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Records of the Human Emperor

Chapitre 932

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Chapitre 932

Chapitre 932

Chapitre 932/93899%~10 min de lecture1 805 mots

« Attendez ! »

Alors que les « Turcs occidentaux » approchaient, le général tibétain posté sous la tour de guet leur intima d'un cri l'ordre de s'arrêter.

Dans le même temps, il se retourna et adressa un signe à l'un de ses hommes dans son dos.

Tandis que les Tibétains observaient avec perplexité, un cavalier monté sur un cheval blanc fit irruption depuis l'arrière-garde.

« À quelle troupe de cavalerie appartenez-vous ? Produisez un ordre dûment signé par le grand général. Où est votre jeton ? »

Une série de questions brutales, proférées en turc, plongea tout le monde dans un silence atterré.

Il y avait bel et bien un soldat turc occidental parmi les rangs tibétains !

Alors que les « Turcs occidentaux » n'avaient pas encore repris leurs esprits, le cavalier au cheval blanc sembla remarquer quelque chose et tendit un doigt menaçant. « Ne bougez plus ! Tuez-les ! »

Soui soui soui ! Une grêle de flèches fus instantanément vers les « Turcs occidentaux ».

« Hahaha, ce Dalun Ruozan est vraiment impressionnant. Il a pensé à tout, même à cette éventualité.

Je dois lui rendre cette justice : avoir placé des Turcs au sein de l'armée tibétaine. Frères, reculons ! »

Esquivant la bordée de projectiles, les « Turcs occidentaux » prirent rapidement la fuite entre des rires moqueurs. Une fois de plus, c'étaient les Tang qui opéraient une déguisement.

Bien loin du camp tibétain, un soldat des Tang vêtu d'une armure turque finit par briser le silence. « Général, ce Dalun Ruozan est redoutablement difficile à manœuvrer ! »

« S'il eût été facile à aborder, comment aurait-on pu le qualifier de ministre avisé ? Et notre marquis n'aurait pas eu besoin de concevoir personnellement ce stratagème pour provoquer un tel remue-ménage. »

Cheng Sanyuan ôta son casque et éclata de rire.

« Ce Dalun Ruozan a érigé une défense étanche à toute faille ! À ce rythme, il nous sera extrêmement difficile d'accomplir quoi que ce soit ! » lança avec résignation l'un des cavaliers des Tang.

Se déguiser en Turcs pour attaquer les Tibétains, jouant sur leurs différends, relevait d'un excellent esprit. Mais ils n'avaient nullement prévu que Dalun Ruozan insérerait de véritables soldats turcs au cœur de sa propre armée pour distinguer le vrai du faux, trahissant ici une anticipation parfaite de la manœuvre.

Pour les soldats des Tang qui ne connaissaient pas profondément Dalun Ruozan, cette adversité si impénétrable suscitait une vive contrariété ; chacun de leurs gestes semblait lu comme en plein livre. En cet instant précis, ils saisirent soudainement à quel point leur propre marquis était redoutable.

« De quoi vous effrayez-vous tant ? Oubliez-le ! Ce n'est qu'un commandant vaincu par notre marquis. À quel point Dalun Ruozan serait-il donc capable de rivaliser avec notre seigneur ? »

Cheng Sanyuan rit franchement, faisant peu de cas des appréhensions de ses troupes.

« C'est parti ! Notre mission est achevée. Kong Zi-an et les autres s'occuperont de la suivante. »

Le groupe repartit au galop vers le camp des Tang, éloigné, dans les environs de Talas.

Boum !

Quelques instants après le départ des hommes de Cheng Sanyuan, une alerte retentit au sein du camp turc occidental.

Un messager pénétra en hâte dans la tente du commandement tibétain. « Grand Ministre ! Nous venons d'apprendre que les Tang se sont déguisés en Turcs et ont tenté un raid contre notre camp. »

Quelques secondes plus tard, un homme d'origine turque fit irruption dans la tente. « Grand Général ! Une tentative d'intrusion a été repérée ! Les Tang se sont déguisés en Tibétains. »

Dalun Ruozan prit connaissance de ces deux rapports.

