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Records of the Human Emperor

Chapitre 812

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Chapitre 812

Chapitre 812

Chapitre 812/92888%~10 min de lecture1 848 mots

« Oui, Votre Altesse ! »

Lu Ting s'inclina profondément, avec une déférence solennelle.

Lu Ting ne regagna pas la résidence du roi de Song avec les autres ; il s'arrêta à mi-chemin et retourna au logis officiel que la Cour impériale lui avait assigné. Après avoir refermé la porte, il demeura seul dans la salle, éclairée seulement par la lueur pâle qui filtrait par les fenêtres fermées. Après un instant d'hésitation, Lu Ting’ouvrit enfin la lettre qu'il portait contre son cœur.

Le jugement du roi de Song s'était avéré exact. n'avait pas seulement écrit au prince, mais aussi à Lu Ting lui-même.

« À Lettré et Maître Lu, salutations respectueuses de l'élève … »

Dès l'ouverture, il retrouva cette écriture familière et tortueuse.

« Cette écriture est tout aussi atroce que par le passé ! »

Lu Ting sentit toute sa tension s'évaporer à la vue de ces mots, et il eut peine à réprimer son rire.

« Déjà Jeune Marquis, disciple du Fils du Ciel, maître stratège, et tu ne peux consacrer un peu de temps à soigner ton écriture ? Qui croirait qu'une telle lettre émane d'un marquis, qui plus est descendant du vénérable et sagace ministre le ? »

Les critiques de Lu Ting démentaient la chaleur qu'il éprouvait en son cœur. De tous ceux qu'il avait côtoyés, qu'ils se fussent fait un nom tôt ou tard, seul avait su préserver ses intentions initiales, garder un cœur loyal. On dit que l'écriture révèle l'homme, et l'écriture de montrait évidemment qu'il était demeuré celui que Lu Ting avait rencontré la première fois.

Lu Ting reprit la lecture de la lettre.

Son contenu était fort simple. Outre les affaires concernant le roi de Song, y formulait une autre requête. Il espérait que Lu Ting mette son talent exceptionnel de faussaire à copier le serment de fidélité de Fumeng Lingcha à ce prince, en imitant aussi le sceau rouge du Protectorat de Qixi, puis qu'il remît cette copie au prince.

Seule cette manœuvre empêcherait ce prince de s'alarmer et de se méfier.

voulait que tout suive son cours initial. Il souhaitait que Fumeng Lingcha et ce prince poursuivent leur correspondance secrète, mais avec l'original de ce serment crucial en sûreté entre les mains du roi de Song.

« Haaa, Fumeng Lingcha, tu aurais dû te contenter de ton poste de Protecteur général. Mais tu veux désormais porter ce prince sur le trône, changer le gouvernement, et bâtir plus tard ton propre territoire indépendant. C'est sans précédent, et Son Altesse le roi de Song ne le tolérera pas, pas plus que le Grand Tang ne le permettra. Plus important encore, tu n'aurais pas dû provoquer cet homme ! »

Lu Ting secoua la tête en soupirant, déroula une feuille de papier qu'il posa sur la table. Saisissant un pinceau, il prit le serment de Fumeng Lingcha et le plaça à droite de la table. Après quelques instants de réflexion, il se mit à écrire, le pinceau dansant sur le papier.

Peu d'instants plus tard, une réplique exacte de la lettre était apparue sur la table. Sans l'encre encore fraîche sur la copie de gauche et l'absence de sceau, il eût été impossible de distinguer le faux de l'authentique.

Une fois la copie achevée, Lu Ting ouvrit immédiatement un compartiment secret où reposait un sceau de Protecteur général qu'il avait préparé à l'avance. Lorsque l'encre sur la lettre eut séché légèrement, il y apposa le sceau.

« Cela devrait suffire. »

Lu Ting poussa un soupir de soulagement.

En sa qualité de lettré, et par ses liens avec le roi de Song, Lu Ting pouvait accéder à bien des lieux, et il connaissait à fond les sceaux de jade utilisés par les Protecteurs généraux de l'empire. C'étaient des sceaux spéciaux, impossibles à dupliquer parfaitement, mais il restait possible d'en créer un presque totalement identique.

Du moins, alors que Lu Ting avait vu plusieurs sceaux de Protecteur général, cet homme retranché au fond du palais n'en avait jamais vu. Un homme des capacités de Lu Ting pouvait aisément le tromper.

Criiic !

À cet instant, la porte de la salle s'ouvrit, laissant entrer un rayon de lumière et projetant une ombre massive sur le sol. Le vieux majordome, les mains dans ses manches, s'avança lentement, l'allure décontractée. Même à cette distance, Lu Ting n'entendit pas ses pas ni ne perçut son aura. Il était vraiment comme un fantôme inexistant.

« Comment cela va-t-il ? Est-ce prêt ? » demanda le vieux majordome de sa voix grave et rauque.

« Mm. »

Lu Ting acquiesça, visiblement peu surpris par l'apparition du vieux majordome.

« Bien. »

Le vieux majordome jeta un coup d'œil à la lettre sur la table et hocha la tête.

« Son Altesse est un prince impérial du Grand Tang, un membre de la famille impériale ; il vaut mieux ne pas l'informer de cette affaire. Je suppose que c'est pour cela que l'enfant t'a écrit la lettre. Laisse-moi faire la suite. Je trouverai un Hu approprié pour remettre la lettre à ce prince. »

« Mm. »

Lu Ting acquiesça, le visage grave.

