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Reincarnated as a Sword

Chapitre 435

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Chapitre 435

Chapitre 435

Chapitre 435/52583%~11 min de lecture2 078 mots

« La guilde des voleurs surveillait Fran depuis le début ? »

« Qu’est-ce que ça veut dire ? »

« Eh, eh, calme-toi. On va causer un peu, non ? »

« J’ai pas le temps pour des bavardages inutiles. »

« Alors, si c’est pas des bavardages, ça va ? Hé, Honest. »

« Hé ? Tu me désignes direct ? »

Honest, interpellé par Fisto, écarquilla légèrement les yeux. Il avait l’air surpris. Et méfiant.

« C’est trop lourd pour moi. »

« Il est donc si fort ? »

« … Écoute bien. Ne te mets surtout pas en travers de sa route. Si tu tiens à la vie. Mon détection du danger réagit autant que face aux Cent Lames. »

Je vois. Normalement, le costaud Fisto aurait menacé l’adversaire pour l’impressionner, et l’escroc Honest aurait mené la danse. Mais Fisto a saisi instantanément la valeur de Fran et a renoncé à l’intimidation par la force.

« Ah, mademoiselle. On va vous préparer du thé, alors asseyez-vous donc. »

« Pas la peine. J’ai pas le temps. »

« Non, non, une bonne négociation commence toujours autour d’un bon thé. »

« J’ai dit que je n’avais pas de temps à gaspiller. »

« Ha, ha. C’est ça. Dis donc, une femme aussi belle et compétente, j’aimerais bien faire sa connaissance. »

Honest se passa la main dans les cheveux en esquissant un sourire. Rayons de séduction à pleine puissance. Sur Terre, il serait devenu hôte numéro un. Mais Fran ne broncha pas.

« Tu n’as pas l’intention de m’écouter ? »

C’est probablement son atout maître face aux femmes. Certes, avec un beau gosse qui lui sourit comme ça, la plupart fondraient et la négociation tournerait à l’avantage de la guilde des voleurs.

Mais c’est raté. Notre Fran s’en fiche des beaux gosses ! D’ailleurs, une négociation détournée ne marcherait pas sur elle. Surtout maintenant qu’elle est pressée. Le fait que l’autre camp ne soit pas un allié total joue aussi. Sur ses gardes, elle répond d’autant plus froidement.

C’est peut-être le moment pour mon avatar. Si je dis qu’on est entrés par téléportation, ça justifiera notre apparition soudaine.

« At, attendez ! »

*Tchik.*

Au moment où Honest lança sa voix, une désagréable sensation, comme une décharge statique dans le cerveau, m’assaillit. Je connais ce coup. Au donjon d’Ulmutt, le voleur Solas avait utilisé *Affinité forcée* sur moi. Même effet.

Il a dû employer *Attirance du sexe opposé*. Une compétence qui focalise l’attention du sexe opposé.

Fran, qui ne l’avait pas remarquée avant, la perçut nettement maintenant qu’elle a entraîné ses compétences. Ses yeux se plissèrent net.

Elle donna un coup de pied dans la table ronde, s’envola et atterrit *don* devant Honest, qui s’était à peine soulevé de sa chaise pour la retenir. La table gémit volontairement sous le choc.

Et elle me pointa droit sur sa gorge. Sous ce regard glacial venu d’en haut, Honest en perdit la parole. Ce sont ses deux acolytes qui crièrent.

« He, hey ! La miss ! Qu’est-ce qui t’prend ? »

« Ouais ! C’est pas très calme comme entrée en matière ! »

« … Utiliser une compétence en pleine négociation, c’est ça la calme ? »

« ! »

Il n’avait pas cru qu’on détecterait sa compétence, Honest blêmit. Mais voilà, son orgueil mal placé parla. S’excuser platement eut été la meilleure option, mais pour des types comme eux, se faire marcher sur les pieds en pleine tractation, c’est inenvisageable.

« Ici, tu oses, tu… dégainer une épée ! Tu vas le regretter ! »

« … Hou ? »

Ah, il l’a faite, ce con. Malgré l’avertissement de Fisto, il a dû la sous-estimer à cause de l’apparence de Fran. Ou alors, se faire rejeter par une gamine l’a vexé, ou son charme qui ne prend pas l’a frustré.

Pour reprendre la main, il a lâché une réplique hostile.

