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Records of the Human Emperor

Chapitre 931

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Chapitre 931

Chapitre 931

Chapitre 931/93899%~10 min de lecture1 808 mots

se tenait sur les remparts, ses vêtements fouettés par le vent violent. Tandis qu’il observait l’horizon, il dégageait une assurance et une élégance naturelles.

« Allumez les torches ! »

fit un signe et, en un instant, des torches s’enflammèrent le long des murailles. Cling cling clang clang ! Des lanternes à huile furent descendues par des chaînes depuis les remparts, illuminant tous les recoins et les alcôves ombragés de Talas. Que les Arabes et les Tibétains cherchent à mener une attaque surprise contre les lignes de défense d’acier ou à grimper aux murs de Talas sous couvert d’obscurité, ils n’avaient plus aucun angle mort à exploiter.

Le temps passa lentement, mais la tension autour de Talas ne faiblit pas ; elle s’accrut au contraire à chaque instant. À l’est, à l’ouest et au cœur même de Talas, les soldats de garde restaient parfaitement concentrés, devenant de plus en plus prudents à mesure que la nuit avançait.

Au fil du passage de l’heure du Rat, l’obscurité s’épaissit et la somnolence devint plus lourde.

Tous savaient que c’était à ce moment-là que les attaques nocturnes survenaient le plus souvent.

Glar !

Au bord du champ de bataille oriental, les cris des vautours résonnaient au-dessus des bûchers flambants. Près de six mille soldats tibétains patrouillaient le long du périmètre tracé par les feux. Le secteur qu’ils surveillaient était coupé de clôtures fraîchement édifiées et semé de hautes tours de guet.

Il était difficile d’imaginer qu’une civilisation nomade de l’Ü-Tsang eût pu assimiler si vite les tactiques des Plaines Centrales.

Un commandant tibétain debout devant un poste de guet ordonna à haute voix : « Restez concentrés ! Le chef des armées des Grands Tang adore lancer des surprises ! Gardez l’œil ouvert ! Ne laissez aucun Tang s’infiltrer dans les failles. »

« Oui ! »

Les soldats tibétains répondirent en chœur depuis divers postes de guet. Leurs yeux méfiants scrutaient leurs alentours tels des faucons. En pareilles conditions, nul ne pouvait franchir la ligne de défense tibétaine sans être repéré. Des sabots clamèrent le sol alors que la cavalerie tibétaine patrouillait dans la nuit noire.

Les patrouilles serrées de cavalerie et les multiples postes de guet formèrent une vigilance hermétique qui garantissait la sécurité des camps tibétains et turcs.

Le temps continuait de filer. De sombres nuages cachèrent la lune, plongeant les abords dans une obscurité encore plus profonde.

Après un certain temps…

Honglonglong !

Hors de la ligne de défense sud du camp tibétain, le roulement des sabots éveilla immédiatement les alertes des Tibétains.

« Qui va là ? »

Un grincement se fit entendre alors que les flèches étaient dirigées vers l’ombre. Les Tibétains demeuraient sur leurs gardes, le moindre bruit d’approche déclenchant instantanément leur réaction. Franchir leur ligne de défense n’était pas une mince affaire.

D’innombrables yeux sortirent de l’ombre pour fixer la direction des sabots qui approchaient. Sous la lueur des feux, on distinguait des silhouettes innombrables avancant à vive allure.

« N’ouvrez pas le feu ! Nous sommes des vôtres ! »

Une voix panicquée, prononcée en tibétain, s’éleva des ténèbres. À ces mots familiers, le guetteur ne fut que plus inquiet, et non moins. Un sifflement aigu retentit alors : une flèche s’enfonça dans le sol juste devant les silhouettes approchantes.

« Arrêtez-vous tout de suite ! Descendez de cheval et retirez votre casque ! Je veux voir vos visages !

Tel est l’ordre du Grand Ministre ! Quiconque désobéira sera exécuté ! » hurla le soldat de garde. En parlant, il lança une torche depuis la tour de guet.

