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Records of the Human Emperor

Chapitre 453

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Chapitre 453

Chapitre 453

Chapitre 453/57878%~12 min de lecture2 231 mots

Le visage d'An Yaluoshan était bouleversé par la peur, et il semblait prêt à fondre en larmes.

Nul ne saurait mentir devant Zhang Shougui. Dans le Protectorat d'Andong, à l'est de Youzhou, quiconque osait tromper le Protecteur Général était déjà mort !

Les Turcs avaient des caractères farouches et excellaient au combat, mais dans le nord-est du Grand Tang, tous, qu'ils fussent Turcs, Xi, Khitans ou Goguryeo, pâlissaient à la seule évocation de Zhang Shougui, le cœur tremblant d'effroi.

An Yaluoshan et Ashina Sugan n'y échappaient naturellement pas.

Ce n'était pas dû au rang de Zhang Shougui, mais au fait qu'il avait lui-même entraîné l'Armée du Protectorat d'Andong, et à ses méthodes foudroyantes.

Le Ciel est haut et l'Empereur est loin. En Andong, la parole de Zhang Shougui valait même mieux que celle de l'Empereur !

« Humph, gamin, je n'ai aucune idée de ce que tu racontes. »

Le serment d'An Yaluoshan avait grandement amélioré la mine de Zhang Shougui.

« Cependant, puisque Yaluoshan affirme qu'il n'a rien fait, alors il n'a assurément rien fait ! La capitale se trouve juste sous les pieds du Fils du Ciel, et pourtant vous avez osé tendre une embuscade à mes subordonnés. Si vous ne donnez pas une bonne explication à cette affaire, ne m'en voulez pas d'être impoli ! »

En prononçant ces derniers mots, Zhang Shougui plissa les yeux, et son expression devint aussitôt glaciale. Une intention meurtrière quasi palpable jaillit soudain de son corps et se verrouilla sur Wang Chong.

Boum !

Un éclair massif zébra le ciel. Zhang Shougui se tenait juste sous cet éclair, tout son être semblable à un dieu-démon venu des enfers, inspirant la terreur à tous ceux qui le regardaient.

La température alentour chuta brutalement. Face à ce Protecteur Général d'Andong, chacun ressentit une pression semblable à une montagne.

Wang Chong avait manifestement mis en colère ce Grand Général impérial. Tous sentaient qu'il serait difficile d'aplanir cet incident.

« Hahaha ! »

Quand tous se turent par peur, un éclat de rire rompit soudain le silence. Wang Chong regarda le Zhang Shougui tout proche, dont la seule mention faisait frémir d'effroi d'innombrables étrangers. Point de peur en son cœur, seulement frustration et indignation.

Fort de deux vies, Wang Chong était devenu indifférent à l'idée de la mort. La seule chose qui importait était d'accomplir sa mission. Les menaces de Zhang Shougui ne signifiaient rien pour lui.

« … Seigneur Zhang, avez-vous déjà entendu ces trois mots ? »

Zhang Shougui le toisa du haut de sa hauteur et demanda froidement : « Que voulez-vous dire ? »

« Obstiné et borné ! »

Ces mots jetèrent la foule dans un tumulte. Bai Siling, Zhao Yatong, la Marquise Yi, Wei Anfang et les autres pâlirent sur-le-champ, mais Cui Qianyou, Tian Chengsi, Ashina Sugan et les autres troupes de Youzhou eurent en fait une réaction semblable.

Dans le Protectorat d'Andong, nul n'osait prononcer de tels mots à l'encontre de leur commandant, pas un seul ! Les vivants n'osaient pas, pas même les morts n'auraient osé.

Pourtant Wang Chong osa dire en face à Zhang Shougui qu'il était « obstiné et borné ». Les troupes de Youzhou n'auraient même pas osé le penser.

« Ce gamin… »

« Il ose parler ainsi du Commandant ! »

Même Cui Qianyou et Tian Qianzhen ne purent s'empêcher d'être un peu émus.

Ils ignoraient tout de la querelle entre Wang Chong et An Yaluoshan, et ne souhaitaient pas la connaître. Mais à cet instant, les deux ne purent s'empêcher de ressentir une pointe d'admiration pour Wang Chong, bien qu'il fût leur ennemi.

Hormis cet individu retranché au fond du palais qui détenait une autorité totale sur les Plaines Centrales, probablement ce seul jeune homme osait douter de leur commandant en face à face.

« Hahaha, gamin, est-ce Wang Jiuling qui t'a appris à dire cela ? Oseras-tu le répéter ? »

Un froid éclair passa dans les yeux de Zhang Shougui tandis qu'il esquissait un rictus de fureur absolue.

Depuis qu'il commandait des armées, il s'en était toujours tenu à sa parole. Et depuis vingt ans, bien peu de gens avaient osé lui dire en face qu'il avait tort.

Mais à présent, ce gamin d'adolescent disait qu'il était obstiné et borné.

