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Records of the Human Emperor

Chapitre 58 : Un savoir-faire stupéfiant

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Chapitre 58

Chapitre 58 : Un savoir-faire stupéfiant

Chapitre 58/10854%~11 min de lecture2 075 mots

« Regardez, regardez ! Ça commence ! »

« Haha, songez que celui qui a défié les Quatre Grands Clans de forgerons n'était qu'un jeune homme ! »

« Après tout ce temps d'attente, cette épée va enfin être dévoilée ! Je me demande quelle sorte de lame vaut dix mille taels d'or ! »

« Ce ne sont pas dix mille taels d'or, ce sont 19 200 ! Et il devra verser la somme à chacun s'il perd ! »

« Ciel ! Il va donc être ruiné ? »

« Bien sûr ! Crois-tu qu'on s'en tire indemne après avoir provoqué les Quatre Grands Clans de forgerons de la capitale ? »

« Le pauvre bonhomme ! »

Devant le pavillon, une mer humaine s'était rassemblée et le tumulte était immense. Après sept jours de pénurie organisée, la curiosité pour l'épée du Pavillon du Papillon Bleu avait atteint son sommet.

Quelle sorte d'épée pouvait-elle bien être, pour qu'il fût interdit de la voir ou de la toucher ?

Quelle lame de collection pouvait-elle bien être, pour que son propriétaire osât la vendre 19 200 taels d'or ?

Et voilà que la vérité allait paraître.

« Messieurs, êtes-vous prêts ? »

Entendant le tumulte dehors, Wang Chong se retourna vers l'assemblée du pavillon.

« Si quelqu'un souhaite l'acheter, elle vaut à présent 19 200 taels d'or. C'est votre dernière chance ! »

Houa !

La réponse que reçut Wang Chong fut un éclat de rire général. L'ancien du clan Cheng, Cheng Youqing, lui-même ne put s'empêcher de rire. Personne n'avait acheté cette épée quand elle était à 600 taels d'or. Maintenant qu'elle atteignait la somme astronomique de 19 200 taels, il était ridicule d'imaginer que quiconque l'achèterait.

Sinon, il faudrait être bien sot !

« Jeune homme, tu as le sens de l'humour. Mais je crois que tu ferais mieux de dévoiler ton épée ! »

« En effet ! Que tout le monde voie cette lame que tu prétends valoir 19 200 taels d'or ! »

Quelqu'un renchérit, et les gens du pavillon éclatèrent de rire une fois de plus.

« Ne dis pas de sottises, qu'est-ce que tu racontes avec tes 19 200 taels d'or ? Le prix doublera aujourd'hui ! »

« Oui ! Oui ! Nous en sommes à 38 400 taels d'or ! Si quelqu'un ose dire le contraire, je me battrai avec lui ! »

« Petit, il y a beaucoup de monde ici. Tu ne songes tout de même pas à t'échapper ? »

« Héhé, crois-tu qu'il en soit capable ? »

Railleries, sarcasmes et rires résonnaient dans le Pavillon du Papillon Bleu. Tous les regards alentour trahissaient le dédain et le mépris pour ce jeune homme.

Seuls Mosaide et Zhao Fengchen restaient silencieux.

Ils fixaient Wang Chong d'un air songeur.

« Wang Chong, c'est vraiment raisonnable ? »

En entendant les moqueries fuser de toutes les directions, le visage de Wei Hao pâlit de nouveau.

« Ne t'inquiète pas ! »

Wang Chong lui tapa sur l'épaule et le dit sans la moindre hésitation. Sans savoir pourquoi, en sentant la fermeté de sa volonté, Wei Hao se sentit soudain rassuré.

« Bien ! Puisque personne n'est intéressé, commençons donc le pari du duel d'épées ! »

Wang Chong leva la tête pour jeter un coup d'œil.

« Un instant ! »

Une voix l'interrompit soudain. Wang Chong releva la tête et vit une silhouette familière sortir de la foule.

« Huang Jiao ! »

Les paupières de Wang Chong et de Wei Hao tressautèrent. Ils reconnurent aussitôt l'homme. C'était lui qui avait mené la bande venue tout casser au Pavillon du Papillon Bleu le premier jour, en clamant que Wang Chong cherchait seulement à se faire remarquer, et en dispersant la foule.

« Héhé, petit. Il est vrai que c'est toi qui as lancé ce pari. Mais il devrait tout de même y avoir des règles ! »

Huang Jiao ricana froidement. Il n'avait pas une bonne opinion de Wang Chong, et ses paroles s'en ressentaient.

