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Records of the Human Emperor

Chapitre 549

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Chapitre 549

Chapitre 549

Chapitre 549/68880%~10 min de lecture1 934 mots

« Cela !! »

Longqinba resta stupéfait quelques instants. Il n'avait songé qu'à tuer l'ennemi, si bien que son esprit n'avait véritablement pas envisagé cette direction.

C'était vrai. L'empire de l'Ü-Tsang s'était battu si longtemps contre le Grand Tang dans le sud-ouest que les deux camps connaissaient exceptionnellement bien les généraux adverses. Bien que Xianyu Zhongtong ne pût être décrit comme médiocre ou incompétent, il n'était pas non plus un stratège adaptable. C'était plutôt le modèle du général capable de défendre des villes.

Quant à Wang Yan, Longqinba avait déjà entendu son nom et avait personnellement expérimenté son style à la Cité du Lion.

Bien que ce général fût habile tant à l'attaque qu'à la défense, il restait un général du Grand Tang meilleur en défense qu'en offensive !

Aucun des deux n'avait pu imaginer ce plan consistant à faire demi-tour pour tendre une embuscade à l'ennemi.

« Alors, Seigneur, que devons-nous faire maintenant ? Ils n'ont pas pu aller bien loin. Pourquoi ne pas les poursuivre ? » demanda Longqinba, une féroce intention meurtrière au cœur.

Un moment d'inattention avait failli lui coûter la vie sous les coups de Xianyu Zhongtong et de Wang Yan. Quel que fût le chef d'orchestre derrière le rideau, le fait qu'ils aient pu concevoir un tel plan emplissait Longqinba d'un ardent désir de les mettre en pièces.

« Inutile ! »

Mais avant que Longqinba ne puisse songer à la manière de retrouver ce commandant tang caché, la réplique le foudroya.

« Vu la situation, laissez-les partir ! »

« Mais, Seigneur, comment pouvons-nous simplement les laisser partir ? »

Les yeux de Longqinba s'écarquillèrent tandis qu'il regardait le Grand Général Huoshu Huicang avec stupeur. Le Grand Général avait toujours été loué pour son courage, si bien que le voir laisser filer les Tang alors qu'ils n'étaient pas allés bien loin dépassait véritablement les attentes de Longqinba. Ce n'était pas le style habituel du Grand Général.

Plus important encore, Longqinba répugnait extrêmement à l'accepter !

« Il fait tard et la pluie tombe dru. Où iriez-vous les chercher ? De surcroît, par un tel temps, la puissance de la cavalerie est totalement annihilée. Si ma conjecture est exacte, ce commandant tang affectionne ce genre de stratagème ; si nous le pourchassons, il aura certainement dressé encore plus de pièges. Il fait si sombre que nous ne les verrons pas, et s'il y a des embuscades, nous ne ferons qu'augmenter nos pertes.

« Qui plus est, ils nous ont déjà lancés des attaques surprises en se déguisant en nos troupes. En cette nuit noire, ils pourraient frapper à tout instant… Savez-vous comment vous défendre contre cela ? »

Par ces derniers mots, Huoshu Huicang posa le point le plus crucial.

Le commandant tang qui leur faisait face était versé dans les manœuvres, un stratège et tacticien superbe. Il surpassait de loin Xianyu Zhongtong, Wang Yan et les autres généraux du sud-ouest, au point que même lui en avait été victime. Plus important encore, Huoshu Huicang devait bien admettre que cette méthode consistant à se déguiser en l'ennemi pour lancer sans cesse des attaques sournoises était incroyablement difficile à contrer. Lui-même peinait à trouver une bonne parade.

C'était une armée de cent mille hommes, pas dix ou vingt mille. Leurs adversaires déguisés étaient tout simplement impossibles à distinguer de leurs propres troupes.

C'était là une stratégie des plus vexantes.

« Cela, mais… » bredouilla Longqinba. Il avait à l'origine pensé qu'une unique offensive à grande échelle règlerait l'affaire, si bien que cette conclusion le prit de court. Mais Longqinba devait admettre qu'il avait failli y passer, et que dans l'obscurité de la nuit, il serait probablement encore plus aisé de l'embusquer.

De surcroît, l'adversaire savait en fait parler un peu le tibétain !

N'était-ce pas supposé que les gens du Grand Tang ne savaient pas parler tibétain ?