L’instant d’après, Fran le fusilla du regard. Pas encore d’intimidation par compétence. Mais elle était à deux doigts de les classer ennemis. La prochaine phrase déciderait s’il garde sa tête.

On sent la tension monter chez les gardes derrière le mur. Même s’ils ne perçoivent pas la puissance de Fran à travers la paroi, les mots de Fisto leur ont fait comprendre qu’ils avaient affaire à un monstre. Pourtant, si on leur ordonne d’attaquer, ils devront s’y jeter. La tristesse des subalternes.

C’est pas bon. La négociation va capoter. En fait, elle n’a même pas commencé. J’aurais dû sortir moi-même dès le début.

« Attendez ! »

« Bubéh… ? »

Et paf ! Fisto envoya un direct du droit dans la gueule d’Honest pour le faire taire. L’autre partit en vrille, s’écrasa contre le mur et ne bougea plus. Sa poitrine monte et descend, il est vivant, mais son outil de travail, sa tronche, a morflé.

Fisto posa les deux mains et les deux genoux au sol, s’excusant à en crever. Il ne lui manquait plus que le front au tapis pour un *dogeza* parfait.

« At, attends ! C’est la faute à ce con ! Son vieux réflexe a ressorti ! J’ai jamais pensé à te chercher des noises, moi ! Pardon ! Alors assieds-toi ! »

Fisto et Honest semblaient de rang égal, et il fait ça ? Pink, elle aussi, est sidérée par le revirement.

« He, Fisto ! T’es en train de faire quoi ? Si l’équipe d’Honest cherche des noises après, j’en sais rien ! »

« Ferme-la ! Mieux vaut se fâcher avec Honest après que de se faire tous buter ici ! J’ai vu le vrai visage. La rumeur est vraie ! »

Il juge qu’un esclandre avec Honest plus tard vaut mieux que de se faire massacrer par Fran maintenant. Cela dit, « tous buter »… Je sais pas quelle rumeur court, mais ils ont une trouille bleue d’elle.

« D’ailleurs, je suis contre le fait de faire d’une maquereau qui n’a que ses compétences comme talent un cadre ! Aaah ! Merde ! »

« … Toi qui pètes un câble comme ça, c’est rare… Ha. Bon, les mecs sont inutiles, c’est moi qui vais causer. Encore un tout petit peu, tu peux patienter ? »

Malgré l’attitude de Fisto qui prouve le danger de Fran, Pink sourit et engage la conversation. Fran, voyant l’état d’Honest, a dû évacuer sa colère. Elle me rangea et acquiesça.

« … Compris. »

« Merci. »

Pink se rassoit. Fran est descendue de la table mais reste debout. Pink a littéralement sa vie entre les mains de Fran, pourtant aucune peur sur son visage. Parmi les cadres, c’est elle qui a le plus de cran, sans conteste.

« Bon, je vais être franche : le maître Garth n’est plus au manoir du comte Olmes. »

« ! Qu’est-ce que vous racontez ? »

« Fufu. Enfin de l’intérêt. Disons qu’on a un petit lien avec le maître Garth. »

Pink explique pourquoi la guilde des voleurs relie Fran à Garth et lui balance l’info.

À la base, la guilde devait une dette à Garth.

« Il y a longtemps, un jeunot a ramené un artefact d’invocation dans la capitale, et l’engin a failli partir en vrille. On a failli se retrouver avec une pelletée de monstres menace D lâchés en plein cœur de la ville. »

Celui qui se trouvait sur place et a détruit l’artéfact pour stopper l’invocation, c’était Garth.

« Même si on bénéficie d’une certaine tolérance, si on avait invoqué des monstres dans la capitale, l’organisation aurait été rayée de la carte. »

De là vient l’énorme dette de la guilde envers Garth. Et quand ils ont su qu’il était assigné à résidence chez le marquis Astner, ils ont tenté le contact.

« Des gars de la guilde des voleurs sont infiltrés chez le marquis ? »

Même les élites du comte Bayliss s’y sont cassé les dents ? Mais c’est la guilde des voleurs, ils ont de la bouteille.

