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Records of the Human Emperor

Chapitre 44 : Le secret éventé

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Chapitre 44

Chapitre 44 : Le secret éventé

Chapitre 44/8850%~11 min de lecture2 189 mots

À la guerre, la vitesse fait la valeur ; mieux vaut tôt que tard. Alors que Wang Chong était encore dans sa chambre, partagé au sujet de la Pierre du Destin, il reçut une nouvelle de sa cousine, Wang Zhu Yan.

Sur ce terrain, avec son grand oncle derrière elle, son réseau de renseignement était bien plus étendu que le sien.

Wang Chong avait vu juste !

Le vieux maître Yao du clan Yao avait bel et bien ravalé son orgueil et s'était présenté ce soir même aux appartements de son grand-père, au Pavillon des Quatre Directions !

Les clans Yao et Wang étaient officiellement entrés en pourparlers de paix.

Après l'avertissement de Wang Chong, le grand oncle Wang Gen, en se joignant à l'entretien, avait ajouté à la négociation la question du nom du cousin Wang Li sur la liste des promotions et demandé au clan Yao de coopérer à cette promotion.

Sur ce point, le vieux maître Yao n'avait pas le choix et accepta sur-le-champ. Puis ils entamèrent la négociation des questions politiques.

C'était une occasion rare de voir le clan Yao demander une trêve : le grand-père et le grand oncle en tirèrent tout le parti possible et ajoutèrent des exigences politiques supplémentaires, histoire de prélever au clan Yao une bonne couche de peau.

La cousine de Wang Chong, Wang Zhu Yan, était extrêmement surprise par l'affaire, et son incrédulité sautait aux yeux dans sa lettre.

'Ce vieux bonhomme a réagi bien vite !'

Après avoir congédié le domestique que sa « Deuxième Sœur » Wang Zhu Yan avait envoyé, Wang Chong ne pouvait qu'admirer le vieux maître Yao.

Wang Chong ne s'attendait pas à ce qu'il se rende chez son grand-père aussi tôt. Sa sensibilité à ce genre de questions et sa promptitude à décider n'avaient pas d'égales.

Le vieux maître Yao n'avait jamais courbé la tête devant son grand-père en plusieurs décennies d'affrontements. Et pourtant, pour sa descendance, il avait pris cette décision sans la moindre hésitation.

C'était aussi ce qui rendait le clan Yao redoutable !

Tant que le vieux maître Yao respirait, le clan Yao était une entité indestructible. Personne n'était en mesure de l'abattre !

Ce n'était pourtant pas cela qui préoccupait Wang Chong.

Wang Chong était certain que, par sa prestation, il avait changé l'image que tous avaient de lui. Il se rappelait encore la stupeur dans les yeux de sa grande tante au moment des adieux, ainsi que la joie de sa mère quand elle avait posé les yeux sur lui.

Son père lui-même, Wang Yan, exprimait dans sa lettre une joie intense et son incrédulité. Wang Yan avait toujours eu de son fils une opinion défavorable, et le plus difficile, pour Wang Chong, était précisément de la retourner.

Mais après l'affaire du roi de Song et celle de Yao Guang Yi, Wang Chong croyait avoir complètement modifié le regard de son père.

Quant au clan…

Wang Chong jeta un coup d'œil à la lettre sur la table. Wang Zhu Yan l'y interrogeait sur l'affaire et son incrédulité se lisait dans chaque mot. Voilà où en était le clan à son sujet.

Cela ne suffisait certes pas à lui ouvrir d'emblée le cœur de la famille, mais il avait sans aucun doute gagné la reconnaissance de tous !

'Il ne reste plus qu'une seule affaire à régler !'

Wang Chong laissa échapper un petit rire. Comme on dit, les bonnes nouvelles vont par deux. Wang Chong avait reçu un mot de Wei Hao l'informant que le forgeage des armes en acier wootz devait s'achever d'ici quelques jours.

Une fois celles-ci terminées, il serait prêt à ramasser l'argent.

Houa !

Relevant sa robe, Wang Chong sortit de sa chambre. Le ciel nocturne était d'un noir d'encre, avec une lune éclatante suspendue haut dessus. Sous le clair de lune, les lanternes se succédaient le long des coursives de la demeure de la famille Wang.

En marchant sur le pavement, partout où il passait, Wang Chong sentait d'innombrables regards de respect et d'admiration se poser sur lui, tout autres que la façon dont les gardes, les domestiques et les servantes le considéraient autrefois.

Après cette série d'événements, non seulement le destin du clan Wang avait changé, mais le rang de Wang Chong dans la maison aussi.

