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Records of the Human Emperor

Chapitre 84 : La première Contrainte du Monde !

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Chapitre 84

Chapitre 84 : La première Contrainte du Monde !

Chapitre 84/10878%~10 min de lecture2 000 mots

« Où crois-tu aller ! »

La femme fut prise de court. Le but de sa visite était Wang Chong et, qu'il s'agît de le tuer ou de lui faire forger une lame, elle ne pouvait le laisser fuir.

Peng ! Endurant la douleur qui lui tenaillait le corps, elle prit appui au sol et s'élança à sa poursuite.

Sous la lune claire, Wang Chong filait au ras du sol, droit vers la chambre au trésor de la demeure des Wang.

Le visage de la femme se glaça aussitôt. Sans même réfléchir, elle le suivit. Mais elle avait à peine parcouru quelques zhang qu'un éclat sombre traversa le ciel. Une épaisse flèche de métal, chargée d'une force immense, fendait l'espace et fonçait sur elle.

Boum !

En un clin d'œil, elle se protégea de son épée brisée. Quand la lame heurta la lourde flèche de métal, elle fut violemment projetée en arrière.

« Tuoba Guiyuan, maîtres, arrêtez-la ! Ne la laissez pas s'échapper ! »

Tout en courant à travers la pelouse, Wang Chong rugissait. La première moitié de sa phrase était dans la langue des Han, le reste en sanskrit.

« Rraaah ! Bienfaitrice, pourquoi ne pas vous reposer un peu ici ! »

Arloja et Ablonodan poussèrent un rugissement furieux. Une fumée noire jaillit d'eux tandis qu'ils bondissaient sur la femme, comme une flèche décochée par un arc.

Peng ! Peng !

Les trois puissances se heurtèrent violemment, et la déflagration de l'air atteignit jusqu'à Wang Chong, pourtant à une dizaine de zhang de là.

Quand Wang Chong se retourna, les robes d'Arloja et d'Ablonodan volaient au vent. Incapables de garder l'équilibre, ils reculèrent de plusieurs pas. La femme profita de l'ouverture pour s'élancer au-dehors. En plein vol, elle dévia d'un coup d'épée une autre grosse flèche de Tuoba Guiyuan, puis exécuta les Pas du Spectre : sa silhouette se brouilla aussitôt et se fondit dans les ombres au pied du mur.

« Morveux ! Ce n'est pas fini ! »

Une voix pleine de rancune retentit dans le ciel nocturne. Elle semblait si furieuse que ses dents d'argent avaient dû s'ébrécher sous la pression. En un clin d'œil, la femme des Îles de l'Est avait disparu sans laisser de trace.

'Elle est redoutable !'

À cette vue, Wang Chong resta saisi. Il connaissait la force d'Arloja et d'Ablonodan, et cette femme avait pourtant tenu tête aux deux à la fois et les avait fait reculer.

« Gongzi, qui est cette femme ? Elle est si puissante que même mes flèches n'ont rien pu contre elle ! »

Le carquois dans le dos, Tuoba Guiyuan accourut.

La première qualité exigée d'un archer est un œil d'exception, et Tuoba Guiyuan était un maître archer. Or, quand la femme avait exécuté les Pas du Spectre, il n'avait pas su la distinguer de ses ombres.

« Est-ce le marchand des Régions de l'Ouest, Mosaide ? Ce gaillard est décidément retors. Envoyer une assassin de cette force en plus de ses hommes masqués ! »

Shen Hai et Meng Long accoururent, l'épée à la main.

« Ce n'est pas Mosaide ! »

Wang Chong secoua la tête.

« Ah ? »

Le groupe le regarda avec surprise.

« Cette personne est une assassin des Îles de l'Est. Si influent que soit Mosaide, il lui est impossible d'engager une assassin des Îles de l'Est contre moi. Et puis… elle n'a pas du tout reconnu l'épée en acier wootz que je tenais. »

dit Wang Chong en levant la lame pour la regarder.

Il y avait trop d'incohérences dans l'identité de cette femme. Wang Chong s'était d'abord laissé égarer et l'avait crue envoyée par Mosaide. Mais Mosaide voulait son épée en acier wootz, quand cette femme voulait sa vie.

Sans l'esquisse de la lame de sept chi restée sur la table, et sans la curiosité qu'elle avait éveillée chez une assassin experte au sabre, elle l'aurait tué depuis longtemps !

