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Records of the Human Emperor

Chapitre 524

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Chapitre 524

Chapitre 524

Chapitre 524/66878%~10 min de lecture1 845 mots

J'espère que je me fais du mouron, j'espère que je me fais du mouron…

Wang Chong fixait le sommet, les sourcils froncés, espérant de toutes ses forces qu'il s'alarmait pour rien.

Arrêtez-vous, bon sang !

Tant que le chaos sur la montagne cessait de s'étendre, cela voudrait dire que sa conjecture était fausse. Peut-être n'était-ce qu'un événement passager.

Une seconde, deux secondes, trois secondes…

Bien que la formation du côté nord-est eût conservé sa structure de base, elle continuait de se désorganiser. La brèche dans le dispositif grandissait de plus en plus.

Boum boum boum !

Les tambours battirent la charge tandis que la ligne nord-est était arrachée, continuant de reculer. Un soldat des Tang après l'autre tombait, et la ligne défensive nord-est se rétractait bien plus vite qu'ailleurs.

« Ça ne va pas ! »

Même le Vieux Aigle fronçait les sourcils à présent. Bien qu'il ne fût pas aussi perspicace que Wang Chong au point de déceler un problème dans la chaîne de commandement, il pouvait constater que la ligne défensive nord-est ne tiendrait plus, ce qui commencerait bientôt à affecter le reste du front. La cavalerie tibétaine pourrait déboucher par la brèche au nord-est et anéantir bien vite le reste de l'armée du Protectorat d'Annan.

Bouuuum !

Les secondes filaient, les cors de l'Ü-Tsang se mirent à retentir à travers le rideau de pluie, et l'offensive tibétaine changea rapidement. Comme des vagues déferlantes, la cavalerie commença à converger vers le nord-est, de plus en plus d'hommes chargeant par là.

« Pas bon ! »

Wang Chong pâlit devant le changement de formation des Tibétains. Le commandant adverse était bien plus intelligent qu'il ne l'avait prévu. Il avait clairement remarqué le changement au nord-est et ordonné de sonner les cors pour que l'armée afflue. Une fois les Tibétains regroupés, la ligne défensive du nord-est s'effondrerait complètement.

Boum !

Il n'y avait pas une seconde à perdre. Au moment où les cors retentirent, Wang Chong éperonna sa monture pour charger en avant.

« Vieux Aigle, fais guider Xu Shiping et Xu Andun par un aigle pour qu'ils arrivent le plus vite possible. Souviens-toi de leur dire de rester cachés et de ne pas surgir. Ils doivent attendre mon ordre ! Tout le monde, avec moi ! »

Sa voix n'était pas encore éteinte que Wang Chong et ses hommes avaient déjà disparu dans la tempête.

……

Dans cette bataille intense et à grande échelle impliquant des dizaines de milliers de soldats, un combat dans une zone semblait banal et sans importance.

« Aaaaah ! »

Sous la pluie battante, un soldat des Tang hurla alors qu'il était transpercé par une lance. Au même instant, cling clang clang ! Trois soldats à boucliers contraints de reculer s'entrechoquèrent. Les armes et boucliers des trois restèrent coincés ensemble et tous perdirent l'équilibre.

Une telle erreur était fatale sur un champ de bataille.

Des cris déchirèrent l'air tandis que les cimeterres tibétains s'abattaient comme des crocs. Les trois soldats des Tang n'eurent le temps de pousser qu'un cri avant d'être mis en pièces.

La ligne commença à plier, les formations à se déformer. Les hacheurs ne trouvaient plus leurs positions et les boucliers ne sentaient plus le soutien de leurs camarades sur les flancs.

Toute l'armée commençait à perdre contenance.

De nombreux soldats mouraient à chaque instant.