« Jeune Maître ! »

« Wang Chong, n'en dis pas plus ! »

La Marquise Yi, Bai Siling, Zhao Yatong et les autres s'approchèrent nerveusement de Wang Chong pour l'enjoindre à se taire, tous l'air profondément inquiet.

Bien que le Protectorat d'Andong fût sur la frontière lointaine, loin de la capitale, le Protecteur Général d'Andong, Zhang Shougui, avait toujours été un sujet de conversation à la capitale.

Bien qu'il fût très rare de voir ce Grand Général impérial, elles avaient toutes entendu les nombreuses légendes à son sujet.

Zhang Shougui n'avait jamais été un homme de bon caractère et ses méthodes étaient tyranniques et féroces. Il n'avait pas la réputation d'être un général aimable.

Dans l'empire, Zhang Shougui n'avait d'égal en férocité et cruauté de ses méthodes.

Pour ses ennemis, Zhang Shougui était une existence qui hantait leurs rêves sans jamais leur accorder une seule bonne nuit de sommeil. Que Wang Chong le provoque était assurément imprudent.

Pourtant Wang Chong agita la main, enjoignant ces gens à se taire. Une aura inexplicable commença à émaner de Wang Chong, étouffant leurs exhortations.

À cet instant, Wang Chong dégageait une impression totalement différente.

Bien que Wang Chong eût été quelque peu mauvais caractère par le passé, il se montrait toujours extrêmement respectueux devant quelques personnes et se faisait rarement désobéissant envers ses aînés. De surcroît, tous ici étaient plus âgés que Wang Chong.

Le Wang Chong de l'instant paraissait le même, mais chacun de ses mouvements était imprégné d'une puissance invisible et d'une aura qui commandait le respect.

Il ne semblait pas le jeune héritier adolescent d'un grand clan. Au contraire, son aura était plutôt semblable à celle de Zhang Shougui.

Un adolescent, fût-il un peu intelligent, fût-il issu d'un clan de ministres et de généraux et doté d'une perspicacité bien plus grande que la normale, n'avait aucun droit de parler à un Grand Général impérial comme Zhang Shougui, et certainement pas de dire irresponsablement qu'il était obstiné et borné.

Mais en tant que légendaire « Saint de la Guerre » reconnu par le monde aux derniers jours des Plaines Centrales, il avait absolument ce droit !

Zhang Shougui n'était pas un mauvais homme !

Tout comme n'importe quel Han, il était ardemment loyal, et aimait tant son pays qu'il était prêt à y laisser ses os sur le champ de bataille. C'est ainsi qu'il avait vécu dans sa vie antérieure.

Qu'il s'agît de vaincre les Tibétains, de présider Youzhou, de soumettre les Xi et les Khitans, ou de mater l'Empire du Goguryeo, les capacités et la conduite de Zhang Shougui étaient au-dessus de tout reproche.

Mais les gens changent toujours.

Ces victoires successives avaient changé Zhang Shougui. Il devint incomparablement suffisant et n'écouta plus aucun « mot désobéissant » de quiconque. Quand il géra Andong, même ses vieux amis qui avaient combattu à ses côtés pendant des décennies n'osaient rien dire qui pût déplaire à Zhang Shougui.

Zhang Shougui prenait des décisions sans consultation, et son pouvoir était si arbitraire que dans le Protectorat d'Andong, chaque ordre, grand ou petit, venait de lui seul.

Quant à ses propres capacités, Zhang Shougui y avait une confiance absolue, au point de ne jamais accepter le moindre conseil.

« Un soldat orgueilleux court à sa perte » était une phrase qui décrivait parfaitement Zhang Shougui.

Certains, quand ils perdent, ne causent au pire qu'une défaite militaire. D'autres, quand ils perdent, font payer les conséquences au monde entier.

Zhang Shougui avait eu trop confiance en ses propres capacités, au point d'en oublier complètement qu'il était un homme, pas un dieu.

Et un homme commet des erreurs.

Plus Zhang Shougui était exceptionnel, plus sa méthode de commandement était correcte, plus il était capable au combat, plus les conséquences qu'il créait étaient sévères, et plus grande la calamité qu'il laisserait à l'empire.

Dans sa vie antérieure, d'innombrables gens avaient analysé cette rébellion dans le Grand Tang qui ébranla le monde entier. Les grands commandants de cette armée provenaient tous, pour l'essentiel, de l'armée de Zhang Shougui.

Tian Chengsi gérait l'armée avec rigueur, et son habileté en la matière était inégalée. Ses soldats exécutaient ses ordres sans faille, étaient vifs et posés. Ils pouvaient accomplir tous ses ordres à un niveau terrifiant.

En termes d'accomplissements militaires, le commandement de l'armée rebelle par Tian Chengsi avait même surpassé l'armée régulière du Grand Tang !

Toutefois, bien que le clan Tian eût été officiers de terrain à Lulong pendant des générations, ils ne possédaient pas ce genre de capacité.

Tian Chengsi avait appris à mener des troupes auprès de Zhang Shougui !

