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Records of the Human Emperor

Chapitre 562

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Chapitre 562

Chapitre 562

Chapitre 562/68882%~11 min de lecture2 106 mots

Les paroles de Dalun Ruozan ne firent que froncer les sourcils de Wang Yan. Mais derrière lui, Wang Chong ne put réprimer un frisson.

Ce Dalun Ruozan est diablement rusé ! À ce stade, il n'y a plus de place pour que le Grand Tang, le Mengshe Zhao et l'Ü-Tsang fassent machine arrière. Quelqu'un comme lui doit comprendre ce point. Peu lui importe que le Père ou Xianyu Zhongtong acceptent sa proposition. Son but est de semer la confusion et d'abaisser le moral de l'armée !

Wang Chong balaya les troupes du regard. Comme prévu, quelques changements subtils s'opéraient dans le moral naguère uni de l'armée. Bien que leur résolution ne pût être décrite comme s'affaiblissant, et qu'ils ne se rendraient certainement pas, il n'y avait aucun doute que leur moral avait chuté de ses sommets exultants.

L'esprit des hommes est chose délicate. Quelle que soit la situation, tant qu'il reste la plus infime lueur d'espoir, on ne l'abandonne pas, même si l'on sait que cette lueur n'existe pas réellement. C'est ainsi que fonctionne l'inconscient. C'est la réponse instinctive.

Wang Chong soupira intérieurement.

L'homme supérieur use de paroles pour émouvoir le cœur humain, mais l'homme intelligent ne se soucie pas d'émouvoir ; il atteint ses buts quoi qu'il en coûte. C'était la première fois que Wang Chong voyait ce Grand Ministre de la Lignée Royale du Ngari.

Mais en cette unique rencontre, Wang Chong comprit immédiatement que Dalun Ruozan était bien plus difficile à manœuvrer qu'il ne l'avait imaginé.

La grande épée est sans tranchant, le grand art est sans ornement (NdT : l'expression vient du Retour des héros condor) ! Un homme comme Dalun Ruozan a un dessein précis à chacun de ses gestes. Quelques mots simples suffisaient à porter un coup au moral de l'armée ! Si cet homme ne meurt pas, il sera un problème majeur pour le Grand Tang ! se dit Wang Chong en silence.

La personnalité de son père ne convenait pas pour lutter à coups de langue contre un Dalun Ruozan. Les yeux de Wang Chong se portèrent vivement sur Xianyu Zhongtong.

« Monseigneur… »

Wang Chong fit soudain quelques pas en avant et se mit à chuchoter.

« Hahaha, depuis l'Antiquité, le général vaincu s'est toujours rendu au général victorieux. Je n'ai jamais entendu dire que le général victorieux se rendît au général vaincu. L'Ü-Tsang a toujours clamé que sa cavalerie était invincible en rivalisant pour dominer le monde. Mais même en situation avantageuse, l'Ü-Tsang n'a pas seulement été incapable de nous tenir tête, il a encore perdu cinquante mille soldats. Comment une telle armée vaudrait-elle qu'on se rende à elle ? Dalun Ruozan, ne pensez-vous pas vous surestimer outrageusement ?

— Hier, c'était cinquante mille. Combien croyez-vous en perdre aujourd'hui ? »

Le rire tonitruant de Xianyu Zhongtong résonna jusqu'aux cieux.

« Salaud ! »

Dalun Ruozan ne dit mot, mais Jiaosiluo, Fengjiayi et Longqinba devinrent pourpres de rage. Les paroles de Xianyu Zhongtong visaient manifestement leurs défaites de la veille.

« Ne vous souciez pas de lui. Il cherche exprès à vous enrager. Regardez autour de vous », avertit sévèrement Dalun Ruozan.

Cette mise en garde les fit tous ralentir un instant. Machinalement, ils regardèrent autour d'eux et virent que le moral de leurs troupes avait clairement été affecté.

« Cela… »

Un moment, ils restèrent tous sans voix.

Il était clair qu'il s'agissait là d'une attaque psychologique.

« Hmph ! »

Dalun Ruozan ricana froidement et releva vivement la tête vers le sommet.

« Xianyu Zhongtong, bon ou mauvais, vous êtes encore le grand Protecteur général du Protectorat d'Annan. Depuis quand faites-vous le porte-parole d'un autre ? Vous feriez mieux de faire sortir ce gamin Wang Chong qui se tient derrière vous ! »

Wang Chong et Xianyu Zhongtong sentirent tous deux leur cœur se glacer. Dalun Ruozan avait un flair extrêmement aigu. D'un simple coup d'œil, il avait percé la vérité.

« Hmph, Dalun Ruozan, nous devrions tous deux cesser de jouer à ces jeux de mots. Voulez-vous encore compter sur votre langue pour régler une bataille ? Si vous en avez la capacité, prouvez-le sur le champ de bataille. »

Inutile que Wang Chong intervienne cette fois : Xianyu Zhongtong riposta par une réplique glaciale.

