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Records of the Human Emperor

La vengeance du gentilhomme

Chapitre 6

La vengeance du gentilhomme

Chapitre 6/786%~15 min de lecture2 852 mots

Parler ne suffisait pas à la petite fille, elle voulait aussi passer à l'acte. Wang Chong connaissait sa force redoutable et, si on la laissait porter un coup sous l'effet de la rage, Ma Zhou mourrait probablement sur-le-champ. Auquel cas son plan serait fichu, lui aussi.

« Petite sœur, calme-toi ! »

Wang Chong tapota les épaules de sa cadette et s'empressa de l'amadouer. « Laisse-moi ce genre de broutilles. N'oublie pas, nous avons un accord. Il ne se peut pas que tu refuses d'écouter mes paroles ? »

« Ah ! »

La petite sœur était partagée. Elle savait que si son frère était consigné une semaine, c'était à cause de cette ordure de Ma Zhou. Vu son caractère, quiconque osait blesser sa famille se faisait tuer d'un seul de ses coups de poing. Cependant, elle ne pouvait désobéir aux paroles de son frère.

« Bon, d'accord alors. »

La petite sœur baissa la tête, choisissant en fin de compte d'obéir aux paroles de son frère.

Wang Chong sourit. C'était exactement ainsi qu'il se souvenait de sa cadette !

« Ma Zhou, laissons de côté tout le passé : tu t'es servi de mon nom pour violer une villageoise en plein jour. Tu croyais que je n'en saurais rien ? »

Wang Chong dit cela avec indifférence. Il jeta un regard à Ma Zhou et la froideur de son regard pénétra jusqu'aux os de l'autre. Pour une raison inconnue, tout le monde se sentit terrifié et mal à l'aise. C'était comme s'il était devenu une personne entièrement différente.

« Ça a éclaté au grand jour ! »

« Ce type est vraiment au courant de tout ? »

« P***, qui est-ce qui le lui a dit ? »

L'impression que Wang Chong donnait aujourd'hui était celle d'un homme soudain illuminé. Dire qu'il s'éveillerait brusquement de ses rêves ! Les rejetons reculèrent aussitôt. Inconsciemment, ils sentirent qu'il était impossible de régler l'affaire pacifiquement aujourd'hui.

De son côté, l'incrédulité et la stupeur se lisaient sur le visage de Ma Zhou. Finalement, tout cela s'estompa dans le calme. Même la main droite qui agrippait ses joues s'était desserrée et retombée.

À vrai dire, Ma Zhou ne s'attendait pas à ce que Wang Chong devînt soudain si malin. C'était comme si plus rien ne pouvait lui être caché. Comme si tout ce qui avait été fait par le passé avait été exposé.

« Wang Chong, tu l'as bien cherché ! »

Le visage sombre, Ma Zhou hurla sauvagement.

De toutes les choses possibles, Wang Chong n'aurait jamais dû le gifler devant tant de frères. Comment sa fierté pouvait-elle lui permettre d'encaisser ça sans broncher ? Bien plus encore, il n'aurait pas dû tout étaler. S'il était vraiment malin, il aurait dû savoir qu'il fallait simplement laisser tomber l'affaire au lieu d'en parler. Au pire, il aurait pu choisir de ne plus traîner dans les rues à l'avenir. Fréquenter les autres, même par hypocrisie, n'était-il pas préférable à ça ?

Croyait-il que, sous prétexte qu'il l'appelait « Jeune Maître Chong » par le passé, il était devenu le « chef » du groupe ?

Ma Zhou fixa Wang Chong froidement et avec arrogance, ne cherchant même pas à cacher le dédain et la moquerie dans son regard à cet instant.

« Bon sang, Ma Zhou va entrer en rage ! »

« Merde, on ferait mieux de vite déguerpir ! Le déchaînement de Ma Zhou, c'est pas une blague ! »

« La dernière fois, Ma Zhou a estropié un rejeton qui était au royaume de l'Os Imprégné. Vu que Wang Chong n'est qu'au royaume du Sang Imprégné, il va passer un sale quart d'heure maintenant qu'il a mis Ma Zhou en colère ! »

Les airs surpris et médusés de cette bande de jeunes visages vils firent place à un air réjoui. Ma Zhou était une ordure, mais les autres n'étaient pas des imbéciles. S'il n'était pas capable, il n'y avait aucune raison qu'ils le prennent pour chef. Ce type n'avait jamais été un personnage facile !

Tout le monde voyait déjà Wang Chong ballotté par les coups de poing de Ma Zhou, les dents éparpillées sur toute la route.