'Il est temps de m'entraîner !'

Wang Chong gagna un angle de la cour, poussa l'étagère de côté et se mit à danser le long des constellations, entamant ainsi sa pratique de l'Art de l'Os de Dragon. L'application compense les défauts : il ne pouvait interrompre ses plans, mais il ne pouvait pas non plus négliger ses arts martiaux. À force de travail, il sentait sa force progresser une fois de plus.

L'affaire de la frontière continuait de faire son chemin dans la capitale. Sous l'effet de rumeurs sciemment répandues, la nouvelle de la visite du vieux maître Yao au « Jardin de l'Harmonie » du Pavillon des Quatre Directions, chez le Duc Jiu, et de la poignée de main entre les clans Yao et Wang provoqua un tumulte dans toute la capitale.

De toutes ces années de lutte entre les clans Yao et Wang, c'était la première fois que le clan Wang avait le dessus.

L'échec de Yao Guang Yi à la frontière était devenu le point de bascule de leur affrontement. On en parlait jusque dans les ruelles, et la prodigieuse prévoyance de Yao Guang Yi, ses plans sans faille, étaient devenus un sujet de moquerie.

Beaucoup disaient que le « Duc Jiu » du clan Wang s'était attaché un stratège secret, en rien inférieur à Yao Guang Yi, pour l'assister. À cet instant, tout le monde discutait en privé de l'identité de cet incroyable « stratège secret ».

Loin de l'agitation extérieure, ce « stratège secret » dont parlaient les familles distinguées et les nobles menait une vie paisible « en retrait », occupé joyeusement à dérouler son plan d'enrichissement.

Et ce plan était presque abouti.

« Haha, Wang Chong, regarde ! Cette arme en acier wootz dont tu parlais est enfin façonnée ! »

Dans la caverne des faubourgs ouest de la capitale, Wei Hao soulevait avec enthousiasme une épée noire inachevée de 3 chi de long. C'était une épée classique des Plaines Centrales, à double tranchant. Le corps droit, large de deux doigts environ, sa teinte noire lui donnait un aspect redoutable.

(NdT : un chi vaut 0,33 mètre. Une épée à double tranchant est affûtée sur ses deux arêtes, alors que la plupart des autres lames n'ont qu'un tranchant et un dos.)

« Au fait, Wang Chong, pourquoi as-tu demandé qu'on ajoute deux rainures de part et d'autre de la lame ? Je ne me souviens pas que les épées de nos Plaines Centrales aient des rainures. »

Wei Hao se gratta la tête, sans comprendre, en fixant les rainures qui couraient le long des deux faces de la lame.

« Cela s'appelle une rainure à sang, et c'est conçu pour tuer. Une fois l'épée enfoncée dans le corps, le sang jaillit par la rainure et la victime perd une grande quantité de sang en très peu de temps ! »

Wang Chong sourit.

« Ah ! »

Wei Hao resta interdit et faillit lâcher l'épée.

« Une rainure à sang ? Conçue pour tuer ? Wang Chong, cette épée est vraiment féroce ! »

Wang Chong sourit sans un mot. Les armes en acier wootz, y compris le cimeterre de Damas, étaient des armes faites pour verser le sang. En vérité, toutes les épées sont des armes de meurtre. C'est le principe premier de leur existence.

On ne confie pas la richesse à l'homme trop droit, ni le commandement des troupes à l'homme trop bon : sans courage, mieux vaut se tenir loin des armes.

« Passe-la-moi ! »

Wang Chong prit l'épée en acier wootz des mains de Wei Hao. À la soupeser, elle était nettement plus lourde qu'une épée ordinaire, dans les 20 à 30 jin.

(NdT : soit environ 10 à 15 kilos.)

Sans une force supérieure, il était difficile de manier longtemps une arme de 20 à 30 jin.

'La première arme en acier wootz est enfin façonnée !'

songea Wang Chong. D'un revers négligent, une ombre sombre fendit l'air.

Katcha !

Un bloc de roche se détacha de la paroi de la caverne et tomba au sol.

« Ouah, quel tranchant ! Ton épée n'a vraiment rien de normal ! »

Wei Hao recula, effrayé. L'épée venait d'être terminée et il ne l'avait pas encore essayée : il ne savait pas qu'elle serait aussi coupante !

Il savait parfaitement combien les parois de cette caverne étaient dures. Si le clan Wei avait choisi cet endroit, c'était justement parce que la pierre était assez ferme et assez tenace pour abriter une forge.

