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Records of the Human Emperor

Chapitre 71 : Su Bai régale !

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Chapitre 71

Chapitre 71 : Su Bai régale !

Chapitre 71/9872%~11 min de lecture2 172 mots

Wei Hao était un fanatique d'arts martiaux, mais, pour son malheur, ses dons très ordinaires en la matière lui interdisaient de pratiquer la plupart des techniques martiales. C'était là un problème devant lequel le duc de Wei lui-même restait impuissant.

Aussi Wei Hao nourrissait-il une soif ardente de puissance !

Que Wang Chong lui offrît un manuel d'arts martiaux dépassait complètement ses attentes. Il faut savoir qu'en cette ère d'arts martiaux, hormis les techniques banales connues de tous, tout manuel valait une fortune. Aucune puissance ne transmettait à la légère ses arts secrets à un étranger.

Wei Hao fut donc sincèrement surpris.

Il feuilleta d'abord les pages d'un œil distrait, mais il ne lui fallut pas longtemps pour s'y absorber tout entier.

Bien qu'il n'eût pas encore essayé de la cultiver, Wei Hao sentait que la technique offerte par Wang Chong était bien plus puissante que celle qu'il pratiquait.

Voyant Wei Hao s'y plonger peu à peu jusqu'à ce que son souffle se fît imperceptible, Wang Chong hocha la tête avec un sourire.

Wang Chong s'était toujours senti coupable envers Wei Hao.

Wei Hao l'avait toujours tenu pour son meilleur camarade, mais, à la faveur de quelques malentendus, Wang Chong s'était brouillé avec lui et avait perdu ce précieux ami.

Et pourtant, Wei Hao ne l'avait pas abandonné. Dans les heures les plus dures de sa vie antérieure, il avait choisi de venir en aide à Wang Chong malgré la réprobation de son clan.

Le Wang Chong d'alors n'avait rien pu faire pour Wei Hao. Il n'avait pu que le regarder être emporté par la catastrophe, comme tant d'autres.

Aussi, une fois offerte la chance de tout recommencer, Wang Chong voulait faire quelque chose pour lui.

Les arts martiaux avaient toujours été la faiblesse de Wei Hao. Ses dons médiocres avaient bridé sa progression, et ce n'était pas un problème que le duc de Wei pût résoudre malgré son pouvoir et sa fortune. Ainsi, jusqu'à son dernier souffle, Wei Hao n'était jamais devenu fort.

Wang Chong avait toujours voulu lui donner un coup de main sur ce point, mais il était difficile de lui trouver une technique de cultivation qui convînt. Après avoir longuement passé en revue toutes celles qu'il gardait en mémoire, il en avait enfin trouvé une qui était faite pour Wei Hao.

C'était aussi pour cela que Wang Chong avait tant tardé à la lui remettre.

Le temps s'écoulait lentement et toute l'attention de Wei Hao était prise par le manuel. Wang Chong ne l'interrompit pas et resta assis en silence dans la voiture.

Houuu !

Au bout d'un moment, Wei Hao exhala longuement et détacha enfin son regard du livre.

« La Formule de l'Ascension de la Montagne ? Quel drôle de nom. Pourquoi n'en ai-je jamais entendu parler ? Wang Chong, où as-tu déniché un manuel d'arts martiaux aussi puissant ? »

Wei Hao dévisageait Wang Chong avec stupeur, comme s'il avait devant lui un parfait inconnu.

Pour une raison qu'il ignorait, dès l'instant où il avait ouvert le manuel, Wei Hao s'était pris d'une affection extrême pour cette technique. C'était comme si une énergie mystérieuse le tirait par la manche et le pressait de poursuivre sa lecture.

Aussi ne détacha-t-il les yeux du livre et n'exhala-t-il longuement qu'une fois le manuel achevé.

Wei Hao ignorait d'où Wang Chong tenait cette technique de cultivation. Au premier coup d'œil, elle paraissait sauvage, tout autre que les arts martiaux du clan Wang. Mais, allez savoir pourquoi, elle lui plaisait énormément. En feuilletant le manuel, il avait eu le sentiment qu'elle avait été taillée pour lui, et cela le mettait dans un état d'exaltation extrême.

« Eh bien quoi, elle ne te plaît pas ? Rends-la-moi, dans ce cas ! »

Le visage impassible, Wang Chong tendit la main.

« Va-t'en ! Tu me l'as donnée, elle est à moi. Sale gamin, n'espère pas la récupérer ! »

Wei Hao serrait la Formule de l'Ascension de la Montagne contre sa poitrine, comme pour signifier que Wang Chong devrait d'abord lui passer sur le corps.