« Tenez bon ! »

« Quoi qu'il arrive, on ne peut pas les laisser percer la ligne défensive ! »

« Et Milord ? Milord ? Pourquoi Milord ne donne-t-il pas d'ordre ! »

« Tenez la ligne ! Nos 80 000 frères sont derrière nous ! Si on laisse les Tibétains percer ici, toute l'armée sera finie et on aura commis un crime contre l'armée du Protectorat d'Annan ! »

« Messager, transmettez un message à Milord ! »

……

Les halos de guerre résonnaient sous la pluie, et sur la montagne, un commandant des Tang rugit de toute sa force, les yeux rouges de soif de sang. Il s'était jeté personnellement dans la mêlée et avait tué deux cavaliers tibétains, mais cela n'avait aucun sens dans une bataille de dizaines de milliers d'hommes.

L'armée allait être mise en déroute, et cette défaite n'était pas loin !

En y songeant, le commandant des Tang se sentit si nerveux qu'il eut l'impression que sa poitrine allait exploser. Ces derniers jours, il avait vu bien trop de ses frères mourir. Les élites du Protectorat d'Annan, les frères à ses côtés, étaient tombés les uns après les autres. L'air des plaines de l'Erhai puait le sang de ses frères.

Bien trop étaient déjà morts !

Il ne fallait plus qu'il en meure !

Cette foi l'avait soutenu tout ce temps.

Mais il ne comprenait pas ce qui se passait sur le sommet. Jettant un coup d'œil en arrière, il distinguait encore cette immense bannière flottant au vent, et sous cette bannière siégeait la silhouette dorée de l'un des chefs de la jeune génération du Grand Tang, second seulement à Li Zhengyi. Il était à genoux par terre, la tête baissée, comme plongé dans une profonde réflexion.

« Milord, donnez l'ordre ! » hurla le commandant des Tang. Mais avec un coup de tonnerre, ce rugissement à plein poumons fut instantanément perdu dans le vacarme. Sous cette averse, tous les bruits se dispersaient et ne portaient pas loin.

Bzzzt !

Le désordre dans les rangs s'étendait, et les Tibétains redoublaient leur offensive, de plus en plus se ruant vers ce secteur. À seulement quelques dizaines de zhang du commandant, une autre position était mise en lambeaux par les Tibétains. Le désespoir apparut instantanément dans les yeux du commandant.

C'était trop tard !

Trop tard !

Après tous leurs efforts pour percer, après avoir tenu si longtemps, leur armée entière serait-elle quand même perdue ?

……

Juste au moment où le commandant se sentait abattu et sans espoir, sur le point d'abandonner, il entendit un hennissement à son oreille. Boum ! Un cheval blanc surgit dans son champ de vision, franchissant la formation des Tang comme un arc-en-ciel.

« Hacheurs, à l'attaque ! Aile droite, cinquante pas en avant et frappez ! Soldats à boucliers, repliez-vous et formez la Carapace de Tortue ! Piquiers, appuyez-les à l'arrière ! Archers, visez l'ennemi et appuyez les hacheurs ! Assaut total ! »

Une voix jeune et claire résonna au-dessus des têtes, imprégnée d'un pouvoir apaisant.

« Attention, c'est un Tibétain ! » cria soudain quelqu'un.

« Salaud ! Les Tibétains savent parler la langue des Tang ? Et ils nous ressemblent trait pour trait ? » le remit vertement en place le commandant des Tang.

Bien que cette silhouette fût apparue trop soudainement pour qu'il puisse discerner qui c'était, il y avait une chose dont il était sûr. Cette personne pouvait être n'importe qui, mais ce n'était certainement pas un Tibétain.

Peu de Tibétains savaient parler la langue des Plaines Centrales, et s'ils l'apprenaient, c'était avec l'accent épais du plateau, un accent impossible à dissimuler.

D'ailleurs, ce cheval blanc n'était manifestement pas un destrier des hauts plateaux de l'Ü-Tsang.

Galop !

Le cavalier allait si vite qu'il disparut bien vite dans la pluie.

Qui était donc cet individu ?

Une pensée traversa l'esprit du commandant, mais il la chassa bien vite.

