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Reincarnated as a Sword

Chapitre 864

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Chapitre 864

Chapitre 864

Chapitre 864/104583%~6 min de lecture1 103 mots

Après avoir mis fin au conflit entre l'Alliance du Roi-Dragon et l'Alliance des Demi-Hommes, nous nous étions rendus près de l'infirmerie.

Le quartier général de l'infirmerie était une tour blanche qui dominait tous les autres bâtiments de la ville. Plusieurs installations annexes l'entouraient.

Dans cette cité où s'entassaient les constructions de grande hauteur, c'était une rareté : les abords de l'infirmerie ne comptaient presque que des bâtiments de deux étages tout au plus. Qui plus est, les allées et les espaces verts y étaient aménagés comme dans un parc.

Dépenser terrain et argent avec un tel luxe, c'était sans doute pour faire étalage de la puissance de l'infirmerie.

La tour trônant au centre de la ville, je l'avais toujours eu sous les yeux, mais c'était la première fois que j'en approchais d'aussi près.

(C'est quoi le plan ?)

« Dans un premier temps, faisons le tour du bâtiment en utilisant des compétences de détection. Urshi, toi, concentre-toi sur les odeurs. »

(Ouaf !)

J'aurais bien voulu entrer directement, mais impossible de savoir comment le maître d'œuvre allait réagir…

Aux abords de l'infirmeria, la foule était dense. Majoritairement des civils, mais je percevais aussi des présences qui sentaient le hors-la-loi.

Pourtant, tout le monde restait sage. Probablement parce qu'on se trouvait sur le terrain de l'infirmerie. Rien que ça prouvait l'étendue de leur influence.

« Y a des zones où les gens s'amassent davantage, mais ça peut être simplement des installations importantes. »

Si c'est le dépôt de potions ou le logement des cadres, il est normal qu'il y ait beaucoup de gardes. Je me disais que s'il y avait des gens retenus en esclavage sous terre, je devrais capter leur présence depuis le sous-sol, mais rien de suspect n'est apparu.

Malgré tout, à force de rôder, on a fini par tomber sur un point où Fran s'est arrêtée net.

« Qu'est-ce qu'il y a ? »

(Là-dessous, c'est bizarre.)

« Bizarre ? Tu veux dire, une pierre magique de barrière ? »

(Ouais. Y en a peut-être une enterrée là-dessous.)

Apparemment, il y a une pierre magique de barrière sous le sol.

« Tu sais à quelle profondeur ? »

(Genre dix fois ma taille ?)

« C'est plus profond que je pensais. »

Je pensais qu'ils avaient enfoui une barrière de surveillance pour monitorer la surface, mais ce n'est peut-être pas ça.

Et s'il y avait un passage souterrain, et que la barrière servait à le surveiller ?

« Fran, y a peut-être un passage souterrain. Tu peux vérifier ? »

(Ouais.)

Fran a essayé de taper du pied plusieurs fois pour tester la résonance, mais c'est visiblement trop profond pour savoir s'il y a une cavité.

« Je sais pas. »

« Bon, bah laisse-moi essayer. »

J'ai utilisé de la magie de terre. Plus précisément un sort appelé *Zone Tellurique*, qui permet de déployer une barrière détectant les intrusions ennemies.

Mais je voulais éviter au maximum qu'on me repère, donc j'ai restreint la zone au strict minimum : juste sous les pieds de Fran. En revanche, j'ai poussé la portée en profondeur.

Pour masquer le flux magique, j'ai porté ma concentration à son comble. C'était peut-être bien la première fois que je me focalisais autant sur un sort de niveau élémentaire.

Étroit, profond, silencieux : j'ai déclenché la magie de terre. Même s'il y avait un mage à proximité, j'étais sûr qu'il ne remarquerait rien. À moins que l'adversaire ne soit un aventurier de rang A, il ne ressentirait même pas la moindre gêne.

« …Hum. »

(Ça donne quoi ?)

« Attends un peu… Ah ? C'est ça ! Je sens quelque chose ! »

(Ooh. Pas mal, Maître.)

Sous l'endroit où se tenait Fran, un espace souterrain assez large pour laisser passer une personne existait bel et bien. En creusant plus loin, j'ai compris qu'il partait en ligne droite depuis l'infirmerie vers le quartier résidentiel.

C'aurait pu être un égout, mais il n'y avait aucun écoulement d'eau. Surement un passage souterrain.

« Urshi, tu peux faire un Transfert d'Ombre jusqu'à ce passage ? »

(Ouaf !)

Puisque Urshi peut se téléporter d'ombre en ombre, il devrait pouvoir rejoindre le tunnel.

« Trouve où il mène, d'un bout à l'autre. Si tu risques de te faire repérer, abandonne l'exploration. Tu peux le faire ? »

(Ouaf ouaf !)

« Bien, je compte sur toi. »

(Urshi, fais de ton mieux.)

(Ooorn !)

Voilà, l'exploration du souterrain était confiée à Urshi.

Mais en échange de cette petite avancée, on s'était embarqués dans un sacré pépin.

« La fille là-bas ! Bouge pas ! »

« Qu'est-ce que vous faites ? »

« Je me repose. »

On était encerclés par une patrouille de gardes. Fran a essayé de montrer qu'elle n'avait aucune intention hostile, mais les gardes n'ont pas daigné l'écouter.

« Arrête de mentir ! Voleuse ! Vous croyez pouvoir duper le réseau d'info de notre brigade ? »

« On a eu un tuyau d'une source fiable. L'info est confirmée ! »

« L'info ? »

« Pas la peine de te la donner. »

« Bref, tu viens avec nous. »

Je croyais à un simple contrôle d'identité, mais l'ambiance était tout autre. Les gardes avaient visiblement l'intention d'embarquer Fran dès le départ.

Quelqu'un leur a fourré un faux renseignement pour qu'ils la prennent pour une voleuse ou quelque chose du genre. C'est l'œuvre du commanditaire, sans doute.

En tout cas, ce dernier a assez d'autorité pour faire mouvoir les gardes comme des pions.

(On se tire ?)

« Si on fuit, on devient des fugitives à part entière. On ne pourra plus remettre les pieds dans cette ville. »

Moi, ça m'arrange. Mais si Fran ne veut pas renoncer à son objectif — exterminer les marchands d'esclaves du marché noir —, l'interdiction d'accès à la ville est à éviter.

Pourtant, si on les suit, le risque de se faire coffrer pour un crime qu'on n'a pas commis est énorme… La fuite vaudrait peut-être mieux ?

Mais avant qu'on ne prenne une décision, une présence a surgi en courant vers nous.

« Attendez ! Haa… haa… »

Elle a dû sprinter. Une jeune fille arrivait, le souffle coupé.

« Arrêtez. Baissez… vos lances. »

« Mais… cependant… »

« Mon ordre ne suffit pas ? J'ai dit : arrêtez. »

« Ha ! Pardon ! »

Les soldats ont baissé leurs lances et se sont raidis au garde-à-vous.

« Sophy ? »

« Eh oui. Ça fait un moment. »

C'était Sophylia, la musicienne avec qui j'avais combattu à Castel, cette ancienne fille qui mangeait sans payer.

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