« Hahaha ! »

Wang Chong retira sa main droite et éclata de rire.

En le voyant rire, Wei Hao ne put s'empêcher de pouffer à son tour. Les deux frères de cœur semblaient revenus au temps de leur plus grande complicité, et la légère froideur née de l'affaire Ma Zhou s'était complètement dissipée.

« Sale gamin, cette Formule de l'Ascension de la Montagne sera ma récompense pour tout le mal que je me suis donné ces jours-ci, alors ne rêve pas de la reprendre ! Au fait, si tu as encore de ces choses-là à l'avenir, tu me le dis. »

« Compte là-dessus ! »

le rabroua Wang Chong en souriant. Wang Chong n'était pas surpris que Wei Hao se fût pris d'un tel goût pour cette technique. Elle avait été créée pour les gens aux dons moyens, comme lui.

Chacun le sait : plus que les génies, ce sont les hommes ordinaires, aux dons ordinaires, qui forment le gros de ce monde.

Ils étaient certes voués à n'accomplir que peu de chose, mais il y avait toujours des exceptions à la règle. Quoi qu'il en soit, il reste toujours un espoir.

La Formule de l'Ascension de la Montagne était l'un de ces espoirs.

Cette technique n'exigeait pas de grands dons, mais il fallait y mettre dix fois, cent fois plus d'efforts pour compenser.

Comme le dit l'adage : « l'oiseau malhabile s'envole le premier ». Quand le talent ne vaut pas celui des autres, il faut travailler bien davantage qu'eux !

Telle était l'idée qui présidait à la Formule de l'Ascension de la Montagne !

Cette technique de cultivation ne connaissait aucune limite. Du palier d'énergie originelle au palier de Vrai Combattant, puis au palier de Combattant Profond, et jusqu'au palier de Combattant Impérial, on pouvait la cultiver toujours plus haut ; mais il fallait y consacrer bien plus de labeur que les autres. Plus on montait, plus le labeur exigé croissait, jusqu'à mille fois davantage parfois.

Pour cette technique, le « labeur » était sans doute la seule limite !

Malgré cela, Wang Chong n'en gardait pas un souvenir bien marquant. Il avait même failli en oublier l'existence. Car cette technique avait beau produire des effets prodigieux, elle n'était pas compatible avec lui.

Chacun a une technique de cultivation qui lui convient. Celle-ci pouvait être redoutable pour Wei Hao ; pour Wang Chong, elle ne valait même pas une technique ordinaire.

De plus, personne n'était parvenu à l'achever dans sa vie antérieure. La raison en était simple.

C'était le manque de temps !

Il fallait un temps immense pour la pratiquer. Et il y a moins d'hommes acharnés au travail qu'il n'y a de génies en ce monde.

« Il suffit que tu sois seul au courant. Ne parle de cette technique à personne, pas même à ton père. »

recommanda Wang Chong.

« Ne t'en fais pas, j'ai compris. Quand je serai devenu plus fort, je donnerai une leçon à ce gamin de Wei Zhe. »

dit Wei Hao avec indignation.

En l'entendant parler de son cousin, Wang Chong ne put que sourire. Il ne jugeait guère la chose probable, mais il n'en dit rien.

Chacun est destiné à rencontrer sa bête noire au cours de sa vie.

Celle de Wei Hao était son cousin, Wei Zhe.

Dans la jeune génération du clan Wei, Wei Zhe était incontestablement un génie. Bien que plus jeune que Wei Hao, sa cultivation dépassait de loin la sienne.

Peut-être enrageait-il de voir la charge officielle de son père inférieure à celle du père de Wei Hao. Peut-être aussi voulait-il passer sur Wei Hao la rancœur paternelle.

Chaque fois qu'il venait à la résidence Wei, il prenait Wei Hao pour cible et cherchait des prétextes pour le battre.

Cela mettait le père de Wei Hao, le duc de Wei, dans une colère noire. Et comme Wei Hao n'avait pas hérité de la force de son père et ne possédait que des dons ordinaires, son sort n'était pas aussi léger qu'il le laissait paraître.

C'était aussi l'une des raisons pour lesquelles Wang Chong lui avait donné la Formule de l'Ascension de la Montagne.

« Passons. J'ai quelque chose à te demander. »

Entrant droit dans le vif du sujet, Wang Chong ouvrit la caisse de bois posée dans la voiture, et 17 000 taels d'or apparurent aussitôt sous leurs yeux.

