Aller au contenu principal

Reincarnated as a Sword

Chapitre 431

Reincarnated as a SwordReincarnated as a Sword
Chapitre 431

Chapitre 431

Chapitre 431/52582%~10 min de lecture1 904 mots

« Koun »

« Urushi, ça va ? »

« Ouaf... »

Urushi était revenu couvert de blessures. La régénération les refermait, mais l'ampleur des cicatrices laissait deviner à quel point les blessures initiales avaient été profondes. Il y avait donc bien des assaillants à l'extérieur aussi. Il avait tenté de poursuivre Velmeria, mais les agresseurs l'en avaient empêché.

Le style de combat d'Urushi reposait sur une panoplie de compétences pour dérouter l'adversaire. Une fois que la magie noire et les compétences furent scellées par les pseudo-épées fanatiques, sa marge de manœuvre se trouva drastiquement réduite.

Surtout, sans Camouflage d'Ombre et Transfert d'Ombre, l'esquive et la prise à revers devenaient quasi impossibles. Rien que cela divisait sa force de frappe par deux.

Le fait que l'affrontement ait eu lieu en plein jour, en ville, n'arrangea rien.

Si son familier semait le trouble, Fran en porterait la responsabilité. Donc pas de esclandre en ville. Pas de retour à sa taille originelle. Je le lui avais rabâché jusqu'à en avoir mal à la gorge…

Du coup, coincé en format réduit, il avait dû s'engager en face-à-face avec les assaillants, s'enlisant dans une guerre d'usure jusqu'à ce que ceux-ci s'autodétruisent par Libération du Potentiel.

Revenu à sa taille normale, il aurait pu l'emporter. Il aurait même pu secourir Velmeria. Mais pour Urushi, Fran passe avant tout. Même acculé, il la place au-dessus de tout. C'est pourquoi il n'a pas repris sa forme véritable, se battant désespérément contre les agresseurs.

« Urushi, tu peux suivre l'odeur de Velmeria ? »

« Ouaf ! Ouaf ouaf ! »

Urushi désigna du museau la pseudo-épée fanatique des assaillants, comme pour signaler quelque chose.

« Tu veux dire qu'elle s'est réfugiée au même endroit que l'épée maudite ? »

« Ouaf ! »

« Le manoir du marquis Ashtner ? »

« Ouaf ! »

Apparemment, le pistage était déjà terminé.

« On y va tout de suite ! »

Fran afficha une détermination sans faille, mais c'est Urushi lui-même qui la retint.

« Koun ! Ofu ofu ! »

Il lui mordilla la manche, essayant désespérément de lui communiquer quelque chose. Visiblement, il voulait la faire renoncer.

« Qu'est-ce qu'il y a ? »

« Koun ! »

Et Urushi pointa de nouveau la pseudo-épée fanatique.

« Tu as senti la présence de ces épées au manoir du marquis ? »

« Ouaf ! »

C'était certain. Et vu qu'Urushi allait jusqu'à retenir Fran, leur nombre devait être considérable. Le comte, le visage grave, interrogea le loup.

« Cela veut-il dire qu'au manoir du marquis Ashtner, il y a une grande quantité de gens transpercés par ces épées mystérieuses ? »

« Ouaf ! »

« Quelle situation… »

Mais Colbart ne semblait pas saisir toute la portée.

« Qu'est-ce qu'il y a ? Puisqu'on sait où ils sont, on fonce les taper, non ! »

L'argument de Colbart se tenait. Pourtant, le comte Baillet ne hochait pas la tête.

« … Les effectifs manquent. »

« Qu'est-ce que vous dites ! Tous ces assaillants sont dopés aux drogues magiques ! Probablement pour les rendre contrôlables. Ce qui veut dire que si on les laisse faire, la jeune Velmeria aussi… »

« Je le sais ! »

« Pour l'attaque du comte Olmes, ils ont bien dû préparer des soldats ! »

« Ils finalisent en catimini les préparatifs sur plusieurs bases. Ce n'est pas encore prêt. »

« Alors on y va nous-mêmes ! »

« Impossible. Je ne peux pas l'autoriser ! »

Le comte Baillet partageait sans doute le même sentiment que Colbart. Ses mots, l'exact contraire de sa pensée, le transperçaient douloureusement.