Hé !

D'un revers de la main droite, Longqinba envoya un flux tyrannique d'énergie stellaire s'écraser au sol, creusant un trou profond d'environ un zhang (NdT : environ 3,33 m) !

Il était clair que Longqinba ne pouvait qu'accepter sans recours l'ordre de Huoshu Huicang.

« Rassurez-vous. Je n'ai jamais dit que je les laissais partir ! »

Les yeux de Huoshu Huicang perçaient les ténèbres, dégageant une lueur froide.

« La tempête cessera et la nuit s'achèvera. Une fois le jour revenu et la pluie arrêtée, fussent-elles merveilleuses, les capacités de ce commandant tang ne pourront plus rien. Un stratagème utilisable maintenant pourrait ne plus l'être plus tard. N'oubliez pas que nous avons les trois cent mille soldats de notre allié, le Mengshe Zhao. Nous aurons tout le temps de faire jonction avec l'armée du Mengshe Zhao et de régler son compte aux Tang. D'ailleurs, c'était à l'origine une guerre entre le Grand Tang et le Mengshe Zhao, il convient donc que ce soit à leur tour de fournir un peu d'effort… C'est aussi l'intention du Grand Ministre ! »

Le Grand Ministre dont parlait Huoshu Huicang était naturellement Dalun Ruozan.

Dans toute la Lignée Royale du Ngari, le seul capable de donner des ordres à Huoshu Huicang, de tenir ce général valeureux en bride, était le Grand Ministre du Ngari. Longqinba n'avait pas imaginé que cela relevât des ordres du Grand Ministre.

« Ne soyez pas si réticent. Si nous pouvons payer le plus faible prix pour la plus grande moisson, pourquoi nous en priver ? N'oubliez pas que le but de nous, guerriers de l'Ü-Tsang, n'est pas seulement le sud-ouest, pas seulement le Protectorat d'Annan. Une guerre bien plus grande nous attend ! Nous ne pouvons pas trop perdre sur un seul champ de bataille », dit Huoshu Huicang avec indifférence.

« Oui, Seigneur ! »

Longqinba ressentait encore quelque réticence, mais en entendant ces derniers mots, il s'inclina immédiatement, une profonde vénération au cœur. Le sud-ouest n'était qu'un coin du Grand Tang, et la grande guerre dont parlait Huoshu Huicang n'était naturellement pas ce lieu, mais la guerre entre l'Ü-Tsang et le Grand Tang.

Ce n'était un secret pour aucun des hauts gradés du plateau tibétain.

Un mille-pattes peut mourir, mais il ne tombe jamais.

Dès l'instant où le Tsenpo avait décidé d'attaquer le Grand Tang, la guerre entre l'Ü-Tsang et le Grand Tang avait commencé. Cette guerre au sud-ouest n'était que le prologue d'un conflit bien plus grand. Bien que le Grand Tang fût sur le déclin et ne fût plus ce qu'il avait été, il possédait encore une armée massive, resplendissante et intimidante.

Le Protectorat d'Annan n'était que l'un des protectorats du Grand Tang.

Même si l'empire de l'Ü-Tsang avait déjà pris sa décision, tous ses officiers traitaient encore la guerre avec une extrême prudence.

« Un jour plus tôt ou un jour plus tard, nous finirons par les tuer ! Qu'ils se débattent encore un peu aux portes de la mort ! »

Sur ces derniers mots, Huoshu Huicang fit volte-face et repartit immédiatement.

Cette entreprise pouvait être décrite comme un échec massif. Les résultats obtenus par une armée de cent mille hommes avaient été totalement différents des attentes. Et ce n'était pas parce que les Tibétains étaient incompétents ou que Xianyu Zhongtong et les généraux de l'Annan étaient trop forts, mais à cause des stratégies et tactiques employées par les Tang.

Nul n'avait prévu cet issue.

Et les pertes étaient également plutôt lourdes !

De surcroît, Huoshu Huicang avait vaguement perçu quelque chose lors de cette bataille que lui seul pouvait gérer. En comparaison, pourchasser Xianyu Zhongtong et les autres n'avait pas cette urgence.

Après tout, il ne s'agissait que d'un seul jour. Ils ne pouvaient fuir le sud-ouest en si peu de temps.

