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Records of the Human Emperor

Chapitre 421

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Chapitre 421

Chapitre 421

Chapitre 421/53878%~9 min de lecture1 634 mots

Wang Chong était la première personne à avoir jamais osé dire de telles choses.

En vérité, la situation de la concubine Taizhen était très précaire !

L'affaire de la concubine Taizhen et la faveur de l'Empereur Sage exhibaient une concubine Taizhen rayonnante d'un éclat sans bornes, mais en réalité, qu'elle fût à la cour ou au palais, la concubine Taizhen subissait une pression très lourde.

À la Cour impériale, un nombre non négligeable de ministres s'opposaient encore à elle. Beaucoup ne protestaient pas ouvertement, mais grommelaient encore en privé. Ainsi, la concubine Taizhen s'était toujours efforcée de se tenir à l'écart de la politique de cour afin d'éviter l'insatisfaction de ces ministres.

Et au palais, la concubine Taizhen avait été soudainement promue et monopolisait désormais presque entièrement la faveur de l'Empereur Sage. L'Empereur Sage avait même été prêt à s'opposer à tous ses ministres pour elle.

Les concubines et épouses avaient déjà atteint leur point de rupture.

Sans leur crainte de l'Empereur Sage, les Trois Palais et Six Cours[NdT : sous les Tang Xuanzong, l'empereur avait une impératrice, trois consorts et six concubines, d'où les Trois Palais et Six Cours.], les nombreuses consorts et concubines auraient joint leurs forces pour l'agresser depuis longtemps.

La concubine Taizhen le savait, si bien que dans l'enceinte vaste du palais impérial, elle ne fréquentait que le palais de Yuzhen, les jardins impériaux, et quelques rares autres lieux. Pour le reste, elle faisait tout pour garder ses distances avec toutes les autres consorts et concubines.

Il n'y avait ni relation, ni même échange.

Le rejet et l'hostilité du palais étaient invisibles, mais la concubine Taizhen percevait clairement l'inimitié qui montait des palais et des cours. Ce sujet était l'un de ses tabous.

Nul n'avait jamais osé dire de telles choses en sa présence, pas même Yang Zhao. Mais à présent, Wang Chong avait mis cette affaire à nu dans toute son horreur.

« Wang Chong, vous allez trop loin ! »

Le fait que Wang Chong ait piqué là où ça fait mal avait figé l'expression de la concubine Taizhen en une plaque de glace. Même l'expression de Yang Zhao s'était transformée, et il adressait désespérément des regards à Wang Chong.

Ce bâtard de vaurien, est-il devenu fou aujourd'hui ?

Lui-même n'osait pas aborder ce sujet, car la concubine Taizhen n'était pas seulement sa jeune cousine, mais aussi une concubine du palais.

L'audace de Wang Chong était vraiment excessive.

« Hahaha, il semble que je réfléchisse trop. Bien que je sois venu pour le Cinquième Prince, c'était aussi par considération pour Votre Majesté. Puisque Votre Majesté estime que ce modeste sujet profère des sottises, Wang Chong n'en dira pas plus. J'ai importuné Votre Majesté. Wang Chong prend congé ! »

Contre toute attente, Wang Chong sourit face à la rage de la concubine Taizhen. Son expression redevenue normale, il joignit les mains et commença à se retirer de la salle.

Au moment où Wang Chong s'apprêtait à partir, une voix venue du haut de la salle ordonna à Wang Chong de s'arrêter.

« Un instant ! Arrêtez-vous pour cette concubine ! »

Là-haut, dans le palais, les yeux de la concubine Taizhen changeaient. Bien que son expression fût toujours glaciale, son attitude était désormais tout autre.

« Wang Chong, puisque vous avez dit que vous pensiez aussi à cette concubine, je vous accorde une chance. Parlez — comment exactement pensez-vous à moi ? Si vous ne pouvez donner vos raisons, ne reprochez pas à cette concubine d'être impolie. »

Ces paroles étaient totalement inattendues. Yang Zhao tourna la tête vers le haut pour jeter un coup d'œil à la concubine Taizhen, incapable de cacher l'étonnement dans ses yeux.

Mais Wang Chong, qui tournait le dos à la concubine Taizhen, esquissa un faible sourire, ses yeux paraissant totalement insensibles à la surprise. La concubine Taizhen possédait à présent un statut des plus éminents, et en tant que concubine, elle détenait une autorité massive.

Mais en fin de compte, elle n'en restait pas moins une femme.

Peut-être n'avait-elle que faire des affaires du Cinquième Prince, mais elle s'intéressait certainement à son propre sort.

« Haha, Votre Majesté ! »

Wang Chong se retourna, les émotions dans ses yeux vite masquées tandis qu'il faisait face à la concubine Taizhen.

« Votre Majesté, ne pensez-vous pas que votre situation actuelle ressemble beaucoup à celle du Cinquième Prince ? Le Cinquième Prince a soudain recouvré la capacité de cultiver et Votre Majesté a été élevée au rang de concubine. Tous deux vous êtes brutalement élevés depuis des positions négligeables, tous deux avez fait sentir aux autres qu'ils étaient menacés, et tous deux avez été rejetés par les autres… »

Wang Chong contempla la beauté suprême du Grand Tang, une expression décontractée sur le visage.