Ma Zhou se sentait à présent mécontent, extrêmement mécontent. Wang Chong n'était qu'une marionnette à son service, et pourtant cette marionnette essayait maintenant de lui passer au-dessus de la tête. Comment Ma Zhou pouvait-il supporter cela ?

Kacha, le craquement net d'os qui se brisent se fit entendre depuis le corps de Ma Zhou. Le sang déferla régulièrement dans son corps comme un torrent, et une puissante force jaillit des profondeurs de son être.

« Royaume du Noyau Imprégné ! »

La force de Ma Zhou avait déjà atteint le Palier 4 de l'Énergie Originelle. Il avait déjà atteint le niveau où l'on puise dans l'Énergie Originelle pour purifier ses os de leurs impuretés. Il était bien plus fort que le petit Jeune Maître Wang Chong, encore au Palier 3 de l'Énergie Originelle !

« Dire que tu oserais me manquer de respect, tu l'auras cherché ! »

Ma Zhou ricana sauvagement.

« Ah oui ? »

Wang Chong eut un rictus froid. Il n'y avait pas la moindre trace de peur dans ses yeux. Ma Zhou fut interloqué. Pour une raison inconnue, la sensation que Wang Chong lui inspirait était extrêmement étrange, comme s'il était une personne entièrement différente.

Laissant l'affaire de côté, Ma Zhou s'avança, fonçant tel un éclair, et décocha un coup de poing droit vers Wang Chong. Kacha. Le craquement net d'os qui se brisent résonna dans l'air. Ma Zhou crut avoir entendu le bruit des os de Wang Chong se briser. Avant même de pouvoir jubiler, il entendit des exclamations tout autour :

« Ma, Ma… Jeune Maître Ma, votre nez ! »

Les jeunes sur le côté avaient les yeux écarquillés de frayeur, fixant intensément le nez de Ma Zhou, comme s'il s'agissait de quelque chose d'effroyable.

« Qu'est-ce qu'il a, mon nez ? »

Ma Zhou fut abasourdi par leurs paroles. À l'instant où une telle pensée traversa son esprit, il ressentit aussitôt une douleur qui lui transperça le cœur de part en part. Un feu semblait brûler dans ses narines et saisir un sang frais aux saveurs de toutes sortes, aigre, amer, épicé et sucré, qui semblait jaillir simultanément.

« Mon nez ! »

Ma Zhou hurla d'agonie. Cette voix était aiguë et distincte, donnant la chair de poule à tout le monde. En cet instant, Ma Zhou réalisa que le bruit d'os qui se brisent venait de son nez qui se brisait, non de Wang Chong.

L'os du nez était l'os le plus tendre de tout le corps humain, ainsi que le plus faible. Frappé au nez, Ma Zhou sentit tout son corps perdre ses forces tandis qu'il s'effondrait à genoux sur le sol en se tenant le nez. De toute évidence, il avait perdu toute volonté de combattre.

Ma Zhou était encore incapable de comprendre comment il avait encaissé ce coup !

Vu que même Ma Zhou lui-même ne parvenait pas à saisir la situation, les autres étaient encore plus déconcertés. Dans leur champ de vision, ils avaient seulement vu Wang Chong faire un demi-pas de côté, faisant frapper le poing de Ma Zhou dans le vide. Au même moment, le poing de Wang Chong avait frappé le nez de Ma Zhou.

Ils sentirent leur sang se glacer !

Ce n'était pas la première fois qu'ils traînaient avec Wang Chong et ils connaissaient bien ses prouesses au combat. Dire qu'un Palier 3 de l'Énergie Originelle, au royaume du Sang Imprégné, avait pu vaincre un Palier 4 de l'Énergie Originelle, au royaume du Noyau Imprégné ?

Ce n'était pas normal !

« Il est vraiment vicieux ! »

En voyant la situation pitoyable de Ma Zhou, les autres sentirent de nouveau la chair de poule leur monter aux bras, et quelques-uns détalèrent aussitôt.

« Ma Zhou, ces deux gifles sont pour les gens que tu as jadis opprimés ! »

Wang Chong attrapa Ma Zhou par le col et, pan pan, deux gifles lui furent administrées. Ma Zhou était du genre à ne posséder que la force brute. En termes de technique et d'intuition de combat, il était bien inférieur à Wang Chong.