« Alors, qui a envoyé cette assassin ? »

Un pli profond se creusa sur le front de Meng Long et de Shen Hai.

Wang Chong se contenta de secouer la tête. Il ignorait qui l'avait lancée contre lui, mais au vu des circonstances et de la force de la femme, il pariait sur Yao Feng ou sur Su Bai.

Su Bai était pour l'heure enfermé à la Cour de Révision Judiciaire ; si habile fût-il, il lui était impossible de faire passer de là-bas l'ordre à un homme de main d'engager une assassin. Restait donc un seul candidat possible…

À cette pensée, une ombre sombre passa entre les sourcils de Wang Chong.

« Nous reparlerons de cela plus tard. Renforcez nos défenses ces prochains jours : cette personne reviendra probablement. »

Shen Hai, Meng Long et Tuoba Guiyuan acquiescèrent. Ils en éprouvaient encore de l'effroi.

Sans la présence d'esprit de Wang Chong, qui avait chargé Tuoba Guiyuan et les deux moines sindhis de remettre ces coutelas à Shen Hai et à Meng Long, nul n'aurait songé qu'il était en danger.

La femme n'avait sans doute pas pu imaginer qu'il n'existait aucun râtelier d'armes dans le coin de la chambre au trésor des Wang. En tenant compte, de surcroît, du fait que Wang Chong n'avait pas ouvert sa porte pour parler, les trois hommes avaient aussitôt compris que quelque chose clochait et étaient revenus en hâte vers le cabinet.

« Maîtres, je vais devoir abuser de vous ces prochains jours. »

Wang Chong se tourna vers les deux moines sindhis et leur parla en sanskrit.

« Soyez tranquille, gongzi. Nous resterons à vos côtés ces jours-ci pour veiller à votre sécurité. »

Le souvenir de ce qui venait de se passer les laissait effrayés. Le Wang Chong d'aujourd'hui était d'une importance capitale pour eux et pour le Sindhu. Quoi qu'il arrivât, ils ne pouvaient laisser quoi que ce soit lui advenir.

Cette assurance rassura Wang Chong. Avec Ablonodan, Arloja et Tuoba Guiyuan, il n'aurait pas à s'inquiéter de la femme pendant quelque temps.

'Il est peut-être temps de me trouver des seconds…'

Une lueur passa dans le regard de Wang Chong tandis qu'une idée lui traversait l'esprit.

L'épisode lui servait d'avertissement. En son temps, avec le rang et la puissance qui étaient les siens comme Grand Maréchal des Plaines Centrales, une assassin de cette force n'aurait rien signifié pour lui.

Mais tout avait changé. Wang Chong devait se répéter sans cesse qu'il n'était plus le Grand Maréchal des Plaines Centrales. Il n'était qu'un fils de famille chétif, au palier 5 d'énergie originelle.

Il gardait la connaissance des meilleures techniques de cultivation et des meilleurs arts martiaux de sa vie antérieure, mais tant qu'il ne les aurait pas cultivés au point de s'en servir, aucun ne lui était d'aucun secours.

Il était par ailleurs impossible qu'Ablonodan, Arloja et Tuoba Guiyuan restassent en permanence à ses côtés pour écarter les dangers. Faute de force pour l'instant, il lui fallait de puissants gardes du corps afin qu'une telle chose ne se reproduisît pas !

L'affaire n'était pas simple, mais Wang Chong avait déjà quelques noms en tête.

'Cela dit, je devrais laisser cette question de côté pour le moment. Il faut d'abord que je me concentre sur l'anniversaire de grand-père.'

pensa Wang Chong.

L'anniversaire du grand-père n'était plus qu'à quelques jours. Avec Ablonodan et Arloja auprès de lui, il n'aurait rien à craindre dans l'immédiat. Et si la femme se rappelait ce qu'il lui avait dit des Pas du Spectre, elle n'aurait sans doute pas le loisir de l'importuner de sitôt.

« Maîtres, je vais donc devoir vous demander de loger à côté de moi ces prochains jours ! »

Puis Wang Chong se tourna vers Shen Hai et Meng Long.

