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Resetting Lady

Chapitre 137

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Chapitre 137

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Chapitre 137/19869%~8 min de lecture1 423 mots

Alors que Verdic s'inquiétait de ses pensées, Dullan l'aida.

« N... Ne deviez-vous pas la remettre au prince héritier Gueuze q... quoi qu'il arrive ? »

À cela, Verdic acquiesça.

« Bien sûr, oui. »

« P... Pour... pourquoi n'y r... réfléchissez-vous pas un peu plus ? »

« Dis-tu que je ne devrais pas ? »

Verdic fixa Dullan, qui débitait de telles absurdités. Maintenant qu'il y pensait, depuis qu'Isella était éveillée, il n'avait plus besoin de Dullan.

C'est vrai qu'il recevait souvent des somnifères ou des sédatifs de sa part, mais le prêtre outrepassait parfois ses prérogatives pour donner des conseils excessifs comme celui-ci.

« J... Je ne dis pas ça. Cependant… Sire R... Raymond, il… il est venu me voir. »

Quelle était cette nouvelle lubie ?

Le froncement de Verdic s'accentua tandis qu'il écoutait Dullan expliquer ce qui s'était passé. Apparemment, Raymond avait confié ses inquiétudes au sujet de Carynne au prêtre.

« Pourquoi t'a-t-il approché ? »

« …Il, il croit… que je suis encore… a... attaché à Carynne. »

« Ha, haha ! »

Voilà où ça en était.

Dullan en remit une couche. Verdic comme lui imaginaient maintes façons de se venger.

« Ç... Ça pourrait échouer, mais on n... ne sait jamais. »

Raymond correspondait avec le prince Lewis, et il était susceptible d'agir pour reprendre Carynne des griffes du prince héritier Gueuze. En d'autres termes, davantage de préparatifs s'imposaient pour que leur vengeance s'exécute à la perfection.

D'ailleurs, le prince héritier Gueuze avait semblé encore plus stupéfait que Verdic face à l'acharnement de Dullan à vouloir se venger de Carynne.

« …… »

Et ainsi, Verdic remit Carynne au prince héritier Gueuze.

En définitive, Verdic était un homme d'affaires. L'investissement diversifié était le cœur du commerce. Verdic livra Carynne au prince héritier Gueuze tout en songeant à comment mettre davantage la pression sur Raymond.

C'est là que Dullan interviendrait.

─────

« Votre Honneur, veuillez examiner cette pièce à conviction. »

Le procureur sortit d'autres documents. Verdic esquissa un rictus. Il avait donné à Isella l'occasion de témoigner à la barre pour que sa fille puisse ainsi évacuer sa colère.

Pourtant, Verdic n'avait pas recruté une ou deux personnes seulement.

Si le marquis Penceir faisait pression sur le jury, Verdic, lui, achetait des gens. La moitié des assistants présents dans cette salle d'audience — quels que soient leurs intérêts — étaient des membres de la Chambre des représentants. Leurs votes et l'opinion publique ne pouvaient être totalement ignorés.

« Tuez la sorcière ! »

« Peine de mort ! Peine de mort ! Peine de mort ! »

« Abattez la masse de fer de la loi sur la garce ! »

Tous ceux qui hurlaient dehors avaient été payés par Verdic, et ils manifestaient contre Carynne Evans, qu'ils méprisaient. Quelques jurés chuchotèrent désagréablement entre eux.

« …… »

Le juge, lui aussi, fronça les sourcils. Ce procès n'était pas une affaire banale qu'on pouvait trancher sur la simple loi.

La famille royale était impliquée. Sans compter la richesse et la dignité des nobles.

Le vieux juge était exténué par cette audience qui durait depuis une journée. Elle avait été retournée dans tous les sens, encore et encore.

Puis, tout à l'heure, le procureur avait produit une preuve décisive en faveur de Verdic.

« Ce document étaye la plaiderie de folie de Carynne Evans. Il est forgé. »

« …Hoh, qu'avez-vous dit ? »

Le juge réajusta ses lunettes, mécontent.

« Le document que le fiancé de l'accusée, Sire Raymond Saytes, a produit a été rédigé par l'ancien fiancé de l'accusée, Dullan Roid. »

Raymond grinca des dents. La situation empirait. Il comprit immédiatement ce que le procureur allait dire ensuite.

« Sire Raymond Saytes a soudoyé Dullan Roid à hauteur de 10 000 pièces d'or. C'est un fait avéré, révélé par le relevé bancaire que Verdic Evans a présenté. »

Au fond, une grande partie de l'argent de Raymond provenait de Verdic Evans. Il ne serait pas bien difficile pour Verdic Evans de truquer quelques documents bancaires afin de prouver que Raymond avait retiré de l'argent pour le donner à Dullan.