« Nos yeux et nos oreilles un peu partout, ils ne se croient pas en train de collaborer avec la guilde. Ils bossent normalement, et de temps en temps ils vendent une info pour arrondir les fins de mois. C’est tout. Donc même s’ils se font griller, ça ne remonte pas jusqu’à nous. »

« Je vois. »

« Du coup, avec leur aide, s’infiltrer, c’est facile. Enfin, pas besoin d’une infiltration de luxe, il suffit qu’ils fassent leur ronde un peu à la va-vite. »

C’est comme ça que la guilde, après avoir contacté Garth, a reçu comme mission de mettre en vente aux enchères plusieurs fourreaux d’épée fabriqués en secret pendant sa captivité.

« Y’avait une dette, on a pas pu refuser. Bon, on a récupéré au passage quelques armes bien foutues, mais bref. »

Les fameux « fourreaux du maître » ont été mis aux enchères à plusieurs endroits. Par sécurité, multi-diffusion. De toute façon, sans la clé, le code passait inaperçu, et même repéré, incompréhensible.

Ils comptaient faire passer le message à Fran via leurs gars, mais rien ne garantissait qu’elle les croirait. D’où ce chemin détourné.

Et Fran a été la seule à enchérir activement sur ces fourreaux. La guilde les a tous surveillés de près.

Cela dit, est-ce qu’en assignation à résidence on peut vraiment fabriquer plusieurs fourreaux ? Je me le suis demandé, mais apparemment Garth dispose d’un atelier correct pour ne pas rouiller, et il forge à sa guise.

« Alors, Garth va bien ? »

« On ne peut pas dire ça. Selon nos contacts réguliers, on lui glisserait des doses minimes de drogue dans sa bouffe, et les effets commencent à se voir. Il lui arrive de devenir incohérent, donc « va bien » est exagéré. »

« … C’est ça. »

« En plus, on lui fourrerait parfois une drôle d’épée magique brisée en deux. Là, son corps bouge tout seul, sans lien avec sa volonté, et il forge. Franchement, j’ai cru que c’était des hallucinations dues à la drogue, mais on a enquêté sur cette épée : identité inconnue. »

Drogue pour le rendre malléable, demi-épée magique pour le piloter. Aux vues des indices, cette lame brisée est très probablement le *Fanatique*, mais pas encore confirmé.

Apparemment, pour des pions de combat comme Hamrus et sa bande, ils les droguent à fond pour briser leur esprit.

Mais pour Garth, dont le savoir-faire et les compétences sont nécessaires, ils dosent la drogue pour lui laisser conscience et raison. Le talent d’un artisan, ce n’est pas que de la technique.

« Et tout récemment, on l’a déplacé quelque part. »

« Quelque part ? »

« On pense que c’est le sous-sol de l’ancien manoir du vicomte Althand, maintenant abandonné, mais c’est flou. »

« Vicomte Althand ? »

« Le noble à la *Raison du mensonge*, un con de noble. »

Ah, lui aussi. Le manoir du père, le comte Olmes, est utilisé par le marquis Astner. Celui du vicomte Althand l’est peut-être aussi.

« Qu’est-ce que ça veut dire ? »

« D’abord, on a confirmation que le maître Garth a été sorti de sa chambre de détention. Or, la guilde a des infiltrés au manoir du marquis Astner, au manoir du comte Olmes et à l’annexe du comte Olmes : nulle part la présence de Garth n’a été confirmée. »

« Hmm. »

« Donc forte probabilité qu’il ait été transféré ailleurs. »

« Cet ailleurs, c’est ce sous-sol ? »

« Oui. On a détecté un grand espace souterrain avec une foule de présences humaines. »

« Des soldats ennemis ? »

« Probablement. »

Ce doit être la base de fabrication des pseudo-*Fanatiques*. Dans ce cas, il y a du monde.

« Mais l’accès à cet espace reste introuvable. Quoi qu’on cherche, aucun passage n’apparaît. »

Téléportation ? Ou passage secret hyper bien caché ?

« Comment vous avez su qu’un tel endroit existait ? »

« Fufu. Les souris s’infiltrent partout. »

Impressionnant, la guilde des voleurs. Même une base secrète a ses taupes !

« Effectifs précis ? »

« Là, désolée. Les souris ne savent pas compter. »

En fait, la histoire de souris n’était pas une image : ils utilisent vraiment des rats. Même un sous-sol secret a des trous d’aération, et les rats peuvent s’y faufiler.

« Mais en recoupant les infos, on peut estimer. Au bas mot, cent personnes. »

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