« Shen Hai, Meng Long, ramenez ma petite sœur ici demain. Et dites à ma cousine, Wang Zhu Yan, de demander au grand oncle qu'il envoie quelques experts garder les appartements de ma mère. Je crains que l'on ne s'en prenne à elle. »

« Informez aussi l'Armée impériale de l'affaire et faites-lui envoyer des hommes patrouiller dans le quartier. Au fait, le mieux est de passer par l'oncle Li Lin et de le laisser régler cela en personne. »

Plutôt que d'embaucher davantage de gardes à la résidence, il était plus sûr de faire patrouiller l'Armée impériale régulièrement. Après tout, elle comptait quantité d'experts du palier de Vrai Combattant et au-delà.

Avec de tels hommes en patrouille, la femme devrait peser les risques avant de tenter quoi que ce soit.

« Bien, nous allons nous en occuper tout de suite. »

répondirent Shen Hai et Meng Long.

Une fois ces dispositions prises, Wang Chong poussa un soupir de soulagement. Désormais, la demeure de la famille Wang deviendrait enfin un sanctuaire au sens propre. À tout le moins, il n'aurait plus à redouter une attaque de ce niveau.

Après avoir installé Ablonodan et Arloja dans la chambre voisine de la sienne, Wang Chong regagna la sienne.

Le calme revint peu à peu sur la demeure des Wang.

Peng !

À l'instant même où Wang Chong poussait la porte et franchissait le seuil, le monde autour de lui trembla brusquement. Un vertige intense lui envahit l'esprit.

Avant qu'il pût comprendre ce qui se passait, le monde changea autour de lui. Il eut soudain la sensation d'être écrasé par d'innombrables masses.

La pression immense lui coupa complètement le souffle.

[Alerte !]

[Alerte !]

[La première Contrainte du Monde approche !]

Avant qu'il pût réagir, une tempête se leva dans le monde qui s'ouvrait devant lui. D'innombrables vagues effrayantes se dressèrent et déferlèrent sur lui à une vitesse inconcevable.

Devant ce torrent du monde qui le surplombait, Wang Chong se sentit aussi insignifiant qu'une fourmi.

Peng !

Son genou droit céda et il s'effondra au sol. Au même instant, il perçut vaguement un appel étrange à l'intérieur de son corps. Le son était faible, mais une force extrêmement puissante jaillit de lui et l'enveloppa d'une barrière de lumière jaune pâle.

Boum !

Le torrent du monde déferla sur le corps de Wang Chong. Dans le même temps, la barrière de lumière jaune pâle qui l'entourait se fendit et se dissipa, emportant avec elle toute son endurance.

Houuu !

Le visage de Wang Chong blêmit. Il s'affaissa au sol, ruisselant de sueur.

« Gongzi, que se passe-t-il ? »

Depuis la chambre voisine, Arloja s'inquiétait du bruit.

« Ce n'est rien. »

répondit faiblement Wang Chong. Tout était redevenu normal autour de lui. Cette pression omniprésente et écrasante du monde n'avait duré qu'un instant avant de s'évanouir.

La pièce entière était sombre et silencieuse.

La première vague de la Contrainte du Monde était passée.

« Maîtres, avez-vous vu quelque chose à l'instant ? Ou remarqué quoi que ce soit ? »

Haletant, Wang Chong posa la question après un silence.

« Nous avons seulement entendu le bruit de votre chute. »

répondit Arloja, perplexe. Pour une raison qu'il ignorait, la voix de Wang Chong lui semblait extrêmement faible. Mais comme celui-ci venait d'échapper à un assassinat, il n'en fut pas trop surpris et n'y prêta guère attention.

Arloja et Ablonodan ne se doutèrent pas que leur réponse venait d'éclairer l'homme de la chambre d'à côté.

'Je suis donc le seul à avoir vu ce cataclysme ?'

songea Wang Chong.

Qu'il s'agît de ce torrent du monde d'une puissance écrasante ou de cette barrière de lumière jaune pâle, personne d'autre que lui ne semblait avoir rien remarqué.

Wang Chong comprit que la Puissance du Monde ne s'était dirigée que contre lui. Cette Contrainte du Monde dépassait déjà le niveau perceptible par un artiste martial ordinaire, au point que même des experts comme Arloja et Ablonodan n'avaient rien pu déceler.

Traînant son corps épuisé, Wang Chong se hissa jusqu'à son lit.

(NdT : les moines ont une manière particulière de s'adresser aux laïcs. Le terme employé, rendu ici par « bienfaitrice », signifie littéralement « celle qui donne » : c'est une adresse respectueuse envers ceux qui font l'aumône aux moines.)

Traduit par Wuxia France — soutenez leur travail en les suivant.

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