« Pourquoi ? »

« Ne sous-estimez pas la force ennemie. Au vu de l'attaque d'aujourd'hui, une possibilité terrifiante émerge. »

« Que voulez-vous dire ? »

« Que la position de ce manoir ait fuité, c'est inévitable. Ils l'ont extorquée aux prisonniers. Mais engager une telle puissance juste pour m'éliminer ? Avec ce déploiement, on pourrait raser la capitale. Et le résultat : l'enlèvement de Velmeria et, au mieux, l'effondrement d'une maison comtale ? Même si mon assassinat avait réussi, le gain serait dérisoire. »

J'ai pensé un instant qu'on pourrait reporter l'inspection prévue ce soir, mais les subordonnés du comte sont compétents. La mort de leur maître n'annulerait pas l'opération.

« Au contraire, venger leur seigneur ne ferait que les motiver davantage. Parmi les commandants, certains portent titre de noblesse ; la transmission de l'autorité ne posera pas de problème. »

D'ailleurs, gagner du temps par cette ruse ne ferait qu'alourdir les soupçons sur la maison Ashtner. Sous peu, la famille royale mènerait une enquête approfondie.

« Gaspiller une telle force pour grappiller du temps… c'est un luxe qu'on ne peut pas se permettre… »

« Je vois. Mais c'est peut-être qu'ils sont acculés à ce point. »

« C'est certain. Pourtant, il existe une autre éventualité. »

« Laquelle ? »

« Que cette force n'ait pas été un luxe. »

Le sens des mots du comte Baillet frappa Colbart et Frédéric simultanément. Leurs visages pâlirent.

« Autrement dit, leur manoir recèlerait des effectifs bien plus massifs encore ? »

« C'est probable. Le danger est grand. Les présences que le familier de la Princesse Foudre Noire a perçues dépassent sans doute notre imagination. »

« Ch… Chiant ! »

Colbart gronda de frustration. C'était pourtant la réalité. On ignore le nombre de ces pseudo-épées fanatiques. Si la production en série est lancée, des dizaines de lames pourraient exister.

« Une unité d'épéistes d'élite qui ne craignent pas la mort et annulent la magie… Voilà ce qui nous attend. »

Nos forces : Fran, Colbart, Frédéric, le comte, une poignée de soldats rescapés. Au mieux, quelques dizaines de chevaliers en renfort.

Mais la capacité de ces pseudo-épées est trop vicieuse. Compétences et magie neutralisées pour nous, usage libre pour eux. Quel que soit l'angle, c'est du suicide.

Par ailleurs, les nombreux espions capturés jusqu'ici sont probablement liés à ces lames. Compétences scellées à leur insu, Dissimulation et Camouflage annulés… Dans ces conditions, même une infiltration pour le sauvetage semble compromise.

« Merde ! C'est quoi, cette épée ! »

« C'est une pseudo-épée fanatique. »

« Princesse Foudre Noire ! Tu la connais ? »

« Juste identifiée par Analyze. Je ne sais que le nom. »

« Tu possèdes Analyze… Pseudo… comment ? »

« Pseudo-épée fanatique. »

« Une contrefaçon de l'épée fanatique, donc ? »

« Ouais. L'épée fanatique est une épée divine détruite jadis. Fanatics. »

Nous n'en connaissons pas les détails non plus, mais je leur transmets ce qu'Alicia m'avait appris autrefois. Au fil de l'explication, la stupeur figea tous les visages.

Plus que la capacité elle-même, c'était l'existence même d'une copie conforme d'épée divine qui les glaçait.

« Une pseudo-épée divine… Ashtner irait jusque-là… »

« Hey, c'est pas bon du tout, ça ! »

« Est-ce que l'original pourrait être entre leurs mains ? »

Épée divine : une arme légendaire, super-arme des mythes. Si l'ennemi en possède une… Leur désespoir devient compréhensible.

Que Fran inspire une confiance assez totale pour qu'on ne mette pas sa parole en doute, c'est flatteur, mais le moral en a pris un coup.

« D'après ce que j'ai entendu, Fanatics a été détruite. »

« Alors ils n'auraient mis la main que sur le procédé de fabrication… »

« Cela dit, le simple fait qu'il y en ait une tripotée est déjà un cauchemar ! »

Colbart venait de cracher sa rancœur quand une présence approcha du manoir. Aucune hostilité émanait d'elle. Ils ne cherchaient même pas à masquer leur approche.