« Que voulez-vous dire ? »

répondit Wang Chong, impassible.

« Avec toutes ces épées ici, allons-nous les opposer au hasard ? Les lames que chacun a sorties sont ses biens les plus précieux, et toutes sont extraordinairement tranchantes. Même en sortant vainqueur d'une confrontation, on y laisserait des marques et des dommages. Dans ce cas, gagner ne présente plus aucun intérêt. »

« J'ai donc une idée. Pourquoi ne commencerions-nous pas par annoncer le tranchant de nos armes, et l'épaisseur de métal qu'elles peuvent entamer ? Ainsi, ceux dont les lames ne sont pas assez tranchantes pourront se retirer du défi. Non seulement ils préserveront leur arme, mais celles des autres seront épargnées aussi. Qu'en pensez-vous tous ? »

dit Huang Jiao, réjoui.

« Bonne idée ! C'est une bonne idée ! »

La suggestion de Huang Jiao reçut aussitôt l'approbation de beaucoup.

« Nous annonçons les premiers, alors ! L'épée de notre clan Li est forgée par affinages et martelages successifs. Non seulement elle est tenace, mais elle est extrêmement tranchante. Elle peut traverser 4,5 centimètres de métal brut ! »

Un homme d'une quarantaine d'années, portant sur la poitrine une étoffe où étaient tissés les mots « clan Li de la cité de Qingtan », s'avança. Désignant l'épée qu'ils avaient présentée et qui pendait au pavillon, il parla avec jubilation.

« Hmpf, vous osez sortir une arme pareille ? Notre clan Zheng des Champs Bleus étudie l'art de la forge depuis des générations, et nos épées peuvent traverser 5,1 centimètres de métal brut ! »

À peine l'homme du clan Li avait-il parlé qu'un membre d'un autre clan de forgerons s'avança, l'air fier.

« Il est inutile de vous chamailler tous les deux ! Le Fils du Carnage de notre Atelier du Métal Impénétrable est façonné dans le Métal Lourd des grands fonds. Il traverse sans peine des lames de votre calibre comme un bloc de métal pourri ! »

Les boutiques d'armes et les ateliers s'avancèrent à leur tour. Bientôt, le Pavillon du Papillon Bleu sombra dans une querelle acharnée, et même les marchands des Contrées de l'Ouest, peu habiles à parler la langue des Han, s'y joignirent.

Certains en avaient le visage empourpré, tant ils s'étaient absorbés dans la dispute !

Wang Chong avait entendu leurs propos. Le débat avait beau s'échauffer, la conclusion était que pas une de leurs lames n'était assez tranchante pour traverser cinq cun de métal.

(NdT : un cun vaut 3,33 centimètres ; cinq cun font donc environ 17 centimètres.)

Leurs épées ne pouvaient entamer que cinq cun de métal brut et ils s'en réjouissaient encore, le nez au ciel à force de se vanter.

Arrivé à cette conclusion, Wang Chong sourit avec dédain. Ces familles prestigieuses étaient restées trop longtemps sans concurrence. Quand ils verraient l'épée en acier wootz, ils comprendraient enfin ce qu'est une véritable lame de tout premier ordre.

« Il est inutile de vous quereller là-dessus. Nul besoin de tant de complications ! »

Les paroles de Wang Chong résonnèrent soudain aux oreilles de tous. Puis il tapa sur l'épaule de Wei Hao pour lui faire signe. Comprenant ses intentions, celui-ci bondit soudain vers la balustrade du troisième étage du Pavillon du Papillon Bleu et s'élança vers le haut pour saisir l'épée en acier wootz.

Kling !

Le son clair de l'appel d'une lame retentit comme une cloche. Un éclat fendit le ciel et, avant que quiconque ait pu comprendre ce qui se passait, Wei Hao, avec l'épée, tomba droit sur la montagne de métal devant le pavillon.

Boum ! Une secousse gigantesque, et la poussière s'envola vers le ciel.

Le geste fut si soudain que la foule dehors, en s'en apercevant, se tut brusquement.

Kling ! Kling ! Kling !

Au milieu du nuage de poussière, le bruit du métal retentit coup après coup, comme des gouttes de pluie, derrière Wei Hao. Plus de vingt des épées suspendues au pavillon pour le pari furent brisées, et leurs pointes tombèrent du ciel pour se planter dans le sol.

Boum ! Au milieu du nuage de poussière, la montagne de métal presque aussi haute qu'un homme fut fendue en deux, chaque moitié s'effondrant d'un côté. Au centre, à l'endroit de la coupe, la surface était claire comme un miroir.