Cui Qianyou et Tian Qianzhen n'étaient pas seulement d'habiles artistes martiaux. Ils étaient aussi d'excellents commandants, braves et sages. Séparés, ils pouvaient tenir un flanc seuls, mais ensemble, ils pouvaient même infliger une défaite désastreuse au Grand Général de la Grande Ourse, Geshu Han.

Si Gao Xianzhi et Feng Changqing du Protectorat d'Anxi étaient considérés comme les deux murailles de l'empire, alors Cui Qianyou et Tian Qianzhen étaient les étoiles jumelles non moins inférieures de l'armée rebelle !

Cependant, depuis que le duo avait trahi le monde, fussent-ils doués des plus grands talents, ils ne seraient jamais inscrits dans les livres d'histoire.

Et il y avait aussi le « Cavalier Éclair », Cai Xide. Sa capacité à mener la cavalerie était sans pareille, et l'on disait qu'il pouvait atteindre n'importe quel lieu du monde en seulement huit jours.

En matière de commandement de cavalerie, bien que Sun Zhiming eût été loué comme le Général de l'Attaque Surprise, le comparer au Grand Général rebelle Cai Xide revenait à comparer une étincelle à la lune brillante. Leurs capacités n'étaient même pas sur le même niveau.

Et qu'il s'agît de Cui Qianyou, Tian Qianzhen ou Cai Xide, tous avaient été choisis par Zhang Shougui. Tout ce qu'ils savaient du commandement des troupes, de la stratégie et de la tactique, ils l'avaient appris du Protecteur Général d'Andong, Zhang Shougui.

Et chacun d'eux avait exploité sa spécialité au maximum.

C'était comme un Zhang Shougui renforcé à trois têtes et six bras. Nul ne pouvait sous-estimer ce « Zhang Shougui ».

Zhang Shougui savait ce en quoi les gens étaient doués, et ne se souciait que de la capacité, pas de l'origine. Ainsi, il ne se souciait pas qu'on fût Hu ou Han. Du moment qu'on avait la capacité, il l'utilisait.

En conséquence, quand An Yaluoshan et Ashina Sugan commirent un crime à Youzhou, ils furent destinés à l'exécution, mais Zhang Shougui vit leur talent et les recruta dans le Protectorat d'Andong.

Et An Yaluoshan en fut influencé, copiant complètement le style et la conduite de Zhang Shougui. Dans l'armée rebelle, il y avait des généraux Hu, et aussi des Han.

Ce fut pour ces raisons que l'armée rebelle fut si dangereuse !

On pouvait dire que les commandants de l'armée rebelle qui troublerait le monde étaient tous de « bons élèves » de Zhang Shougui, peut-être même le surpassaient-ils. Par conséquent, on disait aussi que l'armée rebelle de Youzhou avait aussi été élevée à lui seul par Zhang Shougui.

Cette rébellion qui balayerait le monde, ébranlerait le Grand Tang jusqu'en ses fondements, et ferait des Plaines Centrales un désert dévasté, serait déclenchée par An Yaluoshan et Ashina Sugan.

Mais si l'on remontait la chaîne, la source de tout était Zhang Shougui, l'homme qui se tenait juste devant lui.

Il avait été l'unique architecte de la ruine du Grand Tang !

Zhang Shougui avait été exceptionnel !

Mais son excellence n'avait pas béni le monde. Au contraire, elle avait conduit à la mort de l'empire.

C'était vraiment ce que signifiait échouer sur la ligne d'arrivée !

Wang Chong avait pensé alors que s'il y avait quelqu'un pour rappeler Zhang Shougui à l'ordre, corriger ses erreurs et lui dire qu'il était un homme et non un dieu, il n'aurait peut-être pas commis ces erreurs. Alors tout aurait été complètement différent.

Hélas, son moi passé n'avait ni le droit, ni la force, ni même la chance de se tenir devant le Protecteur Général d'Andong, encore moins de lui dire quoi que ce soit.

Maintenant que tout recommençait, il avait enfin obtenu cette chance. Même si Zhang Shougui n'écoutait pas, il devait quand même le dire.

« Seigneur Zhang a-t-il entendu l'histoire du Paysan et de la Vipère¹ ? » dit Wang Chong d'un ton sévère.

« Humph, veux-tu dire que je suis la vipère ? » ricana Zhang Shougui. Si Wang Chong n'avait pas été le petit-fils de Wang Jiuling, Zhang Shougui n'aurait même pas parlé avec lui si longtemps.

« Je voulais seulement dire à Monseigneur que le paysan peut aussi commettre des erreurs ! » dit Wang Chong d'un ton sévère.

______________

¹ (NdT : Le Paysan et la Vipère est une fable où un paysan, un jour d'hiver, voit une vipère gelée sur son chemin. Pris de pitié, il la ramasse et la glisse dans son manteau pour la réchauffer. Une fois réchauffée, la vipère mord le paysan, le tuant. En mourant, le paysan comprend que c'est sa propre faute. La morale : faire du bien au mal engendre le mal.)

Traduit par Wuxia France — soutenez leur travail en les suivant.

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