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Records of the Human Emperor

Chapitre 60 : Une surenchère brûlante !

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Chapitre 60

Chapitre 60 : Une surenchère brûlante !

Chapitre 60/10856%~11 min de lecture2 108 mots

« Ah ! »

La foule hurla de saisissement. Le geste était venu trop soudainement et personne n'eut le temps de réagir au retournement.

'Ça sent mauvais !'

Le visage de Wei Hao blêmit de stupeur. Comme Wang Chong l'avait dit, il avait fendu la « montagne de métal » d'un seul coup d'épée. Il ne s'attendait pas à ce que quiconque l'attaque.

De plus, l'homme avait un niveau de cultivation supérieur au sien. Il ne faisait pas le poids !

Weng !

En un clin d'œil, Wei Hao saisit instinctivement l'épée à deux mains et la leva au-dessus de sa tête.

Clang !

La grande épée se fendit en deux et la pointe s'envola à près de dix zhang !

« Impossible ! Je forge des épées depuis près de dix ans, comment pourrait-il exister une lame plus solide et plus tranchante que la mienne ! »

L'homme massif à la barbe fournie fixait le tronçon brisé qu'il tenait. Il était manifestement au comble de l'émotion. Aussitôt après ces mots, il cracha une gorgée de sang et s'effondra au sol.

Wei Hao resta un instant interdit avant de comprendre. L'homme massif à la barbe fournie ne s'en prenait pas à lui, mais à l'épée en acier wootz qu'il tenait.

« Hahaha ! Voilà l'épée que mon frère a forgée, la première épée du monde ! Qui veut encore l'essayer ! »

Après un moment de silence, Wei Hao se retourna soudain et leva bien haut l'épée en acier wootz, l'air fier.

Le cœur de Wei Hao n'avait cessé de battre de nervosité pour ce duel. Il craignait que l'épée de Wang Chong ne fît pas le poids et qu'il en résulte une dette astronomique.

Wei Hao n'aurait jamais pensé que la lame forgée par son frère serait aussi redoutable.

Malgré la présence des membres de nombreux clans de forgerons, boutiques et ateliers, pas une seule de leurs lames n'avait pu égaler celle de son frère. Le sauvage barbu lui-même en avait craché du sang de colère, incapable de croire qu'il pût exister au monde une épée plus solide que la sienne !

Avec un tel homme pour frère, Wei Hao éprouvait une fierté sans égale.

« C'est mon frère ! C'est mon frère ! Vous avez vu ça, vous avez tous vu ça ? »

Wei Hao se tenait fièrement devant l'entrée du Pavillon du Papillon Bleu. S'il avait pu, il aurait fait entendre ces mots au monde entier.

« Hahaha, y a-t-il encore quelqu'un ? Si vous ne me défiez pas, c'est moi qui vous défierai tous à la place de mon frère ! »

Wei Hao rit de bon cœur. Puis il bondit au deuxième étage et, prenant appui sur la balustrade, s'élança droit vers le troisième.

« Ça sent mauvais ! »

Tous les forgerons qui avaient apporté leur meilleure lame pour participer au pari pâlirent en comprenant ce que Wei Hao allait faire.

« Un instant ! »

« Nous reconnaissons notre défaite ! »

Quelle plaisanterie ! Même les clans Zhang, Lu, Huang et Cheng, riches de plusieurs siècles d'histoire, n'avaient pas tenu ; à plus forte raison de petites maisons comme les leurs.

Ils avaient perdu le pari, mais ils devaient au moins protéger leurs propres épées !

Shua ! Shua ! Shua ! Ils se ruèrent aussitôt pour récupérer leurs lames, mais il était trop tard. Clang ! Une lueur froide fendit l'air et la douzaine d'épées restantes fut tranchée sur-le-champ et tomba au sol.

« Hahaha, on verra si vous osez encore vous moquer de mon frère ! »

Wei Hao fit une pirouette et retomba d'aplomb sur la balustrade. L'acier wootz à la main, il riait de bon cœur.

Ces derniers jours, Wei Hao avait subi le mépris, les railleries et les moqueries de tous ces gens. L'occasion ne s'était pas présentée facilement : il n'allait pas la laisser passer.

« Wei gongzi, à quoi bon tout cela ? Nous avons déjà reconnu notre défaite ! »

Un ancien d'un clan de forgerons le regardait, le teint affreux. Si c'eût été n'importe qui d'autre, ils se seraient avancés pour lui donner une leçon.