« À la banque Evans, voulez-vous dire. »

Le juge réajusta ses lunettes une fois de plus. Verdic remarqua que le juge cherchait à le sonder. Creuser un peu plus la vérité derrière cette preuve ne ferait que le desservir.

Ce que Verdic voulait ici, c'était un jugement expéditif.

Alors, il recevait un coup de main.

De cet homme, que Carynne avait trahi — et qu'elle méprisait.

« Je souhaiterais demander à Dullan Roid de témoigner. »

Grincement.

Ce fut une chaise qu'on repoussait.

Les dents de Raymond étaient serrées. C'était naturel. Il n'aurait même pas pu s'y attendre. Raymond se trompait complètement sur un point.

Raymond pensait qu'il entretenait une relation de coopération avec Dullan. Mais en vérité, c'était Verdic et Dullan qui étaient alliés.

Peut-être Raymond croyait-il que Dullan éprouvait ne serait-ce qu'une once d'amour pour Carynne.

Verdic claqua la langue. Un chevalier naïf comme lui ferait bien d'arrêter de juger les autres à sa propre aune.

Craquement.

Dullan arriva.

Verdic appréciait assez la nature fourbe du prêtre.

Il s'avança vers la Bible d'un pas délibéré et sans hésitation. Si les regards pouvaient tuer, le seul fulminement de Raymond aurait achevé Dullan sur le champ — mais cela n'eut aucun effet sur lui.

Il se présenta revêtu de sa robe de prêtre noire et de son étole éclatante. Il se força à se tenir droit, le dos raide, et parut plus grand que d'habitude.

Là se tenait le jeune prêtre, maigre et frêle en apparence, mais peu enclin au mensonge.

Dullan posa une main sur la Bible et parla.

« Je jure solennellement de dire toute la vérité, rien que la vérité, en présence de Dieu. »

Puis, il témoigna lentement mais sûrement.

« Raymond Saytes m'a contraint à rédiger un document écrit pour prouver la folie de Carynne Evans. Je le jure au nom de Dieu. »

Le procès s'acheva là.

Trois fois, le marteau retentit.

Carynne Evans fut condamnée à mort.

─────

Verdic Evans quitta le banc, rearrangeant ses vêtements. Alors que la foule commençait à se clairsemer, celui qui restait était Dullan.

Il avait retrouvé son allure habituelle, posture abyssale comprise. Il semblait plus à l'aise debout, les épaules voûtées. Aussi à l'aise, peut-être, que lorsqu'il mentait effrontément à la face de tous.

Verdic rit.

« Merci, Révérend Dullan. »

Verdic tendit la main à Dullan, et Dullan la serra.

« Nous aurions été dans de beaux draps sans votre coopération. »

« Ce n'est… p... pas grand-chose. »

Dullan le disait, mais vraiment, les choses n'auraient pas été aussi fluides sans son intervention.

Au bout du compte, Raymond Saytes n'avait pas acheté Dullan. Il semblait vraiment croire que sa fiancée avait un problème avec sa jolie petite tête.

Même ainsi, cela la laverait-il de ses péchés ?

Verdic ne le pensait pas.

Carynne avait commis un crime.

Et c'était le crime d'avoir fait perdre un marché à Verdic.

« Comme convenu… votre p... part du marché. »

« Oui, Révérend. Tout comme vous l'avez demandé, je déposerai un appel pour qu'elle soit exécutée en ce lieu. »

Verdic grimaça.

« Je suis le père légal de Carynne, j'en ai donc le droit. »

« …… »

Oh, que c'était amusant. C'était la première fois qu'il éprouvait de la joie à l'idée d'avoir adopté Carynne. Il en avait le droit — de désigner son lieu de mort.

Verdic était aux anges d'être servi ce repas qu'on appelle « vengeance ».

Et c'était maintenant l'heure du festin.

Verdic accorda donc la part du prêtre.

« Bien sûr, je ferai aussi en sorte que vous soyez désigné comme le prêtre chargé de sa dernière confession. »

Verdic appréciait fort ce prêtre fourbe. Il enfila soigneusement ses gants et regagna son carrosse tape-à-l'œil. Il lui restait encore quelque chose à voir, alors il devait aller jusqu'au bout. D'ailleurs, Verdic était escorté par des soldats que le roi lui avait assignés.

Si Raymond et le marquis voulaient que Carynne vive, de l'autre côté de la barrière, Verdic et le roi régnant voulaient que Carynne meure. Le bras de fer s'était soldé par la victoire de ces derniers.

« Hmm, hmm. »

Verdic était de bonne humeur.

Carynne Evans serait le jouet de Dullan jusqu'à son dernier souffle, et ce n'est qu'après avoir été jouée à fond qu'elle mourrait.

C'était une mort misérable, digne d'une ennemie qui avait osé faire face à Verdic.

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