Les autres présents dans la tente échangèrent des regards surpris, puis tournèrent tous les yeux vers Dalun Ruozan. Celui-ci avait en effet fait installer des soldats des deux bords au sein des camps ennemis. Au départ, ils avaient trouvé la proposition modeste, mais ils comprenaient désormais que sans ces dispositions, les Tang auraient probablement atteint leur objectif.

On pouvait aisément imaginer les conséquences désastreuses si des Tang déguisés en Turcs ou en Tibétains étaient parvenus à s'approcher du camp sous le couvert de l'alliance Turco-Tibétaine.

« Le Grand Ministre fait preuve d'une sagacité remarquable. Duwu Sili en est pleinement convaincu ! » déclara Duwu Sili.

Il n'avait jamais été aussi fermement convaincu par le ministre de la lignée royale du Ngari.

Dalun Ruozan esquissa un sourire discret avant de baisser la tête, un regard pensif planté au fond des yeux.

Huoshu Huicang et Dusong Mangpoje firent attention à ce détail et interrogèrent ensemble : « Grand Ministre, que se passe-t-il ? » Dalun Ruozan ne donnait pas l'impression d'avoir perçu correctement les mouvements de son adversaire.

« Ce n'est pas simple à exposer ! » Les sourcils de Dalun Ruozan se plissèrent. « Si s'en était tenu à cette seule manœuvre initiale, je n'aurais eu qu'à offrir un sourire rassurant et déclarer que nous pouvons dormir sur nos deux oreilles ce soir. Mais quand il ordonne à ses hommes de revêtir les armures de nos troupes pour s'attaquer à nos camps, cela peut effectivement sembler entrer dans le cadre de mes prévisions. Pourtant, l'accumulation de ces deux faits ne fait qu'accroître mon malaise. »

« Le Grand Ministre suggère donc que ses actes ne visaient qu'à nous troubler pendant qu'il préparait autre chose ? » demanda Duwu Sili.

Il demeurait l'un des meilleurs grands généraux du khaganat turc occidental et saisit très vite l'idée sous-jacente de Dalun Ruozan.

« Impossible de le savoir avec certitude pour l'instant, mais je garantis qu'il nous cache encore le gros de sa machination. Puisqu'il a essayé trois fois déjà, il doit nécessairement préparer un nouvel assaut. Mais un point demeure inexplicable. Comment diable pourrait-il venir à bout de défenses que j'ai minutieusement établies ? » expliqua Dalun Ruozan, le visage voilé d'une profonde méfiance.

Dalun Ruozan avait disposé un nombre considérable de feux de joie le long de la périphérie du camp, rendant quasi impossible toute approche furtive. Par ailleurs, chaque tour de guet accueillait un soldat turc, tandis que les Turcs occidentaux avaient installé des sentinelles tibétaines à leurs propres postes.

Le fait même que ait osé tenter deux assauts et ait échoué constituait un problème en soi.

Tant les camps turcs que tibétains présentaient une protection étanche ; la seule issue pour l'ennemi aurait été l'effraction brutale. Or, un raid nocturne implique rarement de grosses unités, et tenter de forcer le passage en petit comité relèverait du suicide.

Dalun Ruozan ne parvenait pas à anticiper la prochaine manœuvre de . Il s'était déjà penché sur la question auparavant et estimait qu'une telle vigilance rendrait infranchissables les défenses, lui-même compris.

La tente sombra dans le silence alors que chacun s'employait à méditer.

« Haha, très bien. Même s'il possède les stratagèmes de Zhang Liang, je dispose quant à moi de mes échelles d'assaut. Cessez de vous en faire pour lui. Huoshu Huicang, préparez vos troupes pour le mouvement. Il faut rendre l'ascenseur. Allons-lui réserver une agréable surprise ! »

Dalun Ruozan releva brusquement la tête et sourit.

« Entendu ! Grand Ministre ! »

Huoshu Huicang reprit ses esprits, inclina brièvement la tête et quitta la tente.

