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Records of the Human Emperor

Chapitre 73 : Cousu d'or !

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Chapitre 73

Chapitre 73 : Cousu d'or !

Chapitre 73/10868%~12 min de lecture2 210 mots

« Cela ne s'accorde certes pas au règlement, mais ce que dit Su Bai a du sens. 1 700 taels d'or ne sont pas une petite somme, et au vu de vos moyens, il est fort possible que vous ne puissiez pas les rembourser. Lorsque la Cour de Révision Judiciaire estime hautement probable la rupture d'un contrat, elle peut intervenir. L'histoire compte des exceptions semblables. »

Les lèvres des deux adjoints cadavériques de la Cour de Révision Judiciaire remuèrent.

« Mais rassurez-vous : du moment que vous êtes en mesure d'honorer le contrat qui vous lie à Su gongzi et aux autres, la Cour de Révision Judiciaire n'entreprendra rien. »

Pour que la dynastie des Grands Tang prospérât, l'honnêteté et la bonne foi se tenaient au cœur même de ses principes. C'était à cette condition seule qu'une société pouvait s'enrichir. C'est précisément ce qui attirait au Grand Tang les marchands du monde entier, qu'ils vinssent de Charax Spasinou, du califat abbasside, du Silla ou du Khaganat turc.

Aussi la Cour de Révision Judiciaire châtiait-elle sévèrement ceux qui rompaient un contrat. Su Bai avait beau être celui qui avait convié ces deux hommes, ils repartiraient sur-le-champ si Wang Chong honorait son engagement.

« Wang Chong, de quoi as-tu peur ? Souhaiterais-tu rompre le contrat ? La reconnaissance de dette rédigée au Pavillon des Huit Dieux est claire ; comptes-tu t'y dérober ? »

Su Bai s'avança et ricana d'un air inquiétant. Wang Chong avait cru qu'il ne venait que réclamer son argent : comment cela eût-il été possible ? Aujourd'hui, il était venu dans le dessein d'humilier le clan Wang.

« Su Bai, je te laisse une dernière chance, alors réfléchis bien. Les affaires sont les affaires, mais es-tu certain de vouloir te ranger du côté du clan Yao contre notre clan Wang ? »

Wang Chong eut un ricanement glacé.

Wang Chong savait que Su Bai était intime avec Yao Feng, mais relation privée et relation officielle sont deux choses distinctes.

À ce stade, il était clair que Su Bai cherchait à faire enfler l'affaire. Ce n'était plus une rancune privée entre eux deux.

« Héhé ! »

Su Bai ricana froidement. Ne daignant pas gaspiller un mot pour Wang Chong, il jeta un regard aux autres ; comprenant l'intention de ce regard, la foule alentour se mit aussitôt à hurler.

« Wang Chong ! Rends-nous notre argent ! »

« Rends-nous notre argent ! Rends-nous notre argent ! »

La clameur roulait comme des vagues, et chaque vague était plus forte que la précédente.

« Hmph ! »

Considérant le dispositif déployé devant lui, Wang Chong eut un ricanement glacé. S'il avait vraiment dilapidé cet argent en plaisirs, il se serait trouvé aujourd'hui dans une situation désespérée.

Mais Su Bai n'aurait jamais imaginé que Wang Chong se fût servi de leur argent pour bâtir sa propre fortune. Il avait obtenu le droit de distribuer le minerai d'Hyderabad, et le Wang Chong d'aujourd'hui méritait pleinement le mot de « cousu d'or ». 1 700 taels d'or, augmentés de 1 000 taels d'intérêts, n'étaient pour lui que menue monnaie.

« Shen Hai, viens ici ! »

Wang Chong appela Shen Hai d'un geste.

« Apporte le coffre qui est sous mon lit ! »

Le coffre contenait en tout 5 000 taels d'or. Son oncle, sachant que Wang Chong avait remis tout son argent à Wei Hao, avait fait porter cette somme tout exprès. Rangée dans un coffre de bois, nul n'aurait deviné qu'une telle fortune s'y trouvait.

Si Su Bai croyait pouvoir mettre Wang Chong en difficulté avec 2 700 misérables taels d'or, il le sous-estimait !

« Bien, je vous l'apporte tout de suite ! »

répondit Shen Hai. Avant de partir, il jeta un coup d'œil à Su Bai et sourit avec mépris. Un vacarme énorme avait beau se déchaîner devant les portes, il n'y voyait qu'une farce.

À force d'accompagner le Jeune Maître Chong, Shen Hai et Meng Long savaient qu'il gardait bien des secrets. Tous deux avaient vu, à plusieurs reprises désormais, des dizaines de milliers de taels d'or être chargés dans sa voiture.

Et voilà que Su Bai venait faire un esclandre devant la résidence de la famille Wang pour quelques malheureux milliers de taels. À ses yeux, ce n'était qu'une chamaillerie.

