'il veut !

Quelle que soit sa demande, il faut à tout prix sauver ma vie et ma boutique ! Simon raffermit ses jambes tremblantes.

« Pourriez-vous me prêter votre fourneau ? »

« Hein ? ……… Ah, ouais, pas de souci. »

Une demande si minime, comparée à l'avenir où on lui volerait sa vie et son magasin.

Simon souffla, soulagé, et autorisa Trans à utiliser le fourneau.

De son côté, Trans était intérieurement surpris.

« Heu… c'est tout ? C'est passé comme une lettre à la poste… »

Il s'attendait à ce que Simon secoue la tête.

Un fourneau est l'outil vital d'un artisan. On ne le prête pas comme ça… pensait-il.

Pourtant, l'autorisation était tombée sans discussion.

« Bon… tant pis. »

Il chercha une raison, en vain.

Il décida que Simon était simplement généreux, et suivit l'homme vers l'atelier.

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