« Même si tu voulais escroquer et opprimer les autres, il devrait y avoir une limite. En arriver à violer une femme mariée… Ne sais-tu pas que c'est ce genre d'agissement que je déteste le plus ? »

Tandis qu'il parlait, pan pan, deux autres gifles s'abattirent sur lui, faisant sauter les dents de la bouche de Ma Zhou.

« Grand frère, belle gifle ! Belle gifle ! »

La cadette de dix ans jubilait sur le côté. En regardant la scène, elle sentait son propre ressentiment s'évacuer. Bien qu'elle n'eût pu le faire elle-même, regarder son frère régler son compte à ce type était tout aussi grisant.

Ce n'est qu'après lui avoir décoché deux coups de poing que Wang Chong sentit sa colère s'apaiser légèrement. Que ce fût dans cette vie ou dans la précédente, Wang Chong haïssait ceux qui brimaient les faibles. Il trouvait exceptionnellement insupportable que Ma Zhou et sa bande se soient servis de son propre nom pour commettre une telle atrocité. C'était précisément la raison pour laquelle ses parents l'avaient consigné et le Clan Wang avait été humilié. Aussi Wang Chong frappa-t-il plus fort et avec plus de férocité !

« AHH ! Salaud, tu me le paieras ! »

Les yeux de Ma Zhou étaient rouges de frénésie et son corps tremblait de rage.

Pan !

Wang Chong donna soudain un coup de pied dans l'entrejambe de Ma Zhou et, vaguement, on put entendre le bruit de quelque chose qui se brise. La douleur fit hurler ce dernier tandis qu'il se saisissait précipitamment l'entrejambe. Tout son visage devint blême et des gouttes de sueur tombaient de son front à profusion comme de la pluie. Seul le bruit de son souffle douloureux se faisait entendre.

« Ma Zhou, ne crois pas que j'ignore que tu es un subordonné de Yao Feng. Il se sert de toi pour s'en prendre à moi. À vivre sous l'autorité d'autrui, croyais-tu vraiment être quelqu'un d'important ? »

Wang Chong s'approcha et le toisa froidement.

Ma Zhou était quelqu'un sans le moindre soutien. Sans personne pour l'inciter dans son dos, comment aurait-il osé se jouer de Wang Chong ?

En voyant l'air ahuri de Ma Zhou, Wang Chong sut qu'il avait deviné juste. Dans toute la capitale, le seul qui voulait s'en prendre à lui, c'était Yao Feng. Même si Yao Feng n'avait pas de grief contre lui, il avait quelques différends avec le Grand Frère et le Deuxième Frère de Wang Chong. Aussi avait-il incité Ma Zhou à s'en prendre à leur cadet.

« Wang Chong, ne te réjouis pas trop vite ! Faire le fier devant moi, je te défie d'en faire autant devant le Jeune Maître Yao ! Oui ! Je me suis servi de ton nom pour violer une femme dehors, et alors ? C'est lui qui a tout manigancé, va donc le trouver si tu l'oses ! »

Ma Zhou raidit le cou et rugit.

« Hé, Ma Zhou, croyais-tu que je n'oserais pas ? »

Wang Chong n'attendait que ces mots. Pour entrer au Pavillon de la Grande Grue, il avait besoin de ce « frère » pour lui ouvrir la voie.

« Je te défie de me montrer le chemin, alors. J'aimerais voir ce que Yao Feng a à dire sur cette affaire. »

Wang Chong ricana froidement.

Houa !

Ma Zhou sembla puiser de l'énergie à une source inconnue et se releva brusquement de force. Une lueur froide traversa ses yeux et, de celle-ci, on pouvait sentir une haine à transpercer les os :

« Wang Chong, suis-moi si tu es un homme ! Celui qui se dégonfle sera un lâche ! »

S'il ne se vengeait pas de Wang Chong pour ça, sa fierté ne lui permettrait pas de continuer à vivre ! Il n'avait pu venir à bout de Wang Chong, alors il ne pouvait que laisser à Yao Feng le soin de le venger !

Les choses se déroulèrent encore plus facilement que Wang Chong ne l'avait prévu. Avec Ma Zhou en tête, Wang Chong arriva bientôt au Pavillon de la Grande Grue.

Au cœur de la cité animée apparut un pavillon octogonal. Il était bâti avec un toit en arc soutenu par de majestueux piliers. Le pavillon comptait quatre niveaux, et des lanternes rouges plaquées d'or pendaient étage par étage aux huit angles, lui conférant une disposition élégante.