« Jeune Maître Chong, inutile de faire des politesses à ces gens-là ! »

dit Shen Hai avant de s'éloigner.

Wang Chong se contenta de sourire. D'un signe de la main, il le congédia, et Shen Hai se précipita aussitôt dans la résidence.

« Que se passe-t-il ? Qui êtes-vous tous ! »

Quelques souffles après le départ de Shen Hai, une voix perplexe s'éleva à l'arrière. Puis une belle dame d'âge mûr s'avança vers la porte, suivie d'un groupe de servantes et de nourrices.

« Mère ! »

À cette vue, le visage de Wang Chong se décomposa. Il comptait régler cette affaire en silence, et voilà que sa mère avait tout de même été alertée !

Dame Wang se reposait dans la résidence lorsqu'elle avait entendu le tumulte au-dehors. Intriguée par ce bruit, elle était sortie voir.

« Su gongzi ? »

En apercevant Su Bai, Dame Wang resta interdite. Elle le reconnaissait pour l'avoir déjà vu se tenir aux côtés de Dame Su au palais.

« Que faites-vous ici ? »

Dame Wang était stupéfaite.

« Héhé, Dame Wang. Vous arrivez à point nommé. Votre fils nous doit 1 700 taels d'or, et tout est consigné noir sur blanc dans un contrat. Je ne calomnie personne ici. »

Su Bai agita la reconnaissance de dette dans sa main avec un sourire perfide.

« Ah, un détail au passage : la somme porte un intérêt de deux pour cent par jour ! »

« Quoi ! »

À ces mots, Dame Wang sentit le monde s'obscurcir devant elle. Comme frappée par la foudre, elle vacilla et faillit s'effondrer.

Dame Wang n'aurait jamais cru que Wang Chong eût emprunté un millier de taels d'or au-dehors, dans son dos, et à deux pour cent par jour de surcroît.

C'était inconcevable pour elle. La famille Wang ne pouvait pas porter une telle dette.

« Héhé ! »

À cette vue, Su Bai rit de bon cœur. Ce qu'il attendait était enfin en train de se produire.

Presque personne, dans le clan Wang, ne savait que Wang Chong avait emprunté de l'argent au Pavillon des Huit Dieux. S'il avait rassemblé tant de monde aujourd'hui pour faire un tel esclandre, c'était pour faire éclater l'affaire au grand jour et l'apprendre au clan Wang comme à tout un chacun.

La taille de la résidence de la famille Wang était à la mesure de ses dépenses.

Le maigre traitement de Wang Yan suffisait à peine à entretenir cette nombreuse troupe de gardes, de nourrices et de servantes. Au mieux, il lui restait une centaine de taels d'or à la fin de chaque mois.

1 700 taels d'or, intérêts compris, cela faisait près de trois mille taels au total. Comment le clan Wang aurait-il pu s'acquitter d'une dette pareille !

'Voilà qui est fâcheux !'

En voyant sa mère entraînée dans cette affaire, le cœur de Wang Chong se serra. Il avait voulu régler la chose discrètement, sans l'alarmer, et ses efforts étaient réduits à néant.

« Chong-er, ce que dit Su gongzi est-il vrai ? »

Dame Wang serrait les dents et son visage s'était durci. À ce qu'elle voyait, Wang Chong ne devait pas de l'argent qu'à Su Bai. D'un seul regard, elle distinguait d'innombrables autres fils de famille venus des autres clans. Il était difficile d'imaginer combien il devait en tout.

'Quelle audace !'

Elle venait à peine de concevoir une bonne opinion de Wang Chong que ses vieilles habitudes reprenaient le dessus.

« Mère, écoutez-moi. Cette affaire n'est pas ce que vous croyez ! »

dit Wang Chong en rassemblant son courage.

« Réponds-moi seulement : les paroles de Su gongzi sont-elles vraies ou non ! »

Dame Wang fixait Wang Chong avec sévérité.

« Elles le sont ! »

Wang Chong baissa la tête.

« Toi ! Toi ! Toi ! »

Hors d'elle, Dame Wang agita furieusement le doigt vers Wang Chong, incapable de prononcer un mot de plus.

« Madame, calmez-vous ! »

« Madame, calmez-vous ! »

Voyant Madame entrer dans une telle colère, les nourrices et les servantes se précipitèrent pour la soutenir et lui masser les tempes. En même temps, elles pressaient Wang Chong.

« Jeune maître, ne dites plus rien. »

Wang Chong se disait lui aussi que la situation tournait mal. Il n'avait parlé à sa mère ni du Pavillon des Huit Dieux ni du minerai d'Hyderabad. La raison en était simple : il ne voulait pas l'inquiéter. À savoir les risques qu'il prenait, elle n'aurait pu s'empêcher de se ronger.