Weng !

À ce spectacle, la foule devant le Pavillon du Papillon Bleu, comme frappée de mutisme, se tut complètement.

Puis les gens qui se querellaient à l'intérieur s'en aperçurent à leur tour. Tous se tenaient à la balustrade, la bouche grande ouverte, incapables de trouver un mot.

Clac !

La bague de pouce en jade, ornée d'un rubis serti sur le dessus, avec laquelle Mosaide jouait, tomba au sol, sans qu'il s'en aperçoive le moins du monde.

Silence !

Un silence complet !

À cet instant, à l'intérieur comme à l'extérieur du Pavillon du Papillon Bleu, on n'entendait plus un seul son. Tous les esprits s'étaient vidés, et le spectacle absurde qui s'offrait à eux les laissait complètement hébétés. Wang Chong s'était servi de la méthode la plus inattendue pour provoquer le plus grand choc possible !

Boum !

Après un bref silence, tous se ressaisirent enfin. Puis un tumulte de tonnerre éclata, comme une montagne qui se fend.

« Ciel ! Qu'est-ce que ce bonhomme vient de faire ? »

« Il a fendu une montagne de métal ! Combien cela fait-il de cun ? Cinquante ? Cent ? Comment peut-il exister une épée aussi prodigieuse au monde ? »

« Et pas seulement la montagne de métal, regardez les épées suspendues au pavillon. Ce sont toutes des lames de tout premier ordre ! Chacune d'elles est une arme divine capable de fendre un cheveu, et il en a tranché des dizaines d'un seul coup ! »

« Comment une arme aussi redoutable peut-elle exister ? »

Le spectacle qui venait de se dérouler sous leurs yeux les mit en frénésie.

Pendant ces sept jours, tout le monde s'attendait à voir Wang Chong se couvrir de ridicule. On le raillait même en privé comme un imbécile. Personne n'avait imaginé qu'il puisse gagner ce pari, car les techniques les plus avancées étaient entre les mains de quelques clans de forgerons.

Mais contre toute attente, Wang Chong s'avérait le vainqueur absolu de ce pari !

Weng !

Dans le Pavillon du Papillon Bleu, tous les célèbres marchands d'armes fixaient Wang Chong. Ils étaient plus ébranlés encore que la foule au-dehors. Les mâchoires des anciens des clans Cheng, Li, Huang et Lu touchaient presque le sol.

« Comment est-ce possible ? »

Les membres des Quatre Grands Clans de forgerons ne pouvaient pas accepter ce brusque retournement. Avant le pari, ils s'étaient moqués de Wang Chong qui cherchait à se faire remarquer, et ils avaient vu dans l'affaire l'occasion idéale d'exposer leurs meilleures armes.

Mais personne n'aurait imaginé que leurs lames seraient tranchées par la sienne !

« Mon sabre ! Impossible ! »

Un cri de stupeur retentit soudain. Depuis le pavillon, le gérant de la Boutique d'Armes du Tigre Blanc sauta et atterrit au sol. Il ramassa le tronçon brisé de son sabre et hurla de douleur.

Son visage était livide et il semblait au bord des larmes.

C'était la meilleure arme de la Boutique d'Armes du Tigre Blanc ! Songer qu'elle venait d'être fendue en deux !

C'était inconcevable !

« Non… Impossible ! Comment un gamin de quinze ans comme lui peut-il posséder un savoir-faire de forge aussi prodigieux ! »

« Et pour que cette épée soit aussi tranchante ! »

Zhang Cong et Zhang Jian étaient sidérés par le spectacle.

De tous ceux qui se trouvaient là, eux seuls connaissaient le mieux les origines de Wang Chong. C'est aussi pour cela qu'ils étaient les plus ébranlés.

La lignée du Duc Jiu n'avait jamais touché à la forge et, les eût-on battus à mort, ils n'auraient jamais cru que Wang Chong pût façonner une lame aussi prodigieuse.

À cet instant, tous deux comprirent soudain qu'ils avaient sous-estimé Wang Chong, et grossièrement !

'Nous n'obtiendrons pas le minerai d'Hyderabad !'

La pensée traversa au même moment l'esprit des deux hommes.

Hébétés, ils fixaient d'un air vide le spectacle qui s'offrait à eux.

(NdT : « le nez au ciel » traduit une image chinoise : la tête si relevée, à force de mépriser les autres, qu'elle finit tournée vers le ciel.)

Traduit par Wuxia France — soutenez leur travail en les suivant.

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