« Voici 17 000 taels d'or. Prends-les et aide-moi à réunir des vivres : bœufs, chèvres, porcs, bananes, sorgho, millet… Tout ce qui se mange fera l'affaire. »

« Tu as vendu l'épée ? »

Wei Hao écarquilla les yeux. Les 37 000 taels d'or précédents avaient été remis aux deux moines sindhis ; ces 17 000 taels supplémentaires ne pouvaient donc venir que de la vente de l'épée.

« Oui, je l'ai vendue 35 000 taels d'or. Il n'y a ici que la moitié de la somme. »

Wang Chong hocha la tête, sans rien lui cacher.

« Ne t'inquiète pas ! Ce n'est pas une affaire difficile tant qu'il y a de l'argent. Laisse-moi faire. »

dit Wei Hao.

Wei Hao n'avait pas voix souveraine au clan Wei. Mais du moment que l'argent venait de lui et qu'il s'agissait d'un commerce simple et rentable, le clan Wei ne lui mettrait pas de bâtons dans les roues.

« Autre chose : j'ai besoin de ton aide pour ceci. »

Wang Chong lui souffla son idée à l'oreille. À ces mots, Wei Hao hocha la tête et répondit : « Aucun problème, laisse-moi cela aussi ! »

Une fois toutes ses consignes données, Wang Chong sauta de la voiture, la laissant à Wei Hao pour le transport de l'or, et regagna sa propre demeure.

Sa petite sœur, elle, vivait ses plus beaux jours. Après avoir soutiré à Wang Chong la « somme énorme » de quelques centaines de taels d'or, elle était devenue une nabab. Aussi passait-elle ses journées à courir derrière sa cousine Wang Zhu Yan et il lui arrivait de ne pas rentrer du tout.

Vu la sévérité des règles de la maison Wang, de tels agissements étaient d'ordinaire interdits. Mais puisqu'elle était avec la cousine Wang Zhu Yan, leur mère fermait les yeux dès lors que celle-ci envoyait un mot.

Une fois l'affaire des moines sindhis réglée, Wang Chong fut complètement libre pendant plusieurs jours. Il se levait au milieu de la nuit pour cultiver son Art de l'Os de Dragon et son Poing du Colosse. Le jour, il se rendait au quartier de l'Arbre aux Fantômes et jouait un coup avec sa pierre noire, poursuivant son duel avec l'ancien Dieu de Guerre Su Zhengchen, toujours tapi dans l'ombre.

Les jours s'écoulaient, paisibles et réglés.

« Allons ! Levons nos coupes en l'honneur du Jeune Maître Su ! »

« Je ne m'incline devant personne, mais le Jeune Maître Su fait exception. Le Jeune Maître Su a toujours été l'homme que je respecte le plus. »

« Zhang Wei, je suis bien de ton avis ! Allons, Jeune Maître Su, laissez-moi vous porter ce toast. Vous avez toujours été l'homme que je respecte le plus. Dans la capitale, qui n'a pas entendu le nom du Jeune Maître Su ? »

« Assurément ! Avec l'autorité dont jouit le duc de Su, qui oserait vous offenser ? Même le clan Yao et le clan Wang doivent marcher sur des œufs devant vous ! »

Au Pavillon des Huit Dieux, les coupes de vin s'entrechoquaient. Une nombreuse compagnie s'était rassemblée autour de Su Bai et s'employait à le flatter. Su Bai, étendu de tout son long sur son siège, levait sa coupe et recevait les louanges sans façon.

Ces fils de famille réunis autour de lui comptaient parmi les plus influents de la capitale. Mais, à parler franc, Su Bai ne faisait pas grand cas d'eux.

Su Bai savait qu'ils le flattaient, mais il y avait une chose sur laquelle ils avaient raison : son père, le duc de Su, Su Fuwei, était l'un des hommes les plus influents de la capitale du Grand Tang.

Même des maisons comme le clan Yao et le clan Wang ne pouvaient ignorer l'existence de son père.

« Au fait, Jeune Maître Su, pourquoi nous avoir tous conviés d'un coup pour nous régaler ainsi ? »

Le groupe de fils de famille reposa les coupes et interrogea, curieux.

Su Bai n'était pas un homme avare, mais il n'était pas généreux non plus. Même ses connaissances avaient du mal à le rencontrer au Pavillon des Huit Dieux et à s'y faire offrir un repas. Or ceux-là n'avaient aucun lien avec lui : la chose eût dû être hors de question.

Et pourtant, il avait pris l'initiative de tous les inviter au Pavillon des Huit Dieux pour les régaler. Beaucoup en étaient déconcertés.

(NdT : « l'oiseau malhabile s'envole le premier ». Autrement dit, faute de talent, on s'y prend avant tout le monde pour parvenir à rattraper les autres.)

Traduit par Wuxia France — soutenez leur travail en les suivant.

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