« Hacheurs, à l'attaque ! Aile droite, cinquante pas en avant et frappez ! Soldats à boucliers, repliez-vous et formez la Carapace de Tortue ! Piquiers, appuyez-les à l'arrière ! Archers, visez l'ennemi et appuyez les hacheurs ! Assaut total ! »

Peu après la disparition de Wang Chong, le commandant répéta mot pour mot l'ordre de Wang Chong. Dans les circonstances actuelles, le commandant n'avait guère le choix, il ne pouvait que tenter le coup.

Boum !

Les hacheurs attaquèrent, les boucliers se replièrent et formèrent la Carapace de Tortue, et les archers tirèrent !

Tout fut accompli en un temps record. L'armée paniquée et désordonnée se calma rapidement. Les soldats considéraient comme leur devoir d'obéir aux ordres, et commander des troupes n'était pas quelque chose que des soldats ordinaires puissent improviser, ni leur domaine d'expertise. Quand la situation tournait mal et qu'aucun ordre n'était donné, les soldats paniquaient aussi.

Mais une fois un ordre lancé, les soldats se rassemblaient et se mettaient à fonctionner comme une machine précise, se mettant en branle pour accomplir l'objectif.

L'armée était temporairement hors de danger, et l'armée tibétaine adverse commença à montrer un peu de trouble.

Les quelques milliers de hacheurs tombèrent pile là où les rangs tibétains étaient les plus diffus, leur défense la plus faible !

Le commandant des Tang observa la scène et songea avec stupeur : Qui était ce type ?

……

Le cheval de guerre galopait. L'Ombre aux Sabots Blancs était une monture divine, sa vitesse et sa capacité de saut surpassaient de loin celles des chevaux de guerre ordinaires. Lorsque ses sabots frappèrent le sol, Wang Chong retira immédiatement toute l'armure tibétaine qu'il portait. Il n'y avait plus de raison de se déguiser. Au contraire, cela ne lui aurait valu que des ennuis inutiles.

« Place, place ! Je porte des ordres militaires ! Tout le monde, écartez-vous ! »

Wang Chong était trempé de la tête aux pieds, ses cheveux plaqués sur son front. La pluie ruisselait en filets le long de son front, sur son nez, ses lèvres et son menton, pour finir par goutter sur l'Ombre aux Sabots Blancs et de là, au sol. Wang Chong brandit le jeton du roi de Song, le dragon doré exposé dans tout son éclat éblouissant, tandis qu'il chargeait vers la bannière au sommet.

Le plan de Wang Chong montrait son efficacité. Le dragon sur le jeton fit que tout le monde s'effaçait et ouvrait un passage à Wang Chong.

Les tactiques que je viens de donner ne peuvent tenir la ligne de front que temporairement. Les Tibétains ont encore au moins 160 000 soldats qui ne sont pas là. Le temps presse. Je dois résoudre ce problème le plus vite possible !

Les nerfs de Wang Chong étaient tendus à l'extrême, son esprit rempli d'une profonde inquiétude.

La force d'un seul homme avait ses limites, mais puisqu'il s'était déjà jeté dans cette bataille qu'il avait autrefois tant désiré livrer, puisque les cieux lui avaient déjà donné cette chance de changer le destin de l'empire, il ne pouvait pas laisser filer cette opportunité !

« Hue ! »

Le regard de Wang Chong était ferme tandis que son cheval franchissait un gros rocher et continuait de charger vers le sommet.

« Qui vive ? Halte ! »

Juste au moment où Wang Chong allait atteindre la tente de commandement au sommet, il entendit une voix tonnante. On ne savait quand, un homme grand et solide comme une montagne, vêtu d'une armure, avait dégainé son sabre étincelant et le pointait sur le lointain Wang Chong.

Bien que le vent soufflât en rafales et que la pluie tombât à verse, tout cela était repoussé avant de pouvoir seulement l'approcher.

Wang Chong pouvait sentir une aura anormalement puissante émaner du corps de cet homme !

Traduit par Wuxia France — soutenez leur travail en les suivant.

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