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Reincarnated as a Sword

Chapitre 241

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Chapitre 241

Chapitre 241

Chapitre 241/31577%~6 min de lecture1 189 mots

Pour permettre aux aventuriers de calmer leurs ardeurs, Gamdo les avait laissés derrière lui et était revenu au bureau avec Fran.

« Aujourd'hui a été fructueux. Désolé si ça a traîné un peu plus longtemps que prévu. »

« Non. C'est bien. J'ai aussi appris des choses. »

« Vraiment ? »

« Oui. Merci beaucoup. »

Fran baissa la tête devant Gamdo.

La demande de combat simulé émise par Gamdo semblait, au premier abord, destinée à remettre les aventuriers sur le droit chemin et à leur faire la leçon.

Mais en y repensant, ses paroles n'étaient-elles pas aussi adressées à Fran ? Ne te laisse pas griser. Il y a toujours plus fort que soi. Si tu fonces tête baissée dans des endroits dangereux par excès de confiance, la mort t'attend. Il avait dû vouloir lui transmettre tout cela.

Et sans qu'on le lui dise, Fran avait semble-t-il compris les intentions de Gamdo. Elle s'inclinait profondément devant lui.

Gamdo fit une mine embarrassée et détourna le regard. Effectivement, ce combat simulé visait à la fois les aventuriers et Fran.

« Hé, hé, y a pas de quoi me remercier comme ça. »

« Si. J'avais quand même envie de te dire merci. »

« … Tu es encore jeune. Ne te presse pas trop, d'accord ? »

« Compris. »

Par la suite, Fran remercia à nouveau Gamdo, récupéra sa récompense et quitta la guilde des aventuriers.

« Prochaine étape : trouver un bateau. »

« Oui. On cherche vite. »

« Wouaf ! »

« Oh ? Vous deux, vous avez l'air drôlement motivés, non ? »

« Ce soir, c'est le curry de Io. »

« Wouaf. »

« On ne peut absolument pas être en retard. »

« Wouaf wouaf. »

Fran et Ursi se regardèrent et hochèrent la tête en parfaite synchronisation. Je vois, ils communiquent par l'appétit.

C'est sûr qu'on veut trouver un bateau avant la nuit, donc je ne vais pas me plaindre qu'ils soient motivés. Mais pas question de se précipiter sur un navire douteux, et si on ne trouve pas aujourd'hui, ce sera pour demain.

« Bon, direction le port. »

« J'espère qu'il y aura un bateau arborant l'emblème du pays des hommes-bêtes. »

On a aussi la carte d'identité reçue du Roi-Bête, et vu comment le surnom de « Princesse Foudre Noire » s'est répandu à Barbola, je pense qu'il n'y aura pas de problème pour embarquer comme garde.

L'inquiétude, c'est plutôt de savoir si un bateau est effectivement amarré, et le cas échéant, de quelle envergure il s'agit.

Mieux vaut un vrai navire de haute mer qu'un petit bâtiment de commerce. On doit quand même traverser jusqu'à un autre continent.

La personnalité de l'équipage compte aussi. Même si le statut des chats-noirs est en train d'être réévalué au pays des hommes-bêtes, il y en a sûrement encore qui les méprisent. Il faut éviter de monter sur un bateau où se trouve ce genre d'idiots, surtout si le capitaine lui-même est de ce bord.

« Miam miam, et ce bateau-là ? »

« Miam miam. »

Fran et Ursi, qui avaient pourtant prévu du curry pour ce soir, mangeaient des brochettes au goût curry tout en arpentant le port pour inspecter les navires.

« Ah. »

« Oh, tu as repéré un bon bateau ? »

« Celui-là a l'air bon. »

« Ah, d'accord. »

Fran dérivait vers un stand. Ça devait sentir drôlement bon. En l'observant avec [Analyse], je vis qu'ils vendaient un plat original : une pâte plate enroulée en cône, garnie d'une farce style keema curry dont l'humidité avait été évaporée. Vu de loin, ça ressemblait pas mal à une glace au chocolat sur un cornet.

Fran et Ursi le dégustaient avec délectation. Il faut que je reste vigilant, moi.

On continua de faire le tour du port en grignotant ça et là. On avait bien trouvé deux navires arborant l'emblème du pays des hommes-bêtes, mais aucun ne donnait envie de monter à bord.

Le premier était une vraie épave, de celles qui font douter de leur capacité à traverser la mer. Apparemment, une petite compagnie l'utilisait pour le commerce. L'équipage était de bas niveau, et les compétences comme la manœuvre ou le combat naval étaient quasi inexistantes. Ce navire était un mauvais choix, c'est certain.

Le deuxième avait une apparence correcte, mais l'équipage posait problème. À les voir, c'était de sacrées mauvaises têtes, le genre d'anciens pirates. Et pas des plus recommandables. Ils ne semblaient plus exercer la piraterie pour l'instant, mais impossible de leur faire confiance. Ce navire était éliminé.

Alors qu'on errait ainsi dans le port, un marchand nous interpella soudain.

« Bonjour. »

« Oui ? »

« Vous cherchez une mission de garde, non ? »

« Comment tu sais ça ? »

Face au marchand qui avait deviné notre but, Fran demanda sur ses gardes. Mais l'explication était simple.

Pour qui sait regarder, une fillette chat-noir accompagnée d'un loup magique, c'est forcément la rumeur : la Princesse Foudre Noire. Il savait que Fran n'était pas une simple gamine homme-bête, mais une aventurière d'élite.

Et en nous voyant examiner les bateaux, il a déduit qu'on cherchait un navire pour notre destination. C'est courant que les aventuriers paient leur passage en assurant la protection du navire, donc l'inférence était facile.

« C'est pourquoi je souhaiterais vous proposer d'assurer la protection de notre navire. »

Engager la Princesse Foudre Noire, ça ne donne pas seulement un garde puissant, ça fait aussi de la publicité pour le marchand. Il offrait non seulement la gratuité du passage, mais une prime substantielle.

C'est alléchant, mais il y a une condition sine qua non.

« Quelle est la destination ? »

« Le continent de Reddina. Qu'en dites-vous ? »

« Impossible. »

Fran secoua la tête énergiquement, et le marchand, bien que déçu, se retira sans insister. Je m'attendais à ce qu'il insiste davantage, mais il a dû juger qu'irriter Fran était une mauvaise idée. Après tout, si elle se mettait en colère et faisait des siennes, ce serait sa ruine pure et simple.

On se fit aborder plusieurs fois ensuite, mais aucun navire ne partait pour le continent de Chrome où se trouve le pays des hommes-bêtes.

Pourtant, sans baisser les bras, on continua les recherches pendant trois heures. Et enfin, on dénicha un navire à notre goût.

Je m'y connais pas en bateaux, mais je dirais que c'est un galion. Connaissance tirée d'un certain manga de pirate, donc fiabilité incertaine. Cinq mâts, et parmi les navires du port, c'était de la grosse artillerie. En plus, il arborait l'emblème du pays des hommes-bêtes avec une couronne ajoutée : un navire sous juridiction directe de la maison royale.

Là, on pouvait faire confiance au navire comme à l'équipage. En les observant un moment, les matelots travaillaient avec discipline et efficacité, entrecoupés de rires joyeux. Signe d'un bon environnement de travail.

Et « juridiction directe » veut dire qu'avec la carte d'identité du Roi-Bête, on aura à coup sûr des facilités. C'était notre cible.

« Fran, on va leur parler. »

« Oui. Compris. »

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