« Que valent des gens comme nous ? L'essentiel est le bien du Grand Tant. Tant que cela profite au pays et au peuple, qu'importe si nos corps sont pulvérisés ? Mais, pour ce qui est du … si possible, j'aurais souhaité qu'il ne soit pas mêlé à cette affaire. Après tout, il est encore jeune, au potentiel illimité. »

Falsifier le sceau d'un Protecteur général n'était pas une mince affaire. Une fois découvert, la peine était la mort et l'extermination de tout le clan. Aussi Lu Ting avait-il caché cette affaire au roi de Song. À son avis, moins il y avait de gens au courant, mieux c'était, le cas idéal étant que lui-même n'en sache rien.

« En vérité, il arrive que même moi je ne sache pas ce que fait cet enfant. »

À l'évocation du nom de , le vieux majordome devint pensif.

« Mais, quoi qu'il fasse, j'en suis certain : il comprend les conséquences de tous ses actes, et tout ce qu'il fait profite au pays. C'est pourquoi nous et le roi de Song sommes prêts à payer n'importe quel prix pour l'assister. Quant à ce dont tu parles… bien que j'ignore pourquoi il paraît si mature tout en étant encore adolescent, je sens qu'il a déjà prévu tous les scénarios possibles, qu'il a déjà fait abstraction de sa propre vie et de sa mort… sans quoi il ne se serait jamais lancé seul vers le sud-ouest. »

Sur ces derniers mots, le duo dans la salle tomba dans le silence.

A posteriori, l'expédition de vers le sud parut plus effrayante que dangereuse, mais seuls les concernés savaient à quel point elle avait été semée de périls et de mort. À l'époque, bien des gens avaient déjà considéré comme mort.

Nul ne comprenait pourquoi avait abandonné sa vie paisible dans la capitale, en fils d'un grand clan, pour se jeter imprudemment sur le chemin de la mort certaine vers le sud-ouest.

Même maintenant, ce fait laissait encore les gens stupéfaits.

Ce corps juvénile recelait une énergie énorme et terrifiante qui faisait trembler l'âme, non par peur, mais par un respect solennel. On éprouvait un désir profond de protéger un tel jeune homme, de payer n'importe quel prix pour l'aider dans ses efforts.

« Je souhaite seulement vivre un peu plus longtemps, afin de pouvoir faire tout ce que je peux pour aider ce jeune homme ! » dit Lu Ting.

« Je partage le même avis. »

Le vieux majordome prit la lettre sur la table et partit.

Environ une heure plus tard, un Hu portant un tatouage noir du caractère 玉 sur le poignet droit prit cette lettre et entra dans le palais.

Plusieurs jours plus tard, un oiseau messager noir s'envola vers la Cité d'Acier de Wushang.

« Seigneur Marquis, Lu Ting a envoyé une lettre disant que tout ce dont le Gongzi a parlé a été réglé. »

« Oh ? »

but une gorgée de thé, puis posa la tasse, un air pensif dans les yeux.

« Écrivez-lui une réponse pour le remercier de sa peine, et dites-lui qu'il n'a plus rien à faire. »

se leva de table en parlant. La situation dans la capitale évoluait plus vite qu'il ne l'avait prévu. Si tout se déroulait comme prévu, ce prince serait si revigoré et arrogant à cause de la lettre qu'il s'enivrerait de joie et entamerait ses opérations. Et peu de temps après, l'Incident du palais Xueyang se produirait.

Au Grand Tang, cet incident était le second en gravité après l'Incident de la concubine Taizhen.

« S'agit-il d'une affaire concernant Fumeng Lingcha ? » Une voix mélodieuse vint à ses côtés. Xu Qiqin était assise à table, ses vêtements blancs et son sourire léger la rendant belle comme une fée.

« Mm. »

sourit et acquiesça. Xu Qiqin était à présent au courant de nombre des plans de . Sans son soutien logistique, serait mort dans la guerre du sud-ouest, aussi ne lui cachait-il plus grand-chose.

« Fumeng Lingcha t'a volé ton mérite et a maintes fois tenté de te faire tuer. Dans l'Affaire des commandants régionaux, c'est lui qui t'a fait enfermer dans la prison impériale, donc tu ne devrais pas t'en laisser affecter. Est-ce à cause de ce prince que tu es inquiet ? »

Les yeux de Xu Qiqin brillaient d'une lueur aqueuse tandis qu'elle parlait.

« Il semble que je ne puisse rien te cacher », admit en lui souriant en retour. Xu Qiqin avait reçu grâce et intelligence, si bien que ses moindres gestes, le fait de poser la tasse et de faire quelques pas loin de la table, avaient suffi à lui déceler son malaise. Dans sa vie antérieure, il n'avait jamais parlé à ce prince, ni n'était jamais intervenu dans la Guerre des Princes.

Mais même s'il agissait pour le Grand Tang, ressentait encore une certaine gêne face à ses propres actes.

Xu Qiqin posa sa tasse de thé et tenta d'apaiser les soucis de . « En vérité, c'est ainsi que tu dois voir les choses : même sans toi, cet incident aurait quand même lieu. Tu n'as rien changé véritablement, tu l'as seulement précipité. Le destin de chacun est entre ses propres mains. Si ce prince avait une personnalité droite, tout comme ton grand-père le ou le Brillant Ministre de la Gauche de l'Empereur Taizong, le Censeur impérial Wei, alors quoi que fassent les autres, ils ne pourraient jamais lui nuire. Au final, tout cela a été son choix. »

______________(NdT : le « Censeur impérial Wei » mentionné ici est très probablement Wei Zheng, un officiel tenu en haute estime par l'Empereur Taizong et souvent très franc dans ses critiques.)

Traduit par Wuxia France — soutenez leur travail en les suivant.

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