Huoshu Huicang disparut rapidement dans les ténèbres. Derrière lui, l'armée tibétaine commença lentement à se mouvoir dans la direction exactement opposée à celle où les forces de Wang Chong s'étaient évanouies.

La bataille sous la prit fin de manière inattendue.

Pourtant, l'air au-dessus du sud-ouest demeura chargé de tension, et parvint même à devenir plus tendu encore.

Sous la pluie battante, plusieurs grands arbres étendaient leurs racines tortueuses dans la terre boueuse.

Cette rare tempête rencontrant la terre avait transformé presque tout le sud-ouest en marais. Et en un lieu que nul ne pouvait voir, l'air était teinté d'intention meurtrière.

Le temps s'écoula lentement, et tout resta silencieux. Nul son si ce n'est la chute de la pluie.

Après un certain temps…

Hmm ?

Soudain, le sol se détendit tandis que sa surface se bombait. Bientôt, un homme musclé en jaillit comme un poisson bondissant hors de l'eau.

« Qu'est-ce qui se passe ici ? Les Tibétains sont réellement partis ? »

Xu Shiping porta son regard vers la chaîne de montagnes, la confusion peinte sur le visage.

La guerre entre l'Ü-Tsang et le Grand Tang était au-delà de toute réconciliation. Au vu de la position de l'Ü-Tsang et du tempérament de Huoshu Huicang, il était véritablement hors de caractère pour les Tibétains de ne pas donner la chasse.

« Difficile à dire. Ne vous relâchez pas. Les Tibétains pourraient feindre la lenteur pour nous faire baisser la garde. Les Tibétains sont réputés pour leur courage, ils n'abandonneraient jamais la poursuite si aisément. »

Xu Andun se releva lui aussi hors de l'eau boueuse.

Ce genre de camouflage était difficile à endurer, car il exigeait de s'enduire le corps de boue sale, jusqu'aux interstices de l'armure. Bien qu'un tel déguisement fût véritablement difficile à détecter, il trempait le corps, et s'appliquer une couche de boue sur soi était une tâche véritablement insupportable.

« Inutile d'y songer. Ils sont déjà partis ! »

Une silhouette glissa le long d'un tronc d'arbre voisin. Les pointes des pieds de Wang Chong pressèrent légèrement le sol tandis qu'il descendait. Il portait une lourde armure et une expression d'une vigilance extrême.

« Les Tibétains peuvent mener des attaques de diversion et tenir des positions, mais quoi qu'ils fassent pour monter la garde, ils ne peuvent masquer le bruit des sabots. Même s'ils parvenaient à étouffer les sabots de leurs chevaux en si peu de temps, ils ne peuvent empêcher leurs chevaux de hennir. C'est impossible à réaliser avec le nombre de chevaux qu'ils ont, et ce n'est pas le style tibétain. »

Tandis que Wang Chong parlait, son sourcil se fronce.

« Je pensais à l'origine que les Tibétains poursuivraient, mais il semble que je l'aie sous-estimé. Huoshu Huicang a probablement prévu que je tendais une embuscade et a stoppé toute poursuite. De surcroît, la cavalerie n'est pas douée pour combattre dans l'obscurité, a fortiori sous la pluie. Huoshu Huicang a dû savoir que les circonstances ne lui étaient pas favorables et que nous étions prêts, aussi a-t-il décidé de renoncer purement et simplement ! … Je croyais que Huoshu Huicang n'était qu'un général courageux et féroce, mais il semble que j'aie trop peu pensé de lui. Rien que par cette décision, je peux confirmer que Huoshu Huicang est l'un de nos plus grands ennemis dans le sud-ouest ! »

Bien que la retraite de l'ennemi fût à l'avantage des Tang, l'ennemi qui bat en retraite après avoir été vaincu et celui qui se retire de son propre chef sont deux choses radicalement différentes.

Quoi qu'il en soit, le résultat sous ses yeux n'était pas bon pour lui, ni pour le Grand Tang.

C'est un problème encore plus épineux que je ne l'imaginais ! songea Wang Chong en regardant vers le sud-ouest.

Par le passé, il n'avait su que le Grand Général Huoshu Huicang était l'ennemi mortel de Zhangchou Jianqiong, sans jamais savoir précisément pourquoi. Maintenant, cependant, Wang Chong avait commencé à comprendre.

Traduit par Wuxia France — soutenez leur travail en les suivant.

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