Et puis, maintenant qu'il avait grandi, bien des choses se réglaient d'elles-mêmes. Il ne souhaitait pas accabler sa mère de tels soucis.

Wang Chong n'avait pas l'intention de lui cacher éternellement ces deux affaires ; simplement, le moment lui semblait mal choisi.

Non loin de là, Su Bai ricanait froidement. C'était exactement ce qu'il espérait.

Wang Chong lui lança un regard noir avant de se tourner vers sa mère. L'affaire du Pavillon des Huit Dieux avait beau être éventée, il ne se laissa nullement gagner par la panique.

« Mère, les choses ne sont pas ce que vous croyez. 1 700 taels d'or ne sont peut-être pas une petite somme, mais ce n'est pas un problème. Je puis le régler par mes propres moyens ! »

« Cesse de te vanter ! Comment pourrais-tu régler cela ! »

La foule alentour éclata de rire.

Leurs clans avaient beau être riches, leur mensualité ne se montait qu'à quelques taels d'or. Au mieux, à une douzaine tout au plus.

Aussi n'auraient-ils jamais osé emprunter avec la désinvolture de Wang Chong. Sans compter que le clan Wang ne tenait aucun commerce et se trouvait dans une situation pire que la leur.

Il tiendrait du miracle que Wang Chong pût rembourser cette dette.

Wang Chong ne s'en souciait guère. 1 700 taels d'or ne posaient aucune difficulté à l'homme qu'il était devenu.

« Mère, écoutez-moi. Je n'ai pas dilapidé cet argent. Je l'ai placé. »

dit Wang Chong.

« Placé ? Placé dans quoi ? »

Dame Wang s'était enfin calmée. À ces mots, elle l'interrogea.

« Hahaha, même à un moment pareil, tu veux encore mentir à ta mère ? »

Su Bai éclata de rire. Il avait entendu les paroles de Wang Chong. Un placement ? Cela lui semblait un tissu d'âneries.

« Mentir ? Depuis quand notre jeune maître a-t-il besoin de mentir à qui que ce soit ? Ce ne sont que mille taels d'or, non ? Tenez ! »

À cet instant, une voix claire et pleine de dédain retentit derrière les portes. Peng ! Avant même qu'on eût aperçu l'homme, une ombre noire jaillit la première.

Su Bai fit un pas de côté et esquiva l'attaque soudaine. En se retournant, il vit que la chose posée à terre était un lingot d'or.

En un instant, son visage s'assombrit.

« Hahaha, Shen Hai, tu tombes à pic ! »

Voyant Shen Hai s'avancer d'un pas vif depuis les portes, le pli entre les sourcils de Wang Chong s'effaça et il rit de bon cœur. Les paroles ne coûtent rien, et cette affaire ne se réglerait pas avec des mots. L'argent était la seule solution.

« Jeune maître, avec ces gens-là, il faut leur jeter l'or à la figure. Inutile de perdre sa salive. Ce ne sont qu'une bande d'imbéciles qui quémandent quelques taels d'or à leur clan chaque mois ; ils ne méritent pas qu'on prononce leur nom dans la même phrase que celui de notre jeune maître ! »

Shen Hai toisa la foule du dehors avec dédain. Entre ses mains, le coffre de bois, qui pesait quelques centaines de jin (NdT : un jin vaut 0,5 kg), paraissait aussi léger qu'une caisse vide.

« Misérable domestique, de quoi te vantes-tu ! Quelques taels d'or, hein ? Montre-les-nous, dans ce cas ! »

vociférèrent les orgueilleux fils de famille, indignés.

Ils n'osaient peut-être rien répondre aux insultes de Su Bai, et Wang Chong n'était pas homme dont on se moque. Mais comment tolérer qu'un simple garde les regardât avec un tel mépris ?

Voilà ce que ces fils de famille orgueilleux ne pouvaient accepter.

« Hmph ! »

Shen Hai renifla avec dédain et laissa ses actes parler pour lui. Peng ! Lâchant prise, il laissa le coffre de bois s'abattre lourdement au sol.

Le coffre se rompit sous le choc, et de la caisse hermétiquement close surgit un large amas de lingots étincelants. C'était de l'or, rien que de l'or !

Shua !

En un instant, tous les souffles s'arrêtèrent. Dame Wang elle-même, se redressant dans les bras de ses servantes pour découvrir ce grand tas d'or à terre, resta bouche bée.

C'était comme si le temps s'était arrêté sur le seuil de la résidence de la famille Wang.

« C… c'est impossible ! »

Su Bai écarquilla les yeux, sidéré. C'était l'unique pensée qui lui traversait l'esprit à cet instant précis.

Traduit par Wuxia France — soutenez leur travail en les suivant.

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