Tandis que Huoshu Huicang sortait pour donner ses ordres, une agitation se manifestait du côté nord du camp tibétain.

Wouloulou !

Le gémissement plaintif d'un loup résonna dans le ciel nocturne, se perdant au loin.

« Écoutez ! Jusqu'à ces bêtes ressentent de l'émotion. Elles savent pleurer leurs compagnons morts. Dans la bataille d'aujourd'hui, les Tang ont fauché des montagnes de loups, au point qu'il fut impossible de les compter ! »

« Hélas, ce ne furent pas seulement les loups qui périrent aujourd'hui. Les balistes des Tang sont d'une puissance écrasante. Avec les Turcs, nous sommes cent vingt mille, mais nous avons perdu quarante mille hommes ce jour, et tous représentaient l'élite ! »

À quelques dizaines de mètres d'un poste de garde, deux soldats tibétains tenaient conversation.

« Je commence enfin à comprendre comment les Tang ont pu tenir tête à des centaines de milliers de soldats arabes. »

« Le commandant des Grands Tang est tout simplement supérieur. Vous avez vu les événements de la journée. Sans le déploiement de la Cavalerie du Loup Céleste, de la Grande Cavalerie Mutri et du grand général des Turcs occidentaux, nous aurions subi une hécatombe bien pire, perdant peut-être plus de la moitié de nos effectifs. »

Les combats de la journée avaient été d'une violence si atroce que, même à présent, le seul souvenir en faisait frémir les deux hommes malgré eux.

Les Tibétains n'étaient pas des peuples timorés, mais la fermeté dépendait toujours de l'adversaire affronté. Trop de guerriers s'étaient massés autour de la seule cité de Talas, recrutés uniquement parmi les élites respectives. Voir toutes ces pépites moissonnées par les engins de mort qu'étaient les balistes suffisait à faire trembler jusqu'aux Tibétains les plus endurcis.

Shua shua !

Alors qu'ils échangeaient ces mots, un bruit étrange parvint à leurs oreilles, les faisant bondir instinctivement pour vérifier la source du perturbation.

« Qui va là ?! »

L'un tendit son arc tandis que l'autre dégainait son poignard courbe, tournant le regard vers l'origine du son.

Houuu ! Le vent souffla. Sous la clarté des falots, ils aperçurent un loup gigantesque avançant lentement devant une tour de guet.

« Bon sang ! »

« C'est un loup des Turcs ! »

Ils échangèrent un regard embarrassé. Leurs commandants avaient pourtant prévenu les troupes du goût immodéré du chef des Tang pour les raids nocturnes. Depuis le passage de l'heure Zi, trois alarmes avaient retenti, et la cavalerie ennemie avait tenté à trois reprises de s'infiltrer sous divers déguisements. Les deux hommes restaient visiblement sur la réserve.

« Espèces d'imbéciles, que faites-vous donc ? »

Au moment où ils cherchaient une excuse, un général tibétain surgit dans une bourrasque, la voix rauque et le regard coupant comme des lames.

« Ne vous ai-je pas donné l'ordre de patrouiller ? Si le moindre incident survient, vos têtes répondront du manque de surveillance ! »

« Oui, Général ! »

Les deux hommes frissonnèrent et disparurent précipitamment dans les ténèbres.

Cette nuit s'annonçait des plus agitées.

……

Tandis que l'obscurité s'intensifiait, les vents devinrent glacials.

Si l'on portait le regard depuis le ciel, on apercevrait des centaines de torches brillant le long des deux lignes de défense d'acier dressées face à Talas, chassant l'obscurité. Elles dessinaient un ruban lumineux veillant sur les cent mille hommes des Tang.

Cracracrac !

Des sabots martelant le sol brisèrent le calme plat. Une traînée de poussière s'éleva derrière la seconde ligne de défense, tandis que des silhouettes innombraces à cheval fondaient rapidement vers les retranchements des Tang.

Traduit par Wuxia France — soutenez leur travail en les suivant.

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