« Hmph, sont-ce là vos soi-disant "considérations" pour cette concubine ? Vos propos sont trop tirés par les cheveux. Cette concubine ne voit aucune raison de se mettre à un tel risque pour aider le Cinquième Prince », dit sèchement la concubine Taizhen.

Sa position vis-à-vis de la Guerre des Princes restait inchangée. Elle l'éviterait si elle le pouvait et s'en tiendrait le plus loin possible. Les arguments de Wang Chong ne suffisaient pas pour qu'elle investisse autant dans le Cinquième Prince.

Et ce n'était pas comme s'il y avait quelque amitié entre elle et le Cinquième Prince.

« Hé hé, bien sûr que cela n'en vaut pas la peine pour l'instant. Mais dans cent ans, quand le Nouvel Empereur montera sur le trône, où ira Votre Majesté ? »

Boum !

Tel un éclair fendant le ciel, la simple question de Wang Chong fit pâlir en même temps la concubine Taizhen et Yang Zhao.

C'étaient là les paroles les plus percutantes que Wang Chong eût prononcées lors de cette entrevue.

« Wang Chong, vous êtes trop audacieux ! »

La concubine Taizhen et Yang Zhao formulèrent leurs reproches en même temps. Même ces deux beautés au visage froid se tenant à la droite et à la gauche de la concubine Taizhen ne purent s'empêcher de laisser tomber leur indifférence pour regarder ce jeune homme.

Sa Majesté et cent ans[NdT : L'empereur est habituellement proclamé pour vivre dix mille ans, ce qui en chinois signifie essentiellement "éternellement". Dire que l'empereur mourra dans cent ans remet en cause l'immortalité de l'empereur.] ! En temps normal, on ne saurait même pas penser de tels mots, encore moins les prononcer. La question de Wang Chong relevait du crime de lèse-majesté.

« Misérable ! Oses-tu maudire Sa Majesté ? »

Les yeux de la concubine Taizhen brillèrent d'une lueur froide tandis qu'une énergie puissante et redoutable explosait de son corps.

« Wang Chong n'a pas cette intention. Mais il n'est pas de souverain au monde qui règne cent ans, et encore moins d'Empereur qui règne mille ans. Il n'y a pas eu d'exception depuis l'Antiquité. Taizu et Taizong n'ont pas fait exception non plus. Quoi qu'il en soit, un Nouvel Empereur est destiné à monter sur le trône à l'avenir. Votre Majesté croit-elle que lorsque le moment viendra, elle pourra encore maintenir son statut actuel ? Avec l'Empereur Sage ici, nul des Trois Palais ni des Six Cours n'ose agir à la légère, mais quand le Nouvel Empereur montera, que croit Votre Majesté que feront les consorts et concubines des Trois Palais et Six Cours ?

« Wang Chong ne voulait aucun manque de respect. Je prie Votre Majesté de bien vouloir reconsidérer », dit Wang Chong sincèrement.

Ces mots laissèrent la concubine Taizhen et Yang Zhao tous deux très soucieux. Quels que fussent le caractère séditieux des paroles de Wang Chong, il y avait une chose sur laquelle il avait raison.

Sa Majesté n'était plus jeune, et le Premier Prince, l'aîné, avait la trentaine passée. La question de la succession était imminente, déjà une affaire programmée.

Et c'était une question qu'ils seraient aussi forcés d'affronter.

Tant que l'Empereur Sage était là, les autres n'oseraient pas agir à leur guise, mais quand le Nouvel Empereur prendrait le trône, tout serait différent. Yang Zhao n'était pas assuré de pouvoir préserver sa richesse et son statut actuels.

C'était exactement comme l'Empereur Sage n'était pas assuré de pouvoir la protéger.

La concubine Taizhen avait une autre préoccupation grave. Depuis l'Antiquité, c'avait toujours été la coutume que l'aîné succède, non le cadet, et tradition que le royaume passe au fils de la première épouse. Même si elle portait l'enfant du dragon, les ministres n'autoriseraient jamais son fils à être fait prince héritier.

Ce fut toujours la crainte de la concubine Taizhen, une crainte qu'elle n'osait même pas songer.

Tous deux durent admettre que les mots de Wang Chong avaient frappé leur point le plus faible et le plus douloureux.

« Wang Chong, saviez-vous que si je le voulais, je pourrais vous faire jeter en prison impériale sur-le-champ ? »

La concubine Taizhen releva lentement la tête et regarda Wang Chong.

C'était la première fois qu'elle voyait Wang Chong, mais en cette unique entrevue, Wang Chong l'avait déjà mise en colère à plusieurs reprises. Et tout ce dont il parlait étaient ses plus grands tabous. En temps normal, elle n'aurait jamais permis à quiconque de les mentionner en sa présence.

« Haha, Votre Majesté, pour certaines choses, si Wang Chong ne les dit pas, cesseront-elles d'arriver ? » demanda Wang Chong.

La concubine Taizhen resta hébétée. Les paroles de Wang Chong semblaient irréfutables. Elle voulait se mettre en colère, mais ne parvenait pas à susciter la moindre rage.

Car la concubine Taizhen savait que si les mots de Wang Chong étaient « séditieux », ils étaient tous vrais, et étaient des choses qu'elle craignait de voir advenir.

La concubine Taizhen eut même le sentiment d'emprunter la bouche de Wang Chong pour donner voix à ses soucis les plus intimes.

Traduit par Wuxia France — soutenez leur travail en les suivant.

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