De retour sur une terre familière et voyant une architecture familière, Wang Chong ne put s'empêcher de se remémorer le passé. Dans sa vie précédente, quand il était revenu à ce Pavillon de la Grande Grue, il était déjà vieux et en ruine. Les recoins étaient emplis de poussière et de toiles d'araignée, loin de la prospérité et de l'animation qu'il avait jadis connues.

Ç'avait été le tournant du destin du Clan Wang !

Dans sa vie précédente, même sur son lit de mort, son père ne pouvait s'empêcher de se souvenir de ce Pavillon de la Grande Grue. Aussi Wang Chong avait-il lui aussi visité cet endroit encore et encore, parcourant les vestiges délabrés du Pavillon de la Grande Grue pour se remémorer le passé.

« Si cela n'était pas arrivé, tout serait probablement différent ! »

Songea Wang Chong.

Maintenant que tout était revenu au point de départ, il gagnait enfin l'occasion de tout stopper net à la place de son père, ainsi que de tout sauver. Sauf que son père ne se souvenait plus de rien.

« Wang Chong, je te défie d'entrer avec moi ! »

Sur le côté, Ma Zhou avait déjà fini de converser avec les gardes du Pavillon de la Grande Grue. Il fit signe à Wang Chong avec colère. Le Pavillon de la Grande Grue avait déjà interdit l'entrée à tous les clients. Hormis ceux de la Résidence Yao et les subordonnés du Roi Qi, personne n'était autorisé à entrer.

Cependant, Ma Zhou faisait exception. Il était un larbin de Yao Guang Yi et connaissait les gardes de la Résidence Yao. Le seul qui pouvait faire entrer Wang Chong, c'était ce Ma Zhou.

« Pourquoi ? Tu as peur ? »

Ma Zhou ricana froidement pour tenter de le narguer, craignant que Wang Chong ne se dédise.

« Hmph, cesse tes bêtises et montre le chemin. »

Wang Chong renifla avec mépris.

À vue de nez, son père devait déjà être entré au Pavillon de la Grande Grue. La suite des événements dépendait de ce qu'il ferait aujourd'hui. Prenant une profonde inspiration, Wang Chong, accompagné de sa petite sœur, pénétra dans le Pavillon de la Grande Grue.

Ce n'est qu'en entrant dans le Pavillon de la Grande Grue que l'on réalisait à quel point la taverne était animée. Foutaise. À chaque étage, il y avait plus de deux cents places, mais il n'y avait pas âme qui vive sur aucune d'elles.

Wang Chong distinguait clairement que les gens ici étaient des subordonnés de Yao Guang Yi et du Roi Qi. Il y avait même ceux qui avaient jadis suivi le Roi Song. Dans le complot contre son père, ceux qui avaient trahi le Roi Song avaient joué un rôle « crucial ». Yao Guang Yi avait vraiment mis beaucoup d'efforts dans cette affaire.

Cependant, Ma Zhou semblait ignorer tout de l'affaire. Il ne percevait pas ce qui différait dans l'atmosphère et ne faisait que narguer Wang Chong pour qu'il avance, comme s'il craignait qu'il ne se dégonfle et ne recule au dernier moment.

« Dépêche-toi ! Dépêche-toi ! »

« Vaurien, tu regrettes ta décision maintenant ? »

Après avoir subi pareille indignité, comment Ma Zhou aurait-il pu simplement laisser filer cette affaire ? Tout ce qu'il voulait à présent, c'était se servir des mains de Yao Feng pour donner une leçon à Wang Chong.

« Pourquoi tu me presses comme ça, tu crois que j'ai peur de Yao Feng ? »

Wang Chong se comporta comme s'il était tombé dans le panneau de ses provocations, mais il ricanait froidement en son for intérieur. Il était reconnaissant de sa relation avec Ma Zhou. Si ce type savait ce qui se passait au Pavillon de la Grande Grue en cet instant, il n'oserait pas l'amener ici, même avec dix fois plus de cran.

Rejetant sa robe en arrière, Wang Chong suivit Ma Zhou dans l'escalier.

L'enfant et les deux adolescents n'attirèrent l'attention de personne.

Le titre du chapitre, La vengeance du gentilhomme, vient d'un dicton. « Dix ans, ce n'est pas trop long pour qu'un gentilhomme exerce sa vengeance. » En clair, si les circonstances devant vous tournent mal, il peut être plus sage de faire un pas en arrière. Après tout, une vengeance reste une vengeance, peu importe quand on l'accomplit. On l'emploie normalement pour raisonner les gens, en particulier lorsqu'ils ont une rancune envers quelqu'un en meilleure position qu'eux.

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