À ces mots, Dalun Ruozan détourna le regard et se mit à regagner l'arrière.

« Puisque telle est la situation, j'exaucerai votre vœu ! »

……

« Comment est-ce ? »

À quelques pas de là, Huoshu Huicang et Geluofeng s'avancèrent vivement à la rencontre de Dalun Ruozan.

« Ce gamin est plus coriace que je ne l'imaginais, et plus prudent aussi. Que Xianyu Zhongtong se montre si docile dépassait réellement mes attentes. En si peu de temps, il semble que cet enfant ait réussi à prendre le contrôle total de l'armée. Wang Yan et Xianyu Zhongtong paraissent même disposés à l'assister comme adjoints. C'est une bien fâcheuse nouvelle. »

Dalun Ruozan froncea les sourcils en parlant.

Son intention initiale avait été de voir Wang Chong et de vérifier si ses conjectures étaient exactes. Il n'avait pas prévu que Wang Chong ne se montrerait pas, mais Dalun Ruozan n'y pouvait rien.

Bien qu'il connût déjà l'identité de Wang Chong, sans le voir, il ne pourrait pas le sonder et déterminer quel genre d'homme était Wang Chong.

« Vous tous, soyez prudents. Cet enfant va être fort embêtant. »

« Grand Ministre ne le surestime-t-il pas un peu trop ? »

Geluofeng fronça les sourcils. Il pouvait admettre que Wang Chong fût différent des adolescents ordinaires. Après tout, un adolescent normal n'aurait jamais pu infliger une telle raclée à la cavalerie tibétaine.

Mais même l'adolescent le plus formidable reste un adolescent. Même s'il possède quelque héritage ou traité militaire, c'est encore un adolescent. Geluofeng avait l'impression que Dalun Ruozan le placait sur un piédestal trop haut.

« Hmph, en réalité, j'espère l'avoir surestimé. Mais pour ce qu'il est vraiment, nous le saurons bientôt. »

Dalun Ruozan partit d'un revers de manche.

Je ne crois pas que tu pourras te cacher éternellement…

Dalun Ruozan disparut rapidement dans la foule. Ce qui se passait derrière lui ne le concernait plus. C'était maintenant l'heure pour des généraux comme Huoshu Huicang et Duan Gequan de monter sur la scène.

……

« Tout à l'heure, pourquoi ne vous êtes-vous pas montré ? »

Presque au même moment, sur le sommet, Xianyu Zhongtong se tourna vers Wang Chong avec un air perplexe. Dalun Ruozan avait nommé explicitement Wang Chong, pourtant Wang Chong avait choisi de rester caché.

Bien que Xianyu Zhongtong ne pensât pas qu'il fût nécessaire que Wang Chong voie Dalun Ruozan, il avait tout de même l'impression que Wang Chong s'était délibérément tenu derrière lui.

Même du point de vue de Xianyu Zhongtong, cela ne semblait pas nécessaire.

« Non ! »

Dans un endroit où l'armée Mengshe-Ü-Tsang ne pouvait voir, Wang Chong secoua la tête, la prudence peinte sur son visage.

« Dalun Ruozan est un individu d'une redoutable trempe. Bien que son apparence ne le laisse pas deviner, chacun de ses gestes a un sens plus profond. Dalun Ruozan connaît cette armée entière comme sa poche, y compris le Père et le Seigneur Protecteur général, si bien qu'il peut tous vous cibler en fonction de vos personnalités.

L'Art de la Guerre l'a bien dit : connais-toi toi-même et connais ton ennemi, et tu ne seras jamais vaincu. Dans cette armée entière, la seule personne que Dalun Ruozan ne comprend pas, c'est moi. Moins il en sait sur moi, plus il sera circonspect et moins il agira avec témérité. Ainsi, la seule personne dont vous aurez à vous occuper sera Huoshu Huicang. Mais s'il me connaît aussi comme sa poche, la situation sera complètement différente… N'oubliez pas que la Lignée Royale du Ngari de l'Ü-Tsang a toujours associé un civil et un militaire, un ministre et un général, et qu'ils se sont toujours entraidés pour réussir. Ils sont comme deux murailles qui pèsent sur notre Grand Tang.

Face à un homme pareil, on ne saurait être trop prudent », dit Wang Chong avec une expression d'une extrême méfiance.

Wang Yan et Xianyu Zhongtong ne le verraient peut-être pas, mais Wang Chong savait pertinemment que dans cette bataille, Dalun Ruozan représentait une menace bien plus grande que Huoshu Huicang ou Duan Gequan.

Toute sous-estimation de ce Grand Ministre de l'Ü-Tsang ne nuirait qu'à soi-même.