La torche traça un arc étincelant dans les airs, mais un sifflement perçant retentit alors : une flèche percuta le brasier en plein vol et le fit choir.

« Hahahaha, Dalun Ruozan est redoutable, puisqu’il s’y était déjà attendu. Frères, reculons ! »

Cette voix s’exprima gaiement en tibétain avant que la silhouette ne laisse retomber son bras et ne conduise ses hommes vers la retraite, sans même pénétrer dans la lumière des bûchers.

« À leurs trousses ! »

Le Tibétain avait peine à comprendre ce qui se passait lorsqu’il entendit des grondements furieux et le bruit de chevaux pris en chasse.

« Halte ! Revenez immédiatement ! »

Un officier tibétain chevauchant un destrier des hauts plateaux galopa en avant et arrêta les autres soldats. « Le Grand Ministre a défendu toute poursuite ! Souvenez-vous qu’ils ont pu tendre une embuscade ! »

Les hennissements s’apaisèrent rapidement alors que la cavalerie tibétaine en poursuite effectuait un repli rapide.

« Ces Tibétains sont vraiment remarquables. Aucun n’a mordu à l’hameçon ! »

Sun Zhiming regarda les Tibétains disparaître dans l’obscurité, une lueur d’intérêt dans le regard.

Derrière Sun Zhiming, un cavalier ayant participé à la guerre du sud-ouest remarqua : « Dalun Ruozan est effectivement impressionnant. Il mérite amplement sa réputation de ministre avisé ! Même le marquis l’éloge. De surcroît, il a déjà subi les attaques surprises du marquis dans le sud-ouest et s’y est préparé. Notre manœuvre sera pratiquement inutile face à lui. »

« Haha, cela rend l’affaire encore plus amusante, puisqu’il s’est montré prudent. Retournons en attendant. Dans tous les cas, nous avons toute la nuit pour jouer avec les Tibétains ! »

Sun Zhiming afficha un sourire dégagé et entraîna rapidement ses hommes dans les profondeurs de la nuit.

Pendant ce temps, la nouvelle selon laquelle les Tang avaient tenté de se déguiser en Tibétains pour envahir le camp tibétain fut rapportée à la tente du commandant perchée sur les collines. L’espace était vivement éclairé et la précieuse carte du continent reposait sur une table ronde d’un noir profond. Assis aux côtés de cette table se trouvaient Dalun Ruozan, Huoshu Huicang, Dusong Mangpoje et Duwu Sili.

« Comme le prédit le Grand Ministre, ce gamin a vraiment essayé d’utiliser cette fois encore ce stratagème ! »

Huoshu Huicang poussa un rire narquois en apprenant la nouvelle.

« Haha, il a tenté deux fois la même méthode ? Il semble que je l’aie surestimé. »

Dalun Ruozan esquisse un sourire détendu. À ses yeux, avait clairement atteint les limites de ses capacités et ne savait recourir qu’à ces ruses infantiles et dénuées de sens.

« Si c’est bien tout ce qu’il réserve pour ce soir, nous pourrons peut-être dormir tranquilles. »

« Serait-ce donc bien tout ce qu’il dispose et le Grand Ministre l’aurait légèrement surestimé ? » finit par lâcher Duwu Sili, une pointe de rancune teintant sa voix. « Ce n’est qu’un adolescent. Il n’a quand même pas pu apprendre l’art de la guerre et les arts martiaux dès le ventre maternel, si ? »

Bien qu’il refusât à contrecœur de l’admettre, c’était la première fois de sa vie que sa Cavalerie du Loup Céleste faisait face à un adversaire qu’elle ne parvenait pas à vaincre, et un adversaire dont la force et le niveau de cultivation étaient inférieurs aux siens. Voir cela se produire sous les yeux de grands généraux tels que Huoshu Huicang et Dusong Mangpoje donnait à Duwu Sili l’impression d’avoir perdu toute sa dignité.

Dusong Mangpoje garda la tête baissée ; un léger pli marqua ses sourcils à ces mots, mais il resta silencieux.