Mais Wei Hao était le fils du duc de Wei. Il était de haute naissance et ils n'avaient pas qualité pour porter la main sur lui.

« Pourquoi ? Votre épée vous fait mal au cœur ? Héhé, je crois que vous disiez tout à l'heure que mon frère n'était qu'un gamin, non ? »

lança Wei Hao.

Le visage de l'ancien s'assombrit aussitôt et il se tut, sans rien ajouter.

« Haha, bien, Wei Hao, viens ici. »

Wang Chong lui fit signe.

Les seules réactions de l'entourage suffisaient à lui dire qu'il avait pleinement atteint le but de ce pari.

Peng ! Wei Hao s'élança de la balustrade et retomba au troisième étage. Une lueur froide scintillait sur l'épée en acier wootz. Tous, sauf Wang Chong, évitaient cet éclat glacé comme s'il s'agissait d'un scorpion venimeux, en le fixant avec crainte.

L'épée de Wei Hao était d'un tranchant sans égal. Puisqu'elle avait pu fendre une montagne de métal haute comme un homme, il allait de soi que, si elle s'abattait sur eux, ils y laisseraient facilement un membre ou deux.

Aussi élevée que fût leur cultivation, il était impossible que leur corps fût plus dur que du métal.

Wang Chong sourit avec dédain. L'attitude des présents différait grandement de celle d'auparavant !

« Wang Chong ! »

Wei Hao rengaina l'épée et la rendit à Wang Chong. Le respect qu'il lui portait avait atteint de nouveaux sommets.

Wang Chong lui avait vraiment offert une belle surprise avec ce pari.

Si Wang Chong avait gagné sa confiance en le conseillant pour battre Gao Fei au Pavillon des Huit Dieux, ce pari, lui, avait fait de Wei Hao un admirateur entièrement conquis.

À l'époque, Wang Chong avait acheté le minerai d'Hyderabad aux moines sindhis pour 90 000 taels d'or, emprunté 1 700 taels d'or au Pavillon des Huit Dieux et, en comptant ce pari, s'il avait perdu, il aurait porté une dette de plusieurs centaines de milliers de taels d'or…

Tous les épisodes liés à cette épée en acier wootz défilèrent dans l'esprit de Wei Hao.

Wei Hao devait le reconnaître : ce bon camarade avec qui il avait grandi possédait une qualité qui lui manquait. Chaque fois que Wang Chong tranchait une question, le cran et la détermination dont il faisait preuve dépassaient de loin ce que Wei Hao se croyait capable d'atteindre.

Wang Chong ne saurait jamais que c'est à cet instant que Wei Hao se mit à lui accorder une confiance absolue.

« Bien, messieurs ! Le pari du duel d'épées est terminé. Il ne devrait plus rester une seule lame intacte ! Selon les règles, chacun doit verser 1 200 taels d'or. Je crois que, vu votre rang et votre réputation, aucun de vous ne se dérobera au paiement, n'est-ce pas ? »

Wang Chong se retourna et balaya l'assemblée du regard.

Chose surprenante, personne ne dit rien. Ils avaient peur de cet adolescent devant eux !

Ou, plus exactement, ils avaient peur de l'épée en acier wootz qu'il tenait.

« Gérant Luo, puisque vous êtes bien introduit dans la capitale et que vous connaissez beaucoup de monde, je vous confie cette tâche. Aidez-moi à recouvrer les enjeux ! »

« Gongzi, soyez tranquille. Laissez-moi faire. »

Une voix résonna dans un coin, où l'on percevait une pointe d'admiration.

« Wei Hao, allons-y ! Nous allons fêter cela aujourd'hui ! »

Wang Chong laissa échapper un petit rire. D'un revers de manche, il ne prit pas l'escalier : il sauta directement du troisième étage du Pavillon du Papillon Bleu.

Derrière lui, Wei Hao rit et le suivit.

Boum !

En voyant Wang Chong s'élancer du troisième étage, la foule devant le pavillon éclata aussitôt en acclamations.

« Regardez, cet homme est descendu ! »

« Pardon, laissez-moi passer… je ne vois rien ! »

« Peu m'importe ! La Première Épée du monde ! … Songer qu'elle a été façonnée par un jeune homme si jeune ! Vraiment, j'ai élargi mon horizon aujourd'hui ! »

« On ne juge vraiment pas les gens sur leur apparence. Qu'un jeune homme pareil batte tant de clans prestigieux et établis, si je ne l'avais pas vu de mes yeux, je ne l'aurais jamais cru ! »

Toutes les railleries et toutes les moqueries avaient disparu, remplacées par une marée d'éloges. À cet instant, le « fou » arrogant d'hier était devenu un expert énigmatique.