« Ex-excusez-moi ! Y a-t-il quelqu'un ! »

« Mon Dieu, quel spectacle… »

« Qui vive ! »

L'interpellation du comte Baillet fit décliner leur identité aux nouveaux venus. Des soldats de patrouille, menés par un chevalier. D'ailleurs, pour tout le vacarme qu'on a fait, ils ont mis du temps à arriver.

D'après leur récit, l'attaque ne s'est pas limitée à ce manoir. Simultanément, plusieurs demeures et maisons particulières ont été visées, faisant de lourdes victimes. Le poste de garde du secteur a aussi été frappé.

Le commandant de secteur étant mort, la relève a mal tourné ; ce n'est qu'avec le nouveau chef qu'une troupe a pu être dépêchée.

Le comte Baillet leur exposa la situation et demanda l'envoi de personnel pour soigner les blessés.

Une fois les soldats partis, l'atmosphère restait lourde. Je crus d'abord qu'ils mesuraient l'ampleur du drame, mais ce n'était pas tout.

« … Il semblerait que l'équipe qui préparait secrètement la perquisition du pavillon du comte Olmes ait été prise pour cible. »

Ce qui a été frappé, manoirs et maisons, étaient en fait les planques de la maison Baillet. Pas seulement l'information sur ce manoir : tout a fuité.

« Il faut vérifier les dégâts. Mais c'est confirmé : nos forces sont insuffisantes. »

Face à la voix sombre du comte, Frédéric lança une question.

« Donc vous préconisez l'attente jusqu'à ce que les effectifs soient prêts ? »

« Je n'ai pas dit ça. Laisser en liberté des rebelles dotés d'une telle puissance est impossible. Si une rébellion éclate dans la capitale, le prestige du pays s'effondre. Non, c'est déjà une rébellion. Il faut stopper la dérive de la maison Ashtner, quel qu'en soit le prix. »

Sur ces mots, le comte Baillet enchaîna les ordres à ses hommes survivants.

« Je me rends au château. La situation est chaotique ; il faut l'expliquer. On pourra compter sur les autres ordres de chevaliers. Frédéric, contacte l'équipe d'inspection Olmes ! Secourez les survivants, et que les valides soient prêts dans deux heures ! Dites-leur qu'ils vengeront leurs camarades. Ça les remobilisera. »

« Compris. »

« Ensuite, tu prendras le commandement des unités d'espionnage. En coordination avec l'assaut frontal, vous infiltrerez. Pas seulement le manoir Olmes : j'autorise des opérations contre le marquis Ashtner. »

« Ha ! »

« Puisqu'ils ont pris la peine d'enlever Velmeria, ils ne la tueront pas tout de suite. Patiente, s'il te plaît. »

« … Oui. »

Une fois toutes les instructions données, le comte se tourna vers Fran et Colbart.

« Colbart, Princesse Foudre Noire. Je veux que vous fassiez le lien avec la guilde des aventuriers. »

« Le lien ? »

« Oui. Demandez à Eriante d'envoyer des renforts. Bien sûr, pas de réquisition : on les engage normalement. »

« Ah, on complète nos effectifs avec des aventuriers ! »

« Exact. N'importe quel aventurier capable de combattre. Pas de plafond. Salaire : double du taux habituel. Mais prévenez-les clairement du danger. Inutile qu'ils se défilent en cours de route. »

Le double du taux. Large. Colbart est impressionné. Engager des aventuriers risque de faire fuiter l'info, mais la priorité est aux effectifs.

« Sans plafond… Si des centaines se pointent, on fait comment ? »

« Du travail, il y en a pour tout le monde. Plus on a de force, plus on est avantagés. Si ça augmente les chances de récupérer ma fille saine et sauve, c'est donné. »

« Hé hé. C'est entendu. »

« L'opération démarre dans trois heures. La négociation est entièrement entre vos mains. »

« Compris. On file à la guilde ! »

« Ouais ! »

« Jusqu'ici, on a subi l'initiative. Maintenant, c'est à nous de contre-attaquer ! »

Swipez pour naviguer

Commentaires

0/2000

Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier à en laisser un.