« Père, Seigneur Xianyu, les Tibétains et les soldats du Mengshe Zhao vont attaquer. Je vous laisse le reste à tous deux », dit Wang Chong.

« Mm ! »

À l'évocation de cette affaire, Wang Yan et Xianyu Zhongtong se concentrèrent tous deux. Bien que Dalun Ruozan eût tenté une attaque psychologique avec son conseil de reddition, il n'était pas leur véritable adversaire.

La vie de cent mille soldats et de près d'un million de civils était liée à cette bataille.

« Je descends le premier ! »

D'un revers de cape, Xianyu Zhongtong descendit la montagne.

Bien que sa stratégie et ses tactiques ne le destinassent pas à être un commandant en chef, il était aussi surqualifié pour n'être qu'un général. De plus, les plaques de métal que Wang Chong avait utilisées pour organiser la défense donnaient l'impression de remparts alignés sur la montagne. C'était précisément le terrain que Xianyu Zhongtong excellait à défendre.

Et pour la connaissance de l'armée du Protectorat d'Annan, nul ne pouvait se comparer à Xianyu Zhongtong. Lors de la bataille de l'Erhai, si Xianyu Zhongtong n'avait pas dû quitter la ville qu'il défendait, se dépouillant de son expertise pour lancer une attaque sur un terrain nullement adapté à ses compétences, Geluofeng n'aurait peut-être pas pu lui infliger de si lourdes pertes.

En partant, Xianyu Zhongtong exprimait clairement sa position : il abandonnait véritablement le sud-ouest de l'empire à Wang Chong.

Avec le départ de Xianyu Zhongtong, ne restèrent sur le sommet que Wang Yan et son fils.

« Chong-er, bien que je n'aie pas souhaité te voir ici, notre clan Wang reste un clan de ministres et de généraux. Qu'on soit ministre ou général, notre devoir est de nous dévouer à l'Empire, au Grand Tang ! Puisque tu as du talent pour l'art de la guerre, ne le gaspille pas. Ton père a confiance en toi ! »

Wang Yan se tourna vers Wang Chong en parlant. Ses yeux étaient emplis d'émotions complexes, mais surtout d'attente.

À ce stade de la guerre du sud-ouest, tous attendaient la prestation de Wang Chong. Du moins, Wang Yan et Xianyu Zhongtong avaient déjà tous deux perdu contre lui.

« Oui, Père ! »

Wang Chong serra les poings, le cœur profondément ému.

Il avait autrefois rêvé de combattre aux côtés de son père, mais c'étaient des rêves qui ne pouvaient se réaliser. Bien que son père l'ait toujours encouragé à rejoindre l'armée, sa personnalité stricte interdisait à son fils de l'accompagner sur le front.

Compte tenu de la nature de son père, que celui-ci prononçât de tels mots et fût si certain de lui était déjà fort bien.

Wang Yan prit rapidement congé.

Comme Xianyu Zhongtong, Wang Yan alla commander l'armée. Dans les cent mille soldats Tang, outre les soixante-dix mille hommes de l'armée du Protectorat d'Annan, le reste était constitué des troupes que Wang Yan commandait et des renforts envoyés par la Cour Impériale.

Bien que Wang Yan ne comprît pas l'armée du Protectorat d'Annan, pour commander ces soldats, même Xianyu Zhongtong ne pouvait lui être comparé.

Il n'y avait probablement personne au monde, excepté Wang Chong, capable d'obtenir que ces deux généraux d'élite défensifs se soumissent de tout cœur.

Bouuuum !

Les cors lugubres accompagnèrent le roulement des tambours qui s'élevèrent du camp ennemi. La terre trembla tandis que les rangs denses de l'armée Mengshe-Ü-Tsang se mettaient en mouvement comme une bête primordiale.

Une puissante intention meurtrière s'éleva du vide et enveloppa rapidement tout le champ de bataille.

« Zhang Shouzhi, tenez-vous prêt ! La dernière étape ! »

Au même moment, sur le sommet, Wang Chong abattit sa main droite et donna son ultime ordre.

Cracracrac !

« Versez ! »

……

Sur le sommet, les centaines d'artisans et de forgerons se mirent à ouvrir de grandes caisses métalliques. Avec un froissement, d'innombrables caltrops en métal roulèrent hors des caisses, comblant une zone d'une vingtaine de zhang de large le long de la montagne.

Ces caltrops étaient couverts de pointes acérées, les plus longues mesurant plusieurs pieds ; les plus courtes, cinq ou six pouces. Ces caltrops de tailles diverses formèrent un tapis épais en dévalant la montagne, comblant la dernière brèche dans les défenses du sommet.

La bataille avait enfin commencé.

Traduit par Wuxia France — soutenez leur travail en les suivant.

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