« Haha, les paroles du général sont fondées, mais la prudence ne fait jamais de mal. Mieux vaut se prémunir contre tout imprévu. »

Dalun Ruozan éclata d’un rire bref et n’essaya point de riposter.

Dalun Ruozan ne méprisera jamais un adversaire capable de le battre une fois, mais il n’avait nul besoin de l’expliquer à Duwu Sili.

« Grand Ministre, souhaitez-vous que je me joigne aux patrouilles ? » proposa soudain Dusong Mangpoje. « Ainsi, si les Tang tentent quoi que ce soit, je pourrai sortir et leur couper la retraite. »

« Cela n’est pas nécessaire ! »

Le sourire de Dalun Ruozan se transforma en un froncement de sourcils tandis qu’il rejetait rapidement la proposition de Dusong Mangpoje. Lors de la bataille de l’interstice triangulaire, Dayan Mangban avait trouvé la mort et l’armée de dizaines de milliers d’hommes de Dusong Mangpoje avait été presque décimée. Depuis cet affrontement, Dusong Mangpoje brûlait du désir de prendre sa revanche, allant jusqu’à s’agenouiller devant le Grand Temple Saint de la Montagne Neigeuse. Dalun Ruozan comprenait naturellement ce qui lui trotait dans la tête, mais ce n’était pas le moment de prendre des décisions guidées par les émotions.

« Un général doit tenir le centre de l’armée. Il est impossible de tout faire soi-même. Laissez ces menus détails à vos subordonnés. De plus, les Tang sont rusés : aussi bien que Gao Xianzhi excellont dans les stratagèmes et la tromperie. S’ils apprenaient que vous participez aux patrouilles, ils pourraient vous faire courir de-ci de-là jusqu’à ce que vous soyez complètement épuisé, sans jamais vous laisser le moindre instant de repos. Puis, lorsque la bataille éclatera, votre défaite sera certaine. »

L’expression de Dalun Ruozan était d’une gravité exceptionnelle.

Le crépitement du feu résonna dans la tente tandis que Dusong Mangpoje tombait dans le silence et finissait par hocher la tête.

L’obscurité continuait de s’épaissir, et jusqu’à la faible clarté lunaire commençait à faiblir. Quinze minutes plus tard, alors que Dalun Ruozan et les siens discutaient encore des contre-mesures dans la tente, un roulement de sabots parvint du centre de la ligne de défense tibétaine.

« Qui va là ?! »

Un grincement se fit entendre alors que les flèches étaient dirigées vers l’ombre. Les Tibétains demeuraient sur leurs gardes, le moindre bruit d’approche déclenchant instantanément leur réaction. Franchir leur ligne de défense n’était pas une mince affaire.

« C’est nous ! N’ouvrez pas le feu ! »

Nous avons été dépêchés sur les ordres du grand général Duwu Sili et venons au camp tibétain rendre compte de la mission ! »

Une voix s’éleva des ténèbres, prononçant un tibétain quelque peu hésitant.

« Un Turc de l’Ouest ? »

Une lueur de surprise traversa brièvement les yeux des guetteurs tandis qu’ils desserraient peu à peu leurs cordes d’arc. Plus bas, un général tibétain trapu et bronzé rangea lentement son épée. Ils voyaient distinctement, à la lueur des flammes, que les hommes en face portaient l’armure des Turcs de l’Ouest.

Le général tibétain laissa retomber son bras et ordonna : « Abaissez vos arcs ! Personne n’a le droit de tirer sans mon ordre ! » Son regard vigilant commença à se détendre.

Les Turcs de l’Ouest et les Tibétains étaient alliés. S’ils parlaient des langues différentes, ils partageaient pourtant un ennemi commun. Se massacreraient mutuellement par méprise eût eu de fâcheuses répercussions sur le cours général des opérations.

« Merci beaucoup ! » cria le « Turc de l’Ouest » en faisant avancer ses soldats. Personne ne remarqua le sourire satisfait aux lèvres du chef des « Turcs de l’Ouest ».

Traduit par Wuxia France — soutenez leur travail en les suivant.

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