En entendant ces mots, l'humeur de Wang Chong s'allégea. Sans rien ajouter, il se dirigea vers la voiture garée dehors avec Wei Hao.

« Un instant ! »

Depuis le pavillon, voyant Wang Chong s'en aller, Zhao Fengchen s'élança à son tour et retomba souplement au sol. Puis il se précipita vers la voiture.

« Wang gongzi ! Je veux acheter votre épée ! Je suis prêt à offrir 20 000 taels d'or ! »

Zhao Fengchen tendit deux doigts et l'affirma sans détour.

Boum !

À ces mots, la foule éclata aussitôt en tumulte. 20 000 taels d'or ! Quelqu'un était prêt à acheter une épée 20 000 taels d'or ! Pas 10 000, mais 20 000 !

C'était même plus que le prix final affiché par Wang Chong !

Avant que la foule ait pu se ressaisir, une autre voix résonna du haut du Pavillon du Papillon Bleu.

« 25 000 taels d'or ! Wang gongzi, je suis prêt à payer 25 000 taels d'or pour votre épée ! »

Ces « 25 000 taels d'or », comme un rocher gigantesque tombant dans l'océan, soulevèrent d'énormes vagues dans la foule. Wei Hao faillit chanceler et tomber à terre.

Wang Chong s'était arrêté lui aussi.

25 000 taels d'or, c'était 5 000 de plus que l'offre précédente. En entendant la voix, le visage de Zhao Fengchen s'assombrit. Il se retourna et vit un marchand barbu des Contrées de l'Ouest sauter du pavillon.

C'était le marchand de Charax Spasinou, Mosaide !

« Wang gongzi, permettez-moi de vous exprimer mon respect. Votre savoir-faire de forge est profond et prodigieux, je n'ai jamais rien vu de tel. Si vous me vendez votre épée, vous serez mon ami pour l'éternité ! »

Mosaide posa une main sur sa poitrine et s'inclina « avec sincérité ».

« C'est de la folie, de la pure folie ! Payer 25 000 taels d'or pour une seule épée ! De quoi me faire vivre dix existences ! »

« Aussi tranchante que soit cette lame, elle ne devrait pas valoir tout cet argent ! »

La foule rassemblée devant le pavillon était complètement sidérée par les prix annoncés, et les négociants en armes plus que tous. Ils n'en croyaient pas leurs oreilles.

Ils avaient travaillé dans l'armement toute leur vie, sans jamais savoir qu'on pût se disputer une arme évaluée à plus de dix mille taels d'or.

Également sidérés, les membres des clans prestigieux de forgerons, les gérants des ateliers et des boutiques. De toute évidence, ils ne s'attendaient pas à pareil spectacle.

Huang Jiao lui-même, qui n'avait pas bonne opinion de Wang Chong, en resta muet.

25 000 taels d'or était un prix qui dépassait son entendement. Il n'avait jamais mené une affaire de cette ampleur.

Quant à Cheng Youqing et aux autres anciens des clans de forgerons, ils ne dirent rien, mais leur visage était grave. Toute leur attention était à présent absorbée par l'affaire.

D'instinct, ils sentaient que ce spectacle allait bouleverser les clans de forgerons et le métier tout entier.

« Héhé ! »

Le corps de Mosaide n'avait pas bougé d'un pouce, mais son regard avait déjà pris la mesure des réactions autour de lui. 25 000 taels d'or pour une épée : ces gens devaient le croire fou.

Mais Mosaide seul savait à quel point cette occasion était rare et précieuse.

Ce que Mosaide voyait n'était pas une épée, mais un savoir-faire de forge en avance sur son époque.

S'il laissait passer cette occasion, il pourrait le regretter toute sa vie. La valeur de cette lame n'était pas de celles qu'on mesure avec de l'argent.

'Quand notre Charax Spasinou aura enfin ce savoir-faire, vous comprendrez tous à quel point ma décision d'aujourd'hui était sage !'

songea Mosaide.

« 30 000 taels d'or ! »

À l'instant même où Mosaide y songeait, une voix résonna à son oreille, et son contenu y gronda comme le tonnerre. Zhao Fengchen venait de relever son offre à 30 000 taels d'or !

Même Mosaide ne put s'empêcher de s'assombrir en entendant ce prix.

Traduit par Wuxia France — soutenez leur travail en les suivant.

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