L'espace n'était pas grand, mais le clan Wei avait passé six mois à dégager ce peu de place. Les maîtres de la résidence s'étaient essayés sur ces murs et, même avec les lames les plus aiguisées, ils n'en avaient arraché que quelques éclats.

Or, d'un seul passage de l'épée de Wang Chong, la pierre venait d'être tranchée sans effort.

« C'est encore un produit à demi fini. Une fois gravée et affinée, son tranchant ne s'arrêtera pas là. »

dit Wang Chong avec calme.

Wei Hao en resta muet de saisissement. À dire vrai, il ne savait pas ce que Wang Chong avait fait à cette épée. Et pas seulement lui : les maîtres forgerons à ses côtés ne savaient pas non plus ce qu'était le forgeage à froid ni rien de tout cela.

Comment Wang Chong pouvait savoir tout cela restait un mystère.

« Franchement, Wang Chong, les Sindhis ont demandé une somme énorme. Avec seulement ces quelques épées, crois-tu vraiment pouvoir gagner autant d'argent ? J'ai peur que tes efforts ne soient dépensés du mauvais côté ! »

dit Wei Hao, inquiet.

En dehors de Wei Hao, personne ne savait que Wang Chong devait 90 000 taels d'or aux moines sindhis. Cette affaire le hantait et il s'en inquiétait sans cesse.

« Héhé, tranquillise-toi. Le moment venu, tu comprendras. »

dit Wang Chong avec indifférence. En tenant ces quelques épées en acier wootz entre ses mains, le cœur de Wang Chong se mit à battre nerveusement à la pensée de sa cousine Wang Zhu Yan.

Une fois réglée la question du forgeage des armes en acier wootz par les artisans du clan Wei, c'était au tour de sa cousine, Wang Zhu Yan, d'entrer en scène.

« Petit garnement, qu'est-ce que tu comptes faire avec ces objets ? »

Au Pavillon Xi Shi, à l'ouest de la capitale, une natte rouge était étendue sur le sol et le lit était fait de jade doré. La cousine de Wang Chong, Wang Zhu Yan, y était allongée dans une pose confortable.

D'une main, elle jouait avec les épées en acier wootz de Wang Chong ; de l'autre, elle pinçait de ses doigts fins des grains de raisin d'un rouge violacé qu'elle portait élégamment à sa bouche pour les mâcher lentement.

Wang Chong lui-même devait le reconnaître : cette cousine était un personnage remarquable. En arts martiaux, elle était capable de défier la plupart des génies de la capitale ; dans son maintien, elle était calme et élégante. Les princesses les plus délicates des palais impériaux l'auraient regardée avec admiration.

Il n'y avait pas un milieu de la capitale où elle ne sût se fondre.

« Deuxième Sœur, aurais-tu oublié ce que tu m'as promis il y a peu ? »

Wang Chong s'inclina légèrement et sourit poliment. Son rang dans le clan s'était amélioré, mais il n'osait pas se montrer arrogant devant cette cousine.

Elle était le Bouddha Shakyamuni et lui le singe prisonnier de sa paume. Avant d'avoir acquis de vrais moyens, mieux valait pour lui faire le dos rond.

« Hmpf, vu ta prestation de ces derniers jours, je peux t'aider là-dessus. Mais à part cela, n'y a-t-il rien d'autre que tu aurais oublié de me dire ? »

Wang Zhu Yan se retourna et plongea son regard dans celui de Wang Chong.

« Autre chose ? »

Wang Chong était perplexe. Il ne saisissait pas ses paroles.

« Qu'entends-tu par autre chose ? »

« Hmpf, tu prétends encore jouer la comédie devant moi ? »

Wang Zhu Yan renifla froidement, mécontente.

« Faut-il que je te rafraîchisse la mémoire ? Que s'est-il passé au Pavillon des Huit Dieux ? »

Shua !

Ce fut comme un coup de foudre. À cet instant, une sueur froide trempa le dos de Wang Chong.

'Bon sang !'

Comment le savait-elle ? Le surveillait-elle jour et nuit, sans jamais relâcher ? Il croyait pouvoir lui cacher l'épisode du Pavillon des Huit Dieux, et il s'avérait qu'elle savait tout depuis le début, en feignant simplement de ne rien savoir.

À cet instant, Wang Chong resta sans voix. Il se sentait entièrement à nu devant sa cousine, comme s'il n'existait aucun secret qu'il pût lui dissimuler.

(NdT : le Pavillon Xi Shi porte le nom de l'une des Quatre Grandes Beautés de la Chine.)

Traduit par Wuxia